D’une centaine de millions dans les années 60, le nombre de touristes internationaux a dépassé le milliard. Et selon les observations de l’Organisation mondiale du tourisme, il atteindrait 1,8 milliard en 2030. De bonnes raisons de croire en son avenir radieux! Mais, le futur n’est jamais sûr. Il peut avancer, stagner, faire marche arrière… La Direction générale des entreprises a ainsi sollicité des professionnels du secteur pour s’exprimer sur leur vision du tourisme de demain. Morceaux choisis.(Source: Tourisme en 2050 – Cahier de tendances – DGE)
« Il conviendra de faire preuve d’une extrème souplesse vis-à-vis des attentes du client avant, pendant et après son séjour. Dans trente ans, les consommateurs ne réserveront plus à l’avance. Plus ou moins certains de trouver un hébergement, ils seront peu enclins à organiser leurs séjours. Par ailleurs, et surtout, les touristes seront particulièrement exigeants par rapport à l’offre hôtelière ».
VIVEK BADRINATH, directeur général adjoint d’AccorHotels.
« Les nouvelles grandes régions françaises sont de taille à rivaliser avec les grandes régions européennes. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour l’avenir des capitales régionales et des territoires alentours.
Car demain encore plus qu’aujourd’hui, la notion de destination touristique va évoluer vers des territoires plus vastes, en particulier du point de vue de l’international ».
DOMINIQUE HUMMEL, directeur général du Futuroscope.
« Avec une progression annuelle régulière et conséquente du trafic passagers, le secteur aérien au niveau mondial pourrait être multiplié par trois. En particulier grâce aux progressions à deux chiffres des pays asiatiques. Notamment de la Chine où une centaine d’aéroports sont en construction… Mais, ce ne sera pas le cas de la France où, de 180 millions de passagers en 2015 sur 150 aéroports, y compris l’Outre-mer, le trafic aérien devrait augmenter plus lentement ».
PHILIPPE ALIOTTI, délégué général de l’Union des aéroports français.
« Le phénomène majeur consistera vraisemblablement dans la montée en puissance d’un tourisme de plus en plus autonome, affichant des comportements très individualisés. Il pèsera de plus en plus lourd dans la balance et réclamera, comme c’est déjà le cas aujourd’hui, des prestations excessivement personnalisées, de plus en plus raffinées, qui exigeront de la part d’opérateurs réceptifs de proposer une offre très segmentée, sans cesse renouvelée ».
CORRINE LE CAM, directrice commerciale de Paris CityVision.
« L’avenir du secteur ne peut être envisagé avec optimisme qu’à condition que l’on prenne en considération un phénomène majeur: la prise du pouvoir du touriste. Lequel aura de moins en moins besoin d’intermédiaires et d’experts pour concevoir ses déplacements et les réserver ».
AGNES PANNIER-RUNACHER, directrice générale déléguée de la Compagnie des Alpes.
« Dans un contexte plus « remuant » et éventuellement plus menaçant, je pense que nous serons tout de même obligés de continuer à apprendre à nous adapter. Nous devrons, nous, opérateurs de voyages, faire preuve d’une vigilance renforcée et de très grandes capacités de réaction. Nous devrons apprendre à vivre dans « une société à l’israélienne » dans laquelle la menace est permanente, mais conjurée instantanément ».
ANNE BOUFERGUENE, directrice générale adjointe de Voyageurs du Monde.