Surnommée « la cité jolie » par Madame de Sévigné, Evreux la Normande, n’a pas la même raisonnance touristique que d’autres villes françaises. Pourtant, pour peu que l’on vienne la découvrir d’un peu plus près, les touristes pourraient être surpris par la diversité de ses patrimoines naturel (elle est la deuxième ville verte de l’Hexagone) et historique (elle est cité bimillénaire). D’ailleurs, il suffit d’égrener les pages de la brochure groupes pour s’en rendre compte.
Avez-vous déjà entendu parler d’un office de tourisme et de commerce? L’appellation a été créée il y a une dizaine d’années, et comme son nom l’indique, elle a pour objectif d’associer les commerçants d’une ville à l’activité touristique (lors d’événements, par exemple). Il ne s’agit pas d’une « nouvelle » catégorie de structure institutionnelle, régie par un cadre légal et juridique (sinon, bien sûr, pour l’office de tourisme tout court!), mais d’une volonté politique locale de créer des liens entre les deux secteurs. Offices de Tourisme de France en recense à ce jour sept
Mais l’actualité pour la structure institutionnelle ébroïcienne ne s’arrête pas là. En effet, exit depuis peu l’appellation office de tourisme et de commerce du Grand Evreux (regroupant 37 communes), place désormais à Evreux Normandie Tourisme (et en seconde marque, Evreux Normandie Commerce). « Nous faisons partie de la « nouvelle » région Normandie qui affiche une notoriété forte en France comme à l’international, avec des destinations phares comme le Mont-Saint-Michel ou encore les plages du débarquement pour ne citer qu’elles, explique Agnès Le Maître, directrice de la structure institutionnelle. Associer le nom Normandie à Evreux situe immédiatement la ville, lui donne surtout une toute autre visibilité ». Et puis, loi NOTRe oblige, l’agglomération du Grand Evreux passera au 1er janvier 2017 à 63 communes, fusionnant avec la communauté de communes de la Porte Normande située au Sud Est d’Evreux avec Saint-André-de-l’Eure pour chef-lieu. Ce qui, touristiquement parlant, impactera évidemment l’offre, de fait élargie, et dont la clientèle groupes sera fort logiquement bénéficiaire.
Une clientèle groupes que la structure institutionnelle connaît bien, puisqu’elle s’est positionnée sur ce marché depuis plusieurs années maintenant. Et encore plus en 1998 lorsqu’elle en fait une priorité en demandant l’autorisation de commercialiser des produits packagés dédiés. Un positionnement qu’elle confirmera en 2004 avec l’arrivée de Myriam Rossignol, responsable commerciale, qui aura pour mission de développer ce marché. « Jusqu’à cette année-là, nous éditions des fiches produits journées en interne, destinées à répondre à des demandes ponctuelles issues tant des professionnels que des associations ou des clubs, raconte-telle. Il n’y avait pas de démarche commerciale particulière ». Dès 2005, Myriam Rossignol part sur les routes à la rencontre de prescripteurs de voyages en groupe, principalement basés en région parisienne. Une démarche qui s’inscrivait après une année 2004 consacrée à référencer l’offre existante tout en se constituant parallèlement un fichier de prospects. « Je me souviens qu’au cours de ces nombreuses rencontres, j’avais quelques difficultés à vendre la destination qui n’était pas ou peu connue, raconte-t-elle. Mais, une fois détaillée l’offre, les réactions des professionnels comme des décideurs groupes étaient plutôt positives, et a fortiori encourageantes ». Et les groupes sont devenus de plus en plus nombreux à fouler le sol d’Evreux. Ce démarchage terrain s’est poursuivi jusqu’en 2012, il a été étendu aux départements de l’Orne et du Nord, par exemple, et même en Belgique. « Depuis, nous avons privilégié le web via l’envoi de mailings (pour la première fois sera lancée cet été une newsletter, ndlr), et nous adressons courant avril un document de six pages intitulé Destination groupes sur lequel nous avons sélectionné quatre produits », explique Myriam Rossignol. Edité à 2 000 exemplaires, ce document n’est pas systématiquement adressé aux mêmes clients. Cette année, par exemple, les autocaristes ont ainsi été privilégiés. Parallèlement, l’office de tourisme participe à des salons professionnels, et notamment à deux reprises au MAP Pro. Voire à des salons organisés par des autocaristes (le dernier en date étant celui de l’entreprise Voyages Grisel).
Et puis, il y a la traditionnelle brochure! La première a vu le jour en 2005. Composée alors de huit pages, elle renfermait des journées clé-en-mains et une liste de prestations à la carte à combiner. » Lorsque j’ai pris la direction de l’office de tourisme en 2010, j’ai fait du marché groupes une priorité, indique Agnès Le Maître. En collaboration avec l’équipe dédiée (deux personnes aujourd’hui, ndlr) ont notamment été revus la politique tarifaire ou encore la conception des produits, tandis que nous menions des actions auprès des professionnels du tourisme à travers notamment l’organisation d’éductours ». C’est aussi l’époque où l’office de tourisme a pris position dans le secteur du tourisme d’affaires, comme en témoignait l’édition de la brochure en 2011 estampillée Guide groupes & affaires. Ce qui est encore le cas en cette année 2016. Cette dernière version, d’une vingtaine de pages et éditée à 6000 exemplaires, fait donc la place aussi bien aux offres loisirs et affaires, ces dernières occupant cependant que deux pages à travers des lieux de congrès et séminaires comme de journées incentive.
Pour les groupes loisirs, les formules journées sont privilégiées et complétées par une offre court séjour, des journées à la carte ou encore les visites guidées. Même « si 80 % du travail quotidien consiste à faire du sur-mesure », glisse Myriam Rossigol. « Cette année, nous avons inséré un tout nouveau produit, le Manège de Tilly, qui vient ainsi étoffer notre offre avec, pour la première fois, une proposition de déjeuner et de dîner spectacle », poursuit la responsable commerciale. A noter également que la production ébroïcienne est complétée, via des partenariats, par des produits tels que Giverny, Louviers ou encore une croisière sur la Seine au départ de Poses.
L’ensemble de l’offre est suggérée à l’ensemble des prescripteurs de voyages en groupe, mais distingue cependant les professionnels du tourisme à travers la mise en place d’une commission de 7 % uniquement sur les formules journées (les tarifs sont définis sur la base de 30 pax). De plus, la gratuité est appliquée pour le conducteur. « Par ailleurs, nous proposons 10 % de réduction à chaque membre d’un groupe sur un achat effectué dans la boutique de l’office de tourisme », ajoute Myriam Rossignol.
Aux côtés des groupes loisirs et affaires, la structure institutionnelle s’est aussi positionnée sur le marché des scolaires. Ici, pas de brochure, mais un dépliant de six pages matérialise l’offre, entre visites guidées thématiques, découvertes récréatives et insolites, activités de loisirs ou encore savoir-faire, nature et terroir. Il est envoyé à tous les établissements scolaires du département de l’Eure. « Nous avons de plus en plus de demandes sur ses prestations scolaires, relève Agnès Le Maître. C’est pour nous un marché en développement ».
Même si l’an passé, le chiffre d’affaires a affiché une légère baisse (- 2 %), « l’activité groupes est en constante évolution depuis 2010, indique Agnès Le Maître. 2016 est sous le signe de la reprise ». Et ce, « malgré les restrictions budgétaires, la diminution du nombre de participants ou encore les effets attentats à la suite desquels nous avons d’ailleurs eu deux annulations », ajoute Myriam Rossignol. Et parallèlement de compléter ses propos par » beaucoup de renégociations et de réservations de dernière minute ». Quoi qu’il en soit, « l’objectif aujourd’hui est de poursuivre et soutenir ce marché groupes », annonce Agnès Le Maître. Il est d’ailleurs question d’organiser d’ici la fin de l’année, voire au début de l’année prochaine, un éductour. La brochure 2017 est actuellement en pleine préparation, et devrait fort logiquement s’étoffer avec l’arrivée de nouveaux programmes et produits, au regard de la fusion territoriale annoncée. En attendant l’ouverture à Evreux, à moyen terme, d’un musée consacré à l’OTAN. Et puis d’ici là, la cité normande devrait obtenir le label « ville d’art et d’histoire »…
(*) Au côté d’Evreux, citons Périgueux (le premier créé), Saint-Jean-de-Luz, Saint-Paul-les-Dax, Flers, Hendaye et Val-de-Villé.
• CA 2015: 90 000 euros (100 % des ventes sont réalisées sur des excursions à la journée).
• 70 groupes totalisés en 2015 (soit 3400 pax)
• Les groupes sont principalement issus des Yvelines, du Val d’Oise et de Seine-Maritime.
• 92 % des groupes sont amenés par les non-pros, 8 % par les pros.
• Top 3 des sites privilégiés: cœur historique d’Evreux, cathédrale Notre-Dame et cité épiscopale.
Le manège de Tilly à Evreux, ancienne caserne militaire du XIXe siècle connue sous le nom de « caserne Saint-Sauveur », abritait la cavalerie du 21e puis du 6e Dragon. Elle prend le nom de quartier Tilly, en mémoire du Comte de Tilly, général d’Empire. En septembre 2015, après avoir été réhabilité afin de retrouver sa fonction de manège équestre, il devient une salle de spectacle. Il fait son entrée dans la brochure groupes de l’office de tourisme en cette année 2016 à travers le spectacle « La revue de la caserne », proposé en déjeuner et en dîner.
Cathédrale Notre-Dame (chef-d’œuvre de l’art du vitrail du XIIIe au XVIe siècle à travers 70 verrières, chaire du XVIIe, 13 chapelles fermées de clôtures en bois sculpté du XVe au XVIIIe siècles et une particularité: celle de posséder un grand orgue de facture moderne); ancien évêché transformé en musée d’Art, d’Histoire et d’Archéologie (collections archéologiques et d’autres liées à l’histoire de l’évêché, fonds d’arts décoratifs, de mobilier et de peinture ou encore d’œuvres de la seconde moitié du XXe siècle); église abbatiale Saint-Taurin (fondée au Xe siècle à l’endroit présumé du tombeau de Saint-Taurin, premier évêque évangélisateur d’Evreux; ancienne abbaye bénédictine alliant différents styles architecturaux. Sa châsse du XIIIe siècle est un chef-d’œuvre de l’orfèvrerie médiévale); beffroi ou tour de l’horloge (XVe siècle, seul vestige des fortifications médiévales et dernier beffroi normand; il est le point de départ de la promenade le long de la rivière Iton faisant face à une partie des remparts gallo-romains); Gisacum (site gallo-romain de forme hexagonale proposant à la visite des thermes, un jardin archéologique et un centre d’interprétation); château de Gaillon (considéré comme un des premiers châteaux Renaissance en France); forteresse d’Avrilly (fossés, basse-cour, vestiges du mur d’enceinte, atelier enluminure, guides costumés).
Exploitation cidricole du Clos Cerisey et son verger; Maison Auzou, (artisan-chocolatier depuis trois générations); atelier Clara (joaillière, découverte du monde des pierres précieuses et du diamant); « La passion du jardin » (paysagiste); « du siège au décor » (découverte des différents procédés de la tapisserie d’ameublement); ferme du Clos de la Mare (production d’huiles de colza et de tournesol, de farine de blé, de seigle, de sarrasin et de maïs); le Calvados Morin (étapes de fabrication, caves souterraines du XIXe siècle).
Base aérienne 105 d’Evreux (musée retraçant l’histoire du lieu notamment pendant la Seconde Guerre mondiale, mais aussi à l’époque de la présence américaine dans le cadre de l’OTAN, avant de monter à bord d’un avion de légende, le Transall C 160 et de rencontrer avec un fauconnier).
Fêtes normandes (une seconde édition qui aura lieu le premier week-end d’octobre 2016, avec pour thème « la mer »).
Croisière sur la Seine à partir de Poses; balade en chemin de fer de la Vallée de l’Eure à partir de Pacy-sur-Eure (authentique train datant de la première moitié du XXe siècle); découverte d’Evreux à bord d’un ULM (base 30 pax).
Evreux est une « ville à la campagne »! En témoignent une forêt (près de 450 hectares, parcours pédestres), les coteaux de la colline St-Michel (classés « Natura 2000 »), un jardin botanique, un parcours sportif accrobranche, une « voie verte »…