À Contes, dans l’arrière-pays niçois, la famille Peirani transporte les habitants de la vallée depuis cinq générations. Elle les fait voyager dans la France et en Europe avec toujours ce même esprit d’authenticité et de convivialité… à la nissarde!
« Dans la famille Peirani, vous commencez le transport à votre naissance. On est vacciné au gasoil! », lance avec un franc sourire Jean-Luc Peirani, patron de l’entreprise depuis 1985. Le ton est donné. « Maintenant il faudrait peut-être s’électrifier! », plaisante-t-il.
Dans son bureau, des photos d’archives punaisées sur les murs témoignent de cette longue histoire familiale. « Là, c’est une photo avec mon frère Serge quand mon père nous emmenait voir les lacs italiens. Ici, les tout premiers bus de mon arrière-grand-père. Nous sommes une vraie famille de transporteurs ».
À l’origine de l’entreprise, on trouve Carlo Antonio Peirani, l’arrière-grand-père qui, dès les années 1860, assure la ligne Nice-Cunéo-Turin avec des diligences. Suivra ensuite, le grand-père de Jean-Luc Peirani qui commence à passer aux autocars motorisés. Il exploitera alors la ligne Nice-Lucéram-Peïra-Caiva avec ses trois autocars Citroën. Cette ligne, bientôt centenaire, est toujours en service aujourd’hui. Puis, dans les années 1950, le père de l’actuel dirigeant, Jean-Charles Peirani, rejoint l’entreprise.
« Dans les années 1970, au-delà des services notamment en lignes régulières, mes parents ont commencé à proposer les premiers voyages organisés. Pour l’époque, c’était déjà de grands voyages. Les gens n’avaient pas peur d’aller loin en autocar. Ils avaient avant tout l’envie de découvrir la Grèce, la Sicile, la Norvège, la Pologne… Un voyage en Russie avait dû être annulé à la dernière minute: le président américain se rendait pour la première fois en Russie. Ils avaient alors fermé la frontière », se souvient-il.
Sept voyages étaient alors organisés chaque année pour les gens de la vallée, principalement de Contes et de L’Escarène. « Mon père conduisait, et ma mère organisait tout. Elle proposait beaucoup d’excursions à la journée, à San Remo et Gênes par exemple. Signe d’un esprit pionnier, Yvonne Peirani a aussi été la première femme des Alpes-Maritimes, dans les années 1960, à conduire un car! », tient à préciser son fils.
Jean-Charles Peirani commence alors à acheter des cars Mercedes pour offrir un meilleur confort à ses clients. Chaque année, il organise même un pique-nique au lac de Thorenc pour fidéliser sa clientèle. « C’était déjà du marketing et de la fidélisation clients! Les gens étaient hyper contents. »
Les parents de Jean-Luc Peirani ont arrêté leur activité en 1990. Ce dernier décide entre-temps de créer son entreprise dès 1985. « J’ai commencé avec un seul véhicule. J’ai racheté la ligne régulière à mon père Nice-Lucéram-Peïra Caiva. Il y avait deux navettes par jour. Pour le tourisme, je me suis développé petit à petit. À l’époque, je travaillais beaucoup avec un tour-opérateur, qui a disparu depuis. Cela nous a coûté cher et on a failli faire faillite. En 1988, à la suite de cet épisode malheureux, nous avons commencé à organiser des voyages, parallèlement au transport scolaire et au transport sec. À l’époque, j’avais à quatre cars, des Volvo Drögmöller. Je roulais tout le temps, jusqu’à 260 jours par an », se souvient-il. « On devait organiser 40 voyages par an, en moyenne. Nous travaillions beaucoup avec l’agence de voyages du Crédit Agricole, Voyages Conseil, disparue aujourd’hui. C’est ainsi que l’on a pu développer notre clientèle. J’ai roulé jusqu’en 1992, car nous avons embauché six ou sept chauffeurs dans les années 1990 ».
Aujourd’hui âgé de 63 ans, Jean-Luc Peirani a toujours la bougeotte. Il lui est impossible de rester assis plusieurs heures derrière un bureau. « Je m’occupe des plannings et de la logistique. Mais, de toute façon, je pars tous les matins et tous les soirs pour le ramassage scolaire. Et ma fille m’envoie de temps en temps en excursion pour m’évader! ».
Depuis dix ans, Virginie Peirani a pris la relève commerciale. Après quelques années d’expérience dans l’immobilier, elle décide finalement de rejoindre le giron familial. « Je ne savais même pas ce qu’était une rooming-list », avoue-t-elle. « Guy, l’assistant de mon père, m’a formé en quelques mois ». « En 2009, c’était le bon moment pour qu’elle s’occupe de l’entreprise », précise son père.
Le père et la fille veulent alors développer l’activité tourisme. « Mon idée était toute simple: faire avant tout des groupes constitués, avec l’intermédiaire des CE, des associations », précise Jean-Luc Peirani. « Notre premier voyage a dû être fait près des lacs italiens. C’est mon trip! Lugano, le lac Majeur, c’est magnifique! » « D’ailleurs, nous avons toujours les mêmes prestataires depuis trente ans », poursuit Virginie. « Même compagnie de bateau, même restaurant, et même hôtel! On ne change pas, c’est très bien, tout le monde est content, et on a su créer de très belles relations. »
Aujourd’hui, l’entreprise Peirani tient à conserver cet esprit de famille. C’est pour cela que Christophe, le frère de Virginie, les a rejoints pour s’occuper de l’entretien des bus. L’entreprise dispose actuellement de quatorze véhicules (de marque Volvo pour le tourisme, Temsa, Otokar, Yutong et Mercedes), un van, une limousine et deux véhicules légers (Peugeot Traveller et Volvo XC 90)
« Le but, dans l’organisation de voyages, c’est de pouvoir créer son propre travail et de dépendre le moins possible de quelqu’un, assure Jean-Luc Peirani. La base clients est là: il s’agit aujourd’hui d’agrandir notre fichier clients individuels. Chaque année, nous éditons une brochure groupes destinée aux chefs de groupes, ainsi qu’une brochure individuelle. » 50 % du chiffre d’affaires de l’entreprise sont réalisés par l’activité tourisme, l’autre moitié grâce aux services réguliers (scolaires et transports secs).
Parmi les excursions plébiscitées par leurs clients: les journées cabaret à Contes ou Aix-en-Provence, au Franky Folies, ainsi que les journées promenades en mer. Pour les séjours, la Sardaigne séduit toujours la clientèle niçoise: le nord de l’île pour sa culture, avec la découverte des villages traditionnels de Bosa et Nuoro, un déjeuner typique chez les bergers, sans oublier les longues plages de sable blanc du sud de l’île.
Les voyages Peirani organisent également des croisières, dont une aux Pays-Bas en 2020. « L’autocar suit le bateau pour toutes les excursions », précise Virginie. Mais avant cela, il lui faut régler les derniers détails des réveillons de fin d’année à Lloret del Mar, en Espagne. Une véritable institution dans la famille Peirani depuis plus de vingt ans!
→ 2,8 M €: CA au 30/06/2019
→ 13: nombre de salariés
→ 17: nombre de véhicules de 4 à 55 places
→ 120: nombre de voyages organisés
→ 160: nombres d’excursions à la journée
→ 150 élèves transportés par jourwww.autocars-peirani.com