Forte actualité automnale pour la Russie en France et les touristes français désireux de s’y rendre: un bureau officiel du tourisme est en passe d’ouvrir à Paris, tandis que les liens culturels se renforcent avec l’inauguration d’un centre culturel et spirituel russe sur les bords de la Seine. Rien de trop à l’approche du centenaire de la Révolution d’Octobre en 2017 et de la Coupe du monde de football en 2018.
Conférence de presse et vaste stand, la Russie a voulu donner un tour nouveau à sa présence à IFTM Top Resa en 2016. Première annonce, l’ouverture d’un office de tourisme à Paris le 8 décembre prochain. A l’image des bureaux que le pays entretient déjà dans de grands pays voisins, l’objectif avec Visit Russia est tout à la fois d’accueillir le grand public et de servir les voyagistes. Jusque-là, il faut bien le dire, ce sont les tour-opérateurs français qui ont porté la destination, prenant tout à leur charge, depuis la formation des agents de voyages jusqu’aux éductours en passant par les campagnes de promotion. La création d’un bureau officiel du tourisme en France, dont la responsabilité a été confiée à Valentina Arteaud, apparaît comme une bonne nouvelle aux yeux des professionnels, certes, mais leur scepticisme transparaît néanmoins clairement à cette annonce. « Nous demandons à voir », disent les uns ou les autres, fins connaisseurs de l’inertie administrative du pays et échaudés par le peu de considération qu’on leur a jusqu’à présent accordée et du manque d’engagement concret des pouvoirs publics jusque-là.
En attendant, se félicite Sergeï Korneev, directeur adjoint de Rostourism, les touristes sont revenus, comme le montrent les statistiques du premier semestre 2016. Avec 86 000 visiteurs français sur les six premiers mois de l’année, la hausse approche 20 %, permettant à la France d’être le deuxième marché émetteur d’Europe de l’Ouest vers la Russie. Mais, les Français sont également très sensibles à la géopolitique, plus que d’autres Européens, comme le relève régulièrement le Seto, ce qui peut fragiliser le désir de Russie. En outre, le voyage d’affaires demeure très affecté par l’embargo décrété après l’annexion de la Crimée et les troubles politiques qui ont mis l’Est de l’Ukraine à feu et à sang. Il n’empêche que les Français sont avant tout attirés par la culture et les richesses du patrimoine russe. Avec une autre inauguration en cette fin 2016, celle d’un centre culturel russe et de son pendant spirituel que constitue l’église orthodoxe du quai Branly, l’intérêt pour la Russie devrait également s’accentuer, tout comme peut y contribuer l’exposition temporaire consacrée par la Fondation Louis Vuitton aux « Icônes de l’art moderne » qui présente les œuvres de la collection Chtchoukine. Cette exposition se déroule jusqu’au 20 février 2017, et présente des tableaux provenant des musées d’État russes de l’Ermitage et des Beaux-Arts (Pouchkine) qui font la part belle à l’art moderne français (Gauguin, Rousseau, Toulouse-Lautrec, etc).
La Russie investit donc l’automne parisien, mais elle investit aussi dans d’autres événements, à commencer par la Coupe du monde de football dont le coup d’envoi sera donné le 14 juin 2018. « IFTM Top Resa est une occasion parfaite pour présenter le potentiel touristique lié à la Coupe du monde de la Fifa », déclare Sergeï Korneev. Les onze villes hôtes de ce Mondial 2018 se trouvent pour l’essentiel dans l’ouest du pays, mais certaines se situent dans l’Oural. La plus occidentale est Kaliningrad, dans l’enclave russe des bords de la Baltique, la plus orientale est Iekaterinbourg, l’ancienne Sverdlovsk, plutôt tournée vers la Sibérie. Saint-Pétersbourg est la ville hôte la plus septentrionale, tandis que Sotchi, qui a accueilli les Jeux olympiques d’hiver de 2014, est la ville hôte la plus méridionale. Entre ces cités cardinales, Moscou, Nijni-Novgorod, Saransk, Kazan, Samara, Volgograd et Rostov-sur-le-Don complètent la liste et pourront profiter de cet éclairage pour montrer que la Russie ne se résume pas à un duo Moscou-St Pétersbourg. De grands travaux d’aménagement et de rénovation sont en cours pour que l’événement se déroule au mieux. Les infrastructures seront modernisées pour faciliter les transports et la venue des supporters, expliquent les officiels russes.
Les liaisons aériennes avec la Russie se développent déjà significativement avec, par exemple, l’ouverture le 1er juin dernier de quatre vols hebdomadaires entre Lyon et Moscou assurés par la compagnie nationale Aeroflot, et le passage annoncé à un vol quotidien dès cet hiver entre les bords du Rhône et les quais de la Moskova. Entre la France et la Russie, Aeroflot assure 14 vols par jour en propre et d’autres en code share avec Air France, les deux compagnies étant parties prenantes de l’alliance Skyteam.
Pour attirer davantage de touristes encore, la Russie entend diversifier ses propositions, soit en perfectionnant les possibilités offertes par l’Anneau d’Or, dont l’ouverture au tourisme remonte à une cinquantaine d’années, avec la Porte d’or, l’église de la trinité, soit en mettant de nouvelles régions en avant. Sergeï Korneev évoque ainsi l’intérêt d’autres régions et produits comme la Couronne d’argent qui coiffe le nord-est de la Russie, de Vologda à la Carélie, la Route rouge, qui mène de Kazan à Oulianosrsk, sachant que 2017 marquera le centième anniversaire de la Révolution d’Octobre.
La route du thé est aussi une option d’Oulan-Oudé à Irkoutsk, l’Oural, les fleurs de Russie et les croisières fluviales, la route de la soie, l’extrême-orient russe sont autant de compléments à Moscou et Saint-Pétersbourg ou, compte tenu des distances et de leur intérêt, des voyages en soi.