C’était une conférence parmi les plus attendues du salon. Comme chaque année, le baromètre des Entreprises du Voyage, en partenariat avec Atout France, dresse un portrait complet des activités de distribution. La dernière livrée confirme les pressentiments de la plupart des professionnels du tourisme: une conjoncture morose qui perdure.
Que révèle le dernier et traditionnel baromètre des Entreprises du Voyage et Atout France sur les tendances de l’activité de distribution? IFTM Top Resa a été l’occasion de répondre à cette question dans le cadre d’une conférence.
Le baromètre crédibilise les discours et permet de comprendre davantage la situation. Et sans surprise, en matière de distribution de voyages, la situation continue d’être préoccupante. L’étude présentée par Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage et son vice-président, Richard Soubielle, a apporté un éclairage précis sur l’activité de distribution de voyages, d’une part, durant les deux mois du pic de l’été, juillet et août et, d’autre part, en cumul depuis le début de l’année.
Ainsi, sur les deux mois estivaux, les chiffres du nombre des départs sont tous dans le rouge. Que ce soit sur la France (-8,4 %, en nombre de passagers et –6 % en volume d’affaires), sur le moyen-courrier (-5 %, en nombre de passagers et -7,2 %, en volume d’affaires), et sur le long-courrier (-0,6 % en nombre de passagers et -0,5 % en volume d’affaires). Cette période estivale ne modifiera donc pas l’évolution constatée depuis le début de l’année. Globalement, elle ne fait que confirmer la tendance baissière enregistrée sur les huit premiers mois de 2016. La destination France baisse de 7,1 % en nombre de passagers et de 4,2 % en volume d’affaires. Baisse également des destinations moyen-courrier de 4,9 % en nombre de passagers et de 5,8 % en volume d’affaires, idem pour les destinations long-courrier (-0,9 % aussi bien en nombre de passagers qu’en volume d’affaires).
Il faut aller aux antipodes pour trouver un peu de soleil et de chiffres dans le vert. La Polynésie française a enregistré, sur les deux mois d’été, une hausse du nombre de passagers de 13 %, correspondant à une hausse du volume d’affaires de 26 %. Une évolution qui colle au mouvement haussier depuis le début de l’année, pour cette destination.
Sur les huit premiers mois de l’année 2016, l’évolution du trafic est en hausse de 14 % et celle du volume d’affaires atteint les 15 %. Dans ces conditions, la hiérarchie des destinations est assez fortement impactée par les divers événements qui ont marqué le calendrier contemporain. Sur le moyen-courrier, l’Espagne, en première position et le Portugal, en quatrième position, poursuivent leur ascension avec respectivement une progression de leur volume d’affaires de 5 % et de 19 %, alors que l’Italie (en deuxième position, avec – 4 % en volume d’affaires) et surtout la Grèce (en troisième position, avec – 8 %, en volume d’affaires) marquent un temps d’arrêt, cette dernière destination payant sans doute son mauvais affichage lié à la question des migrants.
Une évolution qui appelle plusieurs constats. Si les conséquences des événements et conflits internationaux qui ont suivi la « Révolution du Jasmin » des années 2010/2011, puis de ceux du Moyen-Orient, ne sont à l’évidence pas digérés, ils n’expliquent pas la totalité de cette évolution. La baisse du marché France semble en effet plutôt implicable à la situation économique morose et au manque de confiance du marché français. A ce titre, la croissance affichée sur la Polynésie française témoigne d’une niche de clientèle non concernée par les difficultés économiques rencontrées par la majorité du marché, et dont l’éloignement de la destination semble mettre à l’abri des soubresauts géopolitiques.