Bien qu’éprouvée par les drames qui ont frappé sa compagnie aérienne, Malaysia Airlines, la Malaisie continue de croire, à juste titre, dans le tourisme. Ce concentré d’Asie marie modernité des infrastructures et traditions séculaires, culture et nature, rafting et orangs-outans. De Kuala Lumpur au Sabah, la Malaisie offre le dépaysement sans les inconvénients.
Ce qui pourrait n’être qu’une halte bien desservie par les compagnies aériennes pour – au-delà dans la péninsule ou, plus loin, Bornéo – visiter les forêts tropicales, découvrir une faune et une flore exceptionnelles, s’affirme de plus en plus comme une destination à part entière. Kuala Lumpur, capitale économique de la Malaisie, n’en finit plus de diversifier son offre touristique. Elle a même élaboré un plan stratégique 2015-2025 qui donnera un nouveau coup de fouet à son développement. Cependant, il y a d’ores et déjà largement de quoi s’occuper plusieurs jours durant à Kuala Lumpur. À tutoyer le ciel dans l’une ou l’autre de ses tours, toujours plus nombreuses, ou à s’immerger dans le flot animé des piétons et des marchés, au cœur même de la cité au « confluent des eaux boueuses » dont elle tire son nom.
Pour comprendre l’essor exceptionnel de cette ville finalement récente, de plus en plus futuriste également, plusieurs approches sont possibles. Quatre circuits à travers la ville ont été préparés, par l’office de tourisme et les guides, pour découvrir le patrimoine historique. En commençant par exemple du côté de Medan Pasar, en plein centre, où des immeubles du XIXe siècle aux façades pastel cherchent leur respiration au milieu de tours modernes, le dialogue se noue avec le temps. La tour horloge ne date que de 1935, mais ramène à l’époque de l’Empire britannique.
S’attabler au Café Old Market Square permet de remonter au début du XXe siècle, quand des immigrants chinois ont lancé cette affaire, où l’on sert toujours, pour quelques ringgits, un café au goût de noisette à la façon du Hainan. Des photographies et articles d’antan accrochés aux murs redonnent à voir ces petits métiers de rue et à comprendre l’attrait de Kuala Lumpur auprès des paysans, artisans, mineurs, de tout le pays et même d’ailleurs.
Un nuage de lait plus loin, à quelques dizaines de mètres, un pont permet de franchir le Klang, le fleuve qui traverse la ville. Cet ouvrage en briques, typique des constructions coloniales britanniques, offre un point de vue sur la plus ancienne mosquée de Kuala Lumpur, Masjid Jamek, élégante et paisible à l’abri des gratte-ciel. Dans le quartier tout proche de la place Merdeka, l’atmosphère demeure toujours très britannique, avec l’ancien club-house et les institutions alentour. Aujourd’hui, des musées mettent en avant les traditions locales, comme celui du textile ou encore, le tout nouveau musée dédié à la musique, ouvert en août 2015. Des instruments indigènes y sont exposés et des explications permettent d’explorer les genres musicaux locaux. À déambuler ainsi dans le vieux Kuala Lumpur, la curiosité pousse à se rendre jusqu’à la City Gallery, qui présente l’histoire de la ville et de son développement, mais anticipe également sur son avenir grâce à une maquette gigantesque et actualisée à l’échelle 1/1 500. La tour de 620 mètres de haut en cours de construction, plus haute que les tours Petronas qui dominent aujourd’hui la ville, y apparaît déjà en filigrane. Le dialogue avec le temps peut se poursuivre le soir venu en assistant à la comédie musicale Mud, où l’anglais et le malais se mélangent pour raconter Kuala Lumpur d’hier à aujourd’hui, à travers ses malheurs – inondations et incendies –, mais aussi son essor. La troupe cosmopolite sait à merveille redonner vie à cette époque où l’étain attirait les immigrants de toute l’Asie et où chacun cherchait à se forger un destin.
Ce dialogue entre les cultures se poursuit aujourd’hui, avec des rues dévolues aux traditions commerçantes et culinaires répandues dans tout le Sud-Est asiatique. Dans Petalang Street par exemple, les lanternes rouges transportent les passants quelque part en Chine. Surnommée, « rue des repas au tapioca », cette artère était autrefois le rendez-vous des mineurs de l’étain venus de Chine. Quelques rues ou échoppes plus loin, ce sont les Malais qui tiennent commerce, de l’alimentation aux tenues colorées destinées aux femmes musulmanes, des coiffes traditionnelles des hommes aux objets en bois fabriqués par les artisans locaux.
L’animation ne retombe pas avec l’arrivée de la nuit. Un passage par le district de Bukit Bintang autour de Jalan Alor en milieu de soirée le démontre. Il est possible d’y trouver de quoi dîner en prenant des repas à emporter ou à consommer dans la rue. Autour, des restaurants tournés vers les diverses cuisines, locales, chinoises, internationales, ont de quoi satisfaire toutes les attentes.
Seule ville au monde à avoir conservé en ses murs une forêt tropicale primaire, Kuala Lumpur est aussi douée pour faire dialoguer nature et modernité. Les allers-retours entre verdure et béton s’observent notamment à la tour de télévision. Appelée Menara KL, elle a la forme d’un ananas haut perché, qui rappelle son lien avec le sol et la plantation où elle a été érigée. Dans cette tour de 421 mètres de haut, on trouve aussi bien des restaurants qu’un aquarium, des espaces privatisables ou des boutiques.
Plus à l’est, une promenade à travers le jardin botanique Perdana qui épouse les doux reliefs de cette partie de la ville, avec ses cascades, son lac, ses arbres aux essences dûment répertoriées, ses fleurs, notamment des orchidées, et sa serre aux papillons, apporte une agréable détente sans vraiment faire disparaître les tours de l’horizon. Le théâtre en plein air, les club-houses dispersés ici ou là, le Bamboo Playhouse, ouvert depuis mars 2016, sont disponibles pour l’organisation d’événements.
En prenant de la hauteur, aux tours Petronas – les plus hautes tours jumelles du monde –, Kuala Lumpur apparaît dans toute sa diversité, avec ses espaces verts à la végétation dense, ses vieux quartiers aux maisons sur pilotis, et des dizaines d’autres gratte-ciel tendus vers le ciel. Le seul regret est, qu’une fois rendu au 86e étage pour une visite historique et panoramique, elles manquent dans le paysage! Pour pouvoir les admirer, une visite au lounge-bar-terrasse Marini’s, perché au 57e étage d’une tour voisine, s’impose. De l’autre côté du parc, le skybar au 33e étage de l’hôtel Traders, avec son lounge disposé autour d’une piscine, offre aussi une vue fascinante sur les tours Petronas qui lui font face.
Les divertissements ne se limitent pas aux grands hôtels internationaux de Kuala Lumpur qui déclinent à merveille luxe et raffinement, cuisine gastronomique, espaces de loisirs, salles de banquet et de conférence. Les boîtes à jazz se répandent dans le quartier de Bukit Ceylon, avec le « No Black Tie » par exemple, où l’on peut dîner en écoutant des concerts live. Depuis septembre 2015, le Trec, un acronyme tiré de l’anglais (Taste, Relish, Experience, Celebrate) réunit près de 80 établissements où la fête et la détente sont de mise. Situé en bordure du terrain de golf du Royal Selangor, ce lieu moderne réunit restaurants, cafés, bars à vins, bars à chicha, bars à cocktails, lounges, discothèques, commerces, galeries d’art, showrooms, scènes de concerts. Il s’adresse aussi bien à une clientèle internationale que locale, aux touristes, aux expatriés et aux jeunes actifs. Par ce nouveau quartier dédié à la fête et aux divertissements, Kuala Lumpur entend tutoyer Singapour, Shanghaï, ou encore Bangkok, autres villes branchées du continent. Un dialogue, cette fois, avec le reste du monde.
Tout en étant le cœur d’une agglomération de 7 millions d’habitants, Kuala Lumpur n’est plus à proprement parler la capitale du pays. Les institutions politiques et le gouvernement sont dorénavant installés à Putrajaya, à une vingtaine de kilomètres au sud de Kuala Lumpur sur la route de l’aéroport international. Les deux capitales, économique et politique, sont reliées par un train en moins de vingt minutes. À Putrajaya, tout est nouveau donc, et la proximité de Cyberjava, la Silicon Valley malaisienne, pousse aussi dans ce sens. Du Centre des conventions, comme une immense soucoupe posée sur une colline, la vue embrasse toute la ville nouvelle, avec une longue perspective en direction de la résidence du Premier ministre et un panorama remarquable sur le lac et la marina. Les croisières sur ce plan d’eau constituent l’une des grandes attractions de Putrajaya. Une autre façon de voir la ville, qui compte aussi une copie du pont Alexandre III que les Parisiens connaissent bien, parmi d’autres ouvrages aussi remarquables inspirés du reste du monde. Un resort a même poussé la copie jusqu’à reconstituer le centre-ville de Colmar. Deux grandes mosquées intègrent aussi la modernité, comme une coupole en kevlar pour l’une, l’absence de minaret pour l’autre, des styles conciliant résolument l’Orient et l’Occident. Des musées et un jardin botanique peuvent compléter la découverte de cette cité en devenir.
La découverte de Bornéo est grandement facilitée en ayant recours à un réceptif et aux services d’un guide. Dans le premier cas, Traverse Tours, qui fait partie de Riverbug Asia, a cet avantage d’intégrer de nombreux services touristiques au Sabah, ce qui facilite l’organisation du séjour. Pour rendre la découverte de l’île encore plus passionnante, le recours à un guide disponible, serviable, responsable et compétent, à l’instar de Nick Chan, qui travaille en free lance, est tout aussi essentiel.
www.riverbug.asia
Fin janvier 2016, Malaysia Airlines, la compagnie nationale longtemps portée aux nues par tous les classements, a arrêté ses vols directs depuis Paris et d’autres aéroports européens, préférant un partage de codes avec Emirates. Il ne reste plus que le Londres-Heathrow-Kuala Lumpur qu’elle assure elle-même en direct. Air France, pour sa part, ne propose que des vols en correspondance depuis la France, via Amsterdam-Schiphol. Le vol est ensuite direct et assuré en Boeing 777 par KLM. Au total depuis Paris, le voyage se fait en un peu plus de 14 heures dans le meilleur des cas. Qatar Airways constitue une autre solution, c’est celle qui nous a été proposée. Le vol jusqu’à Doha s’effectue en Airbus A380 ou en Boeing 777, puis entre Doha et Kuala Lumpur en Airbus A340 ou en Boeing 777 ou 787 Dreamliner. Prévoir au total au moins 15 heures de voyage, mais dans les conditions de confort reconnues à cette compagnie. Le passage par le hub ultra-moderne de Doha s’effectue dans d’excellentes conditions aussi, sans trop de temps perdu. Pour Bornéo et l’aéroport international de Kota Kinabalu, qui a vu passer en 2016 plus de 7 millions de passagers, les vols sont notamment assurés par Malaysia Airlines en deux heures et demie depuis Kuala Lumpur, en Airbus A320 ou Boeing 737. L’aéroport est relié par diverses compagnies aériennes aux principaux hubs d’Extrême-Orient: Hong Kong, Canton, Shanghaï, Séoul, Taïpei, Singapour, Manille…
Kuala Lumpur. Le choix d’un hébergement de qualité reste vaste à Kuala Lumpur. Dans le très haut de gamme (5*), le Grand Millennium Kuala Lumpur et ses 468 chambres, le St. Regis Kuala Lumpur avec ses 208 chambres et le Mandarin Oriental Kuala Lumpur et ses 571 chambres, 21 suites et 40 appartements. Le premier est très bien situé, dans le quartier animé de Bukit Bintang, et ses prestations sont remarquables à des tarifs inimaginables en Europe. Le deuxième affiche un raffinement exceptionnel, fidèle aux 120 ans d’histoire de cette chaîne américaine. Le troisième est en cours de rénovation, étage par étage, jusqu’au début de 2018, mais sa piscine sur les toits et tant d’autres prestations le rendent très intéressant dès à présent. Chacun de ces établissements dispose de centres de conférences et de salles de réunion. www.millenniumhotels.com/fr www.stregiskualalumpur.com www.mandarinoriental.fr/kualalumpur
Kota Kinabalu. Kota Kinabalu dispose de superbes resorts qui marient confort, agrément et une qualité de service exceptionnels. Le Shangri-La Tanjug Aru Resort & Spa, grâce à ses 492 chambres de luxe, sa vue sur mer de tous côtés, sa marina qui dessert les îles environnantes et ses prestations haut de gamme, est à la hauteur de la réputation de la chaîne hôtelière. Une perle. De l’autre côté de la ville, Sutera Harbour Resort comprend un ensemble de 500 chambres, le Pacific Sutera Hotel 5*, où la piscine se répand en courbes douces entre les bâtiments, et un hôtel, peut-être davantage tourné vers la clientèle affaires, mais qui n’en reste pas moins tout ce qu’il y a de plus plaisant pour les touristes de loisirs, le Magellan Sutera Resort, 5* de 456 chambres. Entre les deux, des services rares, plusieurs courts de tennis, des aires de sport, une marina. Pour un combiné associant aventure et balnéaire, ils sont tout indiqués. Admirablement situé, en plein centre-ville face à la mer, proche du marché couvert et de la promenade du bord de mer, le Méridien Kota Kinabalu rénove progressivement ses 318 chambres et s’apprête à en ouvrir de nouvelles. Il jongle entre clientèle d’affaires et de loisirs et propose des services à même de convenir à un court séjour, au retour de la jungle par exemple.
www.visitkl.my ou www.visitkl.gov.my
http://cafeoldmarketsquare.com*
www.muziumtekstilnegara.gov.my
www.jmm.gov.my/en/muzium-muzik