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Assises nationales du tourisme de groupe

Une première édition prometteuse

Événement | publié le : 01.11.2018 | Dernière Mise à jour : 07.11.2018

Auteur

  • Éric Grandsagne

À l’initiative de votre magazine Bus & Car Tourisme de Groupe, c’est fin septembre, lors du salon IFTM Top Resa 2018, que se sont tenues les toutes premières Assises nationales du Tourisme de Groupe. Un rendez-vous opportun pour faire le point sur l’évolution du marché, son poids économique, sa segmentation, mais aussi pour mettre en avant quelques bonnes pratiques relevées sur les territoires à travers les sites comme les filières de ce secteur en progression.

On n’a pas deux fois l’occasion de faire une bonne première impression. C’est vrai dans la relation client, comme dans toutes prestations, et c’est évidemment aussi le cas pour une rencontre, un événement professionnel, qui plus est d’envergure. Bus & Car Tourisme de Groupe – avec le soutien des fédérations territoriales, de la FNTV et de l’APST – est ainsi fier d’avoir pu proposer et organiser, lors de la 40e édition du salon IFTM Top Resa, dans le cadre de son nouveau village La Destination France, les toutes premières Assises nationales du Tourisme de Groupe. En effet, aussi étonnant que cela puisse paraître, malgré l’importance du marché du groupe dans l’Hexagone, aucun événement de la sorte n’avait jamais eu lieu en France.

Alors des Assises dans quels buts? Tout d’abord parce que ce marché, dont vous êtes vous-mêmes des acteurs incontournables, représente bel et bien un poids économique considérable. Il mérite donc qu’on fasse le point sur ses tendances et ses nouvelles orientations. Comment se porte-t-il, qui concerne-t-il vraiment, et peut-il se développer encore? Les interrogations ne manquent pas. L’autre bonne raison d’initier les Assises du Tourisme de Groupe concerne tout simplement ce que l’activité peut représenter, sur le terrain, auprès des collectivités et entreprises. À l’évidence, une multitude de bons élèves peuvent faire valoir quelques réalisations exemplaires, et il est intéressant de les faire partager au plus grand nombre.

C’est ainsi que le jeudi 26 septembre, en salle Agora du salon IFTM Top Resa, entre 180 et 200 personnes ont pu assister à l’acte 1 de cet événement animé par Bruno Courtin, rédacteur en chef de Bus & Car Tourisme de Groupe. Plusieurs intervenants, représentatifs des différents secteurs concernés (plus d’une douzaine!) ont évidemment pris part aux débats. Nous vous proposons de tous les retrouver dans les pages qui suivent où nous mettons en exergue leurs principales réflexions et actions sur le marché du tourisme de groupe.

Les chiffres et tendances

Largement étayé et commenté dans notre dernier numéro, le marché du tourisme de groupe, c’est du lourd! Véronique Halbout de Savoie Mont Blanc Tourisme, Frédéric Balmont de Promotion Services, Antoine de Corson de GroupCorner et Yariv Abehsera de Travel Factory nous éclairent sur leur propre analyse du secteur.

En France, comme expliqué le mois dernier dans Bus & Car Tourisme de Groupe, sur les 140 milliards d’euros de la dépense touristique marchande annuelle, le tourisme de groupe pèse son propre comptant de milliards. De 7 à 14 milliards, si l’on considère que ce segment du marché du tourisme global en représente de 5 à 10 %. Pour les Assises nationales du Tourisme de Groupe, quatre de nos invités nous ont fait part de leur propre évaluation sur leur secteur afin de nous expliquer comment le tourisme de groupe évolue.

L’étude Savoie Mont Blanc Tourisme

Pour Savoie Mont Blanc Tourisme, leur propre étude réalisée en 2016 était une première. « Cela nous a permis d’observer la clientèle groupe sur les deux départements Savoie et Haute-Savoie que nous couvrons, pour voir le poids que représente la clientèle groupe », explique Véronique Halbout. « Chez nous, en 2016, cette clientèle a représenté environ 2 millions de nuitées, ce qui équivaut à peu près à 8 % de nos nuitées totales marchandes. On a aussi vu que cette clientèle dépensait 215 millions d’euros. Mais ce que l’on a surtout observé c’est que nous avions une marge de progression très importante, puisque aujourd’hui la destination est essentiellement fréquentée l’hiver et que nous avions un peu moins de notoriété l’été auprès de la clientèle groupe. »

En termes de typologie: « Les retraités sont presque majoritaires, et par ailleurs, ce sont des retraités assez actifs. Les employés restent quand même importants, et là, il s’agit surtout de comités d’entreprise qui sont encore très présents sur ce segment de la clientèle groupe. Nous le sentons parce que c’est une clientèle que nous démarchons depuis plusieurs années. Il y a eu un moment où les CE arrêtaient les voyages en groupe, et là on sent de nouveau un retour de la programmation des CE. Ce sont de petits groupes, de 15 à 20 personnes en moyenne, surtout l’hiver et sur des courts séjours. »

Pour quelle motivation? « Ce qui ressort par ailleurs de notre étude, c’est que le culturel reste la thématique prioritaire pour les groupes. Même s’ils vont choisir une activité à pratiquer à côté, comme la rando ou le cyclo, le culturel doit être associé à cette activité. Ce n’est donc pas du culturel inactif, ils veulent vivre une expérience et pratiquer plutôt une activité douce. Ensuite, nous avons les sports d’hiver qui restent aussi une thématique importante. Pour les groupes, on observe aussi que l’événementiel peut être un facteur déclenchant de l’activité groupe. Je prends l’exemple de la Grande Odyssée qui est une course de chiens de traîneaux qui se déroule au mois de janvier et qui accueille énormément de groupes tout au long de ses étapes. »

Les constats de Promotion Services

« Nous intervenons sur l’ensemble du territoire national, que ce soit pour des producteurs, des hébergeurs ou des territoires. Nous intervenons donc sur tous les segments de la clientèle groupe, à commencer par les CE où nous constatons que c’est à la fois la clientèle la plus concurrencée avec la plus grande maturité commerciale, mais pas forcément la plus dynamique, surtout ces dernières années puisque depuis la crise économique, ceux qui s’occupaient d’organiser des séjours au sein des CE ont eu à gérer d’autres priorités », constate Frédéric Balmont.

« Reste qu’avec la reprise des embauches sur le marché du travail, on sent quand même que l’ambiance dans les entreprises semble plus apaisée et que les gens ont à nouveau envie de partir ensemble. Par contre, pour ce qui concerne le territoire national, on constate que souvent le CE organise un seul grand séjour par an et là, la France est en concurrence avec les destinations lointaines ou moyen-courriers du pourtour méditerranéen. »

Le club affinitaire: « Attention à la surpression marketing sur les groupes affinitaires. Tout le monde est arrivé sur ce secteur avec des produits dédiés et on constate parfois un peu une forme d’agacement de la part des cibles qui peuvent se considérer sur-démarchées. Il y a une très grande diversité au niveau des clubs affinitaires, la rando, le cyclo, les clubs de voitures de collection, de moto, de country, de bridge. On trouve toute une variété d’activités, de façon à ce que ces clubs drainent ce que j’appelle les jeunes séniors, ceux qui ne se retrouvent absolument pas dans les activités des clubs séniors traditionnels. Ainsi, contrairement à ce qu’on a tendance à dire, je ne pense pas que le marché des séniors soit en régression. Il y a véritablement un transfert des séniors sur les clubs affinitaires. Et c’est certainement le segment sur lequel on doit faire évoluer les programmes, notamment pour les programmes à la journée. Le renouvellement est important car la plupart ont l’impression d’avoir déjà fait tout ce qu’on leur propose. »

Le scolaire: « Pour les sorties scolaires, il y a une vraie problématique sur les budgets transports donnés par les communes. Si vous avez un site qui a la chance d’être dans le périmètre des transports urbains, c’est tant mieux, mais quand on est à l’extérieur, ça devient plus compliqué. Enfin, au niveau des voyages scolaires qui sont toujours très prisés, on note que là où une école organisait un voyage tous les deux ans, désormais c’est un voyage par cycle scolaire, donc plutôt tous les trois ans. »

Le baromètre de GroupCorner

« Plus que les chiffres, dans notre activité, ce qu’il est intéressant d’observer ce sont les évolutions. On note ainsi une baisse du groupe scolaire et plus largement du groupe jeunesse », confirme Antoine de Corson.

« Sur la segmentation, on peut dire que nous avons aussi vu beaucoup de mouvements importants. Du changement, notamment, dans les destinations pour une clientèle européenne: Paris reste, avec une bonne longueur d’avance, n° 1 pour les groupes. Amsterdam est très importante. Londres, pour la première fois, sort du trio de tête et est remplacée par Bruxelles qui a beaucoup plus d’activités associatives. Concernant la France, la plus belle évolution que nous avons vue ces dernières années, c’est la destination Marseille qui est vraiment montée en flèche, et pas uniquement pour le public français. On retrouve également Lyon qui attire bien aussi, et ensuite c’est le sud de la France. »

Où vont-ils? « Pour les groupes, sans trop de surprise, c’est le milieu de gamme qui prédomine avec les hôtels trois étoiles. Les auberges de jeunesse se développent avec des concepts et des capacités qui deviennent gigantesques, surtout dans les grandes villes, qui arrivent à attirer des groupes plus âgés désormais. En termes de nuitées, nous avons constaté une baisse. Nous sommes passés de 3 à 2,5 nuits, ce qui est une baisse assez importante en peu de temps. »

Comment se déplacent-ils? « Pour le transport, il y a eu des mouvements importants. Les problèmes du printemps et de l’été, notamment concernant les grèves pour les trains mais également pour l’aérien, ont complètement modifié la répartition. Au semestre précédent nous étions à un peu plus de 30 % pour les cars, et là nous sommes à 51 % (14 % par train, 35 % par avion). Les groupes ont toujours besoin de se rassurer, et pour l’être, ils choisissent davantage l’autocar qu’un autre moyen de transport. »

Les jeunes et le ski selon Travel Factory

« Le besoin des jeunes a évolué dans le mode de voyage », remarque Yariv Abehsera. « Il est intéressant de constater la qualité des autocars et des services (le wifi entre autres) liés aux lignes mises en place avec la loi Macron. Par ailleurs, pour le ski, sachez que 54 % des jeunes de 15 à 25 ans ne sont jamais allés au ski. Pour eux, c’est perçu comme compliqué: le prix, l’accès, il n’y a pas de wifi dans 50 % des stations… Il faut repenser le produit pour donner envie d’aller au ski. » Il y a bien sûr un problème de prix mais aussi un problème d’initiation à la neige, en raison de la disparition des classes de neige. D’où la mission de Golden Voyages de faire découvrir la montagne pendant les études avec un programme mêlant le ski et la fête, adapté pour les débutants comme pour les bons skieurs. « Auprès des jeunes, il est important de proposer un séjour en montagne avec des soirées, de la nature, du bien-être… en plus du ski. »

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