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La Roumanie sourit aux audacieux

Destination | publié le : 01.07.2011 | Dernière Mise à jour : 01.07.2011

Auteur

  • Stéphane Jarre

Surprenante Voilà une destination qui mérite bien mieux que ce que des clichés dépassés lui prêtent. La preuve par Amslav, qui a organisé un voyage de presse en Roumanie pour justement combattre les idées reçues et faire découvrir un pays attachant aux trésors éparpillés.

CHASSONS vite la kyrielle de clichés désobligeants, qui colle à l’image du pays. La Roumanie n’est peut-être pas riche pour tous ni partout, mais les sans-abri ne hantent pas le paysage, comme c’est le cas chez nous. De ce point de vue, on peut se féliciter de ce que la patrie d’origine d’Eugène Ionesco et d’Emil Cioran, de Constantin Brancusi et d’Elvire Popesco, ne prenne plus autant qu’autrefois Paris pour un phare, un modèle, un exemple. Mais dans les villes, des passages animés, des cafés avec terrasses, des mots français tentent de recréer une atmosphère parisienne mythifiée. Au pays de Mircea Eliade, les mythes ont la vie dure. Ceux que nous avons sur la Roumanie aussi, hélas. Balayons-les!

Des ours et des loups des Carpates

À peine débarqués de l’avion, les voyageurs sont conduits en minibus vers les Carpates. Une petite halte en route, où l’accueil est empreint de gentillesse et de curiosité, montre que les touristes ne sont pas encore si nombreux à sillonner la Roumanie – 15 000 à 20 000 Français s’y seraient rendus pour leurs loisirs l’an dernier. Refaite récemment, la route quitte vite la vaste plaine danubienne pour s’engager, à travers les vallées verdoyantes, vers les sommets, encore enneigés en ce début mai, du massif montagneux qui domine tout le centre du pays. La route serpente gentiment en direction de Brasov, plus de 300 000 habitants à l’entrée de la Transylvanie. En cours de route, on croise les gares où L’Orient-Express fait étape, mais pas les ours ni les loups qui peuplent encore les forêts épaisses et majestueuses des Carpates méridionales.

La cité séduit par la richesse de son passé et l’animation de son présent. Les jeunes s’attardent aux terrasses des cafés ou testent leur aptitude à retomber sur leur planche à roulettes devant une fontaine. En toile de fond des immeubles colorés, de hautes toitures rouges et un joyeux mélange de styles, du gothique, du baroque et de l’entre-deux, d’inspiration germanique plus que slave. L’ancienne Kronstadt possède d’ailleurs, avec l’église noire, le plus vaste édifice religieux gothique du pays. Elle livre volontiers tous ses secrets aux visiteurs qui empruntent le téléphérique qui part à l’assaut du mont Tâmpa. De là-haut, la riche cité commerçante et industrielle renoue avec la nature et se donne des airs hollywoodiens en affichant en grosse lettre son nom à flanc de montagne.

Des trésors de l’art religieux orthodoxe

La montagne, justement, se prête volontiers aux sports d’hiver, comme le propose d’ailleurs Amslav dans son catalogue. À Poiana Brasov, à plus de 1 000 m d’altitude et tapies au milieu des sapins, les pentes sont tentantes, mais les skis sont rangés. Une église en bois s’élance vers le ciel d’azur, délicatement ciselée à l’extérieur, rutilante de tous ses ors et ses brillants à l’intérieur. Des trésors de l’art religieux orthodoxe se cachent un peu partout en Roumanie, dans les petits villages ou dans la capitale, au détour d’une rue, en bordure d’un bois.

Le monastère de Sinaïa en est un magnifique exemple. L’ensemble est richement décoré. Il est aussi très accessible sans qu’aucun moine ne vienne déranger le touriste tout à sa découverte. À 850 m d’altitude, cette station touristique entre Valachie et Transylvanie a vu des visiteurs célèbres, comme Agatha Christie, descendre de L’Orient Express qui s’y arrête deux fois par an. Aujourd’hui, c’est le prince de Galles qui fréquente la Transylvanie, Charles ayant acquis une demeure à Viscri, village célèbre pour son église fortifiée, au nord de Brasov. Des églises fortifiées, il n’en manque pas, comme celle de Prejmer, fondée au XIIIe siècle par les chevaliers teutoniques, la mieux conservée de toute l’Europe de l’Est. Dès que la cloche sonnait, c’est là que se réfugiait, à l’abri de ses murs épais, la population de la bourgade. Chaque famille du village y avait sa pièce refuge numérotée. Une organisation exemplaire. Le site est répertorié par l’Unesco, ce qui n’empêche pas qu’il soit d’un accès facile, comme si les Roumains n’avaient pas encore mesuré à quel point leur patrimoine vaut de l’or. La présence saxonne en Transylvanie se lit partout dans cette église, mais aujourd’hui, bien peu de locuteurs s’expriment encore dans la langue de leurs ancêtres. Paisible, le village s’abandonne à la tranquillité de la campagne, à peine dérangé par le bruit d’une carriole attelée qui file vers les champs. Ces images d’une vie rurale préservée parsèment le paysage roumain d’une touche rétro, comme si le voyage s’effectuait aussi en remontant le temps.

Mythes, contes et légendes célèbres

C’est aussi le sentiment que donne la visite au château de Bran, construit au XIVe siècle sur une colline qui domine la cité, encore hantée par les souvenirs, plus légendaires qu’authentiques du comte Dracula. Enfin, c’est ce qui se dit. Le sang n’a pas coulé, mais le château, avec ses oubliettes, ses passages secrets, ses tourelles et remparts, se prête merveilleusement à la perpétuation de la légende. À ses pieds, marchands de souvenirs, de produits artisanaux et agricoles locaux ne font pas partie de l’histoire de Bram Stoker, mais les passionnés peuvent toujours se glisser dans le roman, le temps d’une soirée où le château peut être spécialement réservé. La reine Marie, née Saxe-Coburg-Gotha, épouse de Ferdinand, en avait fait, elle, sa résidence d’été. Le château est aujourd’hui revenu à ses héritiers.

Une vie de château, un patchwork de styles

La Roumanie, qui a passé une partie de son histoire sous le joug d’occupants, venus de Russie, de l’Empire ottoman, de Hongrie ou de Germanie, est née à la monarchie au XIXe siècle, avec l’union de la Valachie et de la Moldavie en 1859, pour former une principauté. Charles de Hohenzollern-Sigmaringen en fera son royaume en 1881 sous le nom de Carol Ier. Lui et ses successeurs construisent alors des palais, comme celui de Peles, à Sinaia, premier château d’Europe à avoir été équipé de l’électricité et de chauffage central. La cour intérieure est décorée de fresques baroques, tandis que les bâtiments aux allures médiévales abritent aujourd’hui une vaste collection d’armes et d’armures remontant au XIVe siècle, et de meubles de marqueterie. Le cousinage avec les châteaux de Bavière saute aux yeux, comme une évidence. Ce caprice, avec théâtre français et décors orientaux, a aussi servi de résidence d’été à la Nomenklatura communiste, notamment à Ceaucescu qui venait chasser dans la région. Lui, son palais, il l’a bâti en réduisant à néant tout un pan de la ville de Bucarest et en contraignant quelque 320 000 personnes à se reloger. Entièrement construit en matériaux du pays, le dictateur fait dans la démesure avec ses 6 000 pièces, ses 220 000 m2 de tapis, son million de mètres cubes de marbre, sa verrière de 1 000 m2, ses 3 500 tonnes de cristal, ses 2 800 lustres et le coût faramineux de son entretien (5 millions d’euros par an). Inachevé à la mort du dictateur communiste, en 1989, il a encore nécessité une bonne dizaine d’années de travaux et abrite, outre le Parlement, plusieurs institutions dont un centre des congrès et des salles de conférence. Ce gigantesque bâtiment, le deuxième le plus imposant du monde, s’inscrit pleinement dans la lignée architecturale des régimes totalitaires. S’il a fallu abattre dix-huit églises pour lui faire de la place, on ne peut que se féliciter de pouvoir en visiter d’autres un peu partout en ville, ouvertes à qui veut, même en dehors des liturgies. Le centre-ville, en réfection ici ou là, abrite des bâtiments très étonnants dans un patchwork de styles qui n’est pas sans rappeler les mélanges à la bruxelloise. Le tout est très vivant, le rythme trépidant, avec une circulation intense et sans considération pour les piétons. Mais les parcs et la verdure ne sont jamais très loin, la culture non plus que l’on peut savourer avec délice en se laissant emporter par les facéties des statues de Ioan Bolborea devant le théâtre national. Et si la Roumanie, finalement, n’était qu’un grand éclat de rire?

La Roumanie a une relation affective avec la France

Alors que les TO ont tendance à renoncer à la publication de catalogues, Amslav a sorti en mars une brochure dédiée à la Roumanie (Tourisme de groupe no 4). Pourquoi cet engouement pour cette destination?

Blandine Vignals, responsable commerciale: C’est une destination à fort potentiel touristique. Elle se prête bien aux voyages de groupes, clientèle qui représente 60 % de l’activité d’Amslav. Qui plus est, la Roumanie est un pays très attachant qui a su préserver ses traditions dans les campagnes et les monastères tout en se jetant dans la modernité à Bucarest.

Géraldine Chachourine, responsable production: La Roumanie a une relation affective avec la France, et les Français y sont très bien accueillis. On le constate avec les hébergements chez l’habitant, que l’on propose aussi aux groupes, dans la région très rurale des Maramures, à la frontière ukrainienne. De plus, c’est un marché encore restreint, avec peu de TO spécialisés. Amslav a la chance de pouvoir s’appuyer sur un réceptif motivé qui nous permet de présenter une offre diversifiée et d’appréhender au mieux le pays. Sans cela, nous ne nous serions pas lancés dans cette aventure.

Quelles sont les offres proposées aux groupes par Amslav?

Géraldine Chachourine: Nous avons une production classique, avec des circuits à départ garanti de huit jours, comme celui qui fait découvrir “la Roumanie secrète”, mais nous avons aussi de nombreuses suggestions à proposer aux groupes: route des vins et gastronomie, en dix jours, chemins de la chrétienté avec visite des monastères en huit jours, trésors classés par l’Unesco, en circuit de dix jours. Des séjours aussi: six jours de détente dans les Carpates ou huit jours en station balnéaire au bord de la mer Noire. Grâce à notre réceptif et à sa parfaite connaissance du pays, nous pouvons aussi proposer des voyages sur mesure adaptés à la demande des groupes constitués. On peut bâtir un programme autour de Dracula ou encore une plongée dans le monde rural, à vivre comme un retour aux sources et aux valeurs essentielles. Un combiné avec la Bulgarie, en dix jours, est aussi envisageable, mais, pour nous qui y croyons beaucoup, la Roumanie se suffit à elle-même comme destination.

Quelles sont vos ambitions vers la Roumanie?

Géraldine Chachourine: L’an dernier, nous y avons envoyé 200 personnes. Nous espérons, grâce à notre brochure, toucher 300 pax en 2011.

L’hôtellerie s’est bien développée, les prestations ont gagné en qualité, qu’en est-il des prix?

Géraldine Chachourine: La Roumanie est très accessible, côté prix comme d’ailleurs pour les dessertes aériennes. On ne rencontre pas les difficultés que l’on peut connaître en Ukraine où les prix peuvent exploser du jour au lendemain faute de stabilité politique et monétaire. Nous pouvons ainsi mettre en avant, pour un groupe de quarante personnes au moins, un “grand tour de la Roumanie” à moins de 1 000 euros pour douze jours en pension complète! Pour des groupes de quarante personnes et plus, nous proposons un quatre jours/trois nuits combinant Bucarest et les Carpates pour 469 euros net (hors taxe d’aéroport) par personne en pension complète.

Comment comptez-vous vendre cette destination?

Blandine Vignals: C’est une destination mal connue des professionnels du tourisme, donc nous avons un gros travail d’information à faire auprès des agences de voyage. Nous allons mettre la destination à l’honneur, organiser des rencontres pour faire connaître les produits, diffuser notre brochure.

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