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Croisieurope: le fluvial en vogue

Entreprise | publié le : 01.10.2017 | Dernière Mise à jour : 01.10.2017

Auteur

  • Éric Grandsagne

Sa réussite, CroisiEurope la doit autant à son sens de la navigation dans les investissements et les lancements de produits qu’à la fidélité de son équipage. Depuis toujours, les Schmitter gèrent en famille cette entreprise spécialisée dans les croisières, dans laquelle la troisième génération a déjà embarqué. Du Rhin originel aux destinations exotiques comme le Mékong, en passant par le Zambèze, CroisiEurope fait désormais voyager les individuels et les groupes dans le monde entier.

Si la vie d’une entreprise n’est jamais un long fleuve tranquille, il est des exemples de réussite qui laissent clairement apparaître que le bon cap a été choisi. L’aventure de CroisiEurope sur le secteur de la croisière, essentiellement fluviale – même si un développement maritime a été opéré il y a une dizaine –, est assez unique.

Tout a commencé à Strasbourg, en 1976, avec Gérard Schmitter. D’abord des déjeuners sur un bateau affrété, puis des dîners dansants en naviguant sur Alsace le bien nommé, premier bateau acquis par la compagnie. La suite est une vraie success-story. Dès 1984, Alsace Croisières (qui ne deviendra CroisiEurope qu’en 1997) lance les séjours à bord, grâce aux premiers navires à cabines. À partir de 1993, l’entreprise accélère vers l’Europe avec le Danube, voire plus loin avec la Volga en 1998. Les années 2000 sont celles d’autres lancements importants comme le Douro au Portugal (2002) et le Guadalquivir en Andalousie (2005), tandis que les années 2010 confirment la dimension planétaire de l’entreprise strasbourgeoise avec les premières programmations sur le Mékong au Cambodge en 2012, puis le rachat de la Compagnie Fluviale du Mékong en 2014, et tout ce qui suit désormais.

Rien qu’en 2017, CroisiEurope a inauguré son cinquième navire au Portugal sur le Douro (voir Tourisme de Groupe n° 64), le tout nouveau RVIndochine II ce mois-ci au Cambodge, et s’apprête en faire autant en fin d’année avec le RV « African Dream » pour l’Afrique australe, sur la rivière Chobé et le fleuve Zambèze.

L’esprit de famille

Les développements vont bon train et les recettes progressent sensiblement chez CroisiEurope qui, avec une flotte d’une cinquantaine de bateaux à travers le monde, vient d’atteindre un chiffre d’affaires de 170 millions d’euros toutes activités confondues (croisières fluviales, maritimes et canaux). « Notre force, c’est avant tout la passion des fleuves, du voyage et de la découverte », souligne Éric Collange, le directeur commercial France de CroisiEurope.

Lui, qui est dans l’entreprise depuis moins de dix ans, mesure aussi l’impact d’une direction à quatre (les enfants du fondateur Gérard Schmitter aujourd’hui aux commandes du groupe). « C’est un véritable exemple de réussite économique, avec une entreprise familiale où les salariés s’identifient vraiment à la société. La troisième génération est même entrée dans l’aventure depuis deux ans. Je peux affirmer que cette entreprise familiale a un vrai côté rassurant, avec une chaîne de décision raccourcie. C’est le gage du succès dans un monde qui bouge et qui va vite. Nous avons une réactivité précieuse. Il faut bien comprendre qu’aujourd’hui, nos concurrents sont partout, pas seulement sur les fleuves. Nous évoluons dans un panel assez large de choix de vacances et de loisirs, avec une offre de plus en plus importante qui va de la location en camping, aux gîtes, clubs de vacances, etc. Il faut que le client ait envie de venir chez nous, de découvrir nos croisières et on fait tout pour qu’il y reste. Ainsi, nous soignons notre bon rapport qualité-prix, tout autant que la notion de service ».

La force d’un concept

Si CroisiEurope enrichit sa flotte de navires au rythme d’un hors-bord, c’est parce que le concept de la croisière fluviale se porte plutôt bien. Ceux qui le découvrent en reviennent convaincus et la clientèle tend aussi à se rajeunir, avec des prestations adaptées pour les individuels comme pour les groupes. Nous avons déjà eu l’occasion de l’évoquer dans nos colonnes, mais le nouveau concept de produits CroisiEurope avec, au choix, un « forfait classique » (pour des excursions attendues: visites de monuments, d’églises, de quartiers historiques) ou un « forfait dynamique » pour d’autres sensations (visites gourmandes ou insolites) élargit le potentiel de commercialisation. Il en va aussi d’une autre innovation récente avec la thématique CroisiVélo, qui vise les amateurs de cyclo. Elle ouvre la croisière fluviale à des groupes affinitaires pouvant ainsi combiner leur passion et un voyage tranquille au fil de l’eau.

Pour Éric Collange, « le concept de la croisière tient en trois critères essentiels. D’abord celui de la gastronomie, un élément-clé qui fait que, sur la majorité de nos bateaux, nous avons un chef français. Ensuite, l’envie de découvrir des lieux et des cultures. Enfin, la notion d’échanges, de convivialité et d’animations. » Une savante recette appliquée depuis toujours pas CroisiEurope, du Rhin jusqu’aux destinations les plus étonnantes dans le sud-est asiatique, à l’instar du Mékong, qui prend encore une nouvelle dimension dans le catalogue de la compagnie. « Les destinations exotiques se sont renforcées progressivement dans notre offre, commente le directeur commercial. Nous y trouvons des clients qui nous font confiance depuis des années et qu’on emmène à présent plus loin. Mais en termes de conquête, le chemin inverse existe aussi, avec des clients qui nous ont découvert sur un voyage lointain du type Mékong et qui reviennent vers nous pour des croisières en Europe ou en France ».

Cap sur les découvertes

Soulignons ici que le Mékong est très prisé par les groupes, qui représentent plus de 50 % de la clientèle de la compagnie sur ce produit. Nombre d’autocaristes français, partenaires de CroisiEurope de longue date, y affrètent régulièrement un bateau. Le RV Indochine II étant le second navire commercialisé sur le marché français, cela devrait encore progresser.

Quelle stratégie CroisiEurope pour demain? « Aller sur tous les fleuves où il y a des possibilités de navigation et des endroits intéressants à visiter », répond Éric Collange. « Nous souhaitons les faire découvrir avec la passion qui nous anime. Nous lançons désormais l’Afrique australe avec notre propre bateau, construit sur place, et notre propre lodge. Il faut se rappeler, qu’au départ, aller en Afrique était totalement improbable. Notre bateau va être exceptionnel, avec seulement huit cabines à bord. C’est pourtant bien une destination groupes, pour des séminaires d’entreprise notamment.

En fait, dans nos produits, tout est ouvert aux groupes, et il n’y a pas de seuil au développement. La croisière fluviale est de plus en plus demandée, de plus en plus reconnue. Nous continuons d’avoir des projets. C’est une véritable dynamique pour l’entreprise. Ce qui est important, c’est de mettre les outils en face de nos envies. Cela passe par Internet, une centrale de réservation toujours plus performante, et une qualité de bateau au top ».

Des moyens conséquents sont alloués, puisque l’entreprise dispose de six agences avec des plateaux de réservation en France, mais aussi une dizaine de commerciaux pour l’ensemble du territoire national.

Et maintenant le Saint-Laurent

Si la compagnie familiale a réussi à se hisser au rang de leader de la croisière fluviale en Europe, elle fait évidemment tout pour le rester. En témoignent plusieurs nouveautés importantes déjà annoncées pour 2018. L’engouement pour la croisière reliant Berlin à Prague sur l’Elbe et la Moldau, à bord du MS Elbe Princesse (lancée en 2016), a décidé CroisiEurope de proposer un second bateau sur cette destination, le MS Elbe Princesse 2 (construit au chantier STX de Saint-Nazaire). Il proposera le même itinéraire de neuf jours de Berlin à Prague et en sens inverse. Sur la Seine, le MS Renoir II, et sur le Rhône, le MS Van Gogh II feront, quant à eux, entièrement peau neuve et se classeront ainsi tous deux en catégorie 5 « ancres », soit le niveau le plus élevé dans la flotte CroisiEurope.

N’oublions pas d’évoquer aussi cette nouvelle croisière 2018, en Méditerranée cette fois, à la découverte de la Corse à bord du MS La Belle de l’Adriatique, le seul bateau maritime de la compagnie. Mais la grande nouveauté sera néanmoins le lancement d’une première au Canada, sur le fleuve Saint-Laurent et sur le lac Ontario. Au programme, les visites des centres historiques de Québec, Montréal et Toronto, ainsi que les chutes du Niagara!

Lorsque Gérard Schmitter, le fondateur, s’est éteint en 2012, CroisiEurope comptait déjà environ 1 000 salariés. Il y en a 350 de plus aujourd’hui. À l’évidence, le capitaine su transmettre autant sa passion que son talent.

Au fil des ans

1976: Création de l’entreprise par Gérard Schmitter

1982: Premier bateau Alsace 1

1984: Premiers bateaux à cabines

1986: Premier bateau catégorie Prestige avec le Kellermann

1993: Premières croisières sur le Danube

1995: Premières croisières sur le Rhône et la Saône

1997: Alsace Croisières devient CroisiEurope

1998: Premières croisières sur la Seine, et lancement des croisières sur la Volga

1999: Transmission de l’entreprise aux enfants du fondateur

2002: Premières croisières sur le Douro au Portugal

2007: Lancement de Croisimer et inauguration du MS La Belle de l’Adriatique, le premier bateau maritime

2009: Lancement sur le Danube d’un nouveau bateau, le MS Vivaldi

2011: Développement sur la Gironde et la Garonne, construction du MS Princesse d’Aquitaine

2012: Nouvelles croisières sur le Mékong

2013: Lancement des croisières sur les canaux

2014: Rachat de la Compagnie Fluviale du Mékong

2015: Construction d’un nouveau bateau à roues à aubes sur la Loire avec le MS Loire Princesse, le Rhône avec le MS Camargue et le Douro avec le MS Gil Eanes

2016: Construction d’un nouveau bateau à roues à aube, le MS Elbe Princesse

2017: Construction de cinq nouveaux bateaux: le MS Miguel Torga pour le Douro; le RV Indochine II pour le Mékong;; le RV African Dream pour le Zambèze, le MS Symphonie II pour le Danube, et le MS Douce France II pour le Rhin.

En chiffres

170 millions d’euros

Le chiffre d’affaires global du groupe CroisiEurope atteint désormais les 170 millions d’euros. Celui généré par les clients français est d’environ 100 millions. Une progression constante au cours des années récentes, passant déjà de 155 millions en 2015 à 160 millions en 2016.

55 % de français

La clientèle française représente 55 % des passagers embarqués chaque année par le groupe. Pour les autres 45 % de clientèle internationale, les Européens arrivent en tête (Allemands, Belges, Anglais, Suisses…), suivis des Américains, Australiens et des Asiatiques.

40 % de groupes

Les groupes constitués et les GIR assurent environ 40 % du chiffre d’affaires de la compagnie. Ces dernières années, cette part n’a fait que croître.

200 000 passagers

En 2016, la compagnie a accueilli à bord de ses bateaux quelque 200 292 passagers, dont la moitié sont des répétiteurs. Les destinations phares restent encore et toujours le Rhin et le Danube, fleuves qui ont réuni près de 43 000 passagers chacun en 2016! La Seine arrive en troisième position avec plus de 22 000 passagers sur ce même exercice.

1 600 000 repas

Le nombre de repas servis chaque année sur l’ensemble de la flotte CroisiEurope impressionne, et cela représente 8 000 repas/jour.

50 bateaux

En seulement dix ans, à travers le monde, la flotte CroisiEurope est passée de 25 bateaux au double. Sur certains fleuves, la compagnie est omniprésente. Sur le Douro au Portugal par exemple, un fleuve investi par CroisiEurope il y a seulement quinze ans, un cinquième navire a été inauguré au printemps dernier, et un sixième y est d’ores et déjà annoncé pour 2019!

1 350 employés

La compagnie emploie 1350 salariés à travers le monde, à son siège, ses agences et sur ses bateaux. Malgré une activité saisonnière de près de huit mois, tous les collaborateurs sont employés à l’année, en CDI annualisé, ce qui permet de garantir une vraie qualité de service.

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