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ART/ADRT

Départements et groupes: pourquoi ont-ils choisi de tourner la page?

Région | publié le : 01.09.2016 | Dernière Mise à jour : 01.09.2016

Auteur

  • Catherine Mautalent

Elles s’étaient positionnées sur le marché groupes, concevant et commercialisant leur offre en brochure et en ligne, et ce auprès des professionnels comme en direct. Mais, en cette année 2016, elles ont fait le choix de tout arrêter. Elles, ce sont les agences de réservation touristique ou agences de développement et de réservation touristiques départementales. Leurs dirigeants nous expliquent pourquoi et dévoilent leur nouvelle stratégie.

Plantons le décor. Tourisme & Territoires, nouveau nom de la Rn2D, est le réseau des agences départementales, regroupant 97 adhérents, selon trois profils distincts. Il y a d’abord les agences de développement touristique, ADT (ou comité départemental du tourisme, CDT), non immatriculées au registre des opérateurs de voyages d’Atout France, mais qui participent au développement commercial des offres via un accompagnement des prestataires pour les aider à mieux vendre, assurent la promotion ou encore peuvent être amenés à assembler des prestations. Ces ADT sont au nombre de 43. A leurs côtés: les agences de réservation touristique (ART). Elles disposent d’un numéro d’immatriculation, souscrivent à une garantie financière comme à une assurance de responsabilité civile professionnelle, et exerce la vente de journées, circuits et séjours, notamment auprès du marché groupes. Ces ART sont au nombre de cinq. Restent les agences de développement et de réservation touristiques (ADRT) qui, elles, cumulent les activités d’une ADT et d’une ART. Elles sont au nombre de 49. Il y a donc 54 agences départementales aujourd’hui immatriculées au registre d’Atout France. Le volume d’affaires total généré par l’ensemble des centrales de réservation de Tourisme & Territoires (séjours groupes, séjours individuels et hébergements secs) est de près de 59 millions d’euros. Concernant la seule activité groupes, le montant est de près de 15 millions d’euros.

Destination Groupes, « LE » club des agences départementales

La vente de produits packagés, qu’elle soit à destination des individuels que des groupes, s’est inscrite pour la plupart de ces agences de réservation touristiques dans la continuité de la mise en place dans les années 80 d’un Service Loisirs Accueil. En 1982 est même créée une fédération les rassemblant (une soixantaine à l’époque), avant qu’ils ne fusionnent chacun avec leur comité départemental du tourisme. Donnant ainsi naissance à un service commercial qui agit, comme un réceptif.

Pour marquer plus particulièrement leur positionnement sur le marché groupes est créé en 1996 une commission dédiée, rebaptisée depuis le club Destination Groupes. Une vingtaine de Services Loisirs Accueil y adhèrent dès le départ, aujourd’hui ce sont 42 agences de réservation touristiques qui y sont rassemblées. A même de répondre à toutes demandes de séjours et d’excursions en France.

Depuis 2008, Sylvain Gauthier (Eure-et-Loir Tourisme) animait ce club Destination Groupes. Il vient de passer le relais à Stéphane Gros de Doubs Tourisme.

Destination Groupes a défini une « charte qualité », et éditait jusqu’alors une brochure commune annuelle. Car la nouvelle édition 2017 a opté pour un autre format: un document pliable sur lequel sont présentés les atouts de chaque destination, complétés par trois photos de sites et des coordonnées de la personne en charge des groupes.

Enfin, le club Destination Groupes organise tous les deux ans un workshop accueillant autocaristes, mais aussi représentants d’associations, de clubs, de comités d’entreprises…

Le prochain se tiendra le 11 octobre 2016 dans le cadre de l’Hippodrome de Vincennes (de 13h30 à 19h).

Actif, ce club Destination Groupes, qui totalise près de 13,5 millions d’euros de volume d’affaires et 5969 contrats réalisés en 2015 (85 % de journées et 15 % de séjours), n’a cessé d’une année sur l’autre d’accueillir de nouveaux arrivants. A l’exemple de l’Allier, des Hautes-Alpes, de l’île de La Réunion, du Morbihan, du Finistère, pour les derniers entrants. Parallèlement, d’autres agences de réservation touristique ont exprimé leurs souhaits d’adhérer pour 2017, comme l’Aude et la Vienne, le département des Ardennes, lui, devrait confirmer cette adhésion sous peu.

Mais, il y a aussi celles qui partent. Une situation habituellement rare d’une année sur l’autre (voire inexistante), mais que 2016 vient quelque peu « bousculer » puisque certaines agences ont décidé de quitter Destination Groupes. Plusieurs raisons à cela, dont la principale est l’arrêt pur et simple de la commercialisation groupes. La Loire-Atlantique, la Seine-Maritime, les Deux-Sèvres, le Jura et la Haute-Saône sont de celles-là. Yonne Tourisme, elle, se laisse encore un délai d’un à deux ans pour prendre une décision quant à l’arrêt de la commercialisation, mais s’est désengagé de Destination Groupes. Une situation quasi-équivalente pour Jura Tourisme. De son côté, Hauts-de-Seine Tourisme, qui sera rattachée au 1er janvier 2017 au conseil départemental, s’interrogera sur la poursuite ou non de la commercialisation groupes, qui pourrait prendre une autre forme (en effet, loi oblige, un conseil départemental ne peut avoir une activité de vente). Enfin, Belfort Tourisme poursuit la vente, mais a choisi de ne plus être adhérent à Destination Groupes, « pour une question de budget ».

Pourquoi une telle décision et comment voient-elles la suite sur ce marché? Tourisme de groupe a posé la question à chaque agence départementale concernée.

Deux-Sèvres: « Nous avons anticipé la loi NOTRe »

Vendre les Deux-Sèvres auprès des groupes a constitué dès 1996 une réelle volonté et stratégie de l’agence départementale, concrétisées par la création d’un Service Loisirs Accueil. La première brochure dédiée paraît en 1997, l’année suivante la structure institutionnelle adhère au club Destination Groupes de Tourisme & Territoires. En 2011, l’agence départementale prend un nouveau virage en choisissant de tourner la page de la production et de la commercialisation en passant la main à quatre offices de tourisme. Et ce, dans un souci de clarification des missions de chacune des structures institutionnelles. L’ADT prend alors en charge la réalisation des outils de communication sur l’offre groupes départementale et leur diffusion via l’envoi de mailings, la participation à des salons et des actions de démarchage. La « nouvelle » brochure rassemble alors les produits des offices de tourisme avec leurs coordonnées. Sa conception ainsi que les opérations de promotion commerciale, bien que menées par l’agence départementale, sont étudiées et décidées en amont avec les offices de tourisme. Un travail de collaboration et de mutualisation. En décembre 2015, l’agence de développement touristique déménage pour rejoindre le siège du conseil départemental, tandis que la dernière brochure groupe, version 2016, est parue à la rentrée 2015. Les offices de tourisme prennent désormais le relais.

L’agence de développement touristique des Deux-Sèvres relayera désormais les offres groupes des six offices de tourisme (Niort-Marais Poitevin-Vallée de la Sèvre Niortaise/ Pays Mellois/Haut Val de Sèvre/Gâtines/Touarsais/Bocage Bressuirais) sur son site web. Il n’y aura plus d’édition de brochure, plus de participation à des salons.

Eure: « Il y a nécessité à mutualiser »

Eure Tourisme commence à s’intéresser au marché groupes dans les années 90 en éditant un manuel des ventes, qui disparaîtra en 2005. Car deux ans auparavant, l’adoption d’un nouveau schéma départemental du tourisme acte la création d’un service groupes. En 2003, donc, est embauchée une personne dédiée, Eure Tourisme obtient l’autorisation de commercialiser, adhère au Club Destination Groupes et en 2004, les premières offres packagées (principalement en formule journée) sont proposées sous forme de fiches produits. Elles seront remplacées en 2012 par la traditionnelle brochure intitulée L’Eure des groupes, circuits et séjours. Parallèlement à cette brochure, Eure Tourisme fait le choix d’éditer un autre document, Hors saison couvrant la période automne-hiver. Adressé – comme la brochure – à l’ensemble des prescripteurs de voyage en groupe, il paraît pour la première fois en 2010. D’autre part, un onglet « groupes » est accessible sur le site web. Depuis les années 2000, le marché groupes a poursuivi une belle croissance, sauf sur les années 2014 et 2015. En 2016, les chiffres sont repartis à la hausse. Pourtant, Eure Tourisme a souhaité mettre en place une nouvelle organisation.

En ce mois de septembre est parue une toute nouvelle brochure 2017 de 48 pages baptisée L’Eure Normandie, destination groupes, rassemblant les offres des trois offices de tourisme et de l’agence départementale. Selon le programme, les coordonnées de la structure sont mentionnées. Sept produits d’appel ont été insérés par chaque office de tourisme. Côté web, il devrait aussi faire l’objet d’une mise en avant de cette offre groupes, avec plus de contenus, mais pas dans l’immédiat. En effet, Eure Tourisme est en train de créer une nouvelle signature touristique, qui sera alors déclinée en ligne sur la cible groupes. D’autre part, la brochure Hors saison devrait être poursuivie, tandis que cet été a été réactivité l’envoi d’une newsletter thématique à destination des professionnels. Enfin, le « partenariat produits » avec Orne Tourisme n’a pas été renouvelé.

Haute-Saône: « Le département a besoin de faire des économies »

Destination 70, l’agence de développement et de réservation touristiques de la Haute-Saône, assurait jusqu’à présent la production et la commercialisation des prestations proposées par les prestataires départementaux. Toute une offre touristique que Mathilde Hézard, chargée de la clientèle groupes, s’attachait à mettre en marché. A travers une production à la carte ou clé-en-main, comme en témoignait une brochure dédiée dont la première parution avait vu le jour en 2004. La même année sera donné le coup d’envoi d’actions marketing à destination de l’ensemble des prescripteurs de voyages en groupe. Parallèlement, la structure institutionnelle s’appuiera sur les offices de tourisme du territoire haut-saônois pour diffuser et promouvoir l’offre (à ce jour, seul Luxeuil-les-Bains conçoit et commercialise les produits groupes). Et Destination 70 devient membre de Destination Groupes. En 2013, le tirage de la brochure doublera passant de 2 500 exemplaires à 5 000, via l’acquisition d’un fichier autocaristes, marquant ainsi la volonté de Destination 70 de conforter son positionnement sur ce marché. Deux ans auparavant, un onglet « groupes » faisait son apparition sur le site web. Des initiatives qui cependant ne permettront pas à l’agence de développement et de réservation touristiques de conforter son engagement, et donc de le poursuivre.

La Haute-Saône, qui depuis le 1er juillet dernier a changé de statut juridique en passant de SEM à Epic, ne disposera plus de brochure groupes, et n’envisage pas d’éditer un manuel de vente pour l’instant. Quant au site web, dont une version totalement nouvelle est attendue prochainement, un onglet « groupes » n’y sera plus inséré.

Jura: « La restructuration de l’agence a conduit à faire des choix »

Le Jura offre, aussi bien en hiver qu’en été un large choix d’activités de loisirs, de sites culturels (Salines de Salins-les-Bains, maison natale de Pasteur…) et de paysages. Cette brève présentation des attraits touristiques départementaux étaient annoncés d’emblée dans la brochure dédiée à l’ensemble des prescripteurs de voyages de groupe. Un dernier marché, cependant, sur lequel sest positionné Jura Tourisme il y a peine cinq ans. Et ce malgré la création d’un Service Loisirs Accueil, mais qui s’était jusqu’alors consacré au locatif et aux produits individuels. C’est lorsqu’il fusionne avec l’agence départementale que nait cette volonté de travailler le groupe, d’autant que parallèlement les demandes allaient grandissantes. Une initiative qui portera ses fruits avec des résultats qui témoigneront d’une croissance régulière. Dans la foulée de l’édition d’une brochure, un onglet groupes fera également son apparition sur le site web. Mais, la restructuration de l’agence départementale a eu pour conséquence de remettre à plat certains services.

Jura Tourisme n’abandonne pas la commercialisation groupes, mais a décidé de ne pas rééditer de brochure dédiée. L’offre est désormais accessible en ligne. Par ailleurs, le réceptif Juragence est devenu en juillet dernier partenaire de Jura Tourisme pour traiter en particulier des demandes groupes « complexes » (par exemple sur des séjours d’au moins quatre jours). Ce partenariat court jusqu’en octobre prochain. Il peut ou ne pas être renouvelé.

Loire-Atlantique: « Les offices de tourisme ont pris le marché »

En Loire-Atlantique, tout a commencé par la création d’un Service Loisirs Accueil commercialisant aussi bien à destination des individuels que des groupes. Sur ce dernier marché, une brochure dédiée est éditée, mais arrêtée en 2007 « face à des offices de tourisme qui développaient de leur côté la vente de produits groupes », expliquait à Tourisme de groupe Jérôme Bosger, alors chargé de la promotion commerciale. Un Manuel de vente vient remplacer la brochure. Dans ce contexte, et pour accompagner cette nouvelle édition, le service groupes va particulièrement s’intéresser aux autocaristes en allant les rencontrer sur le terrain. Et de plus en plus loin de ses bases départementales. Se pose alors la question de la vente de séjours.

En 2012, il est décidé de laisser la main aux offices de tourisme pour la commercialisation des journées, l’agence de développement et de réservation touristiques reprenant celle des séjours. « Une démarche logique, des compétences partagées en fonction d’une dimension territoriale propre à chacun », poursuivait Jérôme Bosger. Une brochure 2012/2013 est éditée et rassemble alors huit programmes de deux à cinq jours, et la Loire-Atlantique réintègre le club Destination Groupes qu’elle avait quitté en 2007. Cette « nouvelle » brochure ne paraît plus pour la période 2016/2017, remplacée par l’envoi de mailings. L’offre reste accessible sur le web. En décembre 2015, une nouvelle stratégie touristique est définie sur la base d’une nouvelle et simple marque: « Loire-Atlantique ». Avec à la clé cinq ambitions: une offre dynamisée par la mise en réseau des filières et des territoires touristiques, le développement d’un modèle « éco/slow tourisme » spécifique au département, une offre solidaire et de proximité, une communication renouvelée et une gouvernance clarifiée. Et c’est sur ce dernier point, que place n’est plus donnée au marché groupes.

Désormais, dix offices de tourisme assurent pour le département la commercialisation groupes: Le Voyage à Nantes, Brière, Guérande, La Baule, Pornic, Pornichet, Saint-Brévin, Saint Nazaire Tourisme, l’office de tourisme du Vignoble à Nantes et Ancenis.

Seine-Maritime: « Les métiers évoluent, se transforment »

En 2015, la Seine-Maritime revendiquait son identité normande en faisant le choix de décliner ses attraits touristiques sous une nouvelle marque: « Seine-Maritime, la Normandie impressionnante ».Un travail sur la forme, mais aussi sur le fond, qui est venu valoriser (et enrichir) l’offre. La nouvelle stratégie déployée s’est également tournée vers le marché groupes. « Il s’agit de poursuivre le développement et la valorisation de l’offre touristique groupes sur l’ensemble des territoires du département en partenariat avec les acteurs touristiques privés et institutionnels », pouvait-on lire sur le dernier rapport de la structure institutionnelle. Mais, déjà, dès les années 2000, Seine-Maritime Tourisme affichait clairement sa volonté de « s’imposer » sur ce marché groupes à travers les arrivées successives de deux commerciaux dédiés, l’adhésion au club Destination Groupes, la participation à des workshops organisés par les autocaristes, par le développement de l’offre séjours, l’envoi d’e-mailings une fois par trimestre auprès des professionnels, l’organisation d’eductours… Mais, la loi NOTRe est venue changer la donne, les offices de tourisme se sont affirmés, la physionomie des groupes a changé, etc., des facteurs parmi d’autres qui ont finalement conduit Seine-Maritime Tourisme à privilégier la promotion au détriment de la commercialisation.

Seine-Maritime Tourisme assurera désormais la mise en relation entre les prestataires départementaux et les professionnels du tourisme de groupe. La structure aura également une mission de conseil, et orientera selon les demandes vers l’office de tourisme le plus adapté. Mais, exit le service commercial groupe. Idem pour la brochure dédiée. En revanche, les offres des offices de tourisme sont accessibles en ligne. Reste aussi un manuel de ventes (disponible sur clé USB).

Yonne: « Le chiffre d’affaires groupes chute depuis trois ans »

Pour l’agence de développement et de réservation touristiques Yonne Tourisme, le marché groupes a toujours constitué une activité incontournable, et ce depuis 1988! Un Service Loisirs Accueil avait même été créé uniquement pour travailler ce marché.

Membre du club Destination Groupes depuis sa mise en place (soit en 1996), une brochure dédiée ainsi qu’un onglet dédié sur le site web sont venus matérialiser ce positionnement.

L’ensemble des prescripteurs de voyages en groupe ont constitué les cibles, mais avec un avantage pour les professionnels à travers la mise en place d’un commissionnement. L’an dernier encore, Yonne Réservation (le service commercial) poursuivait le développement de son offre groupes, en intégrant notamment pour cette année huit nouveaux séjours qui ont intégré l’édition 2016 de la brochure éditée à 11 500 exemplaires. Mais, faute de moyens, la structure institutionnelle a effectivement envisagé l’arrêt des activités commerciales. Néanmoins, les élus départementaux ont souhaité que ce service perdure.

Yonne Tourisme, à travers son service commercial Yonne Réservation, se donne encore une année, voire deux, dans la vente de produits groupes. La version 2017 de la brochure est annoncée pour ce mois de septembre. Tout en poursuivant parallèlement le développement de son offre groupes en ciblant les comités d’entreprises (via un document dédié), et après avoir lancé l’an passé un autre support papier, cette fois à destination des groupes affaires.

Marc Richet directeur de Deux-Sèvres Tourisme

« En cette année 2016, nous avons fait le choix de nous désengager du marché groupes. Dès 2011 déjà, nous avions souhaité laisser la main à quatre offices de tourisme de pôle, qui depuis sont passés à six permettant ainsi de couvrir l’ensemble du territoire départemental. Un territoire depuis bien maillé pour assurer dans les meilleures conditions la production et la commercialisation groupes. Ces offices de tourisme devront s’organiser eux-mêmes pour assurer ces missions, ils sont dé-sormais matures pour le faire. Ils se sont affirmés, ont pris le marché parce qu’ils sont devenus plus professionnels, plus structurés. Avec l’avantage d’être sur le terrain, proches de leurs prestataires. Il n’y avait donc plus intérêt pour l’agence de développement touristique de poursuivre son positionnement auprès de l’ensemble des prescripteurs de voyage en groupe, et nous avons donc fait le choix de quitter le club Destination groupes de Tourisme & Territoires.

Cependant, nous sommes actuellement en discussion avec le réseau départemental pour trouver un moyen de ne pas perdre en visibilité sur ce marché groupes, même si nous ne sommes plus l’opérateur direct auprès de ces prescripteurs. En attendant, l’agence départementale a choisi de se recentrer sur les métiers de l’ingénierie en accompagnant les acteurs touristiques, notamment en termes de marketing. Cependant, si les offices de tourisme reprennent la main, nous allons veiller à une mise en cohérence de leur démarchage auprès des clients et prospects pour que celui-ci ne parte pas tous azimuts! Dans cet objectif, nous nous réunirons tous les mois afin de définir ensemble les plans d’action, de les coordonner surtout. Dans notre choix, nous avons en quelque-sorte anticipé la loi NOTRe en donnant au territoire départemental une totale couverture touristique via des offices de tourisme de pôle, des offices de tourisme qui, en fonction d’une logique de destination, pourraient aussi être amenés demain à s’engager dans de possibles fusions… ».

Armelle Lesueur directrice par interim d’Eure Tourisme

« Malgré une excellente année 2016 sur le marché groupes, nous avons décidé de repositionner les missions de notre service dédié. Le constat était d’une part que les offices de tourisme renforcaient de plus en plus leur présence sur ce marché, et d’autre part que la loi NOTRe allait leur donner des territoires et des compétences élargies. En conséquence, le territoire d’intervention d’Eure Tourisme devenait moins important, et cela se traduisait dans la pratique par des doublons. Aussi, trois importants offices de tourisme (Evreux, Les Portes de l’Eure autour de Vernon et de Giverny ainsi que Seine Eure autour de Louviers, ndlr) et Eure Tourisme se sont réunis pour trouver la meilleure solution possible. L’idée est de travailler ensemble dans le cadre d’un « club des réceptifs » (nom provisoire, ndlr) dans lequel chacun a des missions claires. Pour Eure Tourisme, il s’agira d’assurer la promotion du territoire et de ses offres. Ce club rassemblera les trois offices de tourisme et l’agence départementale, mais on ne s’interdit pas d’y inclure par la suite des privés. Toutefois, comme le département n’est pas totalement structurellement couvert en matière de commercialisation, nous allons la poursuivre. Cette commercialisation sera cependant temporaire, puisque nous attendrons le 1er janvier 2017 avec la constitution de nouvelles intercommunalités issues de la loi NOTRe. Notre rôle sera alors d’accompagner les offices de tourisme qui se constitueront, avec l’objectif qu’ils prennent en main la commercialisation. Cette nouvelle organisation ne change en rien notre adhésion au club Destination Groupes de Tourisme & Territoires, où nous avons choisi de rester, parce que l’effet réseau est très positif ».

Damien Pagani, directeur-adjoint de Destination 70

« Je confirme qu’à ce jour, Destination 70 arrête toute mission de commercialisation, tant auprès des individuels que des groupes. Nous enregistrons des baisses de recettes, tandis que parallèlement nous devons faire face à des hausses de charges. D’où une attention toute particulière donnée à l’organisation des différents services de la structure institutionnelle. D’un autre côté, il y aura l’impact de la loi NOTRe, même si tout n’est pas encore très clair, mais elle dit « compétence partagée » entre intercommunalités, communes, département et région, avec aussi des départements qui n’auront plus le droit d’intervenir pour soutenir des initiatives privées. Il n’y aura plus d’investissement touristique. Par ailleurs, nous subissons une forte concurrence d’autres opérateurs touristiques. La vente des produits groupes ne représentait que 20 % de notre chiffre d’affaires, soit 600 000 euros, il n’était donc pas possible de conserver un service commercial pour si peu. Aujourd’hui, le département a besoin de faire des économies, et il a considéré que ce service coutait trop d’argent pour des résultats moindres. Il a donc souhaité reprendre la main sur sa mission première qu’est la promotion en se rapprochant de la collectivité. En d’autres termes, revenir à son cœur de métier tout en travaillant en partenariat avec les intercommunalités et les offices de tourisme, et ce afin de gagner en visibilité. On ne peut plus aujourd’hui se disperser.

Destination 70 n’a plus de numéro d’immatriculation depuis juin dernier, le service commercial a été dissous, mais nous avons souhaité accompagner nos prestataires départementaux spécialistes de l’accueil des groupes (sites et hébergements, ndlr) à la suite de notre décision. Nous nous sommes réunis à plusieurs reprises par le biais de journées d’informations/formations pour les aider à reprendre en main la commercialisation. Sur notre territoire, outre l’office de tourisme de Luxeuil-les-Bains qui déjà produit et commercialise des offres groupes (et a étendu son territoire aux Vosges du Sud, ndlr), il y a aussi des autocaristes locaux à même de se positionner en tant que réceptifs. Nous réfléchissons actuellement à la mise en place d’une nouvelle organisation qui pourrait voir émerger la création d’un office de tourisme sur trois territoires constituant le département: Vezoul Vallée de la Saône, Vallée de l’Ognon et Vosges du Sud. Tous trois pourraient prendre en charge la commercialisation groupes.

Ces trois « entités » sont actuellement en train de se structurer, sachant que Vosges du Sud est à ce jour la plus aboutie. Nous avons lancé une étude qui devrait ensuite nous permettre de définir une identité, une stratégie de développement et un plan d’actions. L’heure aujourd’hui est de mener un travail commun entre les offices de tourisme (au nombre de 18, ndlr) et les intercommunalités pour voir comment nous pourrions mieux structurer le réseau. Le département n’a pas vocation à imposer, nous avons tous intérêt à travailler ensemble ».

Jean-Pascal Chopard directeur de Jura Tourisme

« L’intérêt porté par Jura Tourisme au marché groupe est relativement récent puisqu’il date des années 2011/2012. C’était une opportunité pour l’agence départementale de diversifier ses activités, tout en lui apportant, bien sûr, des rentrées financières. Mais lorsqu’en cette année 2016, il est décidé de restructurer Jura Tourisme, face notamment à une baisse de subventions, chaque service composant la structure a fait l’objet d’une remise à plat. Avec pour certains d’entre eux des suppressions de postes. Et force a été de constater que celui dédié aux groupes n’était pas – financièrement parlant – à l’équilibre. Sans être cependant en perdition. Nous avons donc estimé que l’activité méritait d’être poursuivie et développée, avec pour objectif d’augmenter le chiffre d’affaires. Un objectif qui ne pourra être atteint dès lors que nous nous en donnerons les moyens, nous y réfléchissons. Nous avons au moins un an pour redéfinir cette nouvelle stratégie groupes. Dans ce contexte, nous ne pouvions plus être adhérent au club Destination Groupes ».

Agnès Broquet directrice de Loire-Atlantique Développement

« En pleine évolution institutionnelle avec l’application de la loi NOTRe, le département a souhaité reprécisé son rôle ainsi que celui de son opérateur, Loire-Atlantique Développement – Société Publique Locale. Celui-ci doit désormais être porteur de projets d’enrichissement de l’offre touristique globale, mais aussi fédérateur des acteurs, initiateur et « ensemblier » des dynamiques touristiques. Loire Atlantique Développement a fait le choix de centrer ses missions sur ses domaines d’expertise que sont l’animation des territoires et des filières-clé, la co-construction de produits innovants et attractifs, l’observation et la veille. Le département a donc pour missions d’accompagner et de travailler avec les intercommunalités et les autres acteurs que sont, par exemple, la région et les offices de tourisme, dans ce développement touristique durable. Ce référentiel stratégique a guidé nos choix, il a défini un positionnement qui appelle dorénavant une nécessaire complémentarité entre le département et ses territoires, et non de doublonner les missions entre organisations institutionnelles. L’objectif est de ne pas se faire concurrence. Aujourd’hui, les offices de tourisme se sont imposées dans la commercialisation des groupes, et ce tant sur des formules journées que des séjours par le biais de conventions signées entre eux. Ils ont pris ce marché groupes, ont élargi leurs compétences et leurs rayons d’action faisant du territoire une destination professionnelle. Cela ne veut pas dire que Loire-Atlantique Développement-SPL abandonne pour autant et brusquement la commercialisation groupes, qui a représenté l’an passé 15 % de notre chiffre d’affaires, en baisse par rapport aux années précédentes. Cette commercialisation va, certes, pour l’instant, rester en stand-by, mais nous allons mener une réflexion quant à la suite que nous allons lui donner. Une des pistes pourrait, par exemple, de se positionner sur des clients ciblés, comme les groupes affinitaires. En attendant, l’offre dédiée et conçue par les offices de tourisme reste accessible sur notre site web, et parallèlement nous continuerons notre travail d’information et de conseil auprès des autocaristes. D’autre part, nous maintenons notre offre destinée aux groupes scolaires (un partenariat a été signé avec l’Education nationale, ndlr) qui jusqu’à présent ne portait que sur le premier degré et qui va s’élargir aux collèges, un marché scolaire qui l’an passé a totalisé 55 % de notre chiffre d’affaires ».

Jean-François Santais directeur de Seine-Maritime Tourisme

« Seine-Maritime Tourisme a décidé d’arrêter toute commercialisation. Aujourd’hui, les comités départementaux de tourisme se transforment, les métiers aussi. Le rôle d’une structure institutionnelle départementale doit dorénavant s’inscrire dans la mise en offre d’un territoire, dans l’aide aux porteurs de projets et dans le conseil au développement touristique. Il a donc été nécessaire de faire un choix dans nos activités, regarder les plus chronophages, celles qui demandent du personnel et les mettre en perspective avec les résultats engendrés. Et force a été de constater que l’activité groupes n’était pas rentable, donc de fait pas fondamentale pour une agence départementale, c’est plus le travail des réceptifs. Et l’idée de créer d’ailleurs un réceptif régional normand n’est pas exclue. On y travaille. De plus, le territoire dispose de huit offices de tourisme, comme Le Havre et Rouen pour ne citer qu’eux, qui sont déjà bien positionnés sur le marché groupes. On ne peut donc pas se mettre en concurrence, ne pas doublonner une même activité. Ces offices de tourisme travaillent d’ailleurs déjà entre eux, par le biais de conventions, pour assurer – commercialement parlant – le maillage touristique du territoire. Tout le travail mené jusqu’alors par Seine-Maritime Tourisme auprès du marché groupes n’est pas perdu, aujourd’hui nous le transférons aux offices de tourisme. Nous allons à présent privilégier la promotion, la renforcer, en continuant notamment à participer à des salons professionnels, voire en organisant des éductours. La priorité est désormais la mise en avant de notre territoire ».

Bénédicte Nastorg-Larrouture directrice de Yonne Tourisme

« Yonne Tourisme, qui était encore pour cette année 2016 membre du club Destination Groupes, n’a pas souhaité renouveller son adhésion pour 2017. Depuis trois ans, le service commercial – Yonne Réservation – enregistre une chute de son chiffre d’affaires sur ce marché. Le panier moyen a baissé, à l’exemple des séjours qui ont perdu 100 euros en moyenne. Par ailleurs, le nombre de participants dans les groupes diminuent drastiquement, les autocarsites ont du mal à remplir leurs autocars. Le temps des groupes traditionnels semble révolu, ils ont été remplacés par des minigroupes. Et puis, parallèlement, nous devons faire face à moins de subventions, comme à une concurrence certaine de « gros » offices de tourisme. D’autre part, nous nous sommes posés la question de savoir si en tant qu’intermédiaire entre nos prestataires locaux et les prescripteurs de voyages en groupe, nous apportions réellement de la valeur ajoutée. Force a été de constater que c’était moins le cas. Sauf que, paradoxalement, il était établi que nous étions apporteur d’affaires pour nos prestataires, via une enquête que nous avons mené auprès d’eux. En conséquence, nous avons souhaité remettre à plus tard notre décision d’arrêter la commercialisation. Nous nous sommes fixés un an, voire deux pour voir comment la situation évoluera. Bien sûr, durant ce temps, nous n’allons pas rester les bras croisés! En effet, l’idée serait de fédérer les prestataires groupes (les plus dynamiques) via la création d’un club, de manière à travailler en commun pour mener ensemble différentes actions. Avec la volonté de renforcer leur implication dans la démarche groupes. La création d’un site internet dédié groupes avec un réel contenu n’est également pas exclu. Parallèlement, loi NOTRe oblige, beaucoup d’intercommunalités fusionneront au 1er janvier 2017, notre rôle sera alors d’accompagner les offices de tourisme qui jusqu’alors ne commercialisaient pas. Il faut que d’ici la fin de cette année 2016 nous ayons formalisé noir sur blanc ces différentes pistes de réflexion ».

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