Le succès annuel du salon de l’Agriculture témoigne de cet attachement des Français à leurs racines paysannes. L’opportunité d’aller voir sur le terrain ce qu’est une exploitation agricole, comment elle fonctionne, à quoi elle sert n’est pas réservée qu’aux enfants en classes éducatives. Les groupes s’y mettent de plus en plus, au nom d’un retour à l’authenticité, à l’appréciation des bons produits, à l’envie de participer aux choses simples de la nature. Voici donc quelques exemples pour s’offrir un goût de campagne.
Cette « ferme ouverte » fait partie d’un réseau qui comprend aussi d’autres sites dans les Yvelines, à Saint-Nom-la-Bretêche ou Sartrouville, et aussi une « ferme urbaine » en Seine-Saint-Denis. Celle de Saint-Cyr-l’École a une vocation pédagogique, largement tournée vers les groupes de jeunes pour leur faire découvrir, avec un fermier présent, la vie d’une ferme en exploitation avec toute la variété des animaux, pour assister à leur nourrissage, mais aussi avec d’autres activités organisées en ateliers: faire du pain, cueillir des légumes et des fruits et presser le jus de pomme… Les adultes ne sont pas oubliés pour leur faire retrouver le chemin de la nature, autour des ruches, des plantes et des fleurs exploitées sur la ferme pour faire ses propres tisanes ou créer sa jardinière.
Florence Pouteau veut faire partager ses valeurs: « Vivre et produire en harmonie avec le monde animal et végétal est chez nous un état d’esprit, un art de vivre! Désireux de respecter cette nature si riche mais si fragile, nous nous sommes tournés vers une agriculture raisonnée, respectueuse de l’environnement. Dans notre ferme, je me passionne aussi pour les animaux. Ils sont plus de 200 à y vivre. » Les visites de la Ferme de Flo donnent envie de partager le quotidien d’une exploitation et amènent à comprendre le bien manger dans le respect de tous. Flo et son équipe animent des ateliers participatifs en fonction des saisons pour faire vivre la vie du fermier: apprentissage et reconnaissance des céréales en plein champ, identification visuelle et tactile des animaux, mais aussi explication de la biodiversité ou de l’énergie solaire.
À 15 mn du gouffre de Padirac, à une heure de Sarlat et Saint-Cirq-Lapopie, à 5 mn des sanctuaires de Rocamadour, vous êtes au pays du fromage, dans une ferme alliant gastronomie et patrimoine. Les gérants, Marc et Sophie proposent des visites guidées du lundi au vendredi de 10 à 12 heures et de 14 à 16 heures: le matin pour voir le moulage des fromages et l’après-midi après la visite de 16 heures pour assister à la traite des chèvres. Outre la visite de l’exploitation, c’est une opportunité de faire une halte restauration, en mangeant sain et local pour un prix très abordable, dans un paysage de carte postale, à seulement deux pas de Rocamadour (accueil jusqu’à 100 personnes en plein air ou sous un préau). L’histoire de la borie d’Imbert est intéressante, puisqu’il s’agit, en 2000, de la rencontre entre le monde agricole et celui du handicap. L’Esat de Rocamadour, qui favorise l’insertion des personnes avec un handicap, a rencontré un jeune agriculteur ouvert d’esprit prêt à les former au métier de chevrier et fromager. Aujourd’hui, avec 120 chèvres, l’exploitation tourne à plein régime et se tourne aussi vers la fabrication de charcuterie.
À Guarrigues, dans le Tarn, les Folies Fermières sont un « objet hybride » forcément passionnant à découvrir. Il y a une dizaine d’années, David Caumette, 35 ans, fils et petit-fils d’agriculteur, cherche à résoudre la difficile rentabilité pour un éleveur de bovin au XXIe siècle. Il bouleverse le modèle économique en créant, sur son exploitation et avec la famille, d’abord une boucherie-charcuterie pour distribuer ses productions en direct, puis un restaurant et enfin le seul cabaret à la ferme de France. Un samedi sur deux, il présente un grand spectacle mêlant french cancan, magicien, chanteuse… autour d’un repas dont la moitié des produits servis sont issus de l’exploitation familiale. Récompensées par le prix « La Start-up est dans le pré » par la région Occitanie, les Folies Fermières contribuent à créer des emplois, faire vivre des commerces et à faire connaître le métier d’éleveur. Au-delà du spectacle qui a fait sa réputation, l’exploitation est ouverte à la visite accompagnée avec un petit train touristique tiré par un tracteur. En projet, l’extension de la ferme-auberge pour accueillir encore davantage de monde et favoriser l’équilibre économique de ce pari familial et audacieux.
Direction les alpages pour plonger en immersion dans le quotidien d’un agriculteur bovin de la vallée d’Abondance, entre tradition et modernité, élevage et fabrication de fromage… et possibilité de participer à certaines activités agricoles. L’exploitant est présent pour expliquer la gestion du troupeau, la transformation du lait, le séjour en alpage l’été, la récolte du fourrage pour l’hiver… autant de tâches qui remplissent bien ses journées! Les visites sont ouvertes entre novembre et avril, hors période estivale. La visite à la ferme peut aisément se coupler à des visites de sites historiques proches comme l’abbaye médiévale d’Abondance, ou la nécropole des sires de Faucigny. Site clunisien, ce prieuré de Contamine est la seule église gothique de type anglo-gallois en Savoie. Il est fondé en 1083 par Guy de Faucigny, évêque de Genève.