Le comité régional du tourisme francilien a annoncé une baisse de 6,4 % de la fréquentation. Une situation jugée inquiétante.
Au cours du premier semestre 2016, les hôteliers franciliens ont accueilli un million de touristes français et internationaux en moins par rapport à la même période de l’année passée. L’activité touristique a subi un contrecoup sévère dans un contexte peu favorable marqué par les attentats (Paris, Bruxelles, Nice…), les mouvements sociaux ainsi que les inondations. « La tenue de l’Euro 2016 n’aura pas permis d’endiguer ce phénomène, même si l’afflux des visiteurs a été notable durant les matchs au Stade de France ou au Parc des Princes », relève le comité régional du tourisme. Avec des taux de remplissage record dans certaines villes hôtes, enregistrant des chiffres d’affaires en hausse de 70 % pour les hôtels à Lens, Lille ou Saint-Etienne. Avec 14,9 millions d’arrivées hôtelières, toujours lors du premier semestre, la fréquentation touristique de la destination Paris/Ile-de-France a affiché une baisse de 6,4 %, du fait de la baisse conjointe des clientèles internationales (soit - 9,9 %) et françaises (- 3,5 %). Alors que les clientèles japonaise, italienne et russes se sont effondrées (respectivement de - 46,2 %, - 27,7 % et - 35 %), les touristes américains et chinois, peu impactés jusque-là, « entament désormais un cycle inquiétant de baisse », poursuit le comité régional du tourisme. Baisse encore, mais plus légère cependant, de la clientèle française qui reste fidèle à la destination (- 3,5 %, soit 8,289 millions de touristes sur les six premiers mois de l’année). En termes de chiffre d’affaires, et depuis début 2016, la perte est évaluée à 750 millions d’euros pour les professionnels du tourisme parisiens et franciliens, et Frédéric Valletoux, Président du comité régional du tourisme avance même le chiffre de 1,5 milliard de pertes dans le cas où la tendance se poursuivrait. « Il est temps de prendre conscience de la catastrophe industrielle que le secteur du tourisme est en train de vivre, a-t-il commenté. L’heure n’est plus aux campagnes de communication, mais bel et bien à la mise en place d’un plan Orsec à effet immédiat pour nos professionnels et notre destination ». Le secteur compte 7 500 entreprises et emploie 500 000 personnes.
Paris a été beaucoup plus touchée que la Grande Couronne: - 11,4 % en termes de nuitées hôtelières tant de la part des clientèles françaises qu’étrangères. La Grande Couronne, elle, a affiché une baisse de - 4,4 %. Seul constat positif: la progression du tourisme d’affaires, qui a généré 53,8 % des nuitées hôtelières (+ 14,4 points et + 3,1 millions de nuitées). Il est, en effet, plus difficile d’annuler un salon ou un congrès prévu longtemps à l’avance, selon Frédéric Vallentoux. Des fonds d’urgence avaient déjà été débloqués par Valérie Pécresse, Présidente de la région Ile-de-France dès les premiers signes de baisse de la fréquentation.
Malgré tout, les professionnels du tourisme restaient optimistes quant aux réservations pour la rentrée. Selon le baromètre du comité régional du tourisme, 43 % d’entre projetaient un état des réservations « moyen », 38 % le considéraient « bon » voire « très bon », et seulement 19 % « mauvais » ou « très mauvais ».