Une fédération du tourisme devrait être mise en place en fin d’année.Ce projet d’une instance professionnelle unie face aux pouvoirs publics et/ou aux associations de consommateurs avance. Mais que peut-on en attendre? Trois professionnels expriment leur point de vue sur la question.
La création d’une fédération du tourisme est un sujet sur lequel je suis, aujourd’hui, indifférent. Il ne constitue, en aucun cas, une priorité. Le fait de savoir que cette nouvelle structure devrait rassembler des métiers très différents, me paraît plutôt incohérent. En cas de litiges, comment peut-on arriver à mettre tout le monde d’accord? Comment cela se passera dans la pratique? L’industrie touristique regroupe tellement d’entreprises aux profils différents, comment une unique structure pourra-t-elle défendre les intérêts de tous et de chacun? Il va falloir trouver les arguments solides pour me convaincre éventuellement d’y adhérer! Mettre tout le monde dans un même panier n’a, à mon avis, aucune efficacité. Je suis sceptique, et pour l’instant, je reste dans l’expectative.
J’ai suivi ce projet de loin car je dois reconnaître avoir d’autres priorités pour le moment. Cela dit, je ne suis pas contre le principe d’une telle création, même si cette nouvelle structure doit réunir des métiers différents, voire même opposés. L’idée d’avoir une seule voix pour parler et défendre les intérêts de la profession du tourisme n’est pas inintéressante. À condition, bien sûr, que cette fédération soit suffisamment puissante et cohérente. Cela demande beaucoup de travail et de volonté, de part et d’autre. Je serai même prêt à y adhérer car actuellement la profession est en train de changer, de se transformer. Elle va avoir besoin de repères, et surtout de faire passer des messages.
Je ne suis pas hostile à une fédération qui rassemblera toutes les composantes de nos métiers, et ce, à plusieurs conditions. D’une part, il faut que le Snav y trouve pleinement sa place, mais conserve sa représentativité auprès des pouvoirs publics et des syndicats d’employés. D’autre part, il faut que la fédération n’intervienne que lorsque des problèmes transversaux concernant plusieurs métiers se posent. Enfin, qu’elle exerce une activité de lobbyiste en France et en Europe au côté du Snav pour que le tourisme occupe la place qu’il mérite. Dans les temps troublés et difficiles que nous vivons, nos métiers du tourisme doivent être solidaires aux yeux des pouvoirs publics et des consommateurs. Ce point essentiel et vital étant posé, reste à définir les meilleurs moyens pour y parvenir. La vie professionnelle est tissée de compromis. Nous ne devons jamais nous arc-bouter sur des positions intangibles, nous devons toujours rechercher une position médiane qui permette d’atteindre les objectifs collectifs, même au prix de quelques concessions de toutes les parties.