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La Russie en jette plein les yeux

Destination | publié le : 01.07.2011 | Dernière Mise à jour : 01.07.2011

Auteur

  • Stéphane Jarre

Voyage obligé Un guide existe, qui répertorie les 1 000 lieux à visiter une fois dans sa vie. Les deux villes symboles de la Russie, Moscou et Saint-Pétersbourg, sont les tout premiers. C’est d’ailleurs le choix de 90 % des clients de Pouchkine Tours, la marque de Salaün Holidays pour les pays de l’Est. C’était aussi l’objectif d’un voyage de presse destiné à présenter la production du TO breton.

L’IDEAL serait de faire comme Mathias Rust en 1987 et de se poser directement sur la place Rouge. Même si Pouchkine Tours est capable d’envoyer des touristes dans la stratosphère, le tour-opérateur breton n’amène encore pas ses clients – 6 000 l’an dernier en Russie – à bord d’un petit Cessna 172! N’empêche que la stupéfaction est là quand, à peine débarqué de l’aéroport de Sheremetievo, on se retrouve comme parachuté devant les murailles du Kremlin avec les clochers multicolores de la cathédrale Basile-le-Bienheureux d’un côté, et les tours rouge brique du Musée d’histoire, de l’autre. Peu de paysages urbains sont à couper le souffle. La baie de Rio, les gratte-ciel de New York, la place Rouge donc, qui résonne comme une claque visuelle et laisse bouche bée.

La guide parle du style tatar, qui explique la richesse colorée des coupoles de Basile-le-Bienheureux, elle parle de la forteresse qui abrite toujours le pouvoir russe, le fameux Kremlin, qui signifie justement forteresse, elle s’étend sur le mausolée de Lénine et explique que la place Rouge ne doit pas tant son nom à la couleur rouge qu’à sa beauté dont, en russe, les termes ont la même racine. Olga parle du prince Youri, fondateur de Moscou au XIIe siècle, du point marquant le kilomètre 0 dessiné au sol devant la porte de la Résurrection pour servir de référence au calcul des distances en Russie et de marelle pour les superstitieux. Olga parle, mais l’esprit vagabonde. Le Kremlin, la place Rouge, ses défilés militaires impeccables, ses complots plus ou moins réussis, ses diktats qui ont bouleversé le monde et transformé la Russie, ses dirigeants autocrates dont le moindre éternuement retentissait dans toutes les chancelleries. Et là, bien loin de la guerre froide, des bruits de cour et des révolutions de palais, les Moscovites se promènent, insouciants, les jeunes habillés de marques de luxe occidentales, casque de baladeur sur les oreilles, les plus âgés dans des vêtements moins tape-à-l’œil, dont la coupe est passée de mode.

La transition a été rapide, mais elle n’est pas terminée. Il y a toujours un soldat en uniforme quelque part, et des voitures de luxe, voire de très grand luxe, partout. Les rues, quand elles ne sont pas embouteillées (retards à prévoir!), sont livrées à des automobilistes certains de leur importance comme de leur bon droit face à des piétons aussi fragiles que des biches le jour de l’ouverture de la chasse.

Mais la place Rouge et le Kremlin se visitent à pied. Cela sauve les esprits vagabonds. La nuit, l’éblouissement resurgit comme à la première vision. Sur fond de toile noire, les bulbes aux couleurs mélangées de Basile-le-Bienheureux produisent toujours leur effet, tandis que de l’autre côté de la muraille, les tours dorées des églises du Kremlin rivalisent d’élégance, à la manière des boutiques du Goum. Ce grand magasin, qui fut la vitrine luxueuse du commerce soviétique à l’intention des étrangers, n’a rien perdu de son imposante majesté. Sous ses immenses verrières, seules les marchandises ont changé, proposant davantage de parfums français et de vêtements de marque italienne que de zibelines locales. Un peu plus loin, l’hôtel Métropol, dont les chambres ont gagné en équipements modernes sans complètement renoncer au style fonctionnel d’antan, étale sa belle façade à deux pas du Bolchoï. Une statue de Karl Marx qui invite les prolétaires du monde entier à s’unir, fait face au théâtre, comme si un one-man-show se poursuivait à l’extérieur. Moscou est tellement chargé de symboles qu’il fait bon laisser son esprit se reposer en se baladant un peu à l’écart de son centre-ville survolté, au couvent de Novodievitchi. Fondé en 1524 par le tsar Vassili III pour commémorer la victoire de ses troupes sur les Polonais et les Lituaniens et la libération de Smolensk, c’est l’ensemble religieux le mieux préservé du pays. Unique, il l’est aussi avec la cathédrale Notre-de-Smolensk, en style baroque de Moscou, mélangeant le rouge et le blanc, ses chapelles et son couvent dédié aux jeunes filles tout en bulbes d’or et d’argent. Flâner parmi les lilas en fleurs dans ce décor irréel entraîne les promeneurs dans des rêveries sans fin.

Pas que les promeneurs d’ailleurs, puisque juste à côté, se trouve un cimetière où sont enterrées les personnalités du pays. Des acteurs, des danseuses, des grands sportifs, des savants, des musiciens, des politiciens et même un ancien président de la République russe, Boris Eltsine, vraisemblablement allongé sous un drapeau de marbre qui donne l’illusion de flotter au vent. Tupolev, Gromyko, Rostropovitch sont aussi leur tombe, toutes décorées de manière originale, dans ce Père-Lachaise moscovite.

Sous terre toujours, mais fréquenté, lui, par des millions de passagers, le métro de Moscou vaut la visite. “La plus jolie, c’est la ligne bleu foncé”, assure Olga, avant de nous conduire tout en bas des escaliers roulants. Effectivement, les 200 stations du réseau n’ont peut-être pas toutes la même élégance, mais le marbre du Caucase et de l’Oural fait son effet. À la station de la place de la Révolution, 80 statues de bronze, d’un réalisme très soviétique, figent leurs personnages dans leurs activités professionnelles. L’hymne au paysan, au sportif ou au soldat n’est pas loin mais c’est le museau du chien qu’il faut toucher pour passer une bonne journée. Cette habitude, lancée par les étudiants en période d’examen, semble avoir gagné tous les voyageurs, chacun glissant au passage une caresse au museau canin. Mais d’autres statues ont aussi ce privilège. Les régimes passent, les superstitions demeurent et les cathédrales trépassent, même s’il en reste encore 500 dans toute la capitale aujourd’hui.

Ce fut le cas pour la cathédrale Saint-Sauveur. Détruite sur ordre de Staline dans les années 30, ses ruines ont servi à construire une piscine et à décorer aussi quelques stations de métro. Elle a été rebâtie dans les années 1990 et rendue au culte en 2000, brillant de tout l’or de ses clochers et du blanc de ses façades au bord de la Moscowa. Staline, justement, dont un sosie, drapeau rouge en main, prend la pose avec les touristes du côté du parc longeant les murailles du Kremlin, Staline donc a laissé sa pipe et ses marottes dans son bunker, un blockhaus enterré à 8 m de profondeur et relié au Kremlin par une galerie de 17 km, assez large pour y laisser passer une voiture. La salle de conférence jouit d’une acoustique étonnante qui permettait au “petit père des peuples” d’être clairement entendu sans même élever la voix. Personne n’en aurait douté de toute façon. Joseph Djougachvili n’a toutefois pas eu trop souvent l’occasion de l’utiliser, les troupes allemandes ayant finalement été tenues en échec aux portes de Moscou. Mais il a laissé au lieu quelques souvenirs et inspiré le restaurant qui fonctionne à côté de la salle de conférence dans le choix d’une cuisine géorgienne, terre d’origine du dictateur communiste. En revanche, le marché aux puces qui se tenait là autour a été fermé, il ne reste plus que des baraquements, tandis qu’une sorte de centre commercial représentant un Moscou de pacotille a été construit un peu plus loin. Tout n’est pas toujours du meilleur goût dans ces constructions du jour et, tout compte fait, les gratte-ciel de Staline, massifs à la base mais affinés au fur et à mesure qu’on s’élève, se fondent mieux dans le paysage urbain que des créations plus récentes.

Mais quand il s’agit de paysage urbain, difficile de faire mieux que Saint-Pétersbourg, ne serait-ce que pour l’harmonie. Le train rapide qui relie Moscou à Saint-Pétersbourg, et inversement, en moins de quatre heures. Ce Sapsan, faucon pèlerin en russe, conçu par Siemens, fonce à travers les forêts et les lacs jusqu’à une vitesse de 250 km, sans que les abords des voies ne soient d’ailleurs protégés. Mais le service à bord est irréprochable, avec un personnel nombreux et attentionné qui sert des plateaux-repas et même de la vodka aux passagers en 1re classe, tandis que des écrans diffusent un film et que des chaussons sont offerts. En hiver, en effet, les bottes ne demandent sûrement qu’à être retirées. Mais à l’approche des nuits blanches, ces jours sans obscurité qui étonnent toujours les visiteurs en Europe du Nord, les bottes sont bel et bien remisées. Il s’agit plutôt de profiter de l’été annoncé et de se perdre jusqu’à l’aube dans les clubs privés qui animent la capitale des anciens tsars.

Bâti sur des marécages par la volonté ambitieuse de Pierre Ier, Saint-Pétersbourg a le privilège d’être né de toutes pièces un jour de mai 1703 et d’avoir su conserver son style depuis. L’harmonie faite ville, en quelque sorte. Mais avec un sens de la majesté et de la grandeur, qui s’étale sur les rives de la Néva, se répand par ses dizaines de canaux et s’enfuit en perspectives infinies. La perspective Nevski demeure le cœur battant de la ville, elle aussi congestionnée de voitures. La promenade sur les canaux n’en est d’ailleurs que plus agréable. 42 îles, 65 rivières et canaux, 600 ponts, la ville est véritablement posée sur l’eau. L’île Vassilievski redevient bel et bien une île quand, au creux de la nuit, tous les ponts sont levés. Pierre le Grand voulait que les déplacements se fassent en barque, à l’image de Venise, interdisant du même coup les ponts permanents. Trois siècles plus tard, c’est encore en partie vrai.

Sans doute aussi n’aurait-il pas renié l’œuvre de ses successeurs, notamment de sa fille Élisabeth qui fit construire, au milieu du XVIIIe siècle, un palais d’hiver qui n’a rien à envier aux richesses de Versailles et de la Grande Catherine qui y a ajouté l’Érmitage pour abriter sa collection de tableaux. La collection, aujourd’hui, s’est considérablement enrichie pour devenir un des musées majeurs à l’échelle du monde. Il y en a pour des mois si l’on veut tout voir… Mais le visiteur sort déjà groggy d’une demi-journée parmi les peintures les plus extraordinaires, flamandes, françaises et italiennes, notamment, tous ces ors, ce cristal, ce marbre, ces porcelaines. Et si l’on espère se remettre de tant d’émotions esthétiques en se réfugiant dans l’une ou l’autre des 160 églises orthodoxes, c’est encore raté. À l’église de la résurrection du Christ, encore appelée du Sauveur “sur le sang versé”, les coupoles ciselées et multicolores à l’extérieur, les icônes tout d’ors et de teintes lumineuses à l’intérieur provoquent encore l’éblouissement. Elle a été bâtie à l’endroit même où Alexandre II fut assassiné. Tout aussi riche d’ornements sous ses coupoles dorées, la cathédrale Saint-Nicolas-des-Marins, dédiée aux victoires de la flotte de guerre des tsars, privilégie les teintes bleues et blanches, plus apaisantes. Avec les chants liturgiques en fond sonore, le moment pourrait durer une éternité. Mais la Russie justement n’est-elle pas infinie?

Emmené parOlga Trineeva, Pouchkine Tours a fait découvrir la Russie à 6 000 personnes l’an dernier, 5 000 en GIR et 1 000 en groupes constitués. Dans 90 % des cas, les visiteurs passent par Moscou et Saint-Pétersbourg. Pour plus de la moitié d’entre eux, la croisière sur la Volga et les canaux qui permettent de relier les deux capitales est particulièrement prisée. “Nous avons, cette année, 3 500 places allotées sur les bateaux de croisière. En 2012, nous allons en prendre encore davantage”, précise Olga Trineeva. Ce ne sont pas les seules ambitions de Salaün Holidays, qui croit beaucoup en l’Ouzbékistan (350 pax) et caresse le rêve de renforcer son offre sur l’Ukraine et la Crimée. Autre produit important de la destination: le transsibérien/transmongolien, qui séduit cette année près de 250 clients. Spécialiste reconnu des destinations de l’ancienne URSS et de ses satellites, Pouchkine Tours s’appuie sur son propre réseau local, ses correspondants dans les deux principales villes et une collaboration ancienne avec Intourist qui peut dénicher, quand tous les hôtels affichent complet, des chambres libres pendant les nuits blanches de Saint-Pétersbourg.

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