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Partie de campagne

Cinq candidats à la présidentielle affichent leur vision sur le tourisme

Actualité | publié le : 01.04.2017 | Dernière Mise à jour : 24.06.2019

À l’invitation de l’Institut français du tourisme et de l’Association francophone des experts et scientifiques du tourisme (Afest), les porte-parole de Benoît Hamon (PS), Emmanuel Macron (En Marche), Jean-Luc Mélenchon(PG), Marine Le Pen (FN) et François Fillon (LR) sont venus successivement exposer leur vision du secteur touristique en tant qu’activité économique et répondre aux questions d’Ulysse Gosset (BFM TV) sur des thèmes convenus à l’avance: gouvernance du tourisme, image et promotion, emploi et formation, fiscalité et vie des entreprises, dimension sociale. À travers les propositions se dessinent d’abord une prise de conscience, plus ou moins forte, de l’attrait du tourisme comme vecteur de croissance et ensuite une réflexion, plus ou moins approfondie, sur les spécificités du secteur qui mériteraient d’être renforcées et valorisées.

Quelle vision chaque candidat a-t-il de l’industrie touristique?

Cultiver les spécificités d’un secteur élevé au rang de priorité nationale

Pour Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la Culture de François Hollande et porte-parole de Benoît Hamon, le tourisme doit rester une priorité nationale, telle que l’avait déjà décrété l’actuel président de la République. Cette priorité devrait englober aussi bien la culture, tant il est vrai que les deux secteurs se nourrissent mutuellement et combinent plus de 10 % du PIB de la France. Pour le candidat officiel du PS, il importe avant tout de travailler sur la diversification de l’offre touristique, tant en direction de la clientèle française qu’étrangère, qui se traduira à la fois par une valorisation de tous les territoires et une amélioration de la dépense touristique. Cette offre variée doit s’appuyer sur toutes les déclinaisons actuelles: œnotourisme, agritourisme, culture, tourisme d’affaires et bien d’autres. Cette offre ciblée met en avant l’engagement des collectivités territoriales. Les outils existent déjà, comme les contrats de destination, et doivent s’inscrire dans une vision de tourisme durable à travers un plan à horizon 2025. Cela coïncidera avec une démarche forte engagée par la France depuis la COP21 jusqu’à sa candidature pour accueillir l’Exposition universelle 2025.

Un secteur économique embarqué dans un nouveau modèle économique

Pour Arnaud Leroy, parlementaire du bassin d’Arcachon élu pour représenter les Français d’Espagne et du Portugal, membre d’En Marche, le tourisme ne présente pas un caractère plus prioritaire que n’importe quel autre secteur de l’économie française. Il participera, à sa manière, à la mise en place d’un nouveau modèle économique fondé sur plus d’autonomie, plus de simplicité et donc moins de normes. Emmanuel Macron souhaite un modèle qui accepte le droit à l’erreur des entrepreneurs, une administration de conseil et de service au moins autant que de contrôle et de sanction conseillère, et une fiscalité allégée. Pour le tourisme, il s’appuie sur une plus grande liberté des échelons locaux de décider ce qui est bon pour leur territoire tout en donnant les moyens à l’échelon national, en l’occurrence Atout France, d’assurer une promotion digne de ses concurrents. En plus d’Arnaud Leroy, le candidat d’En Marche a rassemblé une équipe d’experts autour de lui, dont Germain Lelarge, fondateur du site de ventes touristiques en ligne, La France du Nord au Sud.

Mettre en avant la dimension sociale et environnementale du secteur

Pour Jean-Charles Hourcade, expert en économie numérique et membre du Parti de Gauche, le tourisme doit participer à la résolution de deux crises majeures, l’appauvrissement des classes populaires et la mise en danger de la planète. Il doit avant tout contribuer à l’ancrage territorial des activités et s’inscrire dans toutes les actions qui peuvent préserver l’environnement et une meilleure qualité de vie. Le tourisme est un acteur de la transition écologique tout en étant porteur de progrès par une application intelligente et de bon sens des nouvelles technologies. Paradoxalement, le candidat du Parti de Gauche prône une libre concurrence qui respecte la même loyauté vis-à-vis du marché pour tous les acteurs. Une harmonisation fiscale est nécessaire et la mise en œuvre d’une réglementation appropriée.

Une compétence interministérielle qui implique une coordination stratégique

Pour David Rachline, directeur de campagne de Marine Le Pen, autant la Gauche, préoccupée par sa lutte contre les riches, que la Droite, qui prône une économie autorégulée, n’ont assimilé la prise en compte de l’importance du tourisme. Ce secteur met en œuvre jusqu’à une dizaine de ministères et nécessite donc que l’État y joue son rôle de stratège, c’est-à-dire qu’il fixe un cap, qu’il détermine un cadre, qu’il donne des moyens, mais ne se charge pas de tout faire. Dans ce dispositif, Atout France a un rôle majeur à jouer comme acteur et coordinateur.

Pour un Varenne du tourisme qui redéfinisse sa dimension qualitative

Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre et membre de l’équipe de François Fillon, n’y va pas par quatre chemins, le tourisme souffre d’un problème d’autorité qui masque sa nature stratégique pour l’économie française. Il peut viser le leadership mondial comme l’aéronautique ou le nucléaire avant lui. D’autant que malgré tous les avatars récents, l’image touristique de la France reste exceptionnelle. Sa place est donc au plus haut sommet, proche du Premier ministre, et nécessite une réflexion stratégique autant qu’une fédération des initiatives qui doivent se concrétiser autour d’un Varenne du tourisme, par référence à l’adresse de l’hôtel Matignon. Prêchant tour à tour les vertus humanistes du tourisme, vecteur de rapprochement des peuples, et son apport économique indéniable, le porte-parole du candidat LR prône une approche qualitative qui mette en avant les produits, les prestations et les marges des entreprises. Cette approche qualitative vaut notamment pour le service offert aux clients, la qualité dans le moindre détail, le leadership implique l’exigence.

Quelle approche pour sa gouvernance?

Pour le candidat socialiste, la tutelle du tourisme assurée par un « grand » ministère est une condition impérative pour gagner les arbitrages budgétaires vis-à-vis de Bercy. Le tandem tourisme & commerce extérieur placé sous le couvert du Quai d’Orsay a plutôt bien fonctionné, dès lors qu’il y a un pilote dédié.

Pour le représentant d’En Marche, c’est une question secondaire qui n’a pas été tranchée. Il est nécessaire d’avoir un « portage » politique du tourisme qui assure de son poids sur les questions transversales et lors des arbitrages, mais il reste à déterminer si c’est une direction du tourisme forte ou des experts dédiés au sein du ministère de l’Économie.

Jean-Charles Hourcade plaide pour le maintien du rattachement au Quai d’Orsay, notamment en raison de l’engagement du réseau des ambassades, à travers leurs services économiques, et de l’animation possible des autres réseaux comme celui des Alliances françaises et des lycées français, véritables outils de promotion. Il souhaite redonner du poids au Conseil national du tourisme pour assurer la coordination des grands dossiers au sein du « millefeuille » territorial actuel.

Pour David Rachline du Front National, l’État doit se poser en stratège en définissant le cap et en confiant les missions aux organes appropriés, dont Atout France dont les moyens doivent être renforcés, sous l’égide d’un Conseil national du tourisme, porteur de la volonté de l’État et des forces publiques. Il plaide pour un pouvoir élargi des maires dans le cadre d’une organisation territoriale qui fait disparaître les compétences régionales. La mise en place d’un fonds souverain permettrait le soutien des entreprises touristiques en difficulté ou nécessitant un développement accru.

Jean-Pierre Raffarin, au nom du candidat LR, est plus précis. Il souhaite la création d’une Direction de l’attractivité touristique, rattachée au Premier ministre, sur le modèle de l’ancienne Datar, gérant l’aménagement du territoire. Cette DAT aura pour mission de piloter le Varenne du tourisme et de mettre en œuvre ses résolutions dans le cadre d’une réflexion stratégique à long terme, qui mette fin à l’improvisation permanente actuelle. Ce rattachement permettra d’y gagner en autorité et en efficacité lors des arbitrages et de concrétiser enfin le rôle du tourisme comme un levier majeur de l’économie.

Comment défendre l’image touristique dans un contexte d’insécurité?

La représentante du parti socialiste plaide pour une relance de la communication vers l’étranger, notamment en utilisant le relais des ambassades et tout particulièrement pour promouvoir les Contrats de destination qui ont été mis en place dans cette optique de valoriser les marques qui parlent à des étrangers. Elle propose de cibler spécifiquement les jeunes entre 18 et 25 ans, réceptifs aux messages sur la France pour une première visite. Pour elle, le dispositif mis en place après les attentats doit rester présent tant que la situation n’est pas clarifiée.

Le représentant d’Emmanuel Macron considère pour sa part que le budget d’Atout France est très faible eu égard à ses missions et à la concurrence. L’équipe travaille sur un projet de taxe tourisme, qui toucherait la fréquentation des très grandes attractions et sites touristiques, pour alimenter un fonds de promotion. Il souhaite que les taxes de séjour collectées localement servent davantage à la promotion de ces territoires. En ce qui concerne la sécurité, elle fait partie des sujets transversaux qui nécessitent un plan global et pas seulement appliqué au tourisme.

Jean-Charles Hourcade en appelle au bon sens. Renforcer une police de proximité pour traiter les questions de sécurité au quotidien, une police en osmose avec la sociologie des lieux qu’elle surveille. Lutter contre le terrorisme par les moyens du renseignement avec professionnalisme et sans sensationnalisme.

Sans surprise, David Rachline constate un déficit sécuritaire et déplore les violences au quotidien qui touche notamment les visiteurs étrangers. Le programme de Marine Le Pen comporte de nombreuses mesures sur le sujet avec en priorité un renforcement des moyens de la gendarmerie et de la police. Par ailleurs, l’attractivité doit s’appuyer sur une défense du patrimoine, en accentuant l’offre culturelle, un point fort de la France, et en élargissant les pôles touristiques.

Jean-Pierre Raffarin souhaite que la France agisse sur deux niveaux, global et local. Elle a prouvé qu’elle pouvait accueillir de grands événements comme l’Euro de Foot, et doit concourir naturellement pour les JO de 2024 et l’Expo de 2025, et même pour un futur Mondial de Rugby. Au niveau local, il faudrait que la taxe de séjour soit largement utilisée pour la promotion et non pas détournée pour d’autres usages. Pour lui, la notion de sécurité s’entend de manière plus large. Il s’agit d’une véritable guerre économique entre nations qui se disputent le leadership en matière touristique. Les déclarations du président Trump sont sans équivoques à cet égard. Il se félicite que de nombreux professionnels, dans l’hôtellerie ou le tour-operating aient déjà associé la dimension sécurité à leurs propositions. Dans ce domaine, le partenariat public-privé s’impose plus qu’ailleurs.

Quel cadre pour réguler la concurrence et libérer les énergies?

Aurélie Filippetti plaide naturellement pour un modèle d’économie sociale et solidaire où l’emploi est préservé face aux menaces d’une digitalisation excessive de toutes les fonctions. Il faut avant tout revaloriser les filières et les métiers du tourisme, faire un effort massif sur la formation professionnelle et arriver à une régulation sérieuse des plates-formes collaboratives: déclaration de l’activité et des revenus. En ce qui concerne l’emploi et les entreprises, Benoît Hamon prône un statut unique, qui s’applique autant au salarié qu’au travailleur indépendant avec une égalité des droits et responsabilités. Il souhaite favoriser l’économie solidaire, notamment dans le tourisme social. La Caisse des dépôts et la BPI ont un rôle majeur d’impulsion de l’investissement et les seuils d’accès à leur crédit doivent être baissés pour élargir la base. Les collectivités territoriales doivent s’engager davantage auprès des entreprises, pour ce faire, il faut maintenir leur autonomie financière et ne surtout pas supprimer la taxe d’habitation, principale ressource des collectivités.

Arnaud Leroy a conscience que la réalité de l’économie collaborative est installée. Il n’empêche que chacun doit occuper sa place loyalement en toute équité et que l’État est responsable du respect des règles de la concurrence. La régulation doit se mettre en place. L’emploi touristique est un atout majeur du secteur et doit s’appuyer sur une formation appropriée. Il considère qu’il faut augmenter de 15 milliards d’euros l’effort consacré à la formation professionnelle. La jeunesse est la première concernée par ces mesures. L’emploi doit être analysé au niveau des bassins touristiques, en se penchant notamment sur le cas des saisonniers dont le statut et les conditions de travail méritent d’être améliorés. Il fait état d’une disposition de « micro-franchise » qui permettrait d’assouplir les relations entre employeurs et saisonniers. Un dossier encore à l’étude. D’une manière générale, il plaide pour alléger le carcan social qui pèse sur les entreprises et qui permettrait de libérer les embauches. Simplification est le maître mot du candidat Macron et un engagement de ne pas changer le cadre fiscal sur toute une mandature. L’économie française traîne un parpaing de réglementations tatillonnes qui freine son développement. Il faut aller au bout de la logique en remettant toutes les normes à plat dans un souci de cohérence et de simplification.

Étonnamment, Jean-Charles Hourcade défend l’approche libérale du candidat Macron. L’ubérisation de la société est une dérive mais qui ne remet pas en cause l’économie digitale, simplement les règles que détournent les grandes entreprises comme Uber, Airbnb et d’autres géants qui se moquent des lois fiscales. Il faut en revenir à des solutions simples et, en matière d’emploi, appliquer le contrat unique, CDI, qui assure revenu et protection. Il faut dégonfler la baudruche de l’intermédiation et combattre les abus qui consistent notamment à détourner la notion de travail. Le numérique c’est de la productivité, elle produit de l’innovation et il faut donc se saisir des aspects positifs du numérique en y remettant un peu d’ordre. Au chapitre fiscal, les dividendes réinvestis seront moins taxés, il faut revoir les niches fiscales inutiles et notamment rectifier le CICE, « véritable hold-up fiscal des finances publiques ». La transition écologique offre de nombreuses perspectives pour créer de nouveaux emplois.

Le représentant du Front National tente de dédramatiser la sortie de l’Union européenne et la sortie de l’euro en prenant l’exemple du Royaume-Uni qui n’est pas coupé du monde après son Brexit et avec sa livre sterling qu’il gère à son gré. Les entreprises françaises doivent retrouver de la compétitivité en jouant s’il le faut la fluctuation des monnaies. Pour l’économie touristique, le défi est d’allonger les séjours et d’augmenter la dépense. Il y a insuffisance de l’offre actuellement et surtout un manque de démarcation vis-à-vis de la concurrence européenne. On peut prendre les DOM-TOM en exemple. Il prône la création d’un secrétariat d’État à la Mutation économique pour accompagner les entreprises et créer le cadre d’une concurrence plus loyale, tout en anticipant les futurs changements qui vont se produire. La simplification administrative passerait par un guichet unique pour les PME-TPE et par un lissage des seuils qui freinent les embauches. Faire la chasse aux règles absurdes en laissant davantage de liberté aux élus locaux.

Le représentant Les Républicains a conscience que les modèles économiques du tourisme sont atomisés, beaucoup de PME et peu de grands groupes. Il faudrait s’inspirer du Small Business Act des États-Unis pour traiter différemment les PME et stimuler leur croissance. Les Régions peuvent prendre la main en matière de formation professionnelle. La French Tech est une réalité qui ne doit pas s’exprimer à San Francisco mais sur le territoire national en favorisant la création des start-up, futurs géants. L’innovation est une exigence qui appelle aussi à la régulation car il est vital que la France soit tête de réseau et non pas territoire d’exploitation. Jean-Pierre Raffarin souhaite instaurer un « pouvoir d’interprétation » à la disposition des préfets qui pourront adapter les textes à un contexte local. Ramener de l’humain dans les décisions et ne pas abandonner la notion de proximité.

Comment développer la dimension sociale du tourisme?

Aurélie Filippetti plaide pour une revitalisation du tourisme social et notamment la réhabilitation du patrimoine, via l’implication des CE d’entreprise. Il faut élargir le champ des chèques-vacances et chercher à harmoniser les plages de temps de travail et de loisirs, des loisirs enrichissants si possible.

Arnaud Leroy rappelle que deux tiers des touristes sont français. L’Unat a un rôle à jouer pour développer l’approche sociale. Il prône deux mesures phares vis-à-vis des jeunes, un voyage financé en France pour les moins de 18 ans et un voyage financé en Europe, dans le cours des études pour les moins de 25 ans. Il préconise également un Pass Culture d’une valeur de 500 euros.

Jean-Charles Hourcade considère que le premier problème à résoudre est celui du pouvoir d’achat avec une augmentation immédiate de 16 % du Smic, avec un dispositif qui protège les PME.

David Rachline dénonce une hausse de la pauvreté et plaide pour un autre modèle de développement. Il préconise de favoriser le pouvoir d’achat des classes les plus défavorisées et d’élargir l’offre touristique à caractère social dans tous les territoires.

Pour Jean-Pierre Raffarin, le premier problème français, c’est l’emploi. Il faut rappeler que 85 visiteurs étrangers créent un emploi en France. Cette prise de conscience par toute la population contribuera à un meilleur accueil, un développement des emplois et une plus grande création de richesse.

Lettre ouverte au futur président de la République

En tant que président de la Fédération nationale des transports de voyageurs, qui rassemble plus de 1 000 entreprises et 70 000 salariés en France, je demande au futur président de la République de libérer les entreprises des normes et démarches administratives qui étouffent les entrepreneurs français et les placent dans une situation qui les empêchent de développer au rythme où ils souhaiteraient leurs activités.

(…) Au lieu de consacrer leur énergie à imaginer des solutions pour que leurs clients bénéficient d’offres de service de qualité, attractives et compétitives, nos chefs d’entreprise sont écrasés par la bureaucratie administrative, fiscale, sociale et comptable: ils sont tenus de rendre compte à leurs donneurs d’ordres que sont les collectivités autorités organisatrices de transports, ce qui est tout à fait normal, mais ils doivent également répondre aux demandes des organismes sociaux, établir des référentiels pour évaluer la supposée pénibilité à laquelle sont soumis leurs salariés quand bien même leurs missions ne comporteraient aucun aspect pénible, constituer des tableaux excessivement volumineux et complexes pour l’Arafer, autorité de régulation de nos activités, fournir des chiffres sur la fréquentation de leurs véhicules, le nombre de sièges occupés par autocar, le nombre d’autocars en retard… Bientôt, l’autorité de la qualité de service dans les transports nous demandera de lui adresser régulièrement de nouveaux chiffres accompagnés des causes pour lesquelles nos autocars ne seront pas arrivés à l’heure à destination! (…)

La création de portefeuilles ministériels consacrés à la simplification administrative montre que l’État a conscience lui-même du bridage opéré par sa propre administration sur l’économie française. Les différents secrétaires d’État chargés de cette simplification ont malheureusement échoué dans leur tâche qui nous paraît pourtant essentielle pour que la France renoue avec la croissance. En effet, malgré l’existence de ces ministres, les normes continuent d’augmenter: parallèlement à la suppression d’une poignée de règles absurdes, le Parlement et l’administration en érigent de nouvelles en nombre plus important chaque jour. (…) Plutôt que la création d’un secrétariat d’État gadget, je propose que chaque ministre soit tenu d’opérer des simplifications au sein de son périmètre ministériel afin de libérer l’économie.

Le prochain président de la République doit favoriser la création d’emplois en simplifiant le Code du travail, en allégeant les charges qui pèsent de manière de plus en plus lourde sur les entreprises, en supprimant les effets de seuils qui nuisent aux embauches et doit surtout revenir sur la réforme de la pénibilité.

(…) Le transport de voyageurs est l’un des rares secteurs en France dans lequel la création d’emplois est parmi les plus dynamiques chaque année. Il s’agit de surcroît d’emplois locaux non délocalisables. La loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances, portée par Emmanuel Macron quand il était ministre, a constitué une formidable opportunité pour libérer nos entreprises de l’étau qui pesait sur elles du fait de l’interdiction de transporter des passagers en France sur de longues distances. Bien que symbolique et ne constituant pas le cœur d’activité de nos entreprises, cette réforme a permis d’insuffler une nouvelle énergie, source de développement économique dans notre secteur. Elle a permis la création de nombreux emplois et d’élargir l’offre de transport et de la démocratiser au bénéfice des Français.

Au nom des milliers d’entreprises représentées par la Fédération nationale des transports de voyageurs, je demande au futur président de la République et à son Gouvernement d’arrêter d’empiler les normes et de faire confiance aux chefs d’entreprise qui contribuent en toute responsabilité à faire vivre l’économie française.

Michel Seyt, président de la Fédération nationale des transports de voyageurs

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