Certes concernée par l’offre « châteaux de la Loire », mais les plus prestigieux sont ailleurs, et évidemment sur la route de l’Atlantique, mais les plages sont à bonne distance, Angers doit composer avec d’autres atouts pour se vendre. Du cyclotourisme désormais sur le grand braquet, au végétal, entre autres magnifié par le nouvel essor du parc Terra Botanica, la destination Angers a su évoluer.
Les élus et habitants d’Angers ne sont pas peu fiers. Au classement 2018 des villes les plus attractives de France, palmarès réalisé par notre confrère du magazine L’Express et dévoilé en septembre dernier, Angers arrive en tête. Numéro 1 des villes où il fait bon vivre, sur la base de 24 indicateurs comparables, c’est toujours une distinction qui s’apprécie! Ainsi, toutes catégories confondues, grâce au « cocktail gagnant angevin » en matière de cadre de vie, de santé, d’éducation, de logement, ou encore, de sécurité, la ville a volé la vedette à bien plus attendues qu’elle sur la plus haute marche du podium. Et l’année précédente, pour ce même classement, Angers s’était déjà placée dans le Top 3.
Mais être une ville « où il fait bon vivre », est-ce pour autant la garantie d’une destination où il fait bon aller? Un autre palmarès, celui de l’Unep (entreprises du paysage) et Hortis (organisation rassemblant les responsables d’espaces nature en ville), apporte encore un indicateur intéressant. En 2017, devinez donc le nom de la ville désignée comme la plus verte de France. Vous voyez? Gagné, c’est encore Angers, avec 86 points sur 100, juste devant Nantes (palmarès complet sur www.observatoirevillesvertes.fr), les deux villes occupant ces deux premières places en se distinguant « par des politiques volontaristes en matière d’investissement en faveur des espaces verts, et par leurs actions innovantes en matière de préservation de la biodiversité ».
Il faut dire qu’Angers profite déjà d’un bel avantage puisque la ville se situe dans la première région horticole de France (soulignons en complément qu’elle est labellisée 4 fleurs et trophée Fleur d’or). Aussi, Angers, avec ses 550 hectares d’espaces paysagers, dispose d’un patrimoine vert qui représente tout de même près de 15 % de la surface totale de la ville. Nombre de ses parcs et jardins invitent à diverses promenades un peu partout. Le parc de Balzac (50 ha en bordure de Maine et du centre-ville) fait le trait d’union entre le parc Saint-Nicolas et le parc du Lac-de-Maine (privilégié, lui, pour les activités nautiques). Le Jardin du Mail, se distingue avec ses 40 000 plantes. Le Jardin des Plantes jouit de sa situation au cœur de la ville et permet de découvrir, sur 4 ha, un superbe jardin à l’anglaise datant du début XXe siècle.Enfin, le parc de l’Arboretum, avec ses quatre jardins dédiés à l’horticulture, reste un joyau des plus appréciés par les amateurs de botanique. Citons encore l’île Saint-Aubin, à 4 km au nord du centre d’Angers, une large zone humide, certes inondée une centaine de jours par an, mais qui devient accessible aux beaux jours, en empruntant un bac situé au Port de l’Île, au bord de la Mayenne.
Pour couronner le tout, Angers compte aussi à ses portes, et ce depuis 2010, Terra Botanica, le premier parc à thème européen entièrement consacré au végétal. Le site, ouvert au public de début avril à fin septembre, connaît un succès croissant et multiplie désormais, chaque année, les surprises et innovations (voir notre encadré). « Terra Botanica n’est pas un jardin botanique, car on s’y amuse et ce n’est pas non plus un parc d’attractions car on y apprend! C’est un parc à thème, un parc de la transmission, où les plus âgés ont tout à transmettre aux plus jeunes, dans un esprit ludique et familial », soulignait il y a trois ans Denis Griffon, le directeur de Terra Botanica, au lancement du ballon captif « Terra vu du ciel », une nouvelle attraction pour une aventure voulue sensationnelle et destinée à toute la famille. Depuis l’arrivée du ballon en 2015, ce sont les entrées qui se sont envolées à Terra Botanica: un peu plus de 200 000 cette année-là, 226 000 en 2016, jusqu’à 260 000 l’an dernier, et un chiffre qui devrait encore progresser sensiblement cette année pour battre tous les records comme le laissent présager les excellentes fréquentations de l’été, après un printemps déjà prometteur. En juillet dernier, le parc angevin a enregistré 20 % de visiteurs de plus qu’en 2017. « Nous avons également constaté une belle progression en août, de l’ordre de 15 %, en regard des excellents chiffres de l’année précédente. Malgré l’épisode caniculaire de l’été, nous avons donc réussi notre saison », commente Damien Touboulic, le responsable marketing et communication. En huit ans, malgré son petit creux d’affluence de 2014, Terra Botanica est bel et bien devenu la locomotive touristique d’Angers et sans doute de tout l’Anjou. Le parc végétal est le site le plus visité de la ville, devant le château d’Angers. Et, bonne nouvelle pour toutes les structures locales, selon une étude récemment menée par ProTourisme, un visiteur sur cinq se rendant à Terra Botanica va profiter de sa venue pour aller découvrir Angers.
Le service groupe de Destination Angers propose évidemment divers produits « journée » ou « séjour » pour faire découvrir tout ce patrimoine vert, mais aussi ses fondamentaux historiques: le château d’Angers, au cœur de la ville, impressionnante forteresse de l’époque médiévale dotée de 17 tours défensives et qui abrite aussi le plus grand ensemble de tapisseries médiévales du monde; le château de Brissac, tout simplement le plus haut de France et d’Europe avec ses sept étages lui permettant également de revendiquer plus de 200 pièces; les châteaux du Plessis-Macé et du Plessis-Bourré, ou encore la cathédrale Saint-Maurice et le musée Jean-Lurçat.
Concernant la structure d’accueil touristique, précisons ici que l’entité « Destination Angers » ne date que de début 2018. Cet opérateur unique regroupe en une seule et même structure les missions et compétences d’Angers Loire Tourisme et d’Angers Expo Congrès. Et concernant la brochure groupe 2019, on notera sur la couverture, avec une poignée de visiteurs longeant des vignes sur des gyropodes tout-terrain, l’expression d’un autre renouveau, comme une invitation à découvrir le territoire et son terroir de façon originale. Le vignoble d’Anjou, justement, est un atout pour toute la région. Pour un concentré de saveurs et de couleurs, la maison des vins d’Angers, située entre le château et l’office de tourisme, permet de découvrir et de déguster les nombreuses AOC locales, dont les savennières, coteaux de l’Aubance et anjou-villages brissac. Pour une expérience plus poussée, de nouvelles routes des vins s’ouvrent à vos groupes, dont trois suggestions au départ d’Angers: château de Brissac et vignobles de l’Aubance, coteaux et panoramas du Layon, ou encore, Loire sauvage et corniche angevine.
Reste qu’Angers a su développer un autre bel avantage, à savoir sa situation géographique au carrefour de nombreuses vélo-routes. Pour l’été 2018, la ville a même créé une conciergerie vélo, juste devant le château, afin de mieux répondre aux besoins des cyclotouristes, avec un accueil et des conseils personnalisés (bâtiment spécifique, espace de stationnement de vingt places avec box et racks sécurisés, poste de gonflage, etc.).
En effet, les grands circuits passant par Angers ne manquent pas. La Loire à Vélo est empruntée chaque année par près d’un million de cyclistes, et est ainsi devenue l’itinéraire pour deux-roues le plus suivi de tout l’Hexagone. La boucle angevine de la Loire à Vélo traverse plusieurs sites d’exception comme le centre historique d’Angers, le chemin de halage de la Maine Natura 2000, le vignoble de Savennières, l’environnement du site ardoisier de Trélaze et, bien sûr, les bords de Loire.
En complément, la Vélo Francette, circuit de 630 km reliant la côte normande à la côte atlantique, de Ouistreham à La Rochelle, longe notamment la Mayenne jusqu’aux portes d’Angers, avant de poursuivre vers Bouchemaine puis le long de la Loire vers Saumur. Enfin, Angers profitera aussi bientôt de la Vallée du Loir à Vélo, ce qui incite le territoire à poursuivre le maillage entre ces grands itinéraires et à améliorer leur sécurisation.
Le parc du végétal, qui a ouvert les grilles de son vaste jardin en 2010, n’en finit plus de pousser. Locomotive touristique précieuse pour tout l’Anjou, ses records d’affluence de mai, juillet et août 2018 confirment la dynamique de Terra Botanica observée depuis trois ans. Mais qu’y trouve-t-on? 500 000 végétaux représentant plus de 5 000 espèces, sur 12 hectares de jardins, de serres et d’espaces aquatiques! Le tout est jalonné de nombreuses attractions, avec quatre univers distincts. Celui des Grandes Explorations embarque le visiteur dans un voyage en terres inconnues, à l’instar des explorateurs des XVIIe et XVIIIe siècles qui rapportèrent dans leurs soutes des milliers d’espèces végétales. L’univers Escapade en Anjou, invite, lui, à découvrir l’odyssée végétale de l’Anjou (allée des Grands-Mères, chemins du Potager, sentiers de la Roseraie, parcours du Roi René). Comme son nom le laisse présager, Le Végétal insolite réserve, pour sa part, quelques surprises avec ses rizières d’Instants d’Asie, jardins des terrasses méditerranéennes, territoire des plantes carnivores, et autres serres des climats extrêmes. Le quatrième univers enfin, Aux Origines de la vie est comme un voyage vers d’énigmatiques végétaux, plusieurs milliers d’années en arrière. Pour Terra Botanica, comme pour tous les parcs, l’enjeu est désormais de faire évoluer l’offre avec des nouveautés chaque année, que cela concerne un spectacle ou directement le végétal. « Cela relance évidemment l’intérêt pour des visiteurs qui seraient déjà venus. De fait, notre taux de revisite progresse et notre fréquentation globale aussi avec une évolution de + 54 % d’entrées de 2014 à 2017 », explique Damien Touboulic, le responsable marketing et communication. La nouveauté 2018 était le Colporteur des rêves, un spectacle soulignant l’importance des végétaux dans les contes de Grimm, Perrault et Andersen. Pour 2019, les groupes (environ 15 % de la fréquentation du parc), seront ravis de pouvoir profiter de l’arrivée d’un petit train pour sillonner l’immense domaine. Un petit train attendu avec intérêt par de nombreux autocaristes afin de faciliter la visite de leurs clients. Celui-ci profitera de gares thématisées in situ, et sortira même de Terra Botanica pour aller explorer les bois environnants.
> 618 574 nuitées en hôtels (soit une hausse de 5,8 % par rapport à 2016)
> 816 349 visiteurs sur les sites principaux, dont Terra Botanica et le château d’Angers (soit une hausse de 4,7 %)
> 85 % de visiteurs français, 15 % d’étrangers (top 5 = Grande-Bretagne, Allemagne, Espagne, États-Unis, Italie).
> 4 711 City Pass vendus en 2017 (permettant de visiter librement 20 sites et musées) (*)
(*) chiffres tirés du bilan de l’activité touristique 2017.
« Nous sommes acteurs du tourisme »
→ L’entité Destination Angers est née début 2018, qu’est-ce que cela change pour la ville, mais aussi pour les professionnels du tourisme avec qui vous travaillez?
Nous avons créé un comité stratégique qui regroupe les acteurs du tourisme d’affaire et du tourisme d’agrément. Cela nous permet d’optimiser plus globalement le tourisme sur notre territoire et de gérer sa transversalité, avec un champ encore plus large, quel qu’en soit le demandeur, ceci en mutualisant toutes les forces commerciales. Cette approche globale est finalement garante du développement économique du territoire, bien au-delà du tourisme. Nous sommes ainsi bien plus que dans l’accompagnement. Nous sommes des acteurs, comme une agence de rayonnement, des développeurs.
→ Quels sont les nouveaux atouts de la Destination Angers?
Notre plus grand atout est qu’Angers est une ville où il fait bon vivre. On y trouve une multitude d’activités. On peut, par exemple, y découvrir le patrimoine d’une autre façon, comme c’est le cas avec La Balade du Roi René, un parcours proposé, en soirée, durant l’été, auquel plus de 120 000 personnes ont participé en 2018. On crée ainsi des expériences, tout en restant ancré dans le territoire. Autre exemple concret avec la mise en place d’une conciergerie pour les cyclotouristes, pour la première fois durant l’été 2018. C’est un véritable service. Mais nous pouvons aussi citer les nombreuses guinguettes qui viennent ponctuer les bords de Loire.