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Initiative

APST: un plan d’attaque en six points

Opinion | publié le : 01.07.2016 | Dernière Mise à jour : 01.07.2016

Auteur

  • Catherine Mautalent

Le 16 juin dernier, la nouvelle présidente de l’APST, Alix Philipon, a présenté un plan d’attaque baptisé « Ensemble vers 2020 » destiné à ouvrir de nouvelles pages de la vie de l’association. « On ne va rien révolutionner, mais améliorer ce qui existe », a-t-elle indiqué, avant de dévoiler son programme en six points.

Le 27 avril dernier à Paris, Alix Philipon était élue Présidente de l’Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme (APST), par 19 voix sur 30, face à deux candidats qui s’étaient déclarés en dernière minute (Laure Tré-Hardy/trois voix et Didier Calas/huit voix). Nouvelle présidente, mais aussi première femme à être élue à ce poste depuis la création de celle qui était alors appelée Association Professionnelle de garantie des agences de voyages (APGAV) en 1961. Alix Philipon a succédé à Raoul Nabet, qui avait occupé ce poste pendant sept ans (et deux mandats). « Je présenterai ma feuille de route dans le courant du mois de juin », avait alors annoncé la nouvelle présidente, élue pour deux ans, et qui « veut être celle qui rassemble, communique, développe et innove ». Promesse tenue. Le 16 juin dernier, elle dévoilait son plan intitulé « ensemble vers 2020 », sa « feuille de route » fixant six objectifs. « Nous n’allons rien révolutionner car beaucoup de choses ont été mises en place, on va tenter d’améliorer ce qui existe », a précisé d’emblée Alix Philipon, soulignant en aparté “le travail remarquable effectué par mon prédécesseur”.

Consolider le fonds de garantie

Premier des six objectifs fixés par la présidente de l’ASPT: « consolider notre fonds de garantie liquide et exigible ». A fin 2015, il s’élevait à 6,5 millions d’euros. Une consolidation nécessaire parce qu’il faut faire face à la conjoncture économique et qu’il faut respecter les demandes des pouvoirs publics au niveau des normes prudentielles telles que stipulées dans le décret du 2 septembre 2015, révisant les modalités de calcul de la garantie financière. « Ces derniers temps, nous avons investi dans la pierre, et nous sommes quasi-propriétaire de l’immeuble avenue Carnot, a rappelé Alix Philipon. C’est très bien, mais nous devons consolider la trésorerie et la liquidité ». Reste encore une partie du deuxième étage non occupé par l’association, mais il n’y a pas de projet de vente pour l’instant, mais « nous n’allons plus emprunter pour investir dans la pierre », a indiqué Alix Philipon. L’immeuble abritant le siège de l’APST est estimé à 30 millions d’euros. Le montant des cotisations – qui ne sera pas augmenté, a promis Alix Philipon – sera utilisé pour renforcer le fonds de garantie, d’autant que les adhérents à l’APST sont sont en hausse (plus de 1 000 depuis janvier dernier pour un total à mi-juin de près de 3 400). Pour cette année, l’association table sur un montant de 14,3 millions d’euros de cotisations fixes et variables, contre près de 12 millions d’euros en 2015. Autre piste: celle « de diminuer le nombre de sinistres en renforçant les contrôles chez les adhérents », a annoncé Alix Philipon. Aujourd’hui, entre 300 et 500 entreprises feraient l’objet d’une attention particulière…

Gérer en équipe

Deuxième objectif: gérer en équipe et de manière participative l’association. « Une association qui dépasse les 3 000 membres, qui va bientôt atteindre les 4/5e du marché et qui veut être la caisse de garantie des professions du tourisme se doit de privilégier le dialogue, l’échange et la participation active des élus représentant les adhérents, estime Alix Philipon. Dans cette optique, les élus se verront proposer et confier, s’ils le souhaitent, des missions touchant non seulement au fonctionnement et à la représentativité de l’association, mais aussi à des projets en adéquation avec des objectifs définis dans la feuille de route pour les quatre ans à venir ». La présidente de l’APST souhaite notamment conforter le rôle des délégués régionaux et développer leurs moyens d’actions. Par ailleurs, en raison de ses occupations annexes à l’APST (voir encadré), Alix Philipon estime qu’il « faut savoir déléguer, chacun doit apporter sa contribution ». Aussi, les élus se verront proposer de participer à des ateliers thématiques. Par exemple: « délégués régionaux » (ils sont aujourd’hui au nombre de 29), « place et représentativité des nouvelles générations », « communication vers les adhérents », « site internet », etc. Ces ateliers, composés de six personnes (élus, adhérents, permanent, spécialiste et conseiller) pourraient être mis en place dès ce mois de juillet. Alix Philippon envisage également d’éditer un « guide du délégué régional », il est aussi question de réaliser un intranet régional.

Une communication grand public « plus intense »

Mettre en place une communication grand public “plus intense” constitue le troisième objectif. « La communication de l’APST, notamment vers les consommateurs, doit avoir pour objectif de permettre à nos adhérents de renforcer encore plus leur image en termes de crédibilité et de professionnalisme vis-à-vis du grand public, estime Alix Philipon. De plus, cette communication sera une arme supplémentaire nous permettant de combattre le paracommercialisme ». Pour ce faire, la présidente de l’APST compte s’appuyer sur internet et les réseaux sociaux. Cette campagne pourrait être lancée en 2017 « sur la base d’un budget situé entre 300 000 et 350 000 euros”, précise-t-elle. Rappelons que la dernière campagne grand public de l’APST remonte à sept ans via un partenariat avec l’émission de Julien Courbet sur RTL, Ca peut vous arriver (une « spéciale tourisme » tous les mois). Cette communication passera aussi par une participation de l’association à des salons btoc (Salon mondial du tourisme, Mahana…).

Privilégier les rapports avec les adhérents

Quatrième objectif: “privilégier la qualité dans nos rapports, notamment entre les adhérents, poursuit Alix Philipon. Nous devons être encore plus à leur écoute comme leur apporter des services”. Des propos qui seront suivis d’actes puisque la nouvelle présidente annonçait que “chacun des permanents de l’association (au nombre de 23, ndlr) devra passer au moins une journée par an en agence de voyages pour appréhender les caractéristiques du métier sur le terrain”. Une nouvelle initiative intéressante.

Par ailleurs, une boite à idées sera mise en place afin que les permanents puissent participer à l’amélioration de leurs performances en matière de communication avec les adhérents. Enfin, la qualité des rapports entre le siège de l’APST et les adhérents sera mesurée via un baromètre interne (écoute, disponibilité, qualité de l’accueil…).

Une « plus large » représentativité de la nouvelle génération

Cinquième objectif: “nous devons faire plus de place à la jeune génération, ne serait-ce qu’en termes de représentativité”, estime Alix Philipon, qui n’exclut pas le retour du “challenge des jeunes entrepreneurs”, après un arrêt de quelques années. Par ailleurs, le tutorat sera développé avec l’aide de l’Association française des seniors du tourisme (AFST), qui accompagne actuellement environ 80 jeunes, et qui prend les frais de formation à sa charge. « Beaucoup de nouveaux adhérents ne viennent pas d’une école de tourisme, mais du commerce et des nouvelles technologies. Ils ont besoin de points de repère, d’appartenance », souligne Michel Messager, président de l’AFST, qui participait à cette présentation du plan « ensemble en 2020 ».

D’autres pistes pourraient être explorées. Comme par exemple une participation plus étroite de jeunes dirigeants dans les actions et les instances de l’association. Voire même la création d’un « cercle des jeunes dirigeants de l’APST » dont la mission serait de « réfléchir au développement et à l’évolution de l’association dans les cinq à dix ans, d’anticiper, voire de préparer son éventuelle mutation future », explique Alix Philipon.

Développer la formation et l’information des adhérents

Enfin, sixième et dernier objectif au sommaire de la « feuille de route » de la présidente de l’APST: développer la formation et l’information des adhérents. « Plus nos adhérents pourront accéder à des formations et des informations, plus ils pourront faire face aux difficultés d’une conjoncture économique tendue », estime Alix Philipon. La formation des adhérents, et plus particulièrement des petites et très petites entreprises qui ne disposent que de peu ou pas de budget dans ce domaine, « doit être considérée comme un investissement pour notre association ». C’est pour cette raison que l’APST a décidé de financer ces formations qui seront donc désormais gratuites pour les adhérents qui en feront la demande. Dans la pratique, il est prévu de mettre en place deux séances annuelles, obligatoires (et donc gratuites) lors de l’année d’adhésion, qui aborderont la gestion d’une agence de voyages. Elles seront complétées par une séance annuelle, également obligatoire et toujours gratuite, lors de l’année d’adhésion, et s’intéressera également à la gestion. Par ailleurs, une série de séances gratuites sur la finance, la TVA, la législation ou encore la fiscalité seront – sur demande – à la disposition des adhérents. Comme une série de « journée de formation », là encore, gratuite, dans les grandes métropoles régionales, des journées organisées à l’initiative des délégués régionaux. « Elles pourraient s’articuler autour d’ateliers d’une durée d’une heure trente, répétés quatre fois, deux fois le matin, deux fois l’après-midi, permettant ainsi aux adhérents en région d’assister à plusieurs formations sur une même journée », détaille Alix Philipon. TravelPro Formations viendra en appui pour assurer ces formations. Notons ici que le budget formation pour l’APST s’élève à 250 000 euros par an.

Parallèlement, l’information sur l’actualité de l’association auprès des adhérents sera renforcée via la mise en place d’un nouveau site internet, les dossiers techniques thématiques remis à jour, tandis qu’un point sur les services sera fait tous les trimestres.

A propos des normes prudentielles…

Suite au décret du 2 septembre 2015, les garants financiers devront se soumettre à de nouvelles normes prudentielles. Un sujet qui a donné lieu à de nombreuses discussions. L’APST, tout comme l’Union nationale des associations de tourisme (Unat), a exprimé le fait « que de par sa spécificité, on ne pouvait lui faire appliquer les mêmes normes prudentielles que les banques ou les assureurs ».

Cette spécificité « a été prise en compte par les pouvoirs publics qui ont fixé à l’association des règles propres en matière de normes prudentielles adaptées au statut et au fonctionnement de la structure de l’association ».

Dans les prochaines semaines, l’APST va rencontrer les pouvoirs publics sur ce sujet et procéder à une étude sur le degré de solvabilité de l’association. L’arrêté stipulant les nouvelles normes prudentielles sera publié fin 2017.

En chiffres

• A fin décembre 2015, l’APST comptait 3 221 adhérents pour un nombre total de 5 277 établissements garantis. 85 % représentent des agences de voyages.

• L’an passé, 67 % des immatriculés avaient choisi l’APST comme garant, plaçant l’association loin devant le deuxième garant, le Crédit Agricole (4,19 %). Le groupe des Banques Populaires occupe la troisième place (3,25 %), suivi de BNP Paribas (3,06 %).

• L’an passé, 142 sinistres ont été enregistrés dont 54 membres de l’APST et 88 issus d’autres garants.

• L’an passé, 13 192 clients ont été pris en charge pour 838 dossiers. Depuis le début de cette année (et à mi-juin), ils étaient plus de 1 000 clients.

• Pour l’année 2015, un solde positif de 1, 467 693 million d’euros a été engrangé, tout en sachant qu’une provision exceptionnelle de 750 000 euros a été enregistrée pour un sinistre survenu en fin d’année dernière.

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