Visite Le plus vaste musée laitier et fromager du monde se situe à Laval. Avant tout ouvert aux groupes en visite guidée, il présente l’évolution, depuis cinquante ans, de l’industrie laitière et du groupe Lactalis, propriétaire des lieux.
AUJOURD’HUI, c’est comme hier, excepté l’intense activité et les forts effluves du quotidien. C’est avec la reconstitution (comme entre 1948 et 1955) de l’usine implantée à Laval que la visite du Musée Lactopôle débute: le quai de chargement et son vieux camion, la pointeuse qui sonne encore, le cahier des comptes resté grand ouvert, la beurrerie et l’ancien atelier de production du camembert… “Il faut s’imaginer, dit la guide, qu’ici il faisait entre 38 et 40 oC, que les odeurs étaient étouffantes, que l’humidité était accablante, que le sel utilisé pour le fromage brûlait les doigts… et que l’on travaillait 80 heures par semaine.” Après la cave d’affinage et la salle d’emballage où les ouvrières devaient emballer un camembert en sept à huit secondes, on peut se reposer de ces premières découvertes avec la projection d’un film de quinze minutes sur l’histoire de l’industrie laitière des années 30 à nos jours. Dans le couloir qui mène de l’ancien bâtiment à celui plus moderne, la guide évoque l’histoire du groupe Lactalis, né en 1933. “Au tout début, la production se montait à 17 camemberts par jour, aujourd’hui à un million”, explique-t-elle. Pour conter cette épopée, elle s’appuie sur des photos d’archives au cœur desquelles trois générations de la famille figurent. C’est dans la partie moderne qui suit que l’essentiel du musée est logé. Elle est composée de très vastes salles organisées en pôles, tous très bien scénographiés. Ambiance tamisée en général mais éclairage vif et pointé sur les objets exposés, teintes douces bleutées (celles du secteur du lait, explique la guide) et caramel du parquet, objets en bois, immenses vitrines et estrades d’exposition, saynètes joliment reconstituées, panneaux rétro éclairés très lisibles, astucieuses manipulations, films esthétiques… cette muséographie variée permet d’aborder de nombreux thèmes sans lassitude.
Parmi eux, les animaux donnant du lait: zébu, bufflonne, yak, chamelle; le contenu du lait avec ses 87,5 % d’eau; les familles de fromages et leur production; la traite et la collecte du lait; sa production animale… C’est avec Marguerite, une fausse vache grandeur nature, que l’on comprend, par exemple, la fabrication du lait. Puis, le visiteur découvre les riches collections du musée.
La plus originale des étiquettes est sans doute celle des nombreuses barattes à beurre. On voyage là dans les diverses techniques, mais aussi dans le monde: baratte à tourner pour l’Inde, baratte à bercer pour l’Afrique, baratte moule et échelle pour le Beaufortin… La guide en actionne certaines pour expliquer leur fonctionnement. Les bidons de lait, en fer ou en bois, sont aussi pléthoriques: présentés sur des marches, ils ressemblent à des trophées. Les bouteilles en verre, en carton (berlingot et brique) et en plastique, plus ou moins décorées, ainsi que deux machines permettant leur production, sont également à voir. Tout comme les écrémeuses. Puis voilà les pots de yaourt, ceux en verre notamment, autrefois consignés. Les moules à beurre sculptés de motifs sont esthétiquement présentés, tout serrés dans une vitrine verticale. Les moules à fromage sont exposés sur des marches accompagnées d’une ribambelle de photos illustrant leur utilisation. Les presses avec leurs longs manches faisant office de leviers viennent compléter l’expo. Au premier étage, les objets sont plus marketing et attachés au groupe Lactalis: une kyrielle de boîtes de fromage du monde entier, affiches et objets publicitaires en nombre… La dernière collection, celle de tyrosémiophilie, aurait une valeur inestimable car c’est la plus grande au monde, “510 étiquettes de boîtes à fromage sont exposées là, mais la collection compte 160 000 pièces”, confie la guide.
Les cinq sens éveillés par l’intermédiaire des produits laitiers, c’est ce que propose cette visite. Dans une salle à part, on découvre le fonctionnement des sens, les moisissures, les diverses odeurs… Puis, bouche pleine, on apprend à déguster un fromage avec le vocabulaire professionnel adéquat. Bien sûr, on pénètre dans le musée, mais on n’en découvre que les parties axées sur les sens et les produits laitiers.
→ Tél.: 02 43 59 51 90
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→ Visites toujours guidées et animée (2 h) + dégustation de trois fromages AOC: 6,50 euros/pers. (accompagnateur gratuit pour 30 pers.)
→ Visite du goût (2 h): 8 euros/pers. 50 pers. maximum (encadré ci-dessous)
→ Repas croisière (3 h) sur la Mayenne à bord du Vallis Guidonis (100 places) avec embarcadère au Lactopôle: 45 euros sur base 50 pers. (OT de Laval: 02 43 59 51 90)
→ Conditions: pouvoir marcher et rester debout (5 033 m2 de superficie ponctués de quelques chaises)
L’histoire du groupe familial Lactalis, devenu un mastodonte de l’industrie agroalimentaire, mais toujours implanté ici, à Laval, intéresse: la reconstitution de l’usine, les photos d’archives dans le couloir, le récit de la guide n’en finissent pas de séduire. Les seniors s’amusent de voir exposer leurs bidons, leurs trayeuses, leurs écrémeuses… Les produits laitiers surprennent aussi: le yaourt consommé sur prescription médicale, le roquefort né d’une amourette de fermière… La dégustation de trois fromages enthousiasme les visiteurs. La nouvelle visite "active" devrait compléter l’intérêt de ce musée, très prisé des groupes.