Les acteurs du monde souterrain viennent de créer l’Ifreemis, Institut de formation, de recherche et d’expertise sur les milieux souterrains. Cette plate-forme collaborative réunit aussi bien des chercheurs que des sportifs du monde des cavités. Un comité de pilotage a été mis en place en juillet dernier dans l’Ardèche. Il est dirigé par Christophe Vigne.
Nous devons améliorer la connaissance des milieux souterrains. Il s’agit surtout d’appréhender ce milieu globalement et non pas de manière fragmentée comme c’était le cas jusque-là. Car le monde souterrain est une entité globale. Chaque expert travaillait dans son coin et sur sa spécialité et les échanges étaient limités. Avec l’Ifreemis, c’est la mise en commun de toutes les connaissances désormais regroupées à Vallon-Pont-d’Arc. La plate-forme a vocation à générer des sessions de formation, des journées d’échange, des temps de rencontres entre chercheurs et étudiants autour d’activités scientifiques menées sur le terrain en Sud-Ardèche dans un premier temps. Et partout ailleurs ensuite.
Oui bien sûr, car les gestionnaires de cavernes ont aujourd’hui du mal à échanger avec les scientifiques, avec les acteurs environnementaux ou du territoire comme les responsables de parcs nationaux ou régionaux. Nous allons proposer des outils pédagogiques pour mieux gérer le développement des grottes dans le respect de l’environnement et incluant l’approche du public. Ce sera tout bénéfice pour les visiteurs.
Les collectivités territoriales, bien entendu, mais aussi des universités comme celle de Chambéry (Savoie-Mont-Blanc) ou de Grenoble (Institut d’urbanisme et de géographie alpine). L’école des Mines d’Alès fait aussi partie des partenaires tout comme l’Anecat, l’association nationale qui fédère plus de 70 % des cavernes aménagées pour le tourisme. On retrouve aussi dans cet institut la Fédération de spéléo, le Syndicat national des professionnels de la spéléo et du canyoning, ou bien encore l’association Tetraktys spécialisée dans le développement local des espaces ruraux. Vingt acteurs ou organismes vont travailler ensemble sur la spéléologie, le tourisme et le patrimoine, l’environnement, la recherche scientifique et le développement territorial.
Il l’est déjà. Nous travaillons, par exemple, sur le projet de développement et de modernisation de la grotte de la Madeleine en Ardèche. Nous sommes en cours de réalisation d’un diagnostic complet de la grotte et de son milieu naturel. Ensuite, nous allons aider les dirigeants à construire un nouveau projet d’exploitation et de valorisation de ce site. C’est l’opportunité de construire un projet sur l’ensemble karstique ardéchois, incluant les grottes et les canyons. Nous venons de lancer une évaluation des différentes grottes aménagées en Europe. Nous en avons dénombré 760, dont une centaine qui ont déjà répondu à notre consultation. Et nous devons également réaliser un diagnostic d’exploitation et de développement pour un réseau de grottes au Laos.