Fécamp, vous situez? Certes, en Normandie, à environ 15 minutes, il y a la bien plus connue commune d’Étretat. Mais si Fécamp n’a pas les arches de cette dernière, elle a d’autres points de vue à faire valoir sur la Manche, d’autres trésors à visiter comme son nouveau musée de Pêcheries, et tant d’autres projets en cours. Ici, en deux ans, le nombre de visiteurs accueillis en groupes a plus que doublé.
Tout au long de la Côte d’Albâtre, les falaises de craie blanche sont un spectacle, comme taillées à la verticale, sculptées par le temps et par la mer. Si ces hautes falaises sont des postes d’observatoires exceptionnels, savez-vous donc où se situe leur point culminant sur la Manche? Non pas à Étretat, dont les arches font encore et toujours le succès, mais bien juste au-dessus de la ville de Fécamp, au Cap Fagnet (105 m de haut) où le panorama se révèle tout aussi intéressant. Ce point de vue pourrait à lui seul valoir le détour par Fécamp.
Reste que la ville, station balnéaire et port de pêche à la fois, a bien d’autres trésors dans ses filets: des lieux historiques et emblématiques comme son incroyable Palais Bénédictine; des sites authentiques et néanmoins plus récents comme son musée Les Pêcheries qui a ouvert ses portes fin 2017; des événements populaires et ancestraux comme sa célèbre Fête du Hareng qui se déroule chaque année fin novembre; ou encore des rendez-vous prometteurs, à l’instar de Fécamp Grand’Escale, nouveau rassemblement de grands voiliers, dont la première édition aura lieu en juillet prochain. Héritière d’un riche passe, témoin d’une longue histoire maritime, avec désormais Les Pêcheries comme vitrine touristique majeure, Fécamp tire le meilleur parti de son patrimoine. On peut même dire que la ville a le vent en poupe et a su hisser la grand-voile ces dernières années pour attirer les visiteurs.
Au sein de l’Office intercommunal de tourisme, le service groupes est né en 2008. « Depuis 2017, surtout, nous constatons une forte augmentation de la clientèle groupe », se réjouit Christophe Cusseau son directeur. La destination est proche de l’Ile-de-France, à seulement 2 heures de route de la capitale, et facile d’accès, avec une voie ferrée récemment restaurée (directement connectée à la ligne Rouen-Le Havre) ou encore un arrêt sur une ligne Flixbus (sur l’axe Paris-Étretat). Spécialement pour les autocaristes, au printemps dernier, juste en face du bâtiment de l’Office de tourisme, un vaste parking gratuit a même été créé. Un « plus » qui contraste avec une situation très différente sur Étretat, où le stationnement des autocars est facturé 40 € la demi-journée et 60 € la journée…
« Notre développement touristique s’explique par diverses actions, passant par le marché des autocaristes, bien sûr, mais aussi des croisiéristes », explique Kevin Dubocage, chargé de commercialisation, à l’Office intercommunal de tourisme de Fécamp. « Nous avons mis en place des eductours pour les croisiéristes, à la fois sur le maritime et sur le fluvial parce qu’on a la chance d’avoir le port du Havre à 45 minutes mais aussi les ports fluviaux de Caudebec-en-Caux, d’Honfleur et du Havre à peu près sur le même temps de route. Les opérateurs sont toujours en recherche de nouvelles excursions. Auparavant, nous les avions pour le Palais Bénédictine, mais ensuite ils repartaient sur Étretat ou ailleurs. Désormais, nous avons une offre qui nous permet de les garder pour une demi-journée avec le déjeuner, voire une journée complète. Pour des groupes plus actifs, nous avons aussi mis en place une randonnée guidée entre Yport et Fécamp. C’est une randonnée de 6 km à la demi-journée. Le groupe arrive en car depuis Le Havre, et il descend à Yport. Le car repart ensuite sur Fécamp pour récupérer tout le monde. »
Pour une journée groupes, 100 % sur Fécamp, deux produits phares sont entre autres à souligner: « Fécamp, ses incontournables », un best-seller (dès 46 €/personne) avec au programme la découverte du Palais Bénédictine suivie d’une dégustation de sa célèbre liqueur, puis un déjeuner dans un restaurant de Fécamp, et dans l’après-midi la visite du musée Les Pêcheries en compagnie d’un guide conférencier; « Saveurs fécampoises », pour sa part, est une nouveauté (dès 59 €/pers.) qui intègre la visite libre du musée du Chocolat, une visite guidée de la boucane du Grand-Quai, puis un déjeuner dans un restaurant de Fécamp, et enfin, la découverte du Palais Bénédictine suivie, cette fois, d’un goûter sur place.
Pour les plus actifs, il faut encore citer l’ouverture (depuis 2018) de la route du Lin, sur une ancienne voie de chemin de fer réhabilitée. Il s’agit là d’un tracé de véloroute permettant de sillonner la vallée de la Valmont, un itinéraire bordé de nombreux étangs et facile d’accès pour les deux-roues. Et comme évoqué ci-avant, l’été prochain, Fécamp s’ouvrira aussi à un inédit rassemblement de vieux voiliers avec l’événement international Fécamp Grand’Escale (détail dans notre encadré). Assurément, les nouveautés et les projets ne manquent pas, et en toute logique l’activité du service groupes de Fécamp se révèle grandissante.
« Nous venons de nous doter d’un logiciel de commercialisation, ce qui va nous permettre en 2020 d’être encore plus réactifs pour répondre aux différents devis dans la journée », précise Kevin Dubocage. « Jusqu’ici, on traitait tout à la main, sur Word, et le traitement des données se faisait sur Excel, avec des lignes à n’en plus finir. » L’outil s’imposait, car disons-le clairement, la destination Fécamp se porte bien. « Le musée Les Pêcheries nous a permis de franchir une marche supplémentaire par rapport à la renommée. Nous disposons vraiment d’une très belle offre à la journée, mais aussi à côté de ça, sur notre territoire, d’une belle variété, avec des sorties en mer, des balades à vélo, d’autres à pied… »
Avec un complexe hôtelier d’envergure, tel que le projet en cours de création d’un hôtel-thalasso (voir encadré), assurément, la destination exploiterait encore mieux son potentiel. Pour de véritables séjours et donc des visiteurs qui pourraient venir de plus loin en passant une à deux nuits sur place, voire plus dans l’objectif de rayonner sur la région Normandie.
→ Fécamp Grand’Escale, du 1er au 5 juillet 2020
Cette grande fête maritime et portuaire sera un nouvel événement international en Normandie, une manifestation culturelle et populaire dans le monumental décor naturel du Pays des hautes falaises. À la façon d’une « petite » Armada, autre événement très connu de la région Normandie, durant ces cinq jours de début juillet, des centaines de bateaux traditionnels et classiques, venus de Normandie, de Bretagne et de toute l’Europe du Nord escaleront dans le port de Fécamp. Chaque jour, les 2/3 de ces voiliers d’exceptions sortiront du port et navigueront dans la rade, bien visibles depuis la grande plage, mais aussi entre Fécamp, Yport et Étretat, le long des hautes falaises du pays de Caux. Les visiteurs, attendus sur les quais, les jetées du port, mais aussi sur la grande digue promenade et sur les hautes falaises reliant Fécamp à Étretat, pourront profiter de sorties en mer, de concerts, d’expositions et autres nombreux spectacles et animations. Les voiliers présents dans le port seront aussi à visiter. Tradition oblige, des dégustations de harengs fumés, de grillades de poissons et de produits du terroir seront organisées.
→ Un hôtel-thalasso pour 2022?
Le permis de construire a été validé en juillet dernier. Fécamp pourrait donc bientôt avoir son tout premier hôtel-thalasso, à l’horizon 2022 selon les prévisions. Le projet présenté évoque un établissement 4 étoiles (102 chambres, deux restaurants, un espace séminaire) basé directement sur la presqu’île du Grand-Quai, à deux pas du musée Les Pêcheries, avec une vue imprenable sur le port de Fécamp, le littoral et les hautes falaises. L’investissement privé serait estimé à plus de 21 millions d’euros. Pas moins de 1 500 m2 du site seraient entièrement dédiés au bien-être et à la thalassothérapie, avec plus de 30 cabines de soins, dont un hammam et un Spa. En termes d’emploi, c’est encore une bonne nouvelle en vue pour Fécamp puisque le complexe créerait 75 emplois à temps plein, hors saisonniers.
→ Un parc éolien offshore en vue
C’est un projet industriel de longue date. Un parc éolien offshore, localisé entre 13 et 22 km au large de Fécamp verra le jour, avec une date prévisionnelle de mise en service pour 2023. Il s’agira d’un parc regroupant 71 éoliennes en mer, sur une surface de 67 km2, avec un centre technique à terre basé dans la zone portuaire de Fécamp. Pourquoi ce projet sur Fécamp? Pour son milieu physique adapté à l’éolien en mer (un vent fort et régulier et une faible profondeur, environ 30 m sur la zone du projet), mais aussi pour l’absence de contrainte majeure en termes de servitudes réglementaires et de sécurité maritime (le secteur est à l’écart des principales routes de navigation commerciale). La future installation sera capable de produire environ 500 MW soit l’équivalent de la consommation en électricité de plus de 770 000 personnes. En phase de production, une centaine d’emplois locaux seront mobilisés pour assurer l’exploitation-maintenance du parc éolien depuis le port de Fécamp. Et du point de vue touristique, on peut d’ores et déjà imaginer le potentiel d’un tel site, pour des excursions en bateau destinées au grand public, comme pour des visites d’un site qui pourrait être dédié aux énergies renouvelables.
> La ville a accueilli 304 groupes adultes, ce qui a représenté 12 400 personnes.
> 175 groupes pour 6 050 personnes en 2017, 296 groupes pour 10 719 personnes en 2018;
> Top 3 de la provenance régionale des groupes: 63 % sont venus de Normandie, 12 % d’Ile-de-France et 9 % des Hauts-de-France;
> 46 % des groupes accueillis sont passés par le musée Les Pêcheries;
> Musée Les Pêcheries: 62 939 visiteurs en 2019; le 150 000e visiteur (depuis l’ouverture, fin 2017) a été enregistré lors de la Fête du Hareng (fin novembre);
> Palais Bénédictine: environ 115 000 visiteurs;
> Vieux gréements « Mil’Pat » et « Tante Fine »: environ 5 000 passagers embarqués, dont 1 000 personnes en groupes.
→ Le musée Les Pêcheries
Ce musée est situé sur la presqu’île du Grand-Quai, au cœur des activités portuaires de la ville. Inauguré en décembre 2017, après des années de travaux de réhabilitation du bâtiment d’origine (ancienne sécherie des années 1950), il abrite l’ensemble des collections municipales de Fécamp. Réparti sur sept niveaux (près de 5 000 m2 d’expo), sa visite commence par les deux niveaux du vertigineux belvédère qui offre une superbe vue panoramique sur la ville et son port. S’ensuit, entre autres, l’aventure des pêcheurs fécampois qui partaient pour de longs mois pêcher la morue dans les eaux glaciales de Terre-Neuve, puis les riches collections de beaux-arts, et les collections régionales d’armoires, costumes et bijoux normands.
→ Le Palais Bénédictine
Dans ce chef-d’œuvre du XIXe siècle, palais imagine par Alexandre Le Grand et qui abrite encore la distillerie de la liqueur Bénédictine, partez à la découverte de toute l’histoire de celle-ci, les coulisses de son élaboration, et visitez un véritable palais riche de collections d’art. Dans les salles du musée, la salle Gothique, l’Oratoire, la salle du Dôme, la salle Renaissance, toutes créées dans des styles architecturaux différents, se trouve une importante collection d’art sacre. La salle des Abbés quant à elle, doit son nom aux principaux prieurs de l’abbaye de Fécamp, dont les statues ornent ses murs. Une autre partie est consacrée à l’histoire contemporaine de la liqueur Bénédictine. Enfin, la galerie d’art contemporain accueille des expos temporaires d’artistes.
→ À bord d’un vieux gréement
D’avril à octobre, les groupes peuvent embarquer à bord d’un vieux gréement, le « Mil’Pat » (27 personnes maxi) ou le « Tante Fine » (32 personnes) pour partir admirer les falaises de la Côte d’Albâtre. Une expérience à la façon d’un matelot dans un ancien bateau de pêche restauré, pour apprendre les rudiments de la navigation traditionnelle. À bord, vous avez la possibilité de réserver un apéritif, une dégustation (fruits de mer, fromages), un brunch…