« Les musées français ont changé de modèle économique »
En premier lieu, la baisse des subventions accordées par l’État aux musées publics et les attentats de 2015 qui ont porté en 2016 un coup de massue au nombre de visiteurs. On constate depuis cinq ans une volonté d’attirer et de fidéliser de nouveaux publics, notamment les millenials pour lesquels les musées inventent de nouveaux outils en lien avec la révolution numérique de 2012/2013. Il y a énormément de jeunes entreprises qui leur apportent tout un panel de solutions: applications qui remplacent l’audioguide, livre d’or en ligne, expériences sonores avec de la réalité augmentée…
Les musées ne se reposent plus sur le seul modèle économique qu’est la vente de billets; ils renouvellent aussi leurs ressources propres. Prenez la boutique de musée, fréquentée par la moitié des visiteurs: 75 % d’entre eux consomment. Il y a dix ans il s’agissait seulement de carterie, aujourd’hui on y trouve des bijoux, des reproductions d’objets, de la décoration intérieure… Du made in France de plus en plus haut de gamme; les petits sites, eux, misent sur de l’épicerie fine régionale. Certains établissements développent une autre gamme de services très utiles (des bornes pour recharger son téléphone, des photomatons de luxe comme celui du studio Harcourt qui a eu beaucoup de succès au Palais de Tokyo), qui sont des sources complémentaires de revenus et renvoient l’image d’un accueil moderne et soigné. Le marché des musées est porteur, pourtant les établissements français sont à la traîne: aux États-Unis, ils ont cinq ans d’avance sur toute la ligne, en matière d’outils technologiques comme de modèles économiques.
D’un point de vue sociétal, les musées tendent à devenir le cœur d’importants lieux de vie, constitués de librairies, de points de restauration et de repos. Comme à Dubaï où ce sont d’énormes malls avec de la vie autour. À terme, les musées deviendront de gros centres culturels.