Sports Plus grand-chose n’arrête les amateurs de sensations fortes qui ne reculent devant rien. L’aventure est à la mode. Voler comme Icare, piloter une F1, défier la montagne ou les torrents. Tout est possible. La flopée d’activités et d’attractions disponibles a de quoi donner le vertige.
ELLES suscitent des montées d’adrénaline par la vitesse ou le tutoiement du vide. Elles ne nécessitent ni entraînement particulier ni condition physique minimale. Autrement dit, ces activités de l’extrême sont accessibles à tous… pour un baptême ou une première initiation, du moins dans un premier temps.
Qu’il s’agisse de disciplines déjà anciennes, comme les sports mécaniques ou le parachutisme, voire de créations plus récentes, comme le parapente ou le saut à l’élastique et ses multiples dérivés, cet éventail de loisirs s’ouvre aux groupes. Un seul bémol, les règles de sécurité et les caractéristiques propres à chacune de ses disciplines imposent parfois de créer plusieurs équipes encadrées par différents instructeurs, d’où des temps d’attente, mais qui restent raisonnables. Si vous cherchez des prestataires habitués à gérer des groupes, vous n’aurez aucun mal à en trouver. Certains disposent de centres ou sont installés près des sites, histoire de faire tourner les participants entre plusieurs activités. Avec leur relief, les massifs montagneux sont bien entendus les régions où le choix est le plus vaste et les bureaux de guides sont aussi en mesure de proposer diverses activités. Les CDT sont là pour vous aiguiller vers les interlocuteurs adéquats.
S’asseoir dans le baquet d’une voiture de course n’est pas réservé aux pilotes professionnels et ne nécessite pas forcément un gros budget. Certes, ce n’est pas le loisir le moins cher, mais pour 50 euros il est possible de faire quelques tours au côté d’un pilote et d’appréhender ce que vitesse veut dire. À partir de 170 euros, vous pourrez vous initier au pilotage durant deux heures, à moins que vous préféreriez des stages d’une demi ou d’une journée. Bref, l’occasion de frimer au volant d’un GT (Porsche, Mégane RS, Ferrari, BMW…), des monoplaces de type formule Renault, sortes de petites F1 de 180 CV et 450 kg, quand ce n’est pas des protos. Quant aux circuits, ils serpentent toute la France: Dijon-Prenois, circuit de l’Eure, Le Castellet, Nogaro, Charade, Pau… Sans oublier le mythique circuit Bugatti du Mans où l’Automobile Club de l’Ouest gère deux écoles permettant de conduire des Porsche GT ou des “protos” Pescarolo type 24 heures. “Le plus impressionnant n’est pas la vitesse de pointe, mais la capacité de freinage et la vitesse de passage dans les virages”, prévient Sylvain Tessier, responsable de l’École de pilotage, Le Mans Driver. En haut de l’échelle, pour plusieurs centaines d’euros, Euroformula propose des stages de pilotage d’une journée en monoplace sur le circuit de La Châtre, dans l’Indre. Il existe aussi des écoles avec circuit sur terre, comme à Andrézieux. En hiver, la station alpine de Flaine dispose d’un circuit sur glace de 1 000 m offrant baptêmes et initiations à cette conduite particulière à bord de véhicules Renault Sport ou de Subaru 4 roues motrices. Le nombre de participants n’est pas un problème pour les baptêmes. En revanche, pour les initiations mieux vaut se limiter à une vingtaine de personnes à moins que le circuit ne propose des prestations annexes avec des rotations.
Inventé dans les années 80 en Nouvelle-Zélande, le saut à l’élastique est d’une simplicité enfantine. Attaché par les pieds à un fil géant, il suffit, si l’on peut dire, de vaincre son appréhension et de se jeter dans le vide depuis une plate-forme située à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du sol. Puis, une chute de quelques secondes (parfois interminable pour certains!) avant que l’élastique stoppe votre course fatale et vous fasse rebondir plusieurs fois. Bouffée d’adrénaline garantie . Autre version plus soft, moins traumatisante pour les articulations et le dos: vous êtes accroché par le dos à un filin en acier relié à un dispositif qui ralentit peu à peu la chute. Ici, il est donc possible de sauter les pieds en avant, ce qui est moins impressionnant. Après quelques secondes de sensation en chute libre, la vitesse se réduit avant d’atterrir en douceur.
Certes, ici, on est accroché à un filin d’acier. N’empêche! Filer dans les airs au-dessus du vide au moyen d’une tyrolienne peut parfois s’avérer (très) spectaculaire. Alors que dans les parcs d’aventure, les tyrolienne ne font que quelques dizaines de mètres de long, celles installées dans des sites naturels comme le Cirque de Constellation dans le Doubs ou le parc Crapa’ hutte dans le Puy-de-Dôme sont bien plus longues et atteignent plusieurs centaines de mètres.
Encore plus impressionnant, voici le Fantasticable, apparu il y a peu et que l’on retrouve sur trois sites, à La Bresse, dans les Vosges, à Chatel, dans les Alpes, et à l’Aventure Parc de Fumay, dans les Ardennes. Dans ce cas, équipé d’un harnais, vous êtes attaché au filin par le dos et c’est la tête en avant que vous glissez sur plus d’un kilomètre à une vitesse qui peut atteindre les 130 km/h. Cela dépend du vent et des températures. Et dans le cas de Fumay, vous enjambez la Meuse à une hauteur de 110 m. Une tyrolienne de taille similaire se pratiquant en position allongée mais ne portant pas le nom de Fantasticable existe également à Orcières-Merlette, dans les Alpes. Mais ce type d’activité peut être fermée en cas de très fort vent ou de risque important d’orage du fait de la nature métallique du câble.
4 000 m au-dessus du sol. C’est souvent de cette hauteur que l’on saute en parachute pour la première fois. Pas toujours évident, donc, de se propulser hors de la carlingue de l’avion. Ensuite, c’est 50 secondes de chute libre avant l’ouverture du parachute, à 1 500 mètres, et cinq à six minutes de vol sous voile avant l’atterrissage. “Un baptême en tandem avec un moniteur est accessible à tout le monde mais, pour que tout se passe bien et qu’il n’y ait pas de refus, il ne faut pas forcer les gens, ce que peut provoquer la pression d’un groupe”, explique Pierre Desmet, du club Diagonale, dans les Alpes de Haute-Provence, qui accueille des groupes de 40 personnes. Comme toutes les structures disposant de suffisamment de moniteurs et de plusieurs avions car ceux-ci peuvent faire trois rotations par heure. Par ailleurs, le petit temps d’attente est mis à profit pour faire le briefing d’une dizaine de minutes et remplir les formalités administratives. Un baptême pour tout un groupe est donc parfaitement réalisable sur une demi-journée. Seul bémol, le saut est tributaire de la météo. Il ne faut pas qu’il pleuve ou qu’il y ait un fort vent. Attention, quelques clubs peuvent également être soumis à des interdictions de vols certains jours ou à certaines heures pour cause de trafic aérien ou de sécurité nationale. Une initiation ponctuée d’un saut solo peut s’envisager sur une journée mais requiert des conditions météorologiques excellentes. Il est alors préférable que le groupe soit limité à une vingtaine de personnes.
Faire du parapente ou du deltaplane est sans doute ce qui s’apparente le plus à voler de ses propres ailes. Bien sûr, il faut un certain apprentissage avant de prendre son envol soi-même et maîtriser ses trajectoires. En revanche, effectuer un vol biplace avec un moniteur ne demande aucune préparation. Il suffit de vaincre son appréhension, de courir, de prendre son élan sur un plateau qui, subitement, s’arrête pour laisser place au vide. Ensuite vient le plaisir de planer et de jouir des paysages pendant dix à quinze minutes. “Cela peut paraître court, mais à moins de conditions météos exceptionnelles, il est difficile de rester en vol plus longtemps et certaines personnes trouvent cela déjà long”, précise-t-on chez Prevol, école de parapente de l’Isère qui accueille des groupes d’une vingtaine de personnes. “Au-delà, cela devient compliqué à gérer. Quant au choix entre parapente et deltaplane, c’est essentiellement une question de goût car les deux disciplines procurent des sensations similaires”, assure Prevol. À ceci près que la première, plus répandue, se pratique en position assise et la seconde semi-allongée. Mais les deux sont tributaires des conditions climatiques. Trop de vent ou pas assez de courants ascendants et elles sont impossibles à pratiquer.
Escalader des parois verticales n’est pas à la portée de tout un chacun. Cependant, grâce aux via Ferrata, il est aujourd’hui possible de jouer à Spiderman à flanc de falaise sans aucune préparation. Ces itinéraires sont en effet équipés sur toute leur longueur d’un câble métallique, ainsi que de barreaux et d’échelons en fer qui facilitent le passage des parties les plus délicates. Assuré au câble métallique par deux longes fixées à son baudrier, le grimpeur n’a aucun risque de tomber. La sécurité est totale. Par ailleurs, les équipements plantés dans la roche lui permettent de franchir tous les obstacles, même les parois verticales lisses, et ce, quel que soit son niveau. À condition toutefois d’avoir un minimum de forme, car c’est une activité physique, et aussi de ne pas souffrir du vertige. En théorie, cette activité peut se pratiquer seul, mais il est préférable d’avoir des personnes expérimentées ou des guides pour encadrer le groupe. Selon la difficulté du parcours choisi et le niveau des participants, un guide prend quatre à huit personnes avec lui. Certains sites sont particulièrement adaptés aux groupes hétérogènes car ils offrent à la fois des itinéraires faciles et difficiles. C’est le cas du lac du Bourget. Pour la même raison, il peut être judicieux de choisir une via ferrata pourvue de variantes permettant d’éviter les passages les plus difficiles ou d’échappatoires donnant la possibilité de n’en faire qu’une partie.
Variantes plus écologiques et plus pédagogiques, les via Cordata (ou via Corda) sont des itinéraires où l’aménagement en barreaux et échelon des parois est réduit au minimum. De plus, il n’y a pas de câble métallique. Les grimpeurs doivent progresser encordés entre eux par les mousquetons des baudriers. Le parcours est néanmoins ponctué de queues de cochons et de relais équipés de mousquetons où passer la corde pour assurer tous les participants et ainsi garantir leur totale sécurité. À ne faire donc qu’avec un guide ou accompagné d’un grimpeur confirmé qui maîtrise les techniques d’utilisation d’une corde. Mais, avantage de la via Cordata, elle constitue une meilleure initiation à l’escalade car il faut savoir trouver le bon chemin, se servir des prises naturelles offertes par la roche, choisir les bonnes et apprendre à balancer son corps pour les atteindre quand elles sont un peu éloignées.
Pas besoin d’être un kayakiste hors pair pour dompter les eaux tumultueuses. Avec le rafting, tout le monde peut vivre cette expérience ébouriffante dans de gros bateaux pneumatiques manœuvrés par des barreurs expérimentés qui peuvent embarquer de huit à dix personnes. Des descentes qui, selon les parcours, durent de 1 h 30 à 2 h 30. Avec la fonte des neiges, mai et juin offrent les sensations les plus fortes. Mais la plupart des rivières où se pratique cette discipline est aujourd’hui régulée par des barrages EDF et des lâchers d’eau quotidien garantissent un niveau d’eau suffisant jusqu’en octobre.
Certains de ces cours d’eau servent aussi de cadre à la nage en eau vive, appelée l’hydrospeed. Comme son nom l’indique, il s’agit de descendre une rivière parsemée de rapides à la nage, mais équipé de palmes, d’une combinaison Néoprène renforcée et d’un flotteur tenu à bout de bras qui sert de carénage de protection et pour se diriger. Le plaisir dure entre 1 h 30 à 2 h, avec un moniteur pour six à huit participants. “Il est sûr que cela demande plus d’efforts physiques que le rafting mais c’est accessible à la plupart des personnes car nous avons des parcours de différents niveaux avec des haltes avant chaque passage délicat pour expliquer leur franchissement”, souligne Jérôme Miton, de H2O, une base d’activités en eaux vives et en montagne située à Landry, près de La Plagne.
Totalement différent, le canyoning consiste à suivre le lit des torrents quelques fois en se laissant porter par le courant, en descendant les parois en rappel, en sautant de plusieurs mètres de haut dans les trous d’eau. Sensations fortes et variées garanties. Là encore, un moniteur est indispensable et, en fonction des difficultés du parcours, il peut encadrer huit à douze personnes. “Il est également possible de s’adapter aux attentes, aux goûts et au niveau du groupe en choisissant des itinéraires avec plus de sauts ou plus de descentes en rappel”, explique Laurent Cazaux de Luz Aventure. Une activité vivement déconseillée en cas de mauvaises conditions météo. Fortes pluies ou violents orages gonflent le débit des eaux. Et là, vous aurez vraiment raison d’avoir peur.
→ Où: Dans toute la France.
→ Tarif: À partir de 80 euros pour un baptême de quelques tours et 170 euros pour une initiation au pilotage.
→ Où: Près de Paris dans la Sarthe et en Normandie. Dans les régions montagneuses.
L’un des plus hauts d’Europe se trouve au Pont de Ponsonnas, près de Grenoble.
→ Tarif: De 30 à 90 euros pour le 1er saut selon le site et le nombre de personnes. Prix dégressifs pour les sauts suivants.
Spider Jump: 19 euros.
→ Où: Dans les régions montagneuses ou très vallonnées.
→ Tarif: Fantasticable à partir de 20 euros.
→ Où: Dans toute la France.
→ Tarif: À partir de 200 euros.
→ Où: Dans les régions montagneuses.
→ Tarif: De 65 à 90 euros pour un vol en tandem.
→ Où: Massifs montagneux.
→ Tarif: À partir de 30 euros la demi-journée et de 60 euros la journée.
→ Où: Massifs montagneux.
→ Tarif: À partir de 37 euros la demi-journée et 60 € la journée pour le canyoning. À partir de 35 à 50 euros pour le rafting selon la durée du parcours, idem pour l’hydrospeed.