Cosmopolite, bouillonnante, métropole ouverte sur le monde, Montréal séduit de plus en plus de touristes en quête d’une destination à la fois lointaine et sécuritaire. 2017 promet d’être une année record avec près de 11 millions de visiteurs attendus (+5,7 %). Plus de 175 événements sont programmés pour la célébration des 375 ans de la ville et des 150 ans de la création de la confédération du Canada. Avec un tel coup de projecteur, l’envie se ressent chez les organisateurs de groupes de revenir sur les traces de Maisonneuve et de Jacques Cartier et de partager un moment de vie avec nos cousins lointains.
Pour la célébration des 375 ans de la fondation de Montréal, Pointe-à-Callière, le plus grand musée d’histoire de la ville, a inauguré le 17 mai 2017 un nouveau pavillon bâti sur les vestiges de Ville-Marie, fondée en mai 1642 par Paul de Chomedey de Maisonneuve. Au terme de 15 ans de fouilles engloutissant quelque 35 millions d’euros, ce pavillon met à jour les origines de Montréal avec une présentation des vestiges, d’artefacts et d’une partie du fort exhumés. Avant même d’y pénétrer, le visiteur s’immerge dans une expérience sensorielle inoubliable grâce au Capteur de mémoire, une installation lumineuse projetée sur les parois de pierre du premier égout collecteur en Amérique. Avant de quitter le musée n’hésitez pas à grimper au dernier étage afin de découvrir un panorama de la ville et de mieux l’appréhender. Montréal, contraction de Mont Royal, se love entre la montagne éponyme de 232 mètres et le fleuve Saint-Laurent.
Sur ses rives, le quartier du Vieux Port, entièrement réhabilité, propose plus d’une cinquantaine d’activités (tyrolienne, cinéma Imax, Cirque du Soleil…). La promenade débute au quai de l’Horloge et s’étire langoureusement le long du fleuve et de la voie ferrée où sont alignés terrasses, restaurants et stands d’artisanat local où l’on peut à loisir déguster du sirop d’érable et autres spécialités québécoises. Des vélos, quadricyles, pédalos et autres Segways sont proposés à la location. Au traditionnel tour en calèche, optez plutôt pour l’amphi-tours, un autobus amphibie qui circule dans les rues de Montréal avant de descendre dans l’eau pour une balade sur le Saint-Laurent. Ce site spacieux et arboré est le théâtre de nombreux événements et festivals, gratuits pour la plupart. La nouvelle gare maritime, destinée à l’accueil de quelque 100 000 croisiéristes en 2017, a été livrée en septembre dernier. Loin d’en rester là, le Vieux Port s’apprête à profiter d’une nouvelle cure de jouvence sur les quinze prochaines années pour un investissement public de 165 millions d’euros en travaux d’infrastructures afin de renforcer sa vocation récréo-touristique. À l’est, une rénovation du hangar de l’Horloge se prépare. « Deux grandes places, au quai de l’Horloge et au quai Jacques Cartier, permettront aux Montréalais d’avoir les pieds dans l’eau », annonce l’architecte Renée Daoust, chargée de redessiner l’interface ville-port.
C’est véritablement du côté ouest, à la pointe du Moulin, que la métamorphose sera la plus flagrante. Un hôtel de 23 étages sera érigé à proximité de l’ancien silo céréalier n° 5. Désaffecté depuis 30 ans, le bâtiment industriel sera réhabilité et l’accès au dernier étage se fera par un ascenseur panoramique. Depuis le toit du silo, le visiteur pourra une nouvelle fois bénéficier d’une perspective imprenable sur les grands monuments de Montréal tels que le pont Jacques Cartier de 3,5 km, illuminé tous les soirs depuis les festivités de 2017, la biosphère (musée de l’Environnement) qui autrefois abritait un pavillon de l’Expo universelle de 1967 sur l’île Sainte-Hélène. À quelques encablures, l’île Notre-Dame. Cette langue de terre abrite le casino de Montréal, le circuit de Formule 1 Gilles-Villeneuve sans oublier l’une des plus belles plages de la ville.
Parmi les incontournables à découvrir, le quartier du Vieux Montréal et ses rues bordées d’immeubles chargés d’histoire, de galeries d’art, de boutiques de mode, d’ateliers d’artisans, de restaurants et d’hôtels à la mode. À proximité du bâtiment de l’ancienne douane, les très nombreux entrepôts de l’époque, où étaient stockées les marchandises arrivant par le fleuve, ont été reconvertis en « condominium », l’équivalent de nos copropriétés. Les Montréalais ont également pris d’assaut de nombreuses églises et couvents délaissés pour les transformer en appartements.
Au cœur de ce quartier historique se dresse la basilique Notre-Dame. Construite entre 1824 et 1829. L’ouvrage est un chef-d’œuvre néo-gothique à la fois pour son chœur, son orgue, ses très nombreux vitraux et sa décoration intérieure en bois doré à l’or 24 carats! La basilique domine la place d’Armes où a été érigé le premier gratte-ciel de la ville, caractérisé par sa couleur ocre. Arpentez alors la rue Saint Jacques où se trouvent les somptueux hôtels Saint-James et Lhotel Montréal. Si le premier est une œuvre de style classique, le second, propriété de Georges Marciano, ce Marseillais qui a fait fortune avec sa marque Guess, abrite de nombreuses œuvres contemporaines (César, Warhol, Botero…).
Plus loin, une pause au Crew Café s’impose. Cette ancienne banque a été transformée en espace de coworking, avec café et boîte de nuit au sous-sol! C’est « the place to be » du moment des Montréalais. Les guichets de la banque conservés confèrent tout son cachet à l’établissement. Rejoignez l’avenue Sainte Catherine, principale artère commerçante où se trouvent les enseignes québécoises et flagships internationaux. En quittant ce haut lieu du magasinage on parvient à la place Ville Marie.
Inaugurée en 1962, la place forme un vaste complexe multifonctionnel comprenant cinq tours de bureaux et une galerie marchande. L’une d’elle, le Sommet, permet au visiteur de rejoindre l’observatoire du dernier étage et de s’y restaurer avec un nouveau lieu à la mode, Les Enfants terribles. Vue à 360 degrés garantis! À noter, que la place Ville Marie est le point de départ d’un réseau souterrain tentaculaire créé dans les années 60. Aujourd’hui cette ville souterraine s’étend sur 32 kilomètres jusque sous la cathédrale.
Si la métropole québécoise possède une remarquable offre muséale, le musée des Beaux-Arts est un véritable coup de cœur pour son bâtiment et son puits de lumière et pour la richesse de sa dotation, de sa programmation et de sa scénographie. Après l’amour, célébré en 2017 par Chagall et Jean-Paul Gaultier, la programmation du MBAM pour 2018 s’avère tout aussi riche.
Napoléon sera à l’honneur au printemps prochain avec une expo intitulée la Maison de l’Empereur. Simultanément, les chefs-d’œuvre de Picasso et d’Alexander Calder seront exposés en 2018.
Le boulevard Saint Laurent sépare Montréal d’est en ouest, une ville constituée d’une constellation de quartiers où vivent de très nombreuses communautés: Italiens, Chinois, Portugais, Vietnamiens, latinos et anglophones. La présence anglaise et irlandaise se retrouve également square Victoria et à la basilique Saint-Patrick.
Le quartier Latin a accueilli en premier la bourgeoisie francophone à Montréal au début du 19e siècle. Le nom des rues trouve écho chez les touristes français. « Notre rue Saint Denis n’est pas fréquentée par la même clientèle qu’à Paris! », se plaisent à souligner les Québécois. Autre nom familier, la bibliothèque Saint-Sulpice… Le quartier étudiant est réputé pour sa vie nocturne et la tenue de nombreux festivals.
Avec 4 millions d’habitants, Montréal est la deuxième ville francophone après Paris. Sur les 25 000 Français recensés, la moitié vit près du plateau du Mont-Royal. Véritable poumon de la ville, le parc du Mont-Royal est le rendez-vous des joggeurs, des amoureux et des familles. Le site, qui doit son nom à Jacques Cartier qui le baptisa ainsi en 1535, offre une vue imprenable sur toute la région. L’oratoire Saint-Joseph constitue un des lieux de pèlerinage les plus fréquentés au monde. Construit en 1904, il comprend un dôme de 97 m de haut, le classant deuxième juste après la basilique Saint-Pierre de Rome.
Bouillonnante, vibrante l’île est un terreau fertile pour les festivals. Les FrancoFolies, Juste pour rire, le Festival international de jazz et, depuis cinq ans, Mural. Ce festival international d’art public, inspiré de Wind Wood Walls à Miami, ne cesse de prendre de l’étoffe au fil des ans. « Nous voulons démocratiser l’art urbain. Une centaine d’œuvres ont été réalisées en cinq ans. Chaque année nous accueillons entre 900 000 et 1,2 million de visiteurs dont 16 % de touristes », précise Pierre-Alain Benoît, directeur de Mural qui prévoit d’exporter son festival aux États-Unis en 2018. Mural rend cette année hommage à Léonard Cohen avec la réalisation d’une imposante fresque du célèbre artiste montréalais disparu fin 2016.
Véritable musée à ciel ouvert Montréal recense plus de mille œuvres d’art public réalisées par près de 500 artistes québécois et internationaux. Art Public Montréal, une initiative de la ville, propose une variété de parcours et de découvertes des œuvres représentées.
Montréal hésite entre gratte-ciels de verre et manoirs victoriens en calcaire, entre la vielle Europe et le nouveau monde. Une minéralité atténuée par une politique urbanistique maîtrisée et par une nature omniprésente. En effet, 10 % de la surface de l’île, de 48 km de long pour 16 km de large, est constituée de parcs. La métropole est surtout fréquentée d’avril à fin octobre. L’automne est une période particulièrement propice pour les amoureux de la nature, la ville se parant des couleurs de l’été indien.
Arcade MTL fait revivre l’ambiance des salles de jeux des années 80. Pour 7 dollars, accédez à des consoles et à une vingtaine de machines qui rappellent celles de notre adolescence. Commandez une bière et affrontez Pac-Man, Super Contra ou Tetris.
Arcade MTL, 2031, rue Saint Denis.
The Wiggle Room est un cabaret burlesque, tendu de velours rouge qui restitue l’esprit vaudeville humoristique et sexy qui caractérisait autrefois la vie nocturne de Montréal. Spectacles de danse et musique le tout en sirotant un cocktail: « altruistic aureola » ou « new-york sweet ».
The Wiggle Room, 3874, boulevard Saint Laurent
La Caverne de Saint-Léonard: quoi de mieux pour découvrir les dessous d’une ville que de visiter une caverne? Situé dans le parc Pie-XII à Saint-Léonard, le site cavernicole sera prêt à donner des frissons à ses visiteurs durant la saison estivale. La visite est animée par des guides-spéléologues qui vous feront découvrir les dessous inusités, captivants et rafraîchissants de Montréal. Réservez au moins deux semaines à l’avance. Caverne de Saint-Léonard, 5200, boulevard Lavoisier
Le Mount Stephen. Inauguré en mai 2016, ce prestigieux hôtel de luxe ultra contemporain prend place dans l’ancienne maison du baron George Stephan, fondateur de la Canadian Pacific Railway. Situé dans le Golden Square Mille quartier huppé qui abritait les plus riches familles du Canada en 1850, l’hôtel possède 69 chambres, 17 suites et 4 lofts. L’hôtel accueille des groupes jusqu’à 25 personnes.
1140, avenue Drummond
Le Manitoba propose un brin de nature dans les assiettes avec des menus sans cesse renouvelés: soupes de carottes, pâtes à la crème de sauge, doré de crème de palourde et un grand choix de viandes grillées. Le restaurant possède une magnifique cour ombragée par une tonnelle. Détente garantie.
271 Saint Zotique O.
Attablé à la Brasserie T, vous êtes aux premières loges lors des spectacles et concerts. L’établissement, un parallélépipède orange et blanc, posé au cœur du quartier des spectacles, accorde une attention toute particulière au choix des meilleurs produits québécois. Le saumon confit est une pure merveille. L’établissement appartient au chef normand Laprise propriétaire du restaurant gastronomique Toqué, à Montréal également.
1425, rue Jeanne Mance.
Le Sinclair. Niché dans le quartier du Vieux Montréal et adossé à l’hôtel Saint-Sulpice, le Sinclair est une belle surprise. Le restaurant doté d’une paisible cour propose des plats savoureux, copieux et variés selon les arrivages.
414, rue Saint Sulpice.
Comment se comporte la destination canadienne?
Le Québec a le vent en poupe depuis deux ans et ce, pour plusieurs raisons. Compte tenu de la situation géopolitique, l’offre en destinations long courrier se réduit pour des raisons sécuritaires et le Canada fait partie des destinations sûres. De plus, le taux de change est particulièrement favorable pour les Français. C’est leur destination naturelle. Nous bénéficions de l’augmentation de l’offre aérienne entre la France et le Canada. La concurrence fait baisser les prix et nous y gagnons. 2017 sera à nouveau un très bon cru pour le Canada, mais le pays commence à être victime de son succès, car nous commençons à rencontrer des difficultés à trouver des capacités hôtelières. Les futurs établissements sont classés 4 et 5 étoiles or notre clientèle est davantage tournée vers les 3 étoiles.
Quels circuits proposez-vous?
Nous concevons des circuits de 8 à 10 nuits sur l’axe du Saint-Laurent. Nous emmenons les touristes à la découverte des chutes du Niagara, du lac Saint-Jean, de la Gaspésie, de Toronto. Nous proposons la Mauricie, les Laurentides car les visiteurs réclament généralement une à deux étapes nature.
Comment parvenez-vous à vendre les événements de Montréal?
Sincèrement, les événements s’avèrent compliqués à vendre. Ils intéressent davantage les locaux. Par exemple les célébrations du 375e anniversaire de Montréal n’ont pas été un élément déclencheur de voyage pour les Européens. À vrai dire, nous avons un décalage de deux ans entre nos programmations et les événements. Les dates étant flottantes un à deux ans à l’avance, nous ne pouvons les inclure dans nos programmes. Nous proposons la découverte de la ville de Montréal en 3 h 30, les trois quarts de la visite se font en bus et un quart à pied. Outre les incontournables Mont Royal, Vieux Port, Oratoire, nous proposons depuis 2016 la dégustation de bagels dans le quartier d’Outremont et la visite du marché Jean-Talon où l’on peut déguster des spécialités locales. Nous incluons des expériences autochtones comme par exemple une demi-journée de canoë-kayak suivie d’un déjeuner avec des Amérindiens.
Quelle est l’activité de Johnview?
Johnview accueille plus de 350 000 touristes par an et réalise un chiffre d’affaires supérieur à 150 M CA$ (102 M€) 70 % pour les groupes et 30 % les individuels. Le bureau de Toronto, où se trouve notre siège social, est spécialiste des marchés anglophone et asiatique tandis que Montréal prospecte la France, la Belgique, la péninsule ibérique et les Antilles françaises. Nous travaillons avec plus de 3 500 fournisseurs pour proposer des activités d’est en ouest. Toutes les formules sont possibles, autotours, hôtels secs, circuits accompagnés… Nous avons un représentant en France qui démarche les TO et agences de voyages. Nous sommes référencés Sélectour, Carlson, Havas et travaillons avec TUI, Vacances Transat, Thomas Cook et les groupistes Transunivers, Syltours, Amerigo. Nous collaborons également avec les autocaristes Salün, Verdié et Sabbardu. La France constitue un vaste marché pour les groupes grâce à la spécificité des comités d’entreprise.
« 11 millions de visiteurs à Montréal en 2017 »
Quelles sont vos prévisions de fréquentation pour 2017?
Nous attendons 11 millions de visiteurs en 2017, soit une hausse de 7 % par rapport à 2016. 40 % de notre clientèle est internationale. Nous enregistrons une croissance de 8 % de la fréquentation des touristes français qui, à 65 %, résident chez des parents ou amis. La dépense moyenne des Français par séjour se situe à 275 € (14 % shopping, 26 % hébergement, 23 % restauration). 60 % des Français planifient leur voyage au Canada en un mois seulement. La durée moyenne de séjour se situe à 5,3 nuitées. Notons que 80 % des Français qui vont au Canada se rendent à Montréal. Les groupes représentent entre 5 et 10 % de la fréquentation. En fait, les gens préfèrent voyager en groupe lorsque la destination présente des risques ou des difficultés, ce qui n’est pas le cas du Canada.
Avez-vous atteint les objectifs du plan touristique 2014-2018?
Nous les avons atteints dès cette année. Il s’agissait de gagner 5 % de nuitées, 5 % de fréquentation supplémentaire et 8,5 % de hausse des dépenses touristiques. Le nouveau plan 2018-2022 table sur 7 millions de nuitées par an. Nous disposons d’un parc de 25 000 chambres disponible qui devrait enregistrer un taux d’occupation proche de 90 % sur 2017. 14 nouveaux hôtels ont été ouverts au cours des deux ans écoulés (Ritz Carlton, Saint-James, Mount Stephen…). Quatre nouveaux hôtels ouvrent en cette fin d’année, dont le Fairmont Queen Elisabeth au terme de deux ans de travaux de rénovation.
Depuis le tarmac de Paris-Roissy, Air Canada opère à l’année deux vols quotidiens sans escale vers Montréal-Trudeau et Toronto-Pearson (en B 767-300 ER). De juin à septembre, elle propose un vol supplémentaire quotidien entre Paris et Montréal.
Lyon est également relié à l’année à Montréal depuis 2016. La compagnie opère jusqu’à cinq vols par semaine depuis la Cité des Gaules (B 767-300).
Gageons qu’il en sera de même à l’avenir pour Marseille. Air Canada Rouge a en effet inauguré en juin 2017, un vol saisonnier vers Montréal à raison de trois rotations hebdomadaires (lundi, jeudi, samedi) en B 767-300. Cette nouvelle offre en province complète la desserte de la compagnie présente à Nice de juin à octobre à raison de trois vols hebdomadaires en B 767-300 ER.