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Marseille goûte au plaisir de l’attractivité depuis 2013

Retour à… | publié le : 01.09.2017 | Dernière Mise à jour : 01.09.2017

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  • Nathalie Bureau du Colombier

Consacrée Capitale européenne de la culture en 2013, Marseille a réussi le pari de sa métamorphose. La cité portuaire a su, pas à pas, conquérir en simultané le cœur des touristes et des croisiéristes. Malgré une réputation sulfureuse, aujourd’hui, elle s’affiche plus que jamais comme une destination phare y compris à l’international au point d’être classée deuxième ville favorite du New York Times en 2013. Le quotidien américain invitant ses lecteurs à découvrir absolument Copacabana et le Vieux Port! La ville prépare en 2018 une réplique de MP 2013. Elle est désormais en piste pour accueillir en 2020 Manifesta, la biennale d’art contemporain et les épreuves nautiques des jeux Olympiques de 2024. Quelque chose a changé aussi chez les habitants, désormais vraiment « Fiers d’être Marseillais! »

Fallait-il être un peu fada pour oser s’aventurer dans les rues de Marseille? Considérée comme la capitale française du grand banditisme, un repaire des caïds de la French Connection, Marseille a toujours fait les gros titres pour ses nombreux règlements de comptes. Boudée des touristes jusqu’au début des années 2000, la ville a entamé un long processus de séduction commençant par l’accueil des grands événements sportifs. Démonstration a été faite que la liesse populaire des Marseillais pour leur équipe de foot ne se cantonnait pas au Vélodrome. « MP 2013 n’aurait jamais eu lieu sans les célébrations des 2 600 ans de Marseille, avec les parades La Marceleste et L’Odyssée de la Canebière. Nous avons découvert le goût de la fête », raconte Anne-Marie Estienne d’Orves, élue en charge de la culture à la Ville de Marseille.

« Marseille était considérée comme Chicago déjà bien avant l’accueil de la coupe du monde de football en 1998. Nous n’avions jamais reçu autant de monde. Et puis nous avons créé le Bureau des congrès, lancé le Club de la croisière avec la CCI et le port, convaincus de notre vocation touristique », explique Dominique Vlasto, adjointe au maire de Marseille, chargée du tourisme. Aucun paquebot ne s’aventurait à Marseille à la fin des années 90. En 2017, 1,6 million de croisiéristes dont 421 000 en tête de ligne sont attendus!

MP 2013 a transformé Marseille en ville culturelle

« MP 2013 a donné un coup d’accélérateur en transformant Marseille en ville culturelle », ajoute Dominique Vlasto. En juin 2013, le président François Hollande inaugurait le seul musée au monde dédié aux civilisations de la Méditerranée. La fine dentelle de béton imaginée par Rudy Riciotti enveloppant le MuCEM symbolise le nouveau Marseille désormais tourné sur sa façade maritime. L’architecte en fait un lieu d’appropriation du public en créant une promenade autour d’un jardin méditerranéen. Il a également jeté deux passerelles vers le passé, reliant le bâtiment au Fort Saint-Jean et au quartier du Panier totalement transformé. Quartier coupe-gorge, il est désormais le centre des créateurs, des boutiques éphémères et des petits restos branchés.

MP 2013 ne se résume pas au MuCEM puisque cette année-là, Marseille a enrichi son offre muséale avec l’ouverture de la fondation Regard de Provence, le déménagement du FRAC à La Joliette, la rénovation du Palais Longchamp et du musée des Beaux-Arts, sans oublier le château Borély qui abrite le musée de la Faïence et de la Mode. « Le site du Corbusier classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, suscite aussi de nombreuses visites. Au sommet de la Cité Radieuse, Ora Ito a installé son MAMO ouvert à tous », précise Anne-Marie Estienne d’Orves.

Pour 35 M€, la ville s’est également offert un musée d’Histoire à la hauteur de ses 2 600 ans. Sur 6 500 m2, édifié sur le site archéologique du port antique de plus de 9 500 m2, il est adossé au Centre Bourse. Ce centre commercial a également subi un sacré lifting pour capter une clientèle touristique.

La rénovation des musées s’est accompagnée d’une profonde transformation urbanistique. Le Vieux Port, semi piétonnisé, bénéficie d’une circulation apaisée. Désormais, les touristes sont nombreux à immortaliser les étals des pêcheurs et le marché aux fleurs, quand ils ne cherchent pas leur reflet sous l’ombrière miroir dessinée par Norman Foster. Du haut de la grande roue, le visiteur découvre la ville façonnée depuis vingt ans sous l’action conjuguée de la municipalité et de l’État. Les habitants du quartier d’Euro­Méditerranée, qui s’étire de La Joliette à Arenc, ont bénéficié de l’ouverture en 2014 des Terrasses du Port, temple du shopping et haut lieu de la vie nocturne. Dans la foulée, les anciens ateliers de réparation navale, rebaptisés les Voûtes de la Major, alignent une succession de boutiques, de cafés et restaurants situés, face au MuCEM, en contrebas de la cathédrale de la Major également magnifiée par sa nouvelle esplanade. Dans cet environnement, le ballet des ferries et paquebots de luxe est devenu une attraction à part entière.

La rénovation des Docks Village fin 2015, ancien bâtiment de stockage de 365 mètres de long a consolidé l’attractivité et la popularité de ce quartier d’affaires. À quelques encablures du Silo à blé, transformé depuis 2011 en salle de spectacles, le multiplexe de 14 salles EuropaCorp La Joliette ouvrira ses portes en décembre 2018.

« Depuis Marseille Provence 2013, les événements se succèdent avec l’Euro 2016, Marseille capitale du sport en 2017 et l’arrivée de l’avant-dernière étape du Tour de France », souligne Jean-Claude Gaudin, sénateur maire de Marseille. « Nous accueillerons également les épreuves de voile des J. O. de 2024. Ces manifestations contribuent à renforcer l’attractivité de la ville, désormais en capacité d’accueillir 5 millions de visiteurs par an. L’industrie touristique génère 700 M€ par an de retombées économiques. »

La ville nourrit de grandes ambitions pour le J1, ce hangar de 25 000 m2 surplombant la mer qui constitue la dernière pièce maîtresse de la recomposition de la façade maritime. Dès 2018, l’édifice aura une vocation plurielle: « Cette halle sera la vitrine culturelle de la ville. Elle aura vocation à accueillir des entreprises, des résidences hôtelières, des événements », indique la directrice du port Christine Cabau Woehrel. Les boîtes de nuit et casinos sont exclus du projet. « Le quartier s’est transformé en dépit de l’hostilité de certains à la construction des Terrasses du port et de l’arrivée de l’InterContinental Hôtel Dieu », précise le maire. Désormais, la ville possède des palaces, des restaurants gastronomiques et des chefs étoilés!

2013 a attiré beaucoup de curieux venus « pour voir » et le charme a opéré. Beaucoup sont restés plus longtemps que prévu et plongent régulièrement pour quelques jours dans le grand bain de cette ville bouillonnante. L’avenir leur réserve encore de nouvelles raisons d’y revenir.

Marseille Provence 2018, « Quel Amour! »

Après le succès de MP 2013, un groupe d’entrepreneurs marseillais, conduit par Raymond Vidil, armateur et ardent promoteur de la culture, qui avait déjà porté la candidature de Marseille en 2013 a pris la barre de MP 2018, du 1er février au 1er septembre prochain, pour faire battre le cœur de la métropole Aix Marseille-Provence au rythme de l’Amour.

« Nous sommes des latins, Quel Amour! est une injonction joyeuse à se rencontrer. 200 spectacles et cinq temps forts sont programmés en 2018 dans les Bouches-du-Rhône », explique Raymond Vidil. « MP 2018 débutera le 14 février lors d’un grand bal qui mobilisera les écoles primaires du département. Le week-end des 17 et 18 février, le public sera invité en centre-ville pour reproduire la scène du baiser de l’hôtel de ville de Doisneau. Des milliers de personnes vont s’embrasser simultanément. Le Groupe F immortalisera cet instant avec un photomaton géant. Nous collaborons avec l’Umih afin de proposer un parcours thématique à la fois dans les hôtels et restaurants de la ville qui concocteront des menus spéciaux. Au printemps, c’est la nature qui sera à l’honneur avec des parcours le long de la Côte Bleue. Un troisième temps fort aura lieu avec l’amplification du Printemps de l’art contemporain. L’été sera le temps des festivals. L’année de la culture s’achèvera le 2 septembre durant la 12e édition d’Art-O-Rama, le salon international d’art contemporain. »

Membre de Mécènes du Sud et du Club Top 20, fédérant les 40 plus grandes entreprises de la métropole, Raymond Vidil rappelle l’importance du mécénat qui finance la moitié du budget de 2,70 M€ de MP 2018. « Le bilan de 2013 est élogieux avec 11 millions de visiteurs, 500 millions d’euros de retombées et des milliers d’articles de presse reflétant une image restaurée de la destination », se félicite Raymond Vidil, qui veut en finir avec les clichés. « Marseille n’est ni la capitale du crime, ni celle de la pauvreté ou des joueurs de pétanque et des buveurs de Ricard. Elle est devenue une destination touristique rénovée et professionnalisée. Nous avons la prétention de jouer dans la cour des grands », conclut-il.

Le MuCEM en exclu pour les groupes!

En 2016, le complexe du MuCEM a accueilli 1,4 million de visiteurs. Les groupes représentent 13 % de la fréquentation (182 000 personnes) du musée. « Nous travaillons avec les TO et autocaristes de la région, et de septembre à juin, de 9 à 11 heures, le MuCEM est ouvert uniquement pour les groupes. Cela rend la visite beaucoup plus intéressante », explique Cécile Dumoulin, responsable du développement culturel du musée. Quatre ans après son ouverture, la galerie de la Méditerranée achève la refonte complète de son exposition permanente en l’orientant sur la thématique des cités en Méditerranée et leurs connexions. Son inauguration en novembre 2017 verra l’aboutissement de six mois de rénovation. Après la circulation des amphores, des conteneurs, Marseille est devenu un hub des données numériques. L’exposition Connectivités retrace à travers 250 œuvres, l’évolution des flux de circulation en Méditerranée, de Venise à Lisbonne en passant par Istanbul et Alger. Deux expositions labellisées MP 2018 feront écho au thème de l’amour avec Roman Photo qui retracera ce phénomène véritable terreau créatif pour les photographes, cinéastes et romanciers, et L’Amour de A à Z. Pablo Picasso sera à l’honneur, de février à juin 2018. De nombreuses œuvres de l’artiste seront présentées au MuCEM et à la Vieille Charité avec possibilité d’acheter un billet combiné.

Vers une personnalisation des circuits

Visite panoramique en bus, découverte de la Cité radieuse du Corbusier, de l’Orange Vélodrome ou découverte des hôtels particuliers de la ville… Laurence Marty et Fabienne Bonsignour sont les interlocutrices des groupes. Leur épais catalogue recense des excursions dans Marseille et sur le territoire provençal (Camargue, Cassis…). Programmes d’une heure ou d’une journée au choix. « Nous avons de plus en plus de demandes pour la personnalisation des circuits sur un thème », explique Maxime Tissot, directeur de l’Office du tourisme de Marseille. « Marseille accueille désormais 5 millions de touristes par an et l’offre s’est étoffée avec de nouveaux produits tels que les bus à impériale de Colorbüs. Le développement touristique nécessite de trouver de nouveaux emplacements pour les cars de tourisme », poursuit Maxime Tissot dont la tâche consiste à recenser la programmation culturelle suffisamment tôt.

Tourisme culturel en Provence

• 1,6 million de croisiéristes en 2017

• 500 escales

• 900 000 touristes en séjour culturel en Provence

• 68 € de dépense moyenne quotidienne

• 88 musées dont le MuCEM, musée national

• 17 restaurants étoilés

• 68 hôtels 4 et 5 étoiles

• 3 parcs naturels régionaux (Alpilles, Camargue, Sainte-Baume en préfiguration)

• 1 parc national des Calanques

Solotour a doublé les accueils de groupes

« Depuis 2013, nous avons doublé l’activité groupes. Nos circuits comprennent des packages culturels avec découverte du Panier par exemple. En 2016, nous avons reçu une vingtaine de groupes à Marseille pour des séjours de 4 à 5 jours. Note cœur de cible est constitué de la clientèle senior et des groupes individuels regroupés », constate Sophie Gros, chargée des réservations chez Solotour. Si le tour-opérateur spécialiste du tourisme de groupe se félicite de l’amélioration des infrastructures et de l’offre hôtelière étoffée, il souhaiterait davantage de capacités en établissement trois et quatre étoiles.

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