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Marrakech la (re)créative

Destination Étranger | publié le : 01.11.2017 | Dernière Mise à jour : 01.11.2017

Auteur

  • Anne-Claire Delorme

Avec sa médina moyenâgeuse et ses paysages de carte postale – palmiers sur fond d’Atlas enneigé –, Marrakech séduit toujours les voyageurs en quête d’exotisme. Mais la Ville Rouge, qui s’est refait une beauté à l’occasion de la Cop 22 et du programme de requalification de sa médina, a plus d’un atout pour séduire les groupes. À la fois authentique et trendy, elle se décline désormais de toutes les façons, entre patrimoine historique et musées arty, boutique d’artisans et concepts stores de créateurs, hammams beldi (du bled) et spas dernier cri, balades en calèche et expériences à vélo ou en side-car!

Cinq lettres pour un projet colossal: mYSLm. Inauguré le 19 octobre dernier, à deux pas du jardin Majorelle, le musée Yves-Saint-Laurent-Marrakech et ses 4 000 m2 d’espaces d’expositions est le tout dernier témoignage des liens très forts qui unissaient le célèbre couturier à la Ville Rouge. Et un symbole de l’extraordinaire capacité de réinvention de l’ancienne cité impériale. Indéboulonnable, Marrakech caracole depuis toujours en tête des destinations marocaines, y compris sur le marché français qui représente 35 % des nuitées. Car au-delà des sempiternels clichés – souks bariolés et paysages d’oasis – la ville hôte de la Cop 22 (30 000 délégués accueillis en novembre 2016!) a su renouveler son offre. Entre le sport, la fête, le bien-être, le shopping, la gastronomie, l’aventure, la culture et les arts… l’éventail des thématiques et des activités en étape, court séjour ou séjour, constitue un vivier inépuisable pour les organisateurs de groupes. « On peut y expérimenter des aventures que l’on ne peut plus vivre en Europe dans une atmosphère d’authenticité », souligne Vincent Brotons, ex-patron du Club Med au Maroc et directeur général d’Evolution 2 Events Maroc, spécialiste de l’outdoor et team building. « On oscille entre tradi et trendy en permanence. » Il suffit de piocher parmi les mille et une adresses inédites – concept stores, galeries d’art, nouveaux musées, jardins, cafés et restaurants branchés –, qui s’incrustent jusque dans les replis des vieux souks et de l’arrière-pays.

La médina cœur de la ville

Avec ses 600 hectares enserrés de remparts, la médina reste le centre névralgique du tourisme. Classé au Patrimoine mondial de l’Unesco en 1985, ce vaste labyrinthe de derbs (ruelles) peuplé et authentique, raconte à travers ses monuments, l’histoire de la Ville Rouge et, au-delà, celle du Maroc. Les groupes partent souvent de la mosquée de la Koutoubia. Sur fond de ciel bleu et de palmiers élancés, son minaret qui a servi de modèle à La Giralda de Séville et la Tour Hassan de Rabat s’élève à 77 mètres au-dessus du sol. C’est au pied de cet ouvrage de grès rose que tout a commencé, explique notre guide. Des archéologues ont en effet mis à jour les ruines d’un palais de pierre édifié par la dynastie almoravide lors de la fondation de Marrakech au XIe siècle. La mosquée, elle, date de la dynastie suivante des Almohades (XIIe siècle), dont l’empire s’étendait du sud de l’Espagne au Sénégal. On suit les traces de cette dynastie à Bab Agnaou, la plus belle porte de la médina au magnifique décor de grès sculpté, dont les reflets gris/bleu tranchent avec l’ocre des remparts. Derrière, s’ouvre le quartier de la Kasbah, siège du pouvoir et de l’armée au temps des Almohades. À côté de la mosquée de la Kasbah, se dissimule un lieu étonnant: les tombeaux Saadiens. L’entrée, un passage étroit, débouche sur un jardin paisible où roucoulent les pigeons entre figuiers, néfliers et grenadiers. Murée par le sultan alaouite Moulay Ismail au XVIIe siècle, la nécropole n’a été redécouverte qu’en 1917! Les chapelles funéraires heureusement intactes sont d’une magnificence à couper le souffle, en particulier la salle du roi et ses 12 colonnes en marbre de Carrare. Les Saadiens l’échangeaient poids pour poids contre le sucre de leurs plantations! À l’époque, l’empire chérifien s’étendait jusqu’à Tombouctou et des caravanes traversaient le Sahara chargées de cet or qui souligne encore les somptueux plafonds de cèdre sculpté.

Car la visite des monuments permet aussi de s’initier au raffinement de l’art arabo-andalou. Avec sa succession de patios tapissés de zelliges (carreaux de faïence), de stucs et de zouaqs (peintures sur cèdre), sa grande cour pavée de marbre et son luxuriant jardin andalou, le palais de La Bahia (XIXe siècle est « la dernière vitrine édifiée à la gloire de l’architecture et de l’art des jardins à Marrakech », écrivait l’historien Mohammed El Faîz. Un riad idéal (le mot désigne la maison-jardin) en quelque sorte, étalé sur pas moins de 8 hectares! En réalité, la médina de Marrakech en compte des milliers, plus ou moins grands et parfois transformés en maisons d’hôtes. Lorsque l’on n’y séjourne pas, le mieux est de les découvrir au détour d’un déjeuner ou d’un dîner quand le décor prend des allures de conte des Mille et une nuits. Et pourquoi ne pas expérimenter un cours de cuisine? Plusieurs réceptifs comme Meeting Point Morocco proposent cette option, idéale pour découvrir l’art de vivre marocain à travers sa gastronomie. Le cours commence généralement par une balade sur l’un des nombreux marchés de la médina. Une véritable expérience sensorielle entre tas d’herbes aromatiques pour le thé d’un vert éclatant, montagnes de pains et de crêpes dorés, étals de légumes de saison et d’épices multicolores, piles d’œufs, quartiers de viande et vendeurs de leben (petit lait), la boisson qui accompagne le couscous! De quoi concocter ensuite un vrai festin sous la houlette d’une dada, la cuisinière traditionnelle.

La place des places

Au carrefour des cultures berbères, arabo-andalouses et sahariennes, Marrakech métisse depuis toujours les influences. Pour le vérifier, il suffit de faire le tour des gargotes de Jemaa El Fna le soir quand cette esplanade se mue en un vaste restaurant en plein air offrant un tour du Maroc culinaire où voisinent pastilla, délice sucré-salé d’origine andalouse, bouillon d’escargots prisé des Berbères de la montagne et dattes du Sahara servies avec la harira, la soupe traditionnelle du mois de Ramadan. Centre de la médina, Jemaa El Fna en est aussi le cœur battant. Classée au Patrimoine mondial immatériel de l’Humanité par l’Unesco, cette place a de tout temps été un lieu de parole et d’échanges, tout à la fois théâtre, cirque et salle de concerts! Pour une vue panoramique, les groupes grimpent généralement au Café Glacier en fin d’après-midi quand l’animation est à son paroxysme entre ghaïtas (trompettes) des charmeurs de serpents, tambours et qraqeb (castagnettes) des musiciens Gnaoua, dont la musique est liée aux rites de guérison! Une cacophonie de sons à laquelle répond le télescopage des couleurs des souks, dont le quadrillage serré s’étale au nord de Jemaa El Fna. De bazars rutilants en sombres ateliers d’artisans – 20 000 regroupés en 40 corps de métiers! –, en passant par les échoppes des herboristes où s’étalent de curieux gri-gris, peaux de serpents ou œufs d’autruche, ce dédale en partie couvert est un passage obligé, y compris pour les Marrakchis qui y déambulent volontiers en fin de journée. C’est aussi un terrain de jeu fabuleux pour les chasses au trésor comme celles qu’organise Evolution 2 Events Maroc avec tablettes tactiles, XXIe siècle oblige!

De la culture à la fête

Pour explorer la médina de façon originale, on peut aussi découvrir les tout nouveaux musées nationaux (en cours d’ouverture): musée national du Tapis à Dar Si Saïd ou musée des Confluences dans le palais du Pacha Glaoui. Ou bien explorer les petits musées qui prospèrent à l’ombre des grands: musée Boucharouite dédié aux tapis fabriqués à partir de matériaux de récupération, maison de la Photographie et sa collection de vieux clichés du Maroc, Heritage Museum, demeure familiale transformée en musée ethnographique ou encore le Jardin secret, somptueux riad consacré à l’art des jardins. Et pour varier les plaisirs, outre les promenades en calèche (un must au soleil couchant), on peut opter pour les balades de l’association Pikala Bikes (par petits groupes de six, avec deux guides), soutenue par TUI Care Fondation, dont les itinéraires hors des sentiers battus offrent une véritable plongée dans la vie quotidienne. Autre option, les virées en side-car avec un insider (local) aux commandes (jusqu’à 30 pax prochainement). Lancés à Marrakech en 2015 par Insiders Expériences, les tours s’organisent autour de thématiques, street art dans la médina, où les graffeurs impriment leur marque, iconic autour d’Yves Saint Laurent dans des villas chic de la palmeraie, ou encore architectural dans le quartier de Guéliz datant du protectorat français (1912-1956) où subsistent quelques témoignages de l’architecture coloniale.

Car Marrakech regorge de lieux propices à des visites et des expériences inédites: soirées festives dans le quartier de l’Hivernage, séances bien-être (le hammam est une tradition au Maroc) dans les spas, visites arty dans de nouveaux lieux décalés comme la galerie d’art du Comptoir des Mines à Guéliz ou le musée d’Art africain contemporain Al Macaal près du golf d’Al Maden. Et entre oliveraies et montagnes parsemées de villages de terre rouge, l’arrière-pays se prête à merveille aux activités sportives, aventure ou éco-tourisme. Golf (une douzaine de parcours), mais aussi tyrolienne et accro-branches à Terres d’Amanar, kart, balades à cheval et à dos de dromadaire dans la palmeraie, sports nautiques comme le téléski (nouveau!) au Cablepark Waki, ou bien ski nautique, jet-ski et stand up paddle au lac de Lalla Takerkoust, la liste s’allonge sans cesse… Sans oublier la montgolfière avec Ciel d’Afrique qui propose des vols avec lever de soleil sur les collines des Jebilet et l’Atlas (40 à 54 personnes en simultané soit 216 par matinée) ou les virées en 4x4 ou en buggy dans le désert. À 30 minutes des lumières de la Ville Rouge, au pied de l’Atlas, les étendues lunaires du désert d’Agafay, « le désert de Marrakech », accueillent les visiteurs d’un jour ou d’un soir (deux camps et un écolodge) pour une parenthèse hors du temps.

Anima Garden, le nouveau jardin d’artiste de marrakech

Après le jardin Majorelle créé dans les années 1930 par le peintre orientaliste Jacques Majorelle et sauvé de la destruction par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé en 1980, un autre jardin d’artiste a éclos à Marrakech. Ouvert en avril 2016, à 27 km du centre ville, Anima Garden a été créé de toutes pièces sur un terrain vierge de 2 hectares par l’artiste autrichien André Heller, un amoureux de la Ville Rouge. Un véritable éden (le thème est le retour du paradis) fantaisiste et ludique où des œuvres ponctuent une végétation foisonnante. Entre allées d’oliviers, clairières de bambous ou parterres de cactus, on découvre ainsi tour à tour une tête africaine géante soufflant de la brume, une arche de Noé revisitée ou encore un âne en costume de céramique. Près d’un petit lac conçu comme un clin d’œil au jardin de Monet à Giverny, un joli bâtiment abrite un café/snack et deux espaces d’exposition.

Questions à …
Nicolas Mallet, directeur général de Meeting Point Morocco (FTI)

→ Quels sont les atouts de Marrakech pour les groupes?

L’exotisme et le beau temps sont garantis; c’est une ville sûre et propre, où on circule assez facilement, avec des parkings pour les autocars et elle bénéficie d’une offre hôtelière diversifiée et de qualité.

→ À quel type de groupes peut-on recommander Marrakech?

Marrakech est une ville idéale pour une vraie expérience de découvertes. On peut y faire 100 voyages, ce seront 100 voyages différents. Il y a une telle richesse dans les produits et dans les sites tant dans la médina qu’à l’extérieur que l’offre peut se décliner à l’infini, pour tous les segments, shopping, gastronomie, bien-être, golf, etc. On peut venir plusieurs fois sans être blasé.

→ Quelles pistes donneriez-vous pour renouveler l’offre?

Il faut apporter une vraie valeur ajoutée sur des thématiques fortes. Marrakech est une ville de créateurs. Pour sortir des sentiers battus dans la médina, on peut, par exemple, aller à la rencontre des artisans qui travaillent les matériaux d’une façon originale et qui ont une histoire à raconter. Il faut aussi repérer les activités qui permettent de vivre une vraie expérience: éco-tourisme dans la campagne, immersion dans le désert d’Agafay à deux pas de Marrakech, montgolfière pour une clientèle luxe et même sports nautiques…

Marrakech pratique

Office national marocain du tourisme à Paris

161, rue Saint-Honoré

Tél.: 01 42 60 63 50

Contact pros: Youssef Alaoui, responsable trade marketing

Tél.: 01 42 60 67 10

youssef.alaoui@onmt.org.ma

www.visitmorocco.com

Conseil régional du tourisme de Marrakech (CRT)

42, rue Cadi Ayad, appartement 4, Guéliz

Tél.: +212 524 43 34 07

www.visitmarrakech.com

(site officiel très complet avec des suggestions d’itinéraires, d’activités, etc. Disponible en application mobile)

Recommandations

→ Jardins de l’Agdal Hotel & Spa 5*

À 5 minutes de la médina, près des jardins de l’Agdal, cet hôtel récent de 258 chambres se démarque par une déco originale, mixant tradition marocaine et touches contemporaines. Deux restaurants dont un marocain et des prestations soignées (vaste piscine extérieure et Spa avec piscine intérieure).

→ Mövenpick Hôtel Mansour Eddahbi Marrakech 5*

Dans le quartier central de l’Hivernage, ce bel établissement rénové en 2016 et connecté au palais des Congrès, a été conçu comme une oasis urbaine avec 503 chambres et suites élégantes réparties dans sept bâtiments, des espaces de restauration trendy et des installations complètes (spa, quatre piscines, etc.).

→ Dar Nejjarine

À deux pas de Jemaa El Fna, une valeur sûre pour les groupes avec un service efficace et des menus simples mais copieux et à base de produits frais (salades, tajines, fruits de saison…). Grande salle un peu sombre (mais calme) décorée de tapis aux murs au premier étage et terrasse au second. Alcools à la carte.

→ Le Café arabe

Au cœur du quartier Mouassine dans la médina, ce joli riad coloré joue sur deux tableaux: italien et marocain pour une cuisine de qualité dans un décor raffiné avec notamment un lounge bar restaurant en terrasse digne des Mille et une nuits (80 personnes maximum). Pour un groupe Premium. Alcools à la carte.

→ Café Clock

Hors des sentiers battus, un lieu alternatif avec fresques colorées aux murs, dédié à l’art et à la culture sous toutes ses formes (concerts, expositions, soirées contes, etc.). Les plats créatifs (cuisine marocaine revisitée) peuvent être servis sous forme de buffet ou à table dans les nombreux petits salons et terrasses. Sans alcool. Pour des petits groupes arty.

Chiffres-clefs

→ Touristes français au Maroc en 2106

3 279 749 (-1 %, sur un total de 10,3 millions)

→ Touristes français à Marrakech en 2016

415 571 (+3 % par rapport à 2015)

→ Nuitées des touristes français à Marrakech en 2016

1 832 884 (-3 %)

→ Nombre de chambres d’hôtels à fin 2016

21 002 dont plus de 50 % en 4 et 5*

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