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Narbonne vit une embellie espagnole grâce au TGV

Retrour à | publié le : 01.03.2017 | Dernière Mise à jour : 24.06.2019

Auteur

  • Christian Goutorbe

Depuis que le sillon TGV Barcelone-Perpignan a placé sa gare à 1 h 50 de la capitale catalane, Narbonne cultive intensément la clientèle espagnole. Avec succès.

Lorsqu’en décembre 2013, les premiers TGV Barcelone-Paris se sont arrêtés en gare de Narbonne, la fréquentation touristique de la ville par des Espagnols était pratiquement inexistante et l’ancienne cité romaine n’était certainement pas identifiée par les opérateurs comme une destination prometteuse. Et pourtant, après trois saisons pleines d’exploitation touristique, la gare de Narbonne est devenue la quatrième destination de la toile d’araignée ferroviaire construite par Renfe et la SNCF sur ce nouvel axe Espagne-France organisé entre Madrid et Paris. En 2016, on estime que 90 000 touristes venus d’Espagne ont séjourné dans cette ville moyenne française qui gagne à être découverte. À l’office du tourisme, la fréquentation des Ibériques a bondi de 85 % et les visites guidées du cœur de ville historique se font, en saison, deux fois par jour, tantôt en castillan, tantôt en catalan. « Pourtant, le contexte de la destination France n’était pas évident en 2016 dans le prolongement des attentats de Paris. Mais nous avons réussi à maintenir le trafic avec même une très légère progression », explique Yann Monod, le directeur de l’espace ferroviaire commun aux deux pays entre Madrid et Paris. « Aujourd’hui, la station de Narbonne s’est hissée au quatrième rang des destinations sur nos routes Espagne-France, devant des villes comme Lyon ou Marseille ». Cet espace se décline en quatre routes: d’une part, Madrid-Barcelone et Barcelone-Lyon-Paris, les deux principales, et d’autre part, Barcelone-Toulouse et Barcelone-Marseille. Ce réseau représente un potentiel de près de 2 millions de visiteurs en 2016, dont 830 000 voyageurs de configuration internationale. Si Narbonne tire son épingle du jeu, c’est qu’elle a su mettre en avant ses indéniables atouts touristiques et son passé historique de plus ancienne colonie romaine en Gaule, qui en avait fait la fille aînée de Rome hors des frontières de l’Italie. « Surtout, grâce à la compression du temps ferroviaire entre Barcelone et Perpignan et à la suppression du changement des essieux de l’ancien système ferroviaire, la gare de Narbonne se trouve à 1 h 50 du centre de vie de Barcelone. Elle accueille quatre trains par jour et six pendant la période estivale, de quoi nourrir un tourisme de journée ou de très court séjour. »

« On a vu soudainement augmenter de façon sensible la fréquentation des Espagnols. Surtout pendant la Semaine Sainte et pendant la période de l’Immaculée Conception début décembre. Aujourd’hui, on peut dire que cette fréquentation est plus étalée, sur les mois d’été, en avant et en arrière-saison. Et le train n’est plus l’unique vecteur », constate Mariline Etero, la directrice de l’office du tourisme.

Une communication à grande échelle

Pour en arriver à cette embellie, les autorités locales, notamment poussées par Louis Privat l’imaginatif patron des Grands Buffets de Narbonne, se sont lancées dans d’intéressantes campagnes de promotion. Elles ont multiplié les voyages de presse (33 en trois ans) à destination des journalistes, des blogueurs et des influenceurs, et ont obtenu d’intéressantes retombées: plus de 400 parutions significatives. Couronnement suprême de cette offensive, la ville et le conservatoire culinaire de Louis Privat et de son équipe ont hébergé, au printemps dernier, la finale de la version espagnole de Master Chef. Pour 7 millions de téléspectateurs qui ont poussé les portes des cuisines du plus grand restaurant de France.

Désormais, Narbonne voit plus grand. L’ancienne colonie romaine vise la clientèle de Madrid avec à la clef économique, des séjours plus longs avec une ou deux nuitées. Cet afflux de visiteurs d’outre Pyrénées n’est pas sans conséquence sur l’amélioration des prestations locales. Le dynamisme des professionnels du tourisme narbonnais est une raison supplémentaire pour les autocaristes français de regarder la destination d’un nouvel œil.

Les Grands Buffets, conquistador de la cuisine française

Le plus grand restaurant de France (300 000 couverts enregistrés en 2016) est devenu, depuis 1989, date de son ouverture, la première locomotive touristique pour la ville de Narbonne. À juste titre. Ce buffet à volonté s’est transformé en conservatoire de l’art culinaire français proposant pour le même prix forfaitaire (32,90 €) de déguster tout ce qui existe dans la tradition nationale: du homard, du cochon de lait grillé, des fruits de mer, six variétés de foie gras, une cinquantaine de desserts rassemblés autour d’une fontaine à chocolat et un plateau de 45 fromages qui va bientôt passer à 90. Ici, 70 références de vins régionaux sont proposées, au verre et au prix caveau, depuis déjà deux ans. Le chef Gilles Goujon, 3 étoiles au guide rouge, vient pratiquement chaque semaine, en voisin et en ami, s’y « dégourdir » les papilles. L’acteur et viticulteur Pierre Richard y présente ses vins du domaine de Bel-Évêque à Gruissan et le peintre Hervé Di Rosa y expose ses pièces de l’art modeste. Et les Espagnols n’échappent pas non plus à l’aimantation des Grands Buffets. « En 2014, on avait recensé 233 clients espagnols soit 0,11 % de la clientèle. Aujourd’hui, en 2016, c’est près de 6 700 clients. Multiplication par 30. Parce qu’il n’y a rien de comparable en Espagne où les buffets sont plutôt bas de gamme. La qualité est payante, surtout depuis que la finale du Master Chef espagnol s’est déroulée dans nos cuisines et que les trois finalistes surentraînés n’ont jamais pu faire mieux que nos propres chefs », raconte Louis Privat, le fondateur toujours à la recherche d’innovations qualitatives et de nouveaux marchés et grand initiateur de la conquête de l’Espagne en proximité de la zone naturelle de chalandise (Toulouse-Perpignan-Marseille). Mais comme aux Grands Buffets, l’appétit vient toujours en mangeant, le « conquistador » Louis Privat voit déjà plus loin. Il lance en 2017, toujours avec les mêmes partenaires, une opération pour attirer les voyageurs de Madrid pour des voyages d’au moins deux jours. Les hôteliers de Narbonne se frottent les mains. Déjà! Les groupes en baisse. Seul point noir dans ce tableau, les voyages de groupe qui avait permis, en phase de démarrage d’assurer le développement hors de la zone naturelle de chalandise, sont en baisse dans les « stats » des Grands Buffets. « Cela pouvait représenter jusqu’à 20 %. Aujourd’hui, c’est moins de 5 % », estime Louis Privat.

Narbonne pratique

Office du tourisme

31, rue Jean-Jaurès Tél.: 04 68 65 15 60 narbonne-tourisme.com Application narbonne tour sur Apple Store et Google Play. Ouverture de 9 à 19 heures du 1er avril au 15 septembre. Tous les jours sauf le 1er mai. De 10 heures à 12 h 30 et de 13 h 30 à 18 heures du 16 septembre au 31 mars sauf le dimanche.

Stationnement des autocars

Parking quai Victor-Hugo le long de la Robine ou parking de la gare routière près de la gare SNCF.

Dépose minute des passagers

Médiathèque, boulevard Léon-Augé.

Stationnement des véhicules particuliers

Parking gratuit quai Victor-Hugo ou parking du théâtre à l’entrée de la ville. Puis navette gratuite toutes les 10 minutes de 7 h 40 à 19 h 20 sauf le dimanche.

Visites guidées

Tous les jours. Se renseigner à l’OT pour les horaires. Sur demande pour les groupes à partir de 20 personnes: Christophe Cabrier 04 68 90 30 66.

Témoignage
Hélène Fabre, directrice de l’agence Envie de Voyage

« Nos prescripteurs sont nos propres clients »

Quel est l’état de la demande touristique sur le narbonnais?

La demande est forte et en développement, surtout en matière de voyages organisés et de tourisme de groupe. Jusque-là l’offre de séjours packagés n’existait pratiquement pas. On restait sur un tourisme individuel et diffus.

Pourquoi ce développement?

La région de Narbonne bénéficie depuis plusieurs années d’une notoriété touristique grandissante. Et aussi parce que l’offre, en matière de paysages, de culture, de patrimoine et d’œnologie est importante et variée. Nos meilleurs prescripteurs sont nos propres clients. Ils reviennent, le plus souvent avec des amis et ils en parlent.

Une journée de visite organisée à Narbonne cela ressemble à quoi?

C’est d’abord une visite guidée du centre de Narbonne, la cathédrale, bien sûr, les différents musées d’art et d’histoire, le musée lapidaire et la visite de l’Horreum romain unique en France. Puis les touristes se rendent aux halles. Le repas est pris en centre-ville ou bien à Fontfroide qui se prolonge par la visite de l’abbaye et du domaine. Nous avons une forte demande pour les Grands Buffets mais à condition d’alléger le programme des visites l’après-midi. Les Grands Buffets, c’est parfait en soirée, lors d’une visite de plusieurs jours.

Quid des clients, notamment espagnols, qui descendent du TGV?

C’est un de nos axes de développement en partenariat avec l’office du tourisme.

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