Résultats Après une année 2010 marquée par la reprise des activités et la stagnation de son parc, l’hôtellerie lyonnaise ouvre cette année 600 chambres, essentiellement dans les catégories intermédiaires.Et ce n’est qu’un début.
SURFANT sur la reprise du tourisme en 2010, Lyon a connu un exercice satisfaisant en matière d’activité hôtelière, après deux années difficiles. Mais contrairement aux deux premiers pôles hôteliers français, Paris et Nice-Cannes, ce ne sont pas les catégories supérieures (4 et 5 étoiles), celles positionnées sur la clientèle internationale, qui ont tiré la croissance, mais bien celles des 3 étoiles, plutôt orientées vers les déplacements professionnels. D’après les chiffres fournis par le cabinet spécialisé Deloitte, le Revenu par chambre disponible (Revpar) – véritable indicateur du secteur, mixant le taux d’occupation et le prix moyen des chambres – a progressé de 3 % toutes catégories confondues. Pour la catégorie des 4 étoiles, il gagne 9 % en 2010, tout en restant inférieur de 2,5 % par rapport à son niveau de 2005. Le Revpar des 3 étoiles ne gagne quant à lui que 6 % par rapport à 2009, mais affiche une progression de 46 % comparé à 2005. Face à de telles conditions, on peut considérer que les investisseurs ont eu le nez creux en prévoyant pour cette année l’ouverture de nouveaux établissements sous des enseignes répondant bien à ce marché milieu de gamme. Le groupe Accor va ainsi accroître son emprise sur la ville. Pour le reste, il faudra encore faire preuve de patience.
Le souhait des collectivités de positionner Lyon sur le marché international pour l’organisation de grands événements reste en l’état. L’arrivée d’enseignes internationales ainsi que celle d’un gros-porteur à même d’accueillir des séminaires d’importance n’avance pas, en dehors de l’attribution à Intercontinental du site historique de l’Hôtel-Dieu. En revanche, le marché lyonnais reste la cible des enseignes de résidences hôtelières (encadrés). Avec un Revpar se situant à 108 euros pour une chambre 4 étoiles, comment attirer des investisseurs qui devront débourser 150 000 euros pour construire une chambre dans cette catégorie? “Lyon est une ville en devenir”, commente Rolland Bernard, vice-président du Grand Lyon, élu à la chambre de commerce et meilleur connaisseur local du secteur. En contrepartie, côté tourisme de loisirs et de groupes, la ville représente sans doute l’une des meilleures offres du marché pour le rapport qualité prix, en raison de la taille et de la variété de son parc, ainsi que des tarifs pratiqués.
Hôtel Mercure 4*
108 chambres
Hôtel All Seasons 3*
99 chambres
Etap Hôtel 1*
108 chambres
Hôtel Golden Tulip 3*
130 chambres
Etap Hôtel 1*
137 chambres
Portée par une animation de la ville et l’engouement pour le tourisme urbain d’une façon générale, Lyon a connu un été plutôt satisfaisant, avec des résultats remarqués par rapport au reste de la région Rhône-Alpes. Ainsi, pour le mois de juillet, le chiffre d’affaires moyen de l’hébergement sur l’ensemble de la communauté urbaine a augmenté de 8,4 %, toutes catégories confondues, par rapport au même mois de l’an dernier. Également aidé par une météo peu clémente pour les destinations campagne ou montagne, le taux d’occupation à Lyon s’est accru de 3,1 %, avec un taux de 62,4 %, et un prix moyen de 3,2 % à hauteur de 71 euros. En donnée cumulée, l’hôtellerie lyonnaise a enregistré à fin juillet un taux d’occupation de 67,5 %. Mais ce sont les catégories inférieures (économique, 71,7 %; 2 étoiles, 68,8 %) qui portent la croissance.
Le concept de résidence hôtelière porté par la famille Trigano et Cyril Aouizerate, inauguré à Paris XXe en 2008, passe à la vitesse supérieure grâce notamment au promoteur lyonnais, le groupe Cardinal. Celui-ci s’apprête à ouvrir en fin d’année sa deuxième unité, à Marseille, pour un investissement de 25 millions d’euros. Cardinal vient également de poser, début septembre, la première pierre d’un Mama Shelter de 154 chambres, à Lyon, pour une inauguration prévue à la fin de l’année prochaine. Le bâtiment de six niveaux comprendra, entre autres services pour les groupes, un vaste restaurant signé Alain Senderens. Cardinal annonce également un nouveau contrat pour une autre Mama, à Bordeaux, pour 2013, soit un investissement de 18 millions d’euros. Grâce à un design signé Philippe Starck, un esprit résolument mondialiste et les valeurs de mixité et de convivialité, Mama Shelter veut révolutionner l’esprit de la résidence hôtelière, tant dans le domaine des loisirs que dans celui des affaires. D’une catégorie 3 étoiles, ces résidences hôtelières sont également appelées à connaître un développement à l’international, alors que, dans la France, selon Cardinal, il y aurait de la place pour quatre ou cinq nouvelles implantations.
Hôtel Campanile 2*
130 chambres en 2012
Hôtel Novotel 3*
150 chambres en 2012
Hôtel 3*
145 chambres en 2012
Hôtel 1*
130 chambres en 2012
Hôtel Intercontinental 5*
150 chambres en 2015
Source: CCI de Lyon
Sous la municipalité de Raymond Barre, qui souhaitait donner à Lyon un véritable statut international, Hilton est arrivé à Lyon en 1999. À cette époque, il était le premier établissement à afficher une enseigne internationale, idéalement situé à côté du palais des Congrès et de la Cité Internationale de Lyon. Il était également le premier établissement hôtelier de France à disposer d’un casino en centre-ville. Cet hôtel 4 étoiles, signé Enzo Piano, dispose de 200 chambres, de 16 salles de réunion, de plusieurs restaurants… Aujourd’hui, il illustre bien les difficultés de la ville à faire vivre des hôtels de haute catégorie, face aux résidences hôtelières qui semblent mieux adaptées au marché local. Mis en vente depuis plus d’un an par son propriétaire, le groupe Partouche, l’hôtel Hilton de Lyon, n’a toujours pas trouvé de nouvel acquéreur. C’est le cabinet spécialisé dans ce genre de transaction, Richard Ellis, qui a été saisi de ce dossier. L’affaire remonte à l’été 2010. Il concerne la vente des murs et des fonds de commerce de l’hôtel en lui-même, ainsi que du casino attenant, Le Pharaon. Plusieurs offres auraient été faites, dont une associant le groupe Accor et son partenaire casinotier Lucien Barrière. Il aurait été question d’y apposer l’enseigne Pullman. Mais ce dossier, comme d’autres, n’a ni obtenu l’aval des propriétaires ni abouti.
Le groupe Paul Bocuse vient d’inaugurer à Lyon sa première résidence hôtelière, sous l’enseigne Dock Ouest. "Une première qui repose sur les fondamentaux du groupe: qualité, simplicité, convivialité", souligne Pierre-Yves Bertrand, responsable du développement de Dock-Ouest. Classée 3 étoiles, cette résidence hôtelière offre 38 chambres et 5 suites, pour des surfaces de 20 à 42 m2. Elle propose divers services parmi lesquels un système de livraison de repas en provenance notamment du dernier concept bocusien, Ouest Express. Elle s’adresse autant à la clientèle d’affaires que de loisirs, aux clients individuels ou en groupe. Sur ce dernier segment, Dock Ouest souhaite séduire des conventions, séminaires… Les tarifs se situent entre 70 et 130 euros selon la catégorie des chambres et les périodes. Cette réalisation repose sur un investissement de 6 millions d’euros. Un deuxième site est déjà à l’étude en France.