Un pic d’activité tardif et une relative stabilité de la clientèle française a contrasté avec le recul des clientèles internationales.
La saison estivale a été marquée par un net recul de la fréquentation internationale à Paris, et plus particulièrement sur le pourtour méditerranéen, l’arc atlantique nord et le littoral normand, peut-on lire en introduction de l’enquête conjoncturelle menée conjointement par Offices de Tourisme de France, Tourisme & Territoires, l’association nationale des maires de stations de montagne (ANMSM) et Atout France. Toutefois, la perception globale de l’activité touristique apparaît mitigée, avec une relative stabilité des clientèles françaises et un pic d’activité plus tardif, décalé d’une semaine en août. Cette tendance est en lien avec les conditions météorologiques satisfaisantes, ainsi qu’à la bonne résilience de l’activité événementielle. Si globalement, la fréquentation française est jugée stable par près d’un répondant sur deux, des baisses ont été ressenties pour certaines destinations azuréennes, provençales, languedociennes, vendéennes, normandes et sur la Côte d’Opale. La clientèle française est en progression notamment sur certaines destinations de proximité, en ville (hors Paris) et à la campagne. La stabilité est de mise dans la capitale, et le sentiment de baisse domine pour les autres espaces. Comme en 2015, ce sont les Britanniques, malgré l’effet Brexit et un taux de change défavorable, qui se retrouvent sur la première marche du podium, tout type d’espace confondu, avec un score de 35 % de fréquentation étrangère en moyenne, exception faite à Paris et à la montagne, où ce sont, respectivement les Allemands et les Néerlandais qui ont été les plus nombreux. La clientèle belge se positionne, quant à elle, en deuxième ou troisième position pour l’ensemble des espaces. A noter également, la troisième place des clientèles scandinaves à Paris. La baisse est constatée pour les hôtels, les résidences de tourisme et les villages de vacances. A l’inverse, pour cette saison, les campings et l’hébergement collaboratif enregistrent de bonnes performances de fréquentation (annoncées respectivement en hausse par 39 % et 41 % des répondants). Pour les autres types d’hébergement (locations, chambres d’hôtes…), l’enquête révèle, à la majorité, une stabilité de la fréquentation.
Si les demandes d’activités sont annoncées globalement stables par rapport à l’an passé, l’enquête révèle que les activités de loisirs sont perçues en hausse par 38 % des répondants. L’analyse des facteurs ayant un impact sur les tendances de la saison estivale a confirmé la prédominance de l’aspect sécuritaire dans le choix des destinations, ce paramètre opérant parfois également en positif pour certains territoires. Les conditions météorologiques, nettement plus favorables qu’au printemps et début juillet, ainsi que le maintien de nombreux événements, ont également permis de dynamiser la fréquentation. Le réel besoin d’accompagnement et d’information en amont ainsi que la progression du niveau d’exigence de la clientèle, tant française qu’internationale, traduisent les changements de comportement touristique en cours. Les questions budgétaires sont également au cœur des préoccupations.
Hormis pour certaines destinations du littoral languedocien et du Centre Ouest du territoire, pour lesquelles la fréquentation des Français est annoncée en recul, les prévisions de fréquentation pour septembre s’annoncaient équivalentes à celles de l’an passé. Concernant les clientèles internationales, si pour les destinations de montagne, du littoral et de campagne, une stabilité de leur fréquentation est attendue, c’est un sentiment de recul qui prédomine à Paris, en ville et sur le quart Nord-Ouest du territoire. Ces perceptions de baisse semblent toutefois moins marquées qu’en août. Les professionnels du tourisme espèrent une meilleure fin de saison, bien que la visibilité à moyen terme apparaisse de plus en plus compliquée, en raison notamment du renforcement des ventes de dernière minute, conclut l’enquête.
Une autre enquête, cette fois à l’initiative de Destination Régions (rassemblant les comités régionaux de tourisme) et réalisée en partenariat avec le comité régional du tourisme de Bretagne et une dizaine d’autres, indiquait que « 62 % des Français s’étaient accordés un break, générant ainsi environ 47 millions de séjours au cours des mois de juillet/août ». Autre chiffre: 70 % des séjours ont eu lieu en France. Comme à l’accoutumé à cette période de l’année, » les régions littorales ont très largement été plébiscitées par les touristes, Provence Alpes Côte d’Azur, Bretagne, Languedoc-Roussillon et Aquitaine en tête », souligne l’enquête. A lui seul, le mois d’août a représenté 54 % des séjours réalisés, la deuxième semaine concentrant la plus forte fréquentation touristique. Enfin, sous une météo estivale, le pont du 15 août a été largement plébiscité et a représenté environ 15 % des séjours de l’été, soit environ 7,4 millions de séjours.