Au carrefour de l’Europe, de l’Afrique et de l’Asie, la plus grande des îles grecques pourrait bien être le lieu idéal pour les groupes de touristes. Que l’on s’y rende pour profiter des plages de sable blanc, pour randonner dans ses gorges ou pour visiter ses sites minoens, la Crète a en effet de quoi surprendre et passionner ses visiteurs. Découverte d’ouest en est.
À quelques minutes de l’atterrissage, un bref regard au hublot de l’avion plante déjà le décor. Les îles, petites ou grandes, se suivent dans une eau turquoise avant que n’apparaisse au loin la plus grande d’entre elles, la Crète. Une fois le pied posé au sol, le soleil et la chaleur accompagnent à présent la magnifique vue sur la mer depuis le tarmac de l’aéroport, point de départ d’un séjour entre sites historiques, montagnes verdoyantes et plages paradisiaques. Mais avant de partir vers l’ouest, première étape de ce séjour, un passage s’impose dans la « capitale », Héraklion, ville centrale de cette île longue de 255 km.
L’occasion plus particulièrement de parcourir son musée archéologique et en apprendre un peu plus sur la civilisation crétoise. S’y trouvent notamment quelques pièces rares provenant des différents sites historiques de l’île, dont les célèbres disque de Phaistos, déesse aux serpents et anneau de Minos. Des œuvres permettant de mieux appréhender l’histoire minoenne présente partout en Crète. Une période en effet marquante pour l’île grecque, que l’on retrouve à seulement quelques kilomètres de là, sur le site de Knossos, premier palais minoen découvert en Crète. En partie reconstitué au début du XXe siècle par l’archéologue anglais Arthur John Evans, ce palais impressionne autant qu’il ne déroute. La reconstruction par Evans du site le plus important de cette époque peut en effet surprendre, mais la découverte de ses restes archéologiques, de ses pithoi – immenses jarres en terre cuite – et de l’histoire du site valent d’y faire un détour. La mythologie raconte ainsi que ce palais de près de 22 000 m2, aux airs de labyrinthe, aurait été construit par Dédale pour que Minos puisse y enfermer le… Minotaure.
Un premier mythe en tête et il est enfin temps de prendre la route pour partir vers l’ouest. Avec les villages perchés dans les montagnes sur notre gauche, la vue sur la mer sur notre droite, le trajet en bus laisse le temps d’apprécier les paysages. Une heure plus tard, Réthymnon est là. La troisième ville de Crète, connue pour attirer la jeunesse grecque, est sans aucun doute l’une des plus charmantes de l’île. Ses petites ruelles étroites, sa vaste forteresse (la Fortezza), son port, ses nombreux commerces, restaurants, musées et sa vie nocturne animée en font une étape idéale. Un moment pour flâner tout en appréciant l’architecture vénitienne et ottomane, très présente dans la cité, et découvrir notamment la mosquée Nerantzès, son immense minaret et l’étonnante fontaine Rimondi. Au détour d’une rue, une scène attire l’attention. Assis à un café, musique traditionnelle en fond sonore, un vieil homme tient à la main ce qui pourrait ressembler à un chapelet, qu’il ne cesse d’égrener. C’est un komboloï, apprend-on. Un collier fait de perles en bois devenu un véritable objet du quotidien et servant tout simplement à se détendre et passer le temps.
Pas de temps à perdre, il nous reste encore beaucoup à découvrir. Un arrêt sur l’impressionnante plage qui se trouve à l’est de la ville – elle s’étend sur pas moins d’une quinzaine de kilomètres – puis direction le centre-ouest de l’île, toujours dans la préfecture de Réthymnon. Changement d’ambiance en entrant dans le monastère sacré d’Arkadi. Une visite incontournable pour les groupes de touristes, qui sont nombreux à se presser pour franchir l’entrée du cloître, débouchant sur une magnifique église orthodoxe datant du XVIe siècle. Le site est devenu le symbole, en 1866, de la révolte crétoise contre l’occupation turque. En témoigne ce vieux cyprès, planté à côté d’une abbaye, qui garde encore les traces des balles turques. Un petit tour des lieux, de l’abbaye au messocoumnia (l’entrée des cellules des moines) en passant par les celliers, et l’heure est venue de se diriger vers La Canée.
La deuxième plus grande ville de Crète a, elle aussi, été marquée par l’histoire. Bombardée durant la Seconde Guerre mondiale, l’ancienne capitale de l’île a depuis été reconstruite. Tout en préservant le charme qui faisait sa renommée, mélange d’architecture byzantine, vénitienne et ottomane. Il faut ici délaisser les grandes avenues pour se perdre dans les ruelles, où les magasins de luxe côtoient les petites échoppes d’éponges et boutiques d’artisanat. Les amoureux de la mer partent en direction du musée de la Marine, à la recherche d’objets en tout genre: lampes de phares, coquillages, matériel de navigation… Tandis que les amateurs de gastronomie s’attardent dans L’Agora, marché couvert en forme de croix, où sont proposés de très nombreux produits frais, fromages, légumes, miels et autres délices sucrés. Une mise en bouche parfaite avant de partir s’attabler dans l’une des tavernes présentes sur le port. Le temps de profiter d’un déjeuner fait de mezze et de poisson grillé, et d’apprécier, en prime, la magnifique vue sur la jetée, son phare et la mosquée des Janissaires.
Après un repas plantureux, rien de mieux qu’une randonnée pédestre. Rendez-vous est donné à l’entrée des gorges Agios Antonios, près du village de Patsos, en plein cœur de l’île. Moins touristiques que les gorges de Samaria, et gratuites de surcroît, elles dévoilent un nouveau visage de la Crète, plus fraîche, plus verdoyante et surtout d’un calme absolu. La balade commence par la découverte d’une petite chapelle rupestre aménagée dans le creux d’une montagne, où les randonneurs les plus croyants s’arrêtent le temps de glisser un souhait dans la roche ou déposer un « ex-voto » en remerciement d’un vœu accompli. L’occasion aussi pour eux d’aller rapidement toucher les eaux de sources qui auraient, paraît-il, le don de guérison de certaines maladies. Puis la randonnée continue sur plusieurs kilomètres, le long d’un ruisseau, entre les falaises boisées et les petites cascades cachées derrière les rochers. Dépaysement garanti.
Le temps est venu de se diriger vers l’est, plus précisément sur le plateau du Lassithi. Avec un premier arrêt dans la grotte de Dikti, perchée à 1 025 mètres d’altitude. Vieille de plus de deux millions d’années, la cavité garnie de stalagmites et stalactites est elle aussi teintée de mythologie. On raconte que c’est ici même que Zeus aurait été caché par sa mère peu après sa naissance. Pour éviter que son père, Cronos, effrayé à l’idée d’être détrôné par l’un de ses enfants, ne le dévore. Une nouvelle anecdote avant le retour à la surface pour de nouveau se rapprocher de la côte crétoise. À quelques kilomètres de là, se trouve la très belle ville d’Agios Nikolaos, qui a pour particularité d’être construite autour du petit lac Voulismeni, relié à la mer par un étroit chenal. La légende raconte que les déesses Athéna et Artémis avaient pour habitude de s’y baigner. Si, officiellement, la profondeur de ce lac est de 64 mètres, certains habitants croient dur comme fer qu’il n’a pas de fond. Encore faut-il, pour le vérifier, y plonger. Les moins téméraires préféreront une promenade sur son port.
Départ à présent pour Elounda, petit village de pêcheurs situé sur la côte nord. Cette station balnéaire, depuis longtemps appréciée des touristes, fait office d’escale pour découvrir plus longuement la région et la presqu’île de Kolokytha, où les voyageurs viennent profiter des petites criques. Le temps de s’y balader quelques instants et un bateau s’apprête déjà à embarquer en direction de l’île de Spinalonga. Le décor de carte postale qui commence à se dessiner au loin cache pourtant un passé moins heureux. Surnommée « l’île des lépreux », celle-ci a servi de lieu d’enfermement aux malades de 1904 à 1957, date à laquelle un traitement a finalement été développé. Coupés du monde, ces derniers y vivaient sans contact avec le reste du monde, si ce n’est lors des ravitaillements. Devenue aujourd’hui un site archéologique, l’île accueille chaque année des milliers de touristes venus en apprendre plus sur ce difficile passé.
Le périple se termine à l’extrémité orientale de l’île, sur la plage de Vaï, à une trentaine de kilomètres de la ville de Sitia. L’une des plus connues et plus belles baies de Crète. Une forêt de palmiers (la seule palmeraie naturelle d’Europe) se présente, puis on découvre avec admiration cette étendue de sable fin et de mer turquoise. Les touristes sont, là aussi, nombreux à venir s’y promener et s’y baigner. Le séjour prend fin, les pieds dans l’eau et le regard tourné vers la Méditerranée. Cet extrait lu dans le célèbre roman Alexis Zorba, de l’écrivain crétois Níkos Kazantzákis, prend alors tout son sens: « Pendant que nous vivons un bonheur, il nous est difficile de le sentir. Ce n’est que lorsqu’il est passé et que nous regardons en arrière que nous comprenons soudain – parfois avec étonnement – combien nous avons été heureux. Mais moi, sur ce rivage de Crète, je vivais le bonheur et je savais en même temps que j’étais heureux. »
→ Quels sont les atouts majeurs de la Crète?
La Crète est un pays qui peut satisfaire à l’unanimité tous les goûts des clients. Ses grands atouts sont bien sûr la culture, son passé lointain, la mythologie crétoise qui est extrêmement riche mais aussi les paysages très variés et uniques, la mer, les montagnes, les nombreuses gorges et grottes, sa faune et sa flore et des centaines de variétés de plantes dont beaucoup sont endémiques à la Crète (une grande partie d’entre elles font partie du programme Natura 2000). Sans oublier le caractère très chaleureux des Crétois, sa lumière divine et la sécurité sur l’île.
→ Comment évolue l’offre de la Crète à destination des groupes?
Nous avons beaucoup de groupes qui demandent ces dernières années des séjours en hôtel club avec des excursions. Il y a aussi une grande partie des touristes qui désirent faire des circuits sur toute la Crète avec différentes visites. D’autres groupes choisissent au contraire des programmes à la carte, par exemple en se focalisant sur un programme culturel, historique, sur de l’agrotourisme ou encore sur de la randonnée.
→ Quels conseils donneriez-vous avant l’organisation d’un voyage en groupe?
Nous conseillons aux agences de voyages qui connaissent leurs clients de nous donner le plus d’informations possible sur leurs groupes, par exemple s’ils sont plus culturels, sportifs, jeunes ou du 3e âge. Ce qui nous permettra de leur organiser le mieux possible leur séjour en faisant le bon choix d’hôtels et le bon choix d’excursions et de visites. Nous faisons très attention à tous ces détails et au choix de nos guides.
Office de tourisme de Grèce
Contact: info@ot-grece.fr
Tél.: 01 42 60 65 75
Incredible Crete
Contact:
Agence réceptive Héliades DMC
Contact:
Tel: +30 2109602780
→ Touristes internationaux en Crète en 2017: 4,8 millions (+ 6,6 % par rapport à 2016);
→ Touristes français en Crète en 2017: 473 000 (+ 5,8 %);
→ Nombre de nuitées des touristes français en Crète en 2017: 3,97 millions (+ 0,25 %);
→ Dépenses moyennes d’un touriste français pour huit jours en Crète en 2017: 727,30 euros;
→ Nombre d’hôtels: 1 577 (dont 104 hôtels 5* et 270 en 4*), pour un total de 174 275 lits.
L’arrivée de l’automne 2018 marquera le début du chantier du nouvel aéroport international de Crète. Situé à Kastelli, il remplacera l’actuel aéroport Nikos Kazantzakis de Héraklion et aura pour ambition de devenir le deuxième plus grand aéroport de Grèce. L’Ariadne Airport Group, consortium de la société de construction grecque GEK Terna et de l’indien GMR Airports Limited (GAL), avait remporté le projet l’année dernière, avec une concession de 35 ans. Le budget prévu par le constructeur est de 480 millions d’euros, tandis que l’État grec devrait contribuer à hauteur de 180 millions. La durée envisagée pour les travaux est de cinq années, avec pour objectif une inauguration en 2023. Situé à 35 km au sud-est de Héraklion, il devrait accueillir près de neuf millions de passagers par an. Une piste de 3,2 km de long sera également prévue, ce qui permettra d’accueillir des plus gros appareils, ce que celui de Héraklion ne pouvait pas faire.
Chaque année, la Pâque orthodoxe (déterminée par le calendrier julien) est un véritable moment de fête pour tous les Crétois. Après un jeûne de plusieurs semaines, les habitants se retrouvent tous en famille pour célébrer la résurrection du Christ. Les festivités commencent dans la nuit du samedi avec des messes et processions partout sur l’île, avant que tous ne se retrouvent pour dîner et mettre fin au carême. Au menu, la maghiritsa, une soupe au foie d’agneau, aux œufs et à l’aneth, et les traditionnels œufs rouges, teints lors du jeudi saint. Des célébrations et grands repas de fête sont également organisés le dimanche. En se baladant, les touristes découvrent des feux partout dans les terrains privés, mais aussi parfois dans la rue, sur lesquels les habitants font cuire l’agneau à la broche pour le déjeuner. Un moment parfait pour aller à la rencontre des Crétois, très chaleureux, qui n’hésitent pas à accueillir les voyageurs pendant les préparatifs pour célébrer ce moment de joie avec un bon verre de raki. La prochaine pâque orthodoxe aura lieu le 28 avril 2019.
→ Club Héliades Peninsula Resort & Spa 4*
Ce très grand complexe hôtelier de 280 chambres situé à Agia Pelagia, à seulement une demi-heure de Héraklion, bénéficie d’infrastructures idéales pour les groupes: restaurant, bar, piscines intérieure et extérieure, salle de sport, spa, salle de jeux, boutique, bureau d’excursions… Le tout avec une splendide vue sur la Méditerranée.
→ Apostolis Restaurant
Cette taverne qui se trouve dans le port de La Canée, au nord-est de l’île, offre à ses visiteurs une cuisine locale excellente faite notamment de mezze et de poissons. Ici, pas de chichi, la décoration est très simple et le plaisir se trouve avant tout dans l’assiette.
→ Taverne H Αλὼνα
De passage dans le village de Meronas, un rapide stop s’impose dans cette petite taverne qui pourrait, si elle n’avait pas d’enseigne, passer complètement inaperçue. L’accueil y est extrêmement chaleureux et le raki – boisson crétoise par excellence – se déguste avec quelques spécialités locales, en admirant la vue incroyable sur les montagnes de la région.
→ Village Arolithos
Ce village crétois, construit il y a seulement 30 ans près de Héraklion, semble avoir été conçu pour les groupes de touristes. Tout y est prévu: un hôtel, une taverne, des boutiques et enfin une grande salle de réception avec scène permettant d’organiser des soirées thématiques. L’occasion par exemple d’y découvrir un spectacle de danse grecque traditionnelle. Un lieu plein de charme, de jour comme de nuit.