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Israël sur des airs d’opéra et cætera

Destination | publié le : 01.09.2011 | Dernière Mise à jour : 01.09.2011

Auteur

  • Stéphane Jarre

Le miracle israélien n’est plus tellement aujourd’hui de cultiver dans le désert, mais bien de faire résonner les drames chantés des opéras les plus célèbres au pied d’un rocher symbolique comme la forteresse de Massada. Après Aïda cette année, Carmen l’an prochain, les bruits de l’actualité n’ont plus qu’à se taire le temps de quelques soirées de juin.

CETTE terre agit comme un aimant. Pas étonnant qu’elle soit régulièrement en proie à des tensions. Des pharaons égyptiens d’il y a 2 000 ans avant notre ère aux tribus juives éparpillées, des Babyloniens aux empereurs romains, des Perses aux mamelouks, des musulmans aux croisés, des Ottomans aux sionistes en passant par les Britanniques, tous à une époque ou une autre – et sans que la liste soit exhaustive ni dans l’ordre chronologique – ont senti cet appel vers cette terre unique, à conquérir ou à conserver, enserrée entre le Jourdain et la Méditerranée, entre la mer Morte et le Sinaï. Pour une fois, cependant, ce ne sont pas les armes qui parlent en ces contrées saturées de conflits, mais la musique. L’opéra plus exactement. Voilà qui nous change des feux de l’actualité et donne à entendre d’autres sons que des menaces martiales, le vacarme d’attentats ou le bruit des bottes. Et il y a foule pour assister, en ce début juin, à la 2e édition du Festival “hors les murs” donné par l’Opéra d’Israël. 7 500 places remplies, face à l’énorme masse rocheuse, comme une grosse molaire entre ciel et terre, que constitue la forteresse de Massada, haut lieu de la résistance juive face à l’occupant romain, aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’Unesco, avec son palais en ruine et son chemin du serpent à flanc de montagne qu’un téléphérique épargne aux touristes pressés ou paresseux.

Vu de là-haut, ce théâtre éphémère surgi du désert, n’apparaît guère plus imposant qu’une légion romaine d’alors, dans cette immensité pierreuse avec, en toile de fond, la mer Morte, alanguie dans ses teintes d’aquarelle bleu vert, transpirant sous le soleil brûlant. Vue d’en bas, la scène, en fait gigantesque, en impose. Pharaon, Sphinx et obélisques monumentaux l’encadrent. Et dans toute sa largeur, troupes égyptiennes, chameaux, chœurs, cantatrices et chanteurs vont s’évertuer à la remplir, courant vers un drame attendu: celui d’Aïda.

Après la première édition, en 2010, qui marquait avec Nabucco le 25e anniversaire de l’Opéra d’Israël autant que le lancement d’un festival appelé à s’enraciner dans le désert de Judée, c’est encore Verdi qui a été sollicité cette année, avec ses airs envoûtants. Aïda donc, mais aussi la messe de requiem.

Un ballet d’autocars dans la tiédeur vespérale

De l’Israélien Daniel Oren, à la direction musicale enlevée, au français Charles Roubaud pour une mise en scène, qui fait la part belle aux jeux de lumières autant qu’à d’amusantes trouvailles chorégraphiques, en passant par les sopranos chinoise Hui He et américaine Kristin Lewis, ou encore la mezzo soprano américaine Marianne Cornetti, des artistes réputés n’ont pas hésité à se confronter aux aléas d’une représentation en plein air. Et l’air est immense ici bas, enveloppant de sa tiédeur vespérale les spectateurs acheminés par un ballet d’autocars depuis leurs hôtels d’Ein Bokek, relativement proches, ou venus spécialement des quatre coins d’Israël ou, pour 3 000 d’entre eux, de l’étranger.

Après Verdi, qui a contribué à lancer ce festival en un lieu si inattendu, le tour est venu pour d’autres amours passionnées, celles de Carmen de Georges Bizet de le porter plus loin encore. Trois représentations sont programmées, les 7, 9 et 10 juin 2012 (voir encadré). Roberto Alagna et Elina Garanca y sont attendus le lundi 11 juin pour chanter des airs d’opéra célèbres en duo. Le 8 juin, l’orchestre philharmonique royal de Londres et le pianiste Fazil Say apaiseront le désert de Judée en jouant Rhapsody in Blue de Gershwin et le concerto en sol pour piano de Maurice Ravel.

Mais l’opéra d’Israël a pris goût à quitter sa scène de Tel-Aviv pour s’installer en des lieux moins conventionnels, comme cette année où il a joué – ce qui ne manquait pas d’audace et fut accueilli par quelques jeunes militants sionistes par une banderole hostile – le Jérusalem, de Verdi toujours, dans la Piscine du Sultan, un cadre de verdure aux pieds des remparts de Jérusalem. Une première en Israël pour cet opéra qui finit avec la prise par les croisés de la cité trois fois sainte, non sans quelques drames amoureux. La scène est cette fois plus étroite, mais son utilisation habile, qui fait grand usage de l’image, de la vidéo et des éclairages. La programmation de juin 2012 en ce lieu n’est pas encore publiée, mais d’autres événements musicaux se déroulent en Israël à la même époque, pas de la même envergure certes, mais qui constituent une autre manière d’aller à la rencontre du pays.

C’est, par exemple, en 2012, fin mai début juin, au moment de la fête des moissons (Chavouot) – qui marque aussi le jour où la Torah fut donnée par Dieu au peuple juif – que se déroule le Festival d’Abou Gosh, bourg musulman proche de l’autoroute qui relie Jérusalem à la côte, notamment célèbre pour ses deux églises et son houmous. Cet événement musical, qui se tient deux fois par an, autour de Chavouot donc, mais aussi de Soukkot (fin septembre ou début octobre), a conquis une notoriété nationale. Mais le cadre où il se déroule vaut de toute façon la halte, notamment l’église des Croisés et, pour son calme, le monastère bien plus récent adjacent à la mosquée. Construit au XIIe siècle, l’édifice religieux a subi de nombreux dégâts, mais il reste une architecture et des fresques remarquables dans un parc aux fleurs odorantes et aux couleurs éclatantes. Le lieu, territoire français depuis que Napoléon III le reçut en cadeau du sultan ottoman Abdulaziz, a été consciencieusement rénové.

Si la musique est une destination en soi, Israël, évidemment, a bien d’autres propositions touristiques à présenter. Histoire, religions, actualité et paysages se disputent les bonnes raisons de se laisser happer par cette fascinante contrée. Qu’il s’agisse de traverser le désert pour dénicher les grottes de Koumran où un Bédouin découvrit les fameux “manuscrits de la mer Morte”, ou d’arpenter les ruelles animées du souk dans la vieille ville de Jérusalem où les populations s’entrecroisent, avec la détermination de ceux qui croient et la certitude d’être un maillon d’une histoire millénaire qui se construit jour après jour, rien ne peut laisser indifférent. Encore moins la visite à Yad Vashem, mémorial de la Shoah sur le mont Herzl, qui tente une synthèse de l’abomination et une explication de l’histoire qui l’a précédée et de celle qui s’en est suivie.

Sans transition, mais 1 200 mètres plus bas, la mer Morte tend ses bras appesantis aux baigneurs, à moins que ce ne soit l’inverse, tant il n’y a guère plus à tenter que de faire la planche sur cette étendue saline liquide. Les spas des grands hôtels sont aux petits soins pour leur clientèle en séjour détente et soleil. Mais la tranquillité est aussi au rendez-vous au kibboutz Ein Gedi, un havre de verdure parmi les pierres, où le parc aux essences rares importées du monde entier est aussi un terrain d’exploration pour antilopes et de tranquilles vacances au bord de la piscine pour les humains. Des bungalows, sobrement mais efficacement aménagés, éparpillés dans le kibboutz, attendent groupes ou particuliers en veine de dépaysement total.

Rien à voir avec l’agitation de Tel-Aviv, de l’autre côté des montagnes arides de Judée, qui hésite entre cité balnéaire, ville futuriste et capitale économique, mélangeant les styles, des immeubles bauhaus aux tours futuristes, comme les gens, dont le mode de vie paraît plus proche de la Californie que de Jérusalem. Mais c’est ainsi, en Israël, où quatre alphabets (hébreu, arabe, latin et cyrillique) se juxtaposent sur nombre de panneaux de circulation, des dizaines d’idiomes se parlent, diverses populations se côtoient ou se frôlent, écrivant l’histoire au présent et laissant aux touristes le soin de la mettre en musique.

www.israel-opera.co.il

www.abbaye-abugosh.info

www.yadvashem.org/

www.ein-gedi.co.il/fr/

www.otisrael.com

Juin 2012: Carmen à l’assaut de Massada

En juin 2012, le Festival de Massada a prévu cinq représentations au pied de la célèbre forteresse. Carmen de Georges Bizet sera donné, en français avec sous-titres en anglais et en hébreu, les jeudi 7, samedi 9 et dimanche 10 juin. L’orchestre philharmonique royal de Londres et le pianiste Fazil Say seront à l’affiche le vendredi 8 juin, avec Gershwin et Ravel au programme. Lundi 11 juin, la scène sera livrée au ténor franco-italien Roberto Alagna et à la mezzo soprano lettone Elina Garanca qui interpréteront des arias et duos d’opéras célèbres.

Des forfaits hébergement et spectacle sont déjà proposés à la vente sur internet, mais pour les groupes, il est demandé de se renseigner par courriel pour connaître les offres et conditions qui peuvent être négociées.

www.carmen-at-masada.com

www.israel-opera.co.il

"Le Festival d’opéra, c’est 700 clients", Steve Boublil Directeur groupes de Joubert Voyages

Est-ce que les représentations à Massada intéressent le public français?

Steve Boublil: Aïda, pour Joubert Voyages, a représenté 700 clients. Et nous croyons beaucoup dans Carmen pour l’année prochaine. L’opéra est un créneau où l’on est bien introduit, tout comme sur la destination où nous envoyons 25 000 à 30 000 touristes par an.

Le plus difficile est de choisir, parmi toutes les tentations touristiques d’Israël, que conseilleriez-vous?

S. B.: À des touristes qui n’y seraient jamais allés, je mettrais en avant Tel-Aviv, la Galilée, Jérusalem, avec escapade à la mer Morte le samedi, quand tout est fermé dans la ville sainte. Mais je peux bâtir un circuit complet, qui fait le tour d’Israël, en dix jours.

Quelle est la meilleure période pour s’y rendre?

S. B.: D’avril à juin et en octobre-novembre. Septembre contient trop de fêtes religieuses et le pays fonctionne plus au ralenti.

Est-ce une destination tributaire de l’actualité?

S. B.: Ni plus ni moins qu’une autre. Depuis deux ou trois ans, cela n’a pas joué. Généralement, les passionnés du Proche-Orient, qui ont déjà visité l’Égypte, la Syrie et la Jordanie, se décident ensuite pour Israël. Actuellement, peut-être qu’Israël revient plus tôt dans leur programme de voyages. La clientèle de loisirs n’est pas la seule non plus à s’intéresser au pays. Les comités d’entreprise aussi font découvrir la destination. Outre le tourisme religieux qui a son importance auprès de croyants de touteobédience, le tourisme d’affaires est en forte progression, notamment les séminaires et les missions professionnelles. Notre clientèle est très variée et les touristes juifs ne sont pas les plus nombreux à se rendre en Israël.

www.joubert-voyages.com

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