Au confluent de l’Oise et de l’Aisne, à la lisière d’une forêt, Compiègne est ville royale et impériale, théâtre d’événements majeurs de l’histoire de France. A l’exemple de son palais comme de la clairière de l’Armistice, incontournables dans tout circuit de visites. Des lieux parmi beaucoup d’autres à découvrir dans l’offre groupes de l’office de tourisme.Clé en main ou sur-mesure.
Compiègne, ville d’histoire? Une évidence! Charles le Chauve y fonda l’abbaye Saint-Corneille, Louis II dit « le bègue », Eudes 1er et Louis V y ont été sacrés, Jeanne d’Arc y fut capturée par les Bourguignons, Charles V y fit construire le premier château, Louis XV le transforma, Napoléon 1er le mettra en valeur et c’est son neveu Napoléon III qui y convia tout ce que l’Europe comptait d’ambassadeurs et d’artistes… Et par un bond historique se retrouver avec les représentants alliés et allemands qui y ont signé l’armistice en novembre 1918, avant celle du 22 juin 1940…
A Compiègne, on vient aussi pour son ancienne forêt royale (troisième de France par sa taille: 15 000 hectares), terrain de chasse des têtes couronnées. Aujourd’hui, cadre de randonnées en tous genres, de la simple balade à l’écoute du brame des cerfs, en passant par la découverte de la flore, de la faune, et ce sous la conduite de guides de l’Office national des forêts.
Culture et nature, deux thématiques sur lesquelles s’inscrit l’offre de l’office de tourisme de l’agglomération de Compiègne (elle rassemble 16 communes) à destination de la clientèle groupes. Et ce tant dans la ville même qu’aux alentours.
Et la clientèle groupes, la structure institutionnelle l’a connaît bien! « Cela fait de nombreuses années maintenant que ce marché constitue une cible essentielle et importante pour l’office de tourisme », confirme Catherine Schryve, responsable du service groupes. Une implication qui a démarré avec des propositions de visites guidées, avant de passer à la vitesse supérieure par la conception de produits journées et séjours. Avec une autorisation de commercialiser obtenue très rapidement. « Le marché groupes est un marché sûr, stable, qui a l’avantage de pouvoir s’anticiper, et qui sur un plan économique n’est pas négligeable », poursuit-elle. A l’origine, de simples dépliants venaient matérialiser cette offre, remplacés ensuite par une pochette renfermant des fiches produits avant d’arriver à la traditionnelle brochure. Elle paraît chaque année en octobre (5000 exemplaires). « Elle est destinée aussi bien aux professionnels du tourisme qu’aux associations, clubs, mairies ou encore CCAS basés dans le Nord, le Pas-de-Calais et la Belgique, notre zone de chalandise d’origine, avant de l’étendre à Paris et sa région, détaille Catherine Schryve. Nous ne ciblons plus les comités d’entreprise depuis trois à quatre ans car force est de constater que les salariés d’une même entreprise ne souhaitent plus se retrouver ensemble pour leurs loisirs. En revanche, cette clientèle est aujourd’hui présente uniquement sur de la billetterie ».
La nouvelle brochure, version 2017, estampillée Excursions dans le Compiégnois, est disponible depuis peu. Présentée dans un format A1 et d’une quinzaine de pages, elle regroupe une dizaine de produits exclusivement proposés en formule journée. On y trouve évidemment l’incontournable offre « Compiègne, cité royale et impériale », un programme « qui d’une année sur l’autre est repris tel quel, c’est notre produit phare », glisse Catherine Schryve, soulignant par ailleurs que « le sur-mesure occupe 80 % de son travail ». Mais, Compiègne se découvre aussi, par exemple, à travers « ses amours, de Louis XVI à Napoléon III » ou encore « ses femmes illustres du Second Empire ». Et Jeanne d’Arc n’est pas oubliée dans un programme qui lui est dédié, il en est de même pour la Grande Guerre. A moins de préférer Compiègne « au fil de l’eau » ou de pousser plus loin vers Pierrefonds (son château et ses eaux thermales), sillonner « la route des abbatiales », basculer dans la gourmandise chocolatée ou encore s’intéresser au métier d’antan en visitant une ancienne sucrerie. « Nous ne proposons plus de séjours depuis une dizaine d’années maintenant, ajoute Catherine Schryve. On n’arrivait pas à être compétitif en termes de prix. Nous préférons aujourd’hui les travailler au cas par cas sur des demandes spécifiques, sachant qu’à Compiègne, nous disposons d’hébergements en capacité de recevoir cette clientèle groupes ». Idem côté restauration, avec notamment des offres dans le cadre d’une auberge en forêt…
Si l’édition 2017 ne renferme pas de nouveautés, « nous nous attachons d’une année sur l’autre à remanier les programmes, trouver de nouveaux angles d’approche afin de susciter la curiosité », poursuit la responsable du service groupes. Quant aux prix mentionnés, ils sont définis sur la base de 30 pax avec la gratuité systématique pour le conducteur. « Pour les autocaristes, et uniquement pour eux, s’ajoute une gratuité supplémentaire à partir de 40 payants, ainsi qu’une réduction de 7 % sur les prestations de visites guidées et les journées », ajoute Catherine Schryve, regrettant par ailleurs – faute de temps – de ne pas pouvoir faire du démarchage terrain. D’autant que parallèlement, la structure institutionnelle, ne participe plus à des salons qu’elle « a pourtant fréquenté pendant de longues années, mais sans réels retours », confie la responsable du service groupes. Parmi eux, le MAP Pro où l’office de tourisme partageait un stand avec le réseau « Destination villes impériales » que la ville de Compiègne avait rejoint en 2013… avant de le quitter en cette année 2016. « Certes, les salons apportent de l’image, une visibilité sur une destination, mais rarement du concret », déplore-t-elle.
L’offre groupes compiégnoise est également accessible en ligne, via un onglet dédié. On peut y télécharger la brochure et découvrir les sites et lieux partenaires. Parallèlement, un coup de projecteur est fait sur le centenaire de la Grande Guerre. L’an passé, le site généraliste de l’office de tourisme a enregistré 115 000 visites et 8000 téléchargements de brochures. Parmi celles-ci, outre celle dédiée aux groupes adultes, se trouve aussi un document consacré aux groupes scolaires (Circuits scolaires dans le Compiégnois). Il s’adresse aux maternelles et primaires. Il est édité aussi en support papier (4 500 exemplaires) et rassemble huit programmes. « En 2014, nous avions fait paraître un autre document sur le segment groupes affaires en ciblant les entreprises de l’Oise, mais nous n’avons pas renouvelé depuis, indique Catherine Schryve. Plusieurs lieux originaux et prestigieux sont à même de recevoir cette clientèle, mais Compiègne n’a pas de palais des congrès ».
En 2015, l’office de tourisme a accueilli près de 10 000 pax en groupe, dont 55 % étaient constitués d’adultes et 45 % de scolaires. « C’est un marché qui d’une année sur l’autre reste stable », martèle Catherine Schryve, qui ne cache toutefois pas son inquiétude quant à son évolution, en s’interrogeant notamment sur le renouvellement de ces groupes. « La clientèle traditionnelle vieillit et n’est pas remplacée, les associations ou les clubs ont tendance à disparaître, constate-t-elle. Les retraités d’aujourd’hui sont autonomes, peu enclins à rejoindre une association et à faire des voyages en groupe ». Catherine Schryve avoue être quelque peu « démunie » face à cette situation, mais néanmoins motivée à faire bouger les choses en étudiant quelques pistes possibles. Pressée de « prendre le train avant qu’il ne soit trop tard », ironise-t-elle. Et savoir se remettre en question. Pour l’heure, Compiègne prépare son dossier de candidature pour un classement préfectoral de la ville en « commune touristique ». Il devrait être déposé avant la fin de cette année 2016.
• Le Haras national de Compiègne a fermé ses portes en juin dernier, et a été racheté par la ville. Il abritera en 2017 le musée de la Voiture, aujourd’hui installé dans le Palais, qui entraîne dans l’histoire de la locomotion, à travers notamment « l’un des plus beaux ensembles de carrosses et berlines du XVIIIe siècle jusqu’aux débuts de l’automobile », souligne Catherine Schryve, responsable du service groupes, à l’office de tourisme de l’agglomération de Compiègne.
• Le Palais de Compiègne étudie la mise en place d’un espace dédié aux conducteurs d’autocars où ils pourraient se détendre et se rafraîchir pendant la visite du groupe.
L’an passé, 75 387 visiteurs ont franchi les portes de l’office de tourisme de l’agglomération de Compiègne (ils étaient 84 840 en 2014), avec une clientèle étrangère qui se concentre sur les mois d’avril à octobre. Les demandes ont porté sur le patrimoine culturel et de mémoire: « un attrait constant », indiquait Laurence Francart, directrice de la structure institutionnelle lors de la dernière assemblée générale ordinaire de juin, tout en relevant « une demande toujours aussi importante pour le tourisme vert ». Autres faits marquants: « des visiteurs qui ont moins de budget et en recherche d’activités ludiques gratuites », poursuivait-elle.
En 2015 toujours, la fréquentation des groupes s’est établie à 9 634 pax (10 334 en 2014), dont 5 271 adultes et 4 363 scolaires. Représentant au total 205 groupes (235 en 2014), dont 196 en provenance de l’Hexagone (225 en 2014) et neuf de l’étranger (10 en 2014). Les groupes français étaient principalement issus de l’Oise, de Paris/Ile-de-France, de la Somme, de l’Aisne et du Nord. Côté étranger: majoritairement de Belgique, puis des Pays-Bas et de l’Espagne. « Nous avons relevé une certaine stabilité des groupes en provenance de l’Oise, de la Somme, de l’Aisne ainsi que les groupes étrangers, commentait Laurence Francart. En revanche, ceux de Paris/Ile-de-France, du Nord et du Pas-de-Calais ont affiché une baisse ». Les associations ont amené 74 groupes, même nombre via les établissements scolaires. Les autocaristes et les agences de voyages ont, eux, contribué à hauteur de 24 groupes, ils ont été 15 via Oise Tourisme. Sans surprise, « les visites ont essentiellement été concentrées sur avril, mai, juin et octobre », constatait Laurence Francart, avant d’ajouter: « Les partenaires autocaristes et agences de voyages ont été en hausse, tandis que les groupes scolaires ou encore les groupes amenés via Oise Tourisme sont restés stables. En revanche, nous avons enregistré une baisse des clients issus des associations, des CCAS et des comités d’entreprise ». Les journées ont représenté 98 % des ventes, les séjours 2 %.
Parmi les sites les plus visités en 2015, le château de Pierrefonds est arrivé en tête en nombre de personnes (3 243 pax pour 62 groupes), suivent sur le podium la Clairière de l’Armistice (2 956 pour 67 groupes) et le Palais Impérial et son parc (2 468 pax pour 62 groupes). « La conjoncture économique et les événements terroristes influent sur la clientèle senior et ne sont guère favorables à l’activité du service groupes », conclut Laurence Francart.
Le Palais de Compiègne (demeure conçue par Louis XV, dotée d’un parc et d’un jardin des roses. Salles et galeries d’apparat. Expositions temporaires. Témoin de la période où Napoléon 1er y fait aménager des appartements pour son mariage avec Marie-Louise d’Autriche. Napoléon III et son épouse l’impératrice Eugénie, en font également un lieu privilégié lors des célèbres fêtes d’empire, les « Séries ».
Musée du Second Empire et de l’impératrice Eugénie et ses collections reflétant une époque notamment dans le domaine des arts. Hôpital et grand quartier général de l’automne 1914 au printemps 1917). Hôtel de ville (art gothique finissant; salles ouvertes spécialement pour l’accueil des groupes; la « bancloque », l’une des plus anciennes cloches communales de France). Eglise Saint-Antoine (façade gothique flamboyant ornée d’une rose et de balustrades ajourées); Eglise Saint-Jacques (boiseries sculptées, marbres et stucs; trésor de reliques; Jeanne d’Arc vint y prier en 1430…). Visites guidées historiques de la ville (classique, en passant par la plus ancienne maison de Compiègne datant du XVe siècle, des hôtels particuliers, le grenier à sel, l’hôtel-Dieu…, mais aussi thématiques à l’exemple des remparts, des ponts, de Jeanne-d’Arc, des chapelles…).
Clairière de l’Armistice (la clairière dite « de Rethondes » située au cœur de la forêt compiègnoise, là où fut signée l’armistice en novembre 1918, puis celle de 1940 dans un wagon de chemin de fer, qui fut détruit sur ordre de Hitler après la signature. Celui présenté aujourd’hui au public révèle où étaient placées les différentes personnalités, tandis que le musée mémorial de l’Armistice abrite près de 800 photos en noir et blanc). Mémorial de l’Internement et de la Déportation (situé au camp de Royallieu. Dès l’entrée, le mur des noms témoigne de la présence des 50 000 détenus de ce camp de transit installé par les Allemands. Scénographie sobre. Parcours historique dans les trois baraquements conservés, jardin de la mémoire, chapelle, tunnel d’évasion…).
Au départ de Compiègne, et jusqu’à Noyon, le bateau hybrique électrique L’Escapade propose des croisières promenades, mais aussi en déjeuner et dîner, sur la rivière Oise et son canal latéral. Sa capacité est de 98 places assises en promenade et 60 en restauration (fonctionne du 15 avril au 15 octobre).
Forêt de Compiègne (sorties avec animateur ONF; balades thématiques; découverte nocturne en période de brame du cerf, entre mi-septembre et mi-octobre).
Hippodrome de Compiègne (visite découverte du monde équestre).
Festival des Forêts de fin juin à mi-juillet (festival de musique classique au cœur de la forêt de Compiègne). Fête de la Chasse et de la Nature début septembre (spectacle équestre, ferme pédagogique, découverte de la faune et de la flore…). Salon des Œufs décorés (25 et 26 mars 2017).
Figurine Historique (de six à 20 cm, 150 000 figurines figées dans la rigueur historique des reconstitutions, plongent les visiteurs au cœur de l’histoire de France, de l’Antiquité à la Seconde Guerre mondiale). Art et Archéologie Antoine Vivenel (collectionneur hétéroclite du XIXe siècle! Le musée dispose notamment d’un « exceptionnel » ensemble de vases grecs antiques).
Saint Jean-aux-Bois (au cœur de la forêt de Compiègne. Bourg, église abbatiale, vieille porte fortifiée, ancien lavoir municipal, auberge où fut composée la musique de la chanson Mon amant de St Jean …).
Morienval (abbaye, village aux maisons anciennes). Tracy-le-Mont (village témoin de la Grande Guerre, infirmerie, butte des Zouaves, lavoir construit par les Poilus, nécropole, carrière-cantonnement…).
Château de Pierrefonds (imposant château fort situé à la lisière de la forêt de Compiègne, il présente la plupart des caractéristiques de l’ouvrage défensif du Moyen-âge. Il fut sauvé par Viollet-le-Duc au XIXe siècle qui y entreprit d’importants travaux de décoration et de création de mobilier).