Le 4 avril 2016, Frédéric Lorin prenait les rênes des salons IFTM Top Resa et MAP Pro. Son parcours professionnel, très orienté notoriété des marques et business, est particulièrement florissant. C’est Belambra qui l’amènera au tourisme. Amateur de jazz, fan de cinéma américain, golfeur, Frédéric Lorin avoue « faire confiance à son intuition ». Sa devise? « Demain, il fera jour ».
En 1961, la France accueillait plus de 20 millions de touristes internationaux. Alors que Youri Gagarine effectuait le premier vol dans l’espace, le trafic aérien, lui, était en pleine expansion: Air France lançait sa Caravelle et son premier Boeing 707. Cette année-là débute la construction du mur de Berlin, est inauguré l’aéroport d’Orly, les États-Unis rompent avec Cuba, la Grande-Bretagne se décide à postuler à l’Europe des six de la CEE, Les Beatles cartonnent… et Frédéric Lorin voit le jour à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine. Le nouveau directeur des salons IFTM Top Resa et MAP Pro a fêté ses 55 ans cette année: « Le destin se devait de me rapprocher de Suresnes à Puteaux, siège de Reed Expositions »…
Frédéric Lorin a grandi à Louveciennes, dans les Yvelines, il y passera son enfance. A l’adolescence, il déboule sur Paris, avec son père, Philippe, publicitaire. Le fameux slogan « Perrier, c’est fou » et sa saga de 1979 à 1992, c’est lui! Lycée et collège dans la capitale jusqu’au bac B (économie). Diplôme en poche, Frédéric Lorin n’a pas encore trouvé sa voie. Ce qui est sûr, c’est qu’il « a envie faire des choses, d’être dans l’action, de monter des deals, d’être dans le business… ». Sans doute parce qu’il est issu d’une famille de publicitaires, comme en témoigneront les dix-sept premières années de sa carrière professionnelle à œuvrer dans le monde de la publicité. « Une espèce de prolongation, d’atavisme, je ne sais pas… », confie-t-il.
A tâtons, après l’obtention de son bac, le jeune Frédéric se lance dans des études de droit, avec une spécialisation dans le monde des affaires. Des périodes de stages viendront affiner son parcours, ses envies, et plus particulièrement le temps passé au sein de l’entreprise Parfum de Prestige International. Il s’y plaît… et plaît au patron qui lui suggère de s’installer en qualité de chef de produit junior. Une aubaine. Exit les études de droit, il n’ira pas au bout. « Sans aucun regret, car l’expérience en entreprise a été riche et formatrice ». Il restera quatre ans dans cette société. Un premier apprentissage qui lui apportera beaucoup.
Il enchaîne comme chef de publicité pendant trois ans pour une entreprise américaine (DDB), avant une belle rencontre dans l’univers de Benetton Cosmétiques, pour le lancement de parfums et de maquillage. A l’époque, Colors of Benetton se décline sur tous les murs. « Une super expérience », se souvient Frédéric Lorin, mais dont le succès n’aura pas été au rendez-vous. Trois ans plus tard, nouvelle opportunité, cette fois, avec le président de McCann. Dans ses cartons: le projet de création d’une agence de communication McCann à Casablanca, au Maroc. La proposition séduit immédiatement le presque trentenaire. Nous sommes en 1989. « Sur place, il n’y avait pas de bureau, pas d’équipe », se souvient-il, juste la notoriété de McCann. Associé à l’agence américaine, Frédéric Lorin décide cinq ans plus tard de revendre ses parts. « Mais, c’était l’expérience de ma vie parce qu’il s’agissait d’un véritable challenge, il y avait tout à faire », s’enthousiasme-t-il encore. Séduisant alors les plus importantes banque et société d’assurances marocaines, mais il regrette aujourd’hui son départ. « Une erreur d’appréciation ».
Retour sur Paris. Il crée alors sa propre agence de communication, dans le XVIe, avec un associé. Elle portera les deux noms: Lorin-Lilti. Trente cinq salariés en tout. « On a fait du bon boulot, on avait de bons clients », travaillant pour des grands noms comme Mercedes ou Sotheby’s Europe. Une aventure qui durera onze années, interrompue « en raison d’une conjoncture qui devenait de plus en plus difficile ». Toujours sur le pont, Frédéric Lorin bascule vers la production de films publicitaires et investit dans une société. Aux clients non moins prestigieux: Pathé Télévision, Harpic, Calgonic, Sweltesse… Il revendra la boîte trois ans plus tard. « J’en avais assez d’être entrepreneur. Je passais trop de temps à faire de l’administratif, Urssaf, banque, compta, ressources humaines…! »
Un trop-plein du monde de la pub? Une envie d’ouvrir un nouveau chapitre? Ou tout simplement l’attente d’une nouvelle opportunité? Réponse n° 3. « Une opportunité qui s’est à nouveau présentée », répond Frédéric Lorin. Qui signe son entrée dans un tout autre univers: le tourisme. Il est embauché comme directeur des ventes internationales et de la communication des Clubs Belambra. Arrivé « au bon moment ». Celui du passage de VVF à Belambra. « La marque repartait de zéro. C’était une page blanche, il fallait tout écrire ». Encore un challenge.
Même si « je ne connaissais pas le secteur du tourisme », avoue-t-il, idéalisant l’image de la filière.
« On ne vend pas des boulons de 12, mais du rêve ». Mais, c’est un « vrai business » aussi. Frédéric Lorin aura œuvré de 2008 à 2015 au déploiement de Belambra. Huit années stoppées par la mise en place d’un nouveau projet par l’hébergeur. Un projet dans lequel il « ne se retrouvait pas ». Espoir douché, mais, fort de sa nouvelle expérience, il saura rebondir. Pas une première pour celui qui a navigué sur tant de mers et d’océans de fortune.
Et pourquoi pas poursuivre dans le secteur touristique? Et cette fois côté événementiel, d’autant que l’activité chez Belambra l’avait aussi conduit à fréquenter les salons dédiés. « Des gros barnums avec une machine de guerre derrière »! Avec toujours cette notion de challenge, entre « assurer son coup annuel » et respecter les délais. « De la pure adrénaline ». Frédéric Lorin va creuser son sujet, s’informer, multiplier les rendez-vous, écouter, échanger pour apprendre. « Je voulais valider mon intuition ». Allier tourisme et communication.
Et le hasard faisant parfois bien les choses, tombe une annonce de cadre emploi: Reed Expositions France recherchait son futur directeur pour ses salons IFTM Top Resa et MAP Pro. Il se positionne illico, « et tout est allé très vite ». Le 4 avril 2016, il est embauché. Séduit par « la composition d’un salon qui conjugue des métiers différents », mais aussi interpellé par « l’idée d’intégrer un grand groupe et d’être en même temps en quelque sorte presque patron d’une petite PME ». Thomas Desplanques était déjà parti, il n’aura donc pas accompagné son remplaçant. Il lui aura cependant laissé un document « très complet »… Frédéric Lorin y ajoutera des rencontres individuelles avec chaque membre de l’équipe, avec les partenaires des salons comme avec « le maximum d’exposants possiblle ». Un relationnel indispensable. « S’imprégner de la culture d’entreprise » aussi. Comme de poursuivre « le travail engagé par mon prédécesseur » sur cette édition 2016, qui « ne sera pas la mienne ». Une première en tout cas pour le nouveau directeur des salons IFTM Top Resa et MAP Pro, qui sera matière à observation. Une édition « à vivre à 100 % », pour mieux appréhender et anticiper l’avenir.
Avec pour ligne directrice de « considérer tout salon comme une marque, une référence qui doit devenir une préférence ». D’où le passage obligé par l’expérience client, en avant, pendant et après salon, sans jamais « se déconnecter de l’évolution du secteur comme de l’arrivée de nouveaux acteurs ». Et plus particulièrement ceux issus du digital. Une nouvelle occasion pour Frédéric Lorin d’imprimer sa marque.
Frédéric Lorin habite Paris, dans le VIIe arrondissement. Marié et père de deux enfants, un garçon et une fille, tous deux en activité, respectivement dans l’immobilier et dans la banque privée. Ses hobbies? « Ma famille d’abord! », lance-t-il d’emblée. Mais, en dehors des bonheurs familiaux, il se dit « bon connaisseur du cinéma, et notamment américain ». Les films d’auteurs et les policiers « de bonne qualité ». Fan de Martin Scorsese et de John Cassavetes notamment, il est aussi grand amateur de jazz. « Là encore une histoire de famille », glisse Frédéric Lorin. Car avec son père Philippe, ils ont créé le Tanjazz, un festival qui se tient chaque année à Tanger, réunissant près de 10 000 spectateurs.
La 17e édition aura lieu du 22 au 25 septembre prochains. Sans lui, IFTM Top Resa et MAP Pro obligent. Pourquoi Tanger? « En raison de nos lointaines origines familiales du sud de l’Espagne et que nous avions envie de « retrouver » à travers la recherche d’un pied à terre, du côté de Cordoue ». En vain. Mais face à l’Andalousie, le détroit de Gibraltar et à une cinquantaine de minutes en bateau: les lumières de Tanger. Que la famille a voulu voir de plus près. Bingo! Le pied à terre, ce sera là. Et cela fait maintenant trente-cinq ans que cela dure… Ce qui n’empêche pas Frédéric Lorin de voyager. En France comme à l’étranger. Sans surprise en Andalousie, mais aussi en Argentine (« j’adore Buenos Aires… »), sur l’île Maurice, au Brésil, en Afrique du Sud… ou encore aux États-Unis. Sensible aux chaleurs tropicales. Ni en voyage organisé ni en sac à dos. Juste l’avion et l’hôtel. « J’aime l’idée de me perdre dans une ville, de découvrir des quartiers improbables… », confie-t-il. Se projetant vers d’autres rêves de voyages, comme le Laos, le Cambodge ou le Vietnam. Et côté France? Une découverte qu’il privilégie « toujours en voiture ». Un bon moyen, selon lui, d’apprécier au fil des kilomètres la variété des paysages de l’Hexagone. Pas sur autoroutes, mais en empruntant les chemins de traverse. Toujours cette envie de se perdre. Dans les Cévennes, le Gard, en Lozère, « très beau parce que c’est enclavé », ou encore dans le Jura français, et dans le Perche pour un week-end. Et quand Frédéric Lorin ne voyage pas, n’écoute pas du jazz ou ne va pas au cinéma, il balade ses clubs sur les practices de golf. Et sur ce terrain-là, bien obligé de ne pas se perdre.