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Vallée gourmande, entre Dijon et Beaune

Destination | publié le : 01.09.2018 | Dernière Mise à jour : 29.08.2018

Auteur

  • Valérie Appert

Axe de communication ancestral entre le nord et le sud, le territoire fertile qui s’étend de Dijon à Beaune, en Côte-d’Or, mérite bien des étapes. Quintessence de la Bourgogne, vallée royale parsemée de vignobles, de châteaux et de caves, la côte de Nuits et de Beaune concentre 80 % de l’offre touristique du département. Véritable étape gourmande, elle offre de multiples visites dans des sites respectueux des savoir-faire locaux. Mais cette région auréolée d’un récent classement à l’Unesco sait aussi se projeter dans l’avenir.

Une lumière presque toscane, un paysage subtilement vallonné et des vignes à perte de vue: le long des 45 km qui séparent Dijon de Beaune se déroule une bande viticole façonnée au fil des siècles par les moines cisterciens du Moyen-Âge et les ducs de Bourgogne. Le tout constitue, le long de la côte de Nuits et de Beaune, un territoire à l’héritage culturel bimillénaire, mis en exergue depuis 1937 par la Route des grands crus de Bourgogne, première route viticole imaginée en France. « C’est la partie la plus prestigieuse de la Bourgogne, connue pour ses vins dont les noms résonnent jusqu’au bout du monde », explique Thomas Desmurs, responsable de la promotion commerciale à l’office de tourisme de Dijon. En 2015, consécration suprême, les Climats du vignoble de Bourgogne ont été inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. Les climats? Des parcelles de vignes précisément délimitées et nommées, dotées de caractéristiques propres: sous-sol, exposition, micro climat, qui ne donnent que des vins uniques. « Ici, on ne vient pas pour visiter une appellation mais pour comprendre comment le viticulteur élève son vin », nous expliquera notre guide au fil de la route.

Dijon, capitale du patrimoine

Au Moyen-Âge, la Bourgogne sur laquelle règnent les grands ducs s’étend jusqu’aux Pays-Bas. L’épouse de Philippe le Hardi, Marguerite de Flandre, a importé de son pays natal quelques douceurs aujourd’hui bien bourguignonnes, comme le pain d’épices et les toits polychromes en tuiles vernissées. Le territoire est ainsi pétri d’histoire et de culture. Et si Beaune est bien la capitale du vin avec ses 150 000 bouteilles dans les caves (pour 22 000 habitants!), Dijon est celle du patrimoine. La préfecture de la Côte-d’Or (155 000 habitants) s’organise autour de son secteur sauvegardé, inclus dans le périmètre des Climats labellisé Unesco. Son magnifique palais ducal abrite aujourd’hui l’hôtel de ville, le musée des Beaux-Arts, qui se refait une beauté, et l’office de tourisme.

Celui-ci propose de nombreuses visites guidées dans son lacis de ruelles médiévales, au pied des maisons à pans de bois et des façades Renaissance. Des thématiques classiques: les ducs de Bourgogne, les hôtels particuliers (102 en tout! la plupart inaccessibles au visiteur individuel), ou, plus inédites, comme « Dijon by night », « Au temps des boutiques » ou « Faits divers et anecdotes » (histoire de frissonner un peu sur l’ancienne place des exécutions capitales). « Nos visites guidées de 2 heures sont proposées aux autocaristes au tarif attractif de 137 € », reprend Thomas Desmurs. « Actuellement nous adaptons pour les groupes des visites décalées qui fonctionnent très bien en individuels. »

La ville achève une mue de grande ampleur initiée il y a une dizaine d’années avec la création du tramway. Le secteur historique sauvegardé est désormais piéton. La rue de la Liberté s’est métamorphosée en une belle voie commerçante jusqu’à la place de la Libération, ex-place Royale dessinée avec une symétrie parfaite par l’architecte de Versailles, Jules Hardouin-Mansart. « Ce réaménagement s’est accompagné d’une refonte du parc hôtelier, avec des montées en gamme et des créations. Dijon a connu pendant dix ans une politique de grands travaux. Les grosses infrastructures sont quasiment achevées, va commencer une période plus douce de travail sur l’attractivité », se réjouit Thomas Desmurs. En 2019, s’achèvera la deuxième phase de restauration du musée des Beaux-Arts. Un chantier de huit ans et de 60 millions d’euros. La première partie du projet a remis à l’honneur un parcours Moyen-Âge et Renaissance et offert un nouvel écrin, superbe, aux tombeaux des ducs de Bourgogne. Une cinquantaine de salles ouvertes en mai 2019 feront de lui l’un des musées les plus importants de France « et lui permettront de retrouver une programmation de qualité internationale ».

Le vin sous toutes ses facettes

Sur la route de Beaune, le vin reprend ses droits. Étape inévitable au très emblématique château du Clos-de-Vougeot. Si ce domaine fondé par les moines de l’abbaye de Cîteaux ne possède plus de vignes, il est toujours le siège de la confrérie des Chevaliers du Tastevin (12 000 membres!) qui opèrent régulièrement de très rigoureuses sélections de crus et de toutes aussi sérieuses agapes. On visite en une heure la cuverie du XVe siècle, l’ancien cellier des moines, leur dortoir sous sa magnifique charpente de chêne, avant de s’adonner à une initiation aux appellations. La partie Renaissance du château est accessible aux groupes à la demande et sur réservation, s’il n’y a pas de privatisation en cours. Ne pas hésiter à tenter sa chance: les salons de style rococo avec boiseries, parquets et cheminées immenses sont magnifiques.

À Beaune, les Hospices, mondialement connues pour leur vente de vins aux enchères au profit d’œuvres charitables, constituent le premier site patrimonial de Bourgogne. Cet hôpital du XVe siècle fut construit par Nicolas Rolin, chancelier de Philippe le Bon, dans un style gothique flamboyant, étonnamment cossu pour l’époque. En particulier l’immense salle réservée aux miséreux avec ses lits aux lourds rideaux rouges, la pharmacie où œuvraient les religieuses, la cuisine et sa cheminée à double foyer. La visite Privilège réservée aux groupes leur ouvrira les portes des caves, de la chambre du Roi et de l’ancien dortoir des sœurs. À dix minutes de là, les Caves du Patriarche, négociant et éleveur, proposent aux groupes une étonnante promenade instructive dans 400 m de galeries souterraines au milieu des bouteilles.

Une vallée gourmande

« La région peut tout autant satisfaire les visiteurs qui ne s’intéressent pas aux vins », reprend Thomas Desmurs, « car il y a beaucoup d’activités autour de sites de production et de produits régionaux: le fromage, les fruits rouges, le pain d’épices, les confitures… La truffe marche très fort, avec des séances de cavage auprès d’un maître truffier et de son chien, et un repas 100 % truffe ». À tester à la Maison des Mille-Truffes à Nuits-Saint-Georges, véritable étape bucolique en passe d’ouvrir un restaurant pour les groupes (début 2019). À la moutarderie Fallot de Beaune, le parcours « Sensations fortes » révèle le savoir-faire de cette entreprise familiale, la seule à maintenir le broyage des graines de moutarde à la meule de pierre.

Plébiscité par les groupes, labellisé Entreprise du patrimoine vivant, le Cassissium transforme 500 tonnes de cassis par an en une délicieuse crème: un site très moderne qui accueille le public au milieu des cuves et lui dévoile toutes les astuces pour reconnaître une crème de cassis authentique, popularisée par le fameux chanoine Kir. On peut aussi y déguster les 70 sirops aux fruits commercialisés par l’entreprise. Autant de produits forgeant une identité gourmande qui prendra corps dans la future Cité de la gastronomie et du vin de Dijon, dont l’ouverture est annoncée pour 2020. À travers ce complexe, de la taille d’un quartier, comprenant un centre d’interprétation et d’expériences autour des traditions culinaires, une école Ferrandi et des halles dédiées à l’achat et à la dégustation, la ville aura pour mission de valoriser le repas gastronomique des Français qui figure au Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco depuis 2010.

Insolite

• De nouveaux « produits décalés » dans le catalogue 2019 de l’OT de Dijon. Les apéritifs secrets: visites urbaines de 30 mn s’achevant dans un lieu patrimonial (hôtel particulier, cellier, théâtre…) doté d’un bar éphémère pour une dégustation de vins fins (jusqu’à 50 personnes) / Visites improvisées avec la Ligue d’improvisation théâtrale, des balades loufoques désormais adaptées aux groupes / Apéritifs privatifs au sommet de la tour Philippe-le-Bon, jusqu’à 17 personnes.

• Le Consortium à Dijon. On est loin des échauguettes! Cette ancienne fabrique de chaussures des années 40, post-Bauhaus, abrite un centre d’art reconnu dans le monde entier. Entièrement privatisable, il offre aux groupes une visite commentée de ses expositions temporaires d’art contemporain dans de magnifiques volumes. www.leconsortium.fr

• L’Imaginarium à Nuits-Saint-Georges. Enfin un lieu pour les œno-ignorants! La scénographie innovante de son musée animé met en lumière des thématiques liées au vin. Son deuxième espace, très ludique avec ses vidéos et ses ateliers interactifs, décrypte le processus des vins effervescents. Très belle salle de dégustation. www.imaginarium-bourgogne.com

• L’entreprise Mulot-Petitjean à Dijon. En 2017, cette entreprise familiale qui produit du pain d’épices depuis 1796 a sorti des réserves ses machines anciennes et créé un parcours muséographique passionnant (avec un petit clin d’œil aux films d’Harry Potter). Ce sont les employés eux-mêmes, filmés grandeur nature, qui font office de guides. www.mulotpetitjean.com

• La Cité de la gastronomie et du vin à Dijon. Pour comprendre les ambitions de ce futur complexe, visite de la Maison du chantier (dans la chapelle de l’ancien hôpital) et de son exposition temporaire (20 000 visiteurs depuis 2018). À compléter, pour les groupes, avec la visite du chantier. Sur réservation.

Recommandations

• Le Mercure Centre Clemenceau, à Dijon

Avec ses 800 groupes de loisirs annuels, ce 4 étoiles tout confort est idéalement situé à 10 mn du centre-ville et à proximité des axes routiers. Entièrement restauré depuis trois ans, il propose une piscine chauffée, un restaurant gastronomique et des salles privatives lumineuses. Le Mercure appartient au groupe Hôtels Bourgogne Qualité de la famille Jacquier (13 établissements sur la région dont La Ferme aux Vins, à Beaune: malgré son intitulé rustique il s’agit d’un Ibis moderne dans un parc et un beau restaurant prolongé d’une terrasse).

www.hotel-mercure-dijon.com et www.hotel-ibis-beaune.fr

• Loiseau des vignes, à Beaune

Dans le fief de Bernard Loiseau, cet établissement couronné d’une étoile Michelin sait faire plaisir aux groupes avec un premier menu à 50 €. Œnothèque, cadre forcément raffiné et salle privilégiée pour les groupes.

www.bernard-loiseau.com

• L’Alambic, à Nuits-Saint-Georges

Une belle étape avec une cuisine maison et régionale.

www.lalambic.com

> En chiffres <

> 3 millions de visiteurs/an à Dijon en 2017

> 1,5 jour de durée moyenne de séjour

> 850 visites commentées groupes en 2017

> 3 600 chambres sur la métropole, dont 14 hôtels 4* et 2 hôtels 5*

> 40 000 téléchargements en 3 ans de l’application mobile Balades en Bourgogne

> 51 000 visiteurs château Clos-du-Vougeot, dont près de 16 000 en groupes constitués

> 430 000 visiteurs par an aux Hospices-de-Beaune

> 450 groupes/an au Cassissium

> 12 000 visiteurs en 2017 dans l’entreprise Mulot-Petitjean

> 40 000 visiteurs guidés/an à la moutarderie Fallot, dont 500 groupes en 2017

> 40 000 visiteurs/an aux Caves du Patriarche

Questions à…
Pascale Lambert, directrice de Côte-d’Or Tourisme

« Une destination raffinée, authentique et friendly »

« L’ADN de l’axe Dijon-Beaune est double: viticole et patrimoniale. Quand on ne connaît pas la Bourgogne, la route des Grands Crus est le premier territoire que l’on visite, ses Champs-Élysées en quelque sorte. Depuis l’après-guerre, le tourisme viticole, plutôt mené en groupes, s’apparentait surtout à une descente de caves. Aujourd’hui, la clientèle, qui se diversifie, ne se contente pas de déguster le vin, elle veut le comprendre: comment le vin est-il élevé? Selon quelles traditions? Elle tient aussi à goûter le territoire, dans toutes ses composantes: patrimoine, culture, nature… On assiste à l’émergence d’une nouvelle clientèle qui voyage à vélo. Elle profite d’une véloroute qui traverse les vignes et rejoindra dès l’année prochaine les portes de Dijon. L’inscription à l’Unesco nous oblige à une mise à niveau dans tous les domaines. Aujourd’hui nous cherchons à sensibiliser les viticulteurs eux-mêmes pour gérer intelligemment les flux (le tourisme rural ne correspond pas à un tourisme de masse) et en faire une destination raffinée, couture et authentique, de qualité, quelle que soit la gamme, et bien sûr friendly. Car l’on vient ici pour rencontrer des gens, et y être accueilli, non pas en visiteur, mais en ami. »

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