Après une saison 2019 où le Futuroscope a encore attiré 1,9 million de visiteurs, le parc de la Vienne lance « Objectif Mars ». Une attraction qui promet des sensations inédites et attendues. Décryptage sociologique.
La nouveauté 2020 « Objectif Mars », tout juste lancée… fin mars: premier objectif atteint? Si la date ne doit sans doute rien au hasard, l’ambition va désormais évidemment s’élever à la hauteur de l’investissement (le plus important de l’histoire du Futuroscope), à savoir 20 millions d’euros. Surtout, avec cette nouveauté le parc de la Vienne veut faire vivre à ses visiteurs une véritable expérience, inédite et prometteuse. Dans le dossier de présentation, le Futuroscope nous a d’ailleurs communiqué une étude des plus intéressantes sur le sujet, précisant justement que les « Français veulent renouer avec les sensations », pour « retrouver le chemin d’émotions parfois oubliées ». En résumé, « les Français ne veulent plus se contenter de vivre leur vie par écran interposé ». C’est ce que montre l’étude de Sociovision réalisée pour le Futuroscope, et l’enquête réalisée par Rémy Oudghiri, sociologue et directeur de Sociovision. Ainsi, 66 % de nos compatriotes disent aujourd’hui vouloir « toucher et sentir les choses ». De fait, assez légitimement, les parcs d’attractions s’imposent comme des sites pouvant répondre à cette quête de nouvelles sensations. L’étude indique d’ailleurs que les Français viennent chercher dans les parcs d’attraction des « sources d’émerveillement et de découverte: une façon de se sentir vivants dans un monde de plus en plus dématérialisé ».
Trois grands axes sont développés et mis en exergue par l’étude de Sociovision: tout d’abord la quête d’expériences concrètes, ensuite une aspiration générale à la reconnexion, et enfin le fait que les parcs d’attractions sont des lieux de découverte et d’émerveillement.
Pour les expériences concrètes, il est ainsi souligné que « plusieurs facteurs expliquent le regain d’intérêt pour les sensations. En premier lieu, la rationalité scientifique, en s’imposant dans de nombreuses sphères de la société, a relégué la dimension émotionnelle au second plan. De nombreuses personnes ont ainsi le sentiment de s’être coupées d’une part essentielle de leur existence. Le monde du travail illustre bien cette évolution: le développement de l’hyper spécialisation, la mise en place de process, l’organisation rationnelle de la performance, l’optimisation des compétences… ont rendu le cadre professionnel de plus en plus abstrait et impersonnel. Avec l’émergence de l’intelligence artificielle, la tendance va s’accélérer. Conséquence: de nombreux salariés éprouvent le besoin non seulement de ralentir le rythme, mais surtout de retrouver le contact avec les choses vraies de la vie. »
Globalement, l’omniprésence au quotidien de nos multiples crans est un facteur supplémentaire. Pas facile de contrer cette addiction aux nouvelles technologies. « Le retour a la sensation traduit ainsi une envie de retrouver le contact avec la vie concrète, en échappant temporairement au règne des machines. » Et si les Français « commencent à se détacher des objets autrefois symboles de progrès et de modernité, ils plébiscitent les expériences qui leur permettent de vivre des émotions fortes: voyager, faire un bon repas entre amis, aller au cinéma, visiter les parcs d’attraction et de loisirs… Toutes ces activités ont aujourd’hui le vent en poupe. Leur point commun? On ne les possède pas, on les vit intensément. Il est intéressant d’observer que la recherche de sensation ne traduit pas une quête de challenges ou de défis, mais avant tout une aspiration à se sentir mieux. »
Toujours selon l’Observatoire de Sociovision, l’aspiration générale à la reconnexion est motivée par le fait que les Français « ont le sentiment de ne pas avoir assez de temps pour eux et veulent se préserver des moments afin de profiter pleinement des plaisirs de la vie. » Ils veulent aussi « se sentir appartenir a une communauté avec laquelle ils partagent des expériences », et consacrer bien plus de temps à assouvir leur curiosité. « Ils ressentent souvent le besoin de s’évader de la vie quotidienne. Ils n’hésitent pas a sacrifier certaines dépenses pour s’offrir des moments d’évasion. Ils aiment beaucoup vivre des choses imprévues qui leur procurent des émotions fortes. » La fréquentation en hausse des parcs d’attraction y est liée.
L’enquête indique également que les Français « apprécient aussi les parcs d’attraction car ce sont des espaces ou` s’évader de leur vie quotidienne. Loin de l’agitation urbaine et de la pression professionnelle, ils profitent de leur visite pour faire le plein de sensations. Dans le monde pressé et rationnel d’aujourd’hui, les parcs d’attraction sont ainsi devenus des lieux ou` l’on peut redécouvrir des sensations que, le reste du temps, la vie quotidienne peine à offrir. C’est le grand enseignement de cette étude. Pour 55 % des Français, l’expérience idéale dans un parc d’attractions est d’être plongé dans un autre univers. Les Français y trouvent des raisons de s’émerveiller. »
→ 51 % viennent y partager du temps en famille
→ 24 % cherchent à se changer de leur quotidien
→ 17 % veulent y faire le plein de nouvelles sensations
→ 8 % y vont pour découvrir et apprendre
(*) Base IFOP Omnibus février 2020
La nouvelle attraction du Futuroscope promet une pléiade de sensations inédites. Même plus fortes que dans toutes les autres propositions du parc, elles restent encore accessibles aux jeunes visiteurs (taille mini requise de 1,10 m). Ni looping, ni de tête à l’envers dans cette montagne russe, « un juste équilibre entre l’émotion, la sensation physique et le plaisir de rire en famille! » L’attraction dure environ 30 mn, dont près de 3 mn consacrée à la durée du ride.