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Les pèlerins, des touristes – presque – comme les autres

Enquête | publié le : 01.04.2020 | Dernière Mise à jour : 09.04.2020

Auteur

  • Charline Poullain

De l’avis des acteurs du tourisme de religieux, les demandes s’orientent vers un tourisme spirituel qui inclut des visites patrimoniales, culturelles et la découverte d’un territoire. A la quête de sens s’ajoute un besoin de ressourcement, qui peut passer par la proximité de la nature. Peut-être une niche salvatrice par les temps qui courent…

Les pèlerins sont estimés à 300 millions de par le monde, générant un chiffre d’affaires de 15 milliards d’euros. « On observe depuis plusieurs années un engouement indéniable pour le tourisme spirituel qui dépasse largement la pratique religieuse, analyse Atout France. Loin d’être l’apanage des seuls pèlerins, le tourisme spirituel a de plus en plus de succès. (…) De plus en plus de touristes envisagent leurs vacances comme une rupture avec le quotidien, une parenthèse propice au ressourcement. Se cultiver, découvrir le patrimoine français, rentrer dans l’histoire d’un lieu, ancré dans une foi et une région, prendre le temps d’une visite apaisante: telles sont les motivations qui conduisent au tourisme spirituel ».

Et d’ajouter: « Ce segment de marché est en forte croissance et montre une grande résilience face aux crises économiques ». L’opérateur étatique a pourtant fermé en novembre dernier son cluster tourisme et spiritualité qui datait de 2001. En juin, lors d’un séminaire à Avignon, les participants avaient défini les orientations stratégiques 2020 pour « répondre aux nouvelles attentes des publics et augmenter la notoriété des lieux spirituels, en présentant l’offre de manière plus patrimoniale mais aussi en phase avec la quête de sens et le besoin de ressourcement, notamment sur les marchés de proximité matures ».

Parmi la stratégie retenue pour positionner la France à l’international: s’appuyer sur l’aura des sites les plus connus pour accroître la notoriété des autres, communiquer sur les évènements spirituels, fêtes ou rencontres et proposer de nouveaux produits itinérants.

Des sites mondialement connus

La grande force de la France repose sur ses sites mondialement connus, au premier rang desquels, deux poids lourds parisiens: Notre-Dame de Paris, qui accueillait près de 12 millions de visiteurs par an avant l’incendie d’avril 2019, et le Sacré-Cœur, visité par 10 millions de personnes, dont 30 % de pèlerins.

Même avec une baisse de fréquentation, Lourdes caracole en tête, tandis que le Mont Saint-Michel accueille 2,5 millions de personnes, dont seulement 8 % de pèlerins, et la Chapelle de la médaille miraculeuse à Paris reçoit 2 millions de pèlerins.

Au-delà, la France compte 50 000 édifices religieux: des monastères, abbayes, cathédrales, églises, synagogues, mosquées.… Dont 10 000 sont classés et 41 inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Mais également le plus grand nombre de sites d’apparitions mariales et de grands pèlerinages, comme Lourdes, Lisieux, Nevers. Ainsi que les cinq chemins menant vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Un réseau de villes sanctuaires

L’association des villes sanctuaires en France, regroupe 19 sites. « On ne s’adresse pas qu’aux croyants, on est sur un positionnement de tourisme spirituel plus que religieux », explique son président, Nicolas Oudart (lire son ITW par ailleurs). Ce que confirme Pascale Juranville, directrice de Transglobe, une agence réceptive basée à Vence et spécialisée dans le marché germanophone: « Les groupes qui se déplacent dans un but religieux vont aussi être intéressés par la culture, l’art de vivre, la gastronomie (…) La tendance est plutôt de diversifier et d’adapter les programmes aux attentes de chacun ». Le site de l’agence mentionne aussi des séjours concernant d’autres religions avec les Cévennes protestantes ou la route du patrimoine juif d’Alsace, de même que des circuits évoquant l’art roman et les cathédrales gothiques.

Parmi les faiblesses identifiées par le cluster: le peu d’offres et produits packagés, des prestations hétérogènes en matière de restauration, d’hébergement, de transports et de pratique des langues étrangères. A cela s’ajoute une saisonnalité marquée.

Une forte concurrence étrangère

Pour les catholiques, la concurrence des marchés de proximité concerne l’Italie avec Rome et le Vatican, Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne et Fatima au Portugal, lesquels sont desservis par nombre d’autocaristes. Mais aussi les pèlerinages mariaux en Allemagne et en Pologne, et les sites comme Medjugorje en Bosnie-Herzégovine

Chaque année, plus de 2 millions de fidèles musulmans se recueillent lors du pèlerinage annuel à la Mecque. Le tourisme religieux représente la seconde source de revenus après le pétrole pour l’Arabie saoudite, qui construit toujours plus d’hôtels et investit dans les infrastructures de transports. En partant de France, il faudrait compter entre 5 500 € et 7 000 € pour les frais d’hébergement, de transport et de nourriture.

En Israël, le Mur des Lamentations est le seul vestige du Temple de Jérusalem, lieu saint de la religion juive. Selon le ministère du Tourisme israélien 4,6 millions de visiteurs ont été enregistrés en 2019, soit 10,6 % de plus qu’en 2018. Une augmentation constante depuis plusieurs années. Le Centre d’information chrétienne relève en janvier 2018, 770 pèlerinages collectifs pour 26 000 pèlerins, contre 529 groupes en janvier 2017 et 390 en janvier 2016.

Pour les hindous, les lieux saints sont nombreux. Le temple de Vishvanâtha de Varanasi en Inde est l’un des plus importants. Les fidèles s’y purifient dans l’eau du Gange.

Pour les bouddhistes: le temple de la Mahabodhi de Bodhgayâ, également en Inde, est l’un des quatre lieux saints associés à la vie du Bouddha et plus particulièrement à son Éveil.

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