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Les cars Faur, transporteurs depuis près de 150 ans

Entreprise | publié le : 01.11.2017 | Dernière Mise à jour : 01.11.2017

Auteur

  • Charline Poullain

Les transports Faur sont nés dans les Pyrénées ariégeoises en 1872. Un siècle plus tard, en 1972, Alphonse Faur, le père des actuels gérants vient s’installer à Toulouse. Ses enfants ont repris la société familiale et augmenté le parc jusqu’à 90 véhicules. Ils font désormais la moitié de leur chiffre d’affaires avec leurs propres agences de voyages.

Sur les murs de la maison-mère des transports A. Faur, à Toulouse, des photos en noir et blanc accueillent le visiteur. Elles se succèdent dans l’entrée, l’escalier, les couloirs: d’anciens autocars, des clients à bord d’une longue et antique décapotable, des vacanciers, un homme qui pose bras croisés devant son véhicule… « Là, c’est papa », lâche Lilian Faur, le gérant de l’entreprise. Avec son frère Christian, co-gérant, et sa sœur Sandrine, actionnaire assurant de multiples tâches administratives, ils représentent la cinquième génération. L’histoire commence en 1872. « Et encore, c’est ce que l’on a retrouvé sur les registres de mariage, je pense que l’on pourrait remonter vers 1800, mais il y a le problème des archives », dit en souriant Lilian Faur, dont les aïeuls étaient rouliers et voituriers. Des termes précis, le premier renvoyant aux marchandises, le second au transport de personnes. Déjà l’arrière-arrière grand-père, Justin Faur, était dans le métier. Les archives attestent qu’en 1872, son fils Valentin lança son activité à Ustou, dans les Pyrénées ariégeoises, à une encablure de l’Espagne. Le berceau de la famille. La première ligne part d’Ustou pour desservir Saint-Girons, sous-préfecture de l’Ariège, et son marché. Les habitants ont besoin de descendre des hautes vallées vers la plaine. « C’était une autre époque, il faut imaginer des gens jusque sur les galeries… Et au début, c’était des calèches tirées par des bêtes! »

« En Ariège, on a tous des sobriquets », rappelle le dirigeant. Et ce, pour différencier des familles qui portent le même nom. Et comme il y a plusieurs Faur, eux sont les Perdigou. Un surnom qui n’a jamais disparu puisqu’il apparaît en lettres minuscules au pied du F majuscule de Faur, sur le flanc des cars. Et juste devant, est dessiné le sigle du cœur immaculé de la Vierge. Le tout en blanc et rouge, symbole de la société.

De l’ariège à Toulouse

L’affaire passe de père en fils: de l’arrière grand-père Valentin au grand-père Justin. Les premiers voyages desservent Lourdes. Sans oublier les vendangeurs, « qui partaient du Haut-Couserans en Ariège pour la vallée toulousaine ». Ce n’est que vers les années 1950 – 1960 que les premiers voyages à l’étranger apparaissent. Avec les tours d’Europe, essentiellement pour le groupe Fram. Ce dernier, acronyme de Fer Route Air Mer, ayant ouvert sa première agence à Toulouse en 1949. Dans les années soixante-dix les deux frères Alphonse et Roger Faur reprennent la société. Tandis que le second reste en Ariège, en 1972, le premier part pour Toulouse où il installe sa société rue Ricord, à 800 mètres de l’adresse actuelle. Sous la bannière Alphonse Faur, il partage son activité entre les circuits scolaires et les transports touristiques. « Papa a voyagé dans toute l’Europe », rappelle Lilian Faur. En 1993, avec son frère Christian, ils font passer la société en nom propre en SARL. Leur père est désormais à la retraite, mais pas leur mère: elle ne le sera qu’en décembre 2017 et continuera à s’occuper des plannings jusqu’à cette date.

Le développement des agences de voyages

Le développement va s’accélérer avec une diversification de l’activité en agence de voyages. En 1999, la première agence Faur voit le jour à Toulouse et en 2000 Faur Évasion est créée. Puis, en 2006, Faur Évasion achète Touraco Voyages à Narbonne et à Limoux. Aujourd’hui, la société compte trois points de ventes et douze collaborateurs dédiés à cette activité, répartis entre Toulouse, Narbonne et Limoux. En 2016, c’est au tour de La Noche Voyages d’entrer dans leur giron. Axée sur une clientèle étudiante, elle propose, entre autres, des séjours d’intégration, des week-ends au ski dans les Pyrénées… La même année, ils intègrent une association linguistique qui organise des voyages, dont beaucoup en Angleterre.

Les agences répondent aux demandes des groupes et des individuels avec un service sur-mesure. « Nous allons en France et Europe, surtout en Espagne, Angleterre et Italie », détaille Lilian Faur. « Notre agence de voyages sur Toulouse vous propose ses services pour organiser vos vacances au départ de Toulouse ou de n’importe quelle autre ville française », précise le site internet faurevasion.com. « Que vous vouliez organiser un voyage individuel, en groupe, un voyage d’affaires ou un voyage linguistique, au ski, à la mer, dans un pays étranger ou bien près de chez vous (…) ». Faur Évasion s’occupant de réserver des vols, des billets de train et l’hébergement. L’agence située dans la banlieue le Mirail à Toulouse est aussi connue pour vendre beaucoup de billets vers l’Afrique du Nord.

Une activité à 50/50

En 20 ans, le nombre de cars est passé de 20 à 80. Le chiffre d’affaires de 6,3 millions d’euros est réalisé à moitié grâce au transport scolaire et extra-scolaire (en centres de loisirs, déplacements sportifs des enfants, etc.), et pour l’autre moitié grâce aux voyages, qu’il s’agisse de tourisme (séjours des comités d’entreprises, sorties d’associations sportives ou culturelles, etc.), de voyages scolaires ou d’une clientèle VIP pour des séminaires par exemple.

En 2014, une nouvelle adresse vient s’ajouter avec l’ouverture d’un second dépôt à Perpignan. Un contrat est passé avec la communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole et sur trente cars, vingt sont dédiés aux scolaires. Sur le site, les temps partiels sont plus développés qu’à Toulouse, où l’activité scolaire est certes importante mais la partie touristique aussi. Notamment le tourisme régional avec la clientèle des comités d’entreprises (comme Airbus, Air France, Thalès, etc.) qui aime aller skier. Le créneau d’un forfait incluant le prix du transport vers les Pyrénées et les remonte-pentes a été largement développé. « On va dans toutes les stations: en Andorre, en Haute-Garonne en Ariège et dans les Hautes-Pyrénées. Nous faisons souvent des voyages à la journée », détaille Lilian Faut. Et avec la station de Peyragudes, à cheval entre les Hautes-Pyrénées et de la Haute-Garonne, la société A. Faur a développé la formule Ski’Zy, incluant l’aller/retour (au départ de Toulouse ou de Colomiers dans la proche banlieue toulousaine), le forfait ski à la journée et même un petit café au pied des pistes! Le tout pour 35 € tous les samedis en hiver.

Indépendance avant tout

Mais les appels d’offres privilégiant le moins-disant tapent sur les nerfs du gérant: « Les collectivités locales mettent en avant le prix et non les services rendus. Cela nous pénalise beaucoup. Ici nos salariés sont à temps complet, or les collectivités n’en tiennent pas compte. Elles n’en ont rien à faire de la précarisation des gens, elles veulent le prix minimum. » Et d’ajouter: « Les nouveaux entrants précarisent leurs employés. Tout cela se fait au détriment de l’humain, ce n’est pas acceptable. »

À ses yeux il faut donc « être de plus en plus indépendant pour ne pas être à la merci de certains clients comme les collectivités. D’autant qu’il y a toujours de nouveaux arrivants avec des appétits féroces. Il faut avoir ses propres productions et ses propres clients, c’est pour cela que les agences sont importantes! Pour développer une clientèle locale en direct, sans intermédiaire ».

Quant aux cars Macron: « Ce n’est pas le Pérou. Je ne suis pas convaincu à 100 %. On est là pour faire concurrence au train, pas à l’avion. » Et de rappeler: « Nous avons été précurseurs! » Il y a une dizaine d’années, A. Faur reprend une société qui assurait une ligne régulière low cost Perpignan-Gérone, mais n’ayant pas su s’adapter à la demande saisonnière, cette dernière avait périclité. « Ce système de ligne internationale ou nationale fonctionne à l’étranger, mais il faut entre 4 et 6 ans pour que le marché se développe », rappelle le gérant. Autant dire qu’il faut avoir les reins solides.

Le défi de la numérisation

S’ajoute à cela le numérique. « Les voyages ont beaucoup changé, avant il y avait une vraie production de voyages individuels, mais de moins en moins de monde vient en agence. On ne peut pas lutter. » L’entreprise a donc réduit la voilure et s’est recentrée sur les groupes: les comités d’entreprise, les voyages scolaires et estudiantins, les clubs de sport… « Les individuels, c’est plus de la revente, avec autocar et avion. » Et de conclure: « Il y a une vraie mutation, un vrai défi qui nous conduit à développer une vraie politique de la numérisation. »

AZF, Un souvenir indélébile

Comme nombre de Toulousains, Lilian Faur connaît la date par cœur. « Le 21 septembre 2001… Tout a été détruit. » Car seule la voie rapide séparait la rue Ricord, où était le dépôt Faur, de l’usine AZF d’où est partie la déflagration. « Ma mère a pris le plafond sur la tête et mon père a été sauvé car il était dans la fosse », dit-il sobrement. Neuf cars sont détruits, les bâtiments ne résistent pas mieux au souffle. Le gérant sort des photos: le toit est éventré, les locaux ravagés. « Et pourtant le soir même il a fallu assurer le ramassage scolaire », souffle-t-il. « Nous avons profité de l’entraide de certains confrères. » Sur les photos, il désigne deux baraques temporaires de chantier: « On est resté là pendant trois ans. » En 2004, ils ont reconstruit tout près de là, impasse Camille-Langlade. Des locaux plus grands, où la maison mère est toujours installée.

En chiffres

→ 6,3 millions d’euros: le chiffre d’affaires se répartit à 50/50 entre les circuits scolaires et le tourisme.

→ 83 employés, dont 72 chauffeurs et une douzaine de personnes en agences de voyages.

→ 6 dépôts: à Toulouse (la maison mère), Perpignan et 4 dépôts près de Toulouse pour garer les véhicules et assurer une proximité notamment pour les transports scolaires, à Larra, Hauterive, Saint-Hilaire et Muret.

→ 3 agences de voyages: à Toulouse, Narbonne et Limoux. L’autocariste est membre du réseau français d’agence de voyages TourCom.

→ 90 véhicules, soit environ 80 autocars et autobus et une dizaine de petits véhicules.

La diversification des matériels roulants

« Nous avions beaucoup de Renault VI (véhicules industriels), mais nous sommes passés à des Scania carrossés en Espagne », précise Lilian Faur, gérant des transports A. Faur. Soit trente cars grand tourisme, auxquels s’ajoutent trois autres de 34 à 38 places pour les longs voyages et trois couchettes (de 40 places couchées ou 51 assises). Sans oublier trois fourgons de neuf places et deux d’une quinzaine de sièges. Plus trente cars scolaires et six bus, ces derniers étant souvent alloués aux universités et grandes écoles. Sans oublier les véhicules de fonction. Des cars spéciaux sont mis en œuvre, à commencer par celui du Stade toulousain. Depuis 2009 la société A. Faur est le transporteur officiel des rugbymen. Les sièges en cuir sont aux couleurs de l’équipe: rouge et noir. Avec une partie salon dans le fond où les joueurs ont l’habitude de jouer aux cartes. Sans oublier la desserte avec la machine à café au milieu du véhicule. Ses messieurs ont même un chauffeur attitré.

Juste à côté, au dépôt toulousain, est garé un véhicule tout bleu: le bus Ikea, qui assure une rotation depuis le musée des Augustins, au centre-ville de Toulouse, jusqu’au magasin Ikea de Roques-sur-Garonne, à 15 km. Et ce gratuitement, tous les jours de 10 à 21 heures. Et, enfin, la navette gratuite pour le casino. De midi à 23 heures, toutes les heures, elle assure une dizaine d’arrêts au centre-ville avant de desservir le Casino Barrière.

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