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Vienne, l’Art Nouveau sur un air de valse

Destination | publié le : 01.09.2018 | Dernière Mise à jour : 29.08.2018

Auteur

  • Laurence Grémy-Flamand

Classée pour la 8e année consécutive en tête des villes les plus agréables à vivre au monde, Vienne offre une diversité culturelle qui a toujours attiré les touristes français. Capitale mondiale des bals mais aussi de l’Art Nouveau, Vienne a choisi de mettre à l’honneur cette année cette « Modernité viennoise » qui a marqué le début du siècle dernier.

L’année 2018 aura été pour Vienne celle de la célébration d’une période artistique particulièrement importante dans l’histoire autrichienne, la « Modernité viennoise ». Quatre de ses principaux représentants, les peintres Gustav Klimt et Egon Schiele, l’architecte Otto Wagner et le designer Koloman Moser, ont en effet durablement marqué la ville dans les années 1900. Ils sont tous décédés la même année, en 1918.

Gustav Klimt est sans conteste l’un des membres les plus en vue de ce courant artistique. Il crée à cette époque une association d’artistes, la Sécession, marquant ainsi la naissance de la modernité dans l’art autrichien. Ce style sécessionniste est plus connu en France sous le terme d’« Art Nouveau » ou de « Jugenstil » viennois. Sur de nombreuses affiches de la ville, Le Baiser de Gustav Klimt joue le rôle d’ambassadeur artistique de Vienne. C’est au musée du Belvédère, LE musée incontournable de la capitale autrichienne, qu’il faudra programmer une visite pour admirer l’original.

Le musée abrite 24 œuvres du peintre, la plus vaste collection au monde de l’artiste (Famille, Tournesol, Champ de coquelicots, etc.). Sa vision du monde et la nudité affichée sur ses toiles ont déclenché de nombreux scandales à l’époque. Mais les œuvres de Klimt sont aujourd’hui considérées comme le symbole même de cet art viennois devenu si populaire. Outre son célèbre Baiser, point d’orgue de la collection, c’est évidemment le portrait de Judith et son caractère subversif qui attire tous les regards des visiteurs.

Klimt a fortement influencé le peintre Egon Schiele. L’admiration est réciproque entre les deux artistes. Ses toiles sont réunies par les collectionneurs d’art Rudolf et Elisabeth Leopold au musée Leopold, autre étape incontournable d’un circuit thématique. Le Portrait de Wally Neuzil, Autoportrait aux Alkékenges, Nu masculin assis, Le cardinal et la nonne, ne sont que quelques illustrations de la collection la plus importante au monde d’Egon Schiele. On y trouve également La Vie et la mort, autre chef-d’œuvre de Klimt, ainsi que des pièces uniques, meubles, artisanat d’art et affiches, du designer Koloman Moser. Le Leopold reste l’institution la plus populaire du « Museums­Quartier » ou MQ, ce complexe culturel unique, installé dans les anciennes écuries impériales.

C’est de l’autre côté du Ring, l’artère principale du centre historique, que l’on peut profiter du travail d’Otto Wagner, à la fois designer et urbaniste, qui a marqué à sa manière son empreinte sécessionniste. Pionnier de l’architecture moderne, ses constructions portent beaucoup d’ornements en verre, de dorures et motifs floraux très caractéristiques. Ses principales réalisations sont avant tout des stations de métro, dont le Pavillon am Karlsplatz, crée en 1898, qui donne accès au métro Karlsplatz. Le Pavillon abrite aujourd’hui une petite exposition retraçant l’œuvre d’Otto Wagner. On lui doit également la première église moderne d’Europe, l’église Saint-Leopold à Steinholf, ainsi que la Maison aux Majoliques et la Maison aux Médaillons, le long de la Linke Wienzeile. Ouvert sur le Ring, le siège de la Caisse d’Épargne de la Poste tranche comme l’une des réalisations les plus modernes d’Otto Wagner, dont la construction a donné lieu à une exposition locale.

Quatrième « mousquetaire » de la Modernité Viennoise, Koloman Moser fut, quant à lui, un artiste polyvalent, à la fois peintre, designer graphique et architecte d’intérieur. Il dessine des vitraux, des décorations pour la Maison de la Sécession, des affiches, et conçoit des meubles et des objets en verre. Le Musée des Arts Appliqués (le MAK), situé lui aussi au cœur du MuseumsQuartier, conserve les archives de la Wiener Werstatte, l’association d’artistes fondée par Moser. Son but: intégrer l’art dans tous les domaines de la vie quotidienne. Une exposition programmée jusqu’en avril 2019 présente son œuvre intégrale.

La capitale mondiale des bals

Si Vienne est sans conteste une capitale culturelle, elle est également aux yeux du monde entier la capitale des bals. Il serait dommage de ne pas profiter d’une visite à Vienne pour assister à l’un des nombreux bals organisés notamment en début d’année.

Quoi de plus romantique que d’assister à un bal dans la plus pure tradition viennoise, sous les dorures des palais des Habsbourg. C’est un véritable rituel, un moment de grâce attendu chaque année par les Viennois, très attachés à cette tradition qui remonte au Congrès de Vienne de 1814. De nombreuses têtes couronnées et personnalités politiques se retrouvaient alors dans la capitale de l’Empire des Habsbourg pour redéfinir les frontières nationales après la chute de Napoléon. Les Viennois avaient à cœur de distraire les étrangers de marque en organisant de nombreuses fêtes avec un cérémonial emprunté à la cour du XVIIIe siècle. Certains éléments ont ainsi été conservés dans les bals les plus traditionnels.

L’office de tourisme de Vienne attend cette année plus de 500 000 visiteurs au total, dont 400 000 Viennois, et le reste venant des autres provinces autrichiennes ou de l’étranger. Les Français ne sont pas les derniers à saisir cette opportunité de ressentir l’âme viennoise.

On connaît bien évidemment les bals les plus prestigieux: le bal des Wiener Philharmoniker donné dans la grande salle dorée du Musikverein, où a lieu chaque année le Concert du Nouvel An; mais aussi le bal de l’Opéra (Opernball), le plus réputé, qui attire de nombreuses têtes couronnées et hommes politiques influents.

Sans avoir besoin de faire partie de l’aristocratie européenne ou des 500 plus grandes fortunes mondiales, il est tout à fait possible d’assister à un bal à Vienne: plus de 450 y sont organisés chaque année. En effet, chaque corps de métier organise son propre bal: des cafetiers aux vétérinaires, des confiseurs aux pharmaciens, des juristes aux maîtres-nageurs. Vous n’avez plus qu’à faire votre choix. Un conseil: réservez à l’avance car dès le mois d’octobre, l’OT de Vienne publie toute la liste des bals sur son www.wien.info/fr

Les touristes apprécieront particulièrement tous les préparatifs liés au bal: la location de la robe de soirée dans l’une des nombreuses boutiques de la ville, comme Vondru.

Et pourquoi pas quelques cours intensifs de valse viennoise dans la célèbre école Elmayer? Thomas Schäfer-Elmayer est le petit-fils du créateur de l’école. Chaque année, il forme plusieurs dizaines de couples de danseurs, qui ont l’immense honneur d’être sélectionnés pour participer à l’ouverture des bals. « Dans de nombreuses familles viennoises, cela a toujours été une tradition de suivre des cours de danse dès l’âge de 15 à 17 ans », reconnaît Dietling Schandl, jeune professeur de danse à l’école Elmayer. Pendant deux heures, les professeurs de l’école vous proposeront un cours intensif de danse viennoise et de quadrille. Il vous faudra alors retenir deux pas importants: « Le Tour de main » et la « Chaîne anglaise ».

Suivre des cours de danse viennoise est une très belle immersion dans la culture viennoise. Et permet de se mettre d’emblée dans l’ambiance du bal. Parmi les nombreux bals organisés à Vienne, le bal des cafetiers a toujours eu la réputation d’attirer beaucoup de monde. Près de 5 000 personnes environ! Sans doute pour son côté typiquement viennois sous les dorures du palais impérial, le Hofburg. La maîtresse de cérémonie, membre de l’Association des Cafetiers, ouvre les festivités dès 21 heures.

Si vous avez la chance d’avoir réservé des tables pour votre groupe, vous serez aux premières loges pour assister au spectacle. Car c’est bien à un véritable spectacle auquel vous allez assister avant le lancement officiel du bal. Les jeunes couples de l’école Elmayer font leur entrée, suivis par de nombreux officiels. Comme le veut la tradition, « les débutantes » portent de longues robes blanches, des gants blancs, une fine couronne sur la tête et un petit bouquet de fleurs dans la main droite.

Plusieurs morceaux du répertoire classique sont interprétés par l’orchestre du Wiener Opernballor. Les jeunes couples ne sont pas les seuls à occuper la piste. La troupe de la danseuse étoile Rebecca Horner et la soprano Rebecca Nelson sont régulièrement au programme. L’ouverture du bal proprement dite est lancée plus d’une heure plus tard. Le cérémonial est clos par une injonction du maître à danser, le fameux « Alles Walzer » ou « En avant pour la valse ».

La tradition veut que le bal commence toujours par une valse de Strauss, mais d’autres danses de société sont proposées tout au long de la soirée. Chaque couple peut ainsi danser à sa guise, sans crainte d’être jugé en cas de faux pas car les couples sont nombreux sur la piste, et ce jusqu’à 5 heures du matin!

Klimt, un escalier éphémère

Ouvert en 1891 sur la volonté de l’empereur François-Joseph, le colossal Kunsthistorisches Museum (KHM) de Vienne abrite la fine fleur de la peinture et de la sculpture viennoises, dont une série inédite du peintre Gustav Klimt.

Ses œuvres surplombent de plus de 12 m les arches du monumental escalier en marbre du musée. Pour les admirer de plus près, dans le cadre du centenaire de la mort du peintre, une passerelle spéciale « Stairway to Klimt » a été installée jusqu’en septembre dernier. L’initiative sera peut-être reconduite aux dires des spécialistes. Cet ensemble comprend un nu de face d’une déesse de type égyptien au déhanché provocant. « Sans avoir causé de véritable scandale, cette représentation allait assez loin pour un bâtiment officiel », rappelle le conservateur M. Uchtmann.

Le musée Sissi: un incontournable pour la clientèle française

Pendant plus de 600 ans, La Hofburg a servi de résidence à la dynastie des Habsbourg. Le musée Sissi en s’y installant permet au public de partir sur les traces de l’impératrice, durant ses nombreux voyages jusqu’à son assassinat en 1898 à Genève. La mise en scène du musée a été directement inspirée de poèmes personnels d’Elisabeth. Mais dès la première salle, le musée tient à faire la lumière entre le mythe et la réalité.

La vie privée d’Elisabeth est au cœur de l’exposition: son obsession de la minceur, le culte de la beauté, sa rébellion contre le cérémonial de la cour, sa passion pour l’équitation. Quelque 300 objets y sont présentés: une robe d’été, la reconstitution de sa robe de couronnement hongroise, quelques bijoux dont ces fameuses étoiles brillantes qu’elles portaient dans les cheveux, un célèbre portrait de l’impératrice, ses appareils de gymnastique, son bureau, sa pharmacie de voyage… jusqu’à son acte de décès original.

Pratique

Office de tourisme de Vienne: www.wien.info/fr

Pour les informations destinées aux professionnels: statistiques, agences réceptives, guide destiné aux chauffeurs de bus: www.b2b.vienna.info

Pour les expositions se poursuivant en 2019: www.leopoldmuseum.org www.belvedere.at / www.mak.at www.ottowagner.com

Plus spécifiquement sur la Modernité Viennoise: www.wien.info/fr/sightseeing/vienna-2018 www.moderniteviennoise2018.info

Pour la location de costumes: www.flossmann.at

Pour les cours de danse: www.elmayer.at

Pour les visites: www.wien.info/fr/sightseeing

Recommandations

→ Senator Hotel Vienna

Membre de la chaîne Touring Hotels Autriche avec ses 23 établissements, le Senator est localisé à l’ouest de la ville, à distance raisonnable du centre historique. Facilement accessible, il dispose d’un parking pour autocar à proximité et se spécialise dans l’accueil des groupes. Décor moderne, résolument coloré. www.senator-hotel.eu

→ Restaurant Beist Skopik&Lohn

Un restaurant-bistro typiquement viennois, à la décoration pour le moins originale. Et dans l’assiette, un festival de saveurs: soupe à la crème de céleri et truffes, lotte à la cardamone et noix de coco. www.skopikundlohn.at

→ Motto Am Fluss

Surplombant le Danube, au-dessus des navettes fluviales, le Motto est l’endroit branché du moment. À réserver donc à l’avance. Lumières tamisées, ambiance musicale lounge en début de soirée. Cuisine plutôt internationale. www.mottoamfluss.at

→ Leopoldauer Alm

Quoiqu’un peu loin du centre-ville, c’est un restaurant plébiscité pour les groupes pour son ambiance unique et typique dans un esprit de grand chalet de montagne avec des serveurs habillés en tyrolien. Les quantités sont gargantuesques et les prix raisonnables. www.leopoldaueralm.at

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