La saison 2018 de Lascaux IV a consacré le retour en force de l’homme pour accompagner les visiteurs dans le dédale de la préhistoire. « Il n’y a rien de mieux qu’un médiateur ou un guide pour vous prendre par la main et vous accompagner lors de la visite », explique André Barbé le directeur de Sémitour Dordogne qui exploite, entre autres, les sites de Lascaux. « On s’est aperçu que la présence humaine était primordiale pour que la satisfaction du visiteur soit totale ». Les dirigeants de Lascaux IV ont en effet réintroduit des guides sur le parcours, notamment dans la salle dite des ateliers, trois médiateurs contre zéro auparavant. « Le compagnon numérique que nous avions mis en place est parfait. Il joue pleinement son rôle notamment auprès des enfants, mais le médiateur est plus pointu. Spécialiste à la fois de Lascaux IV et des autres grands sites mondiaux, il est capable de répondre aux questions des visiteurs », poursuit André Barbé, qui a reçu, avec grande satisfaction en juin dernier le classement du guide Vert Michelin. C’est trois étoiles d’entrée, autrement traduit par « ça vaut le voyage ». « Tant qu’on reste dans l’humain, on s’approche des étoiles. C’est une citation du directeur du guide vert Michelin », insiste le directeur qui a aussi développé cette année une stratégie digitale de post-visite. Lorsque le voyageur de Lascaux laisse son adresse e-mail sur son compagnon numérique, il reçoit un peu plus tard seize vidéos sur Lascaux. Parce que même lors d’une visite très fouillée, c’est bien connu, on ne peut pas tout voir.
À Padirac, la nouveauté, cette année, se donne à entendre, au creux de l’oreille. C’est le système Audiophone que la direction a adopté. Les visiteurs sont équipés d’un casque audio et ils reçoivent directement les précieux commentaires du guide qui parle dans un micro sans casser la voix. « Au contraire, la voix du guide est posée. C’est très qualitatif et il y a moins de bruit dans la grotte », estime Christophe Bidal, le directeur d’exploitation qui a également mis en place un système d’audioguidage. Les individuels qui souhaitent rester indépendants en sont équipés. Ils peuvent ainsi parcourir le site à leur rythme. Et du coup, cela fluidifie singulièrement la circulation. « Surtout, cela nous laisse plus de temps et de personnes pour s’occuper des groupes », poursuit Christophe Bidal. Cette saison, ce sont toujours les visites « Découvertes » qui font vibrer tout le monde. À la lueur de vieilles lanternes, on découvre dans le noir absolu dans les conditions d’exploration d’Édouard Alfred Martel, l’homme des premiers pas à Padirac, la bougie sur le haute forme en moins toutefois. « Nous avons organisé cet été ces soirées et nous continuons aussi à l’automne. Mais nous proposons aussi cette activité pour des groupes sur réservation, avec un maximum de trente personnes », ajoute encore Christophe Bidal qui vient aussi de mettre en place un système de visite VIP pour des petits groupes désireux d’avoir le meilleur de Padirac dans de grandes conditions de confort.
À la saison IV de son exploitation, la caverne de Pont d’Arc et la grotte Chauvet sont en vitesse de croisière et d’innovation. Cette année, la mise en lumière a été totalement revue sur le tableau final, celui des lions. Imaginée par Gilbert Coudène, spécialiste notamment de la fête des Lumières à Lyon, elle plonge en fait dans le passé. « Pour cette innovation, nous avons travaillé à la manière de l’archéologie expérimentale. Nous proposons aux visiteurs de voir comme les occupants de la grotte de leurs propres yeux au temps de l’aurignacien. Ils utilisaient des lampes à graisse. Alors Gilbert Coudène a recréé cette ambiance lumineuse très particulière. C’est vécu par les visiteurs comme une immersion complète avec une arrivée préparée par le guide médiateur », explique Sophie Lefèvre, responsable de la communication de la grotte. Et pendant que la semi-pénombre est installée sur le dernier tableau pour le moment d’émotion, c’est au grand soleil du Pont d’Arc que l’on peut randonner pendant trois heures, comme Cromagnon, pour découvrir le paysage et la flore et comprendre l’environnement de la grotte Chauvet. Ces séquences de pleine nature durent une matinée et elles affichent complet, tous les mercredis jusqu’à la fin de la saison. « Nous sommes désormais aussi capables de mettre en place cette offre à la demande pour les groupes avec une “Randonnée Cromagnon” le matin et la visite de la Caverne l’après-midi », ajoute Sophie Lefèvre. À midi, naturellement, on peut se restaurer sur place. En 2019, la saison V de la Caverne sera marquée par une magistrale exposition « Des lions et des hommes ». « Entre les félins et les hommes, on estime qu’il y a plus de 400 siècles de fascination. De nombreuses pièces proviennent de musées nationaux du monde entier, dont la fameuse momie congelée, parfaitement conservée d’un bébé lion, retrouvée en Sibérie. La grotte Chauvet concentre près de la moitié des représentations de félins recensés dans le monde », ajoute Sophie Lefèvre. Cette grande exposition sera présentée d’avril à septembre.
« Nous sommes les seuls en Europe à pouvoir proposer, dans un réseau de grottes, le voyage en bateau puis en petit train. Et peut-être même au monde », explique Albert Ross, quatrième génération d’exploitants de Bétharram, à cheval sur deux départements du Sud-Ouest. On y entre dans les Pyrénées-Atlantiques et 3,5 kilomètres plus loin, on ressort dans les Hautes-Pyrénées après avoir navigué en barque sur la rivière, et avoir embarqué pour un parcours de 700 mètres en train pour terminer le voyage sous terre de manière ludique. Ici, point d’artifice ni d’éclairages sophistiqués. « Nous travaillons beaucoup sur la qualité de l’accueil et l’accompagnement des visiteurs. Et nous sommes largement récompensés par le bouche-à-oreille », ajoute Albert Ross qui apporte une attention particulière au traitement des groupes. « La possibilité de pouvoir déposer les passagers juste à l’entrée de la grotte est un avantage considérable et un gain de temps incontestable! Surtout les jours de forte affluence », poursuit Albert Ross. Surtout, pour les voyages organisés notamment sur réservation, Bétharram propose toujours une facilité précieuse de nos jours. La grande salle de pique-nique peut accueillir jusqu’à 250 personnes gratuitement. Ainsi les voyageurs peuvent-ils arriver avec leur repas tiré du sac ou choisir un traiteur pour un bon moment de qualité gustative au cœur même ce mini-parc d’attractions préhistorique des Pyrénées.