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Le Mexique poursuit sa montée en puissance

Destination | publié le : 01.07.2016 | Dernière Mise à jour : 01.07.2016

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Les chiffres des arrivées internationales aux aéroports, en 2015

Crédit photo Jean-François Bélanger

Auteur

  • Jean-François Bélanger

Le salon des professionnels du tourisme mexicain Tianguis, qui s’est déroulé fin avril à Guadalajara, confirme l’ascension de ce pays dans la hiérarchie touristique mondiale, tout en accentuant sa dépendance vis-à-vis des marchés nord-américains.

La 41e édition du Tianguis, salon des professionnels du tourisme mexicain, s’est tenue fin avril à Guadalaraja. L’événement, historiquement implanté à Acapulco, se déplace désormais en alternance dans un des différents états mexicain. Cette année, c’était donc à Guadalajara, dans l’État de Jalisco, où à cette occasion 32 000 rendez-vous d’affaires ont été conclus par des acheteurs en provenance de 66 pays différents. Enrique Penia Nieto, chef de l’État, n’a pas manqué d’y souligner les résultats du secteur touristique sur la scène internationale. Mieux, il compte s’appuyer sur lui pour développer son économie nationale. Et pour y parvenir, il n’hésite pas à impliquer son épouse Angélica dans la promotion de ce secteur devenu stratégique.

Le couple présidentiel s’engage dans le tourisme

Cela aura été l’une des images fortes de l’inauguration de cette 41e édition du Tianguis: Enrique Penia Nieto accompagné de son épouse Angélica. En partenariat avec des entreprises privées, ils ont été invités à découvrir le monde du tourisme. Au côté du ministre du Tourisme, Enrique de la Madrid. Une initiative qui est aussi l’occasion de donner un nouveau sens politique au secteur du tourisme. Depuis trois ans, justement depuis l’arrivée au pouvoir d’Enrique Penia Nieto, « sa croissance est le double de celle du tourisme au niveau mondial », s’est félicité le président mexicain. Le pays pointe désormais à la dixième place des destinations au niveau mondial et à la première au niveau des pays d’Amérique Latine, en ce qui concerne le tourisme international. Répondant ainsi à un objectif affiché de longue date. Ainsi, les 3,3 millions de personnes employées dans le secteur touristique représentent désormais 7 % de l’emploi national. Et la contribution du secteur tourisme dans le PIB est de 8,5 %.

Le marché américain de plus en plus dominant

Avec 15 millions d’arrivées internationales sur ses aéroports, le Mexique a donc établi un nouveau record de fréquentation en 2015. La destination a progressé de 13,4 % par rapport à 2014. En cumul, sa croissance s’est élevée à 44,4 % en comparaison à 2011, en grande partie grâce aux États-Unis et au Canada, deux pays qui profitent à fond du dollar fort et du différentiel des niveaux de prix avec l’économie mexicaine. Avec 8, 4 millions d’arrivées en 2015, le marché américain a été le moteur de la croissance. Il a augmenté de 17 % par rapport à 2014. Et comme les statistiques de la fréquentation internationale s’appuient sur les relevés effectués dans les aéroports, il est certain que le poids de la clientèle nord-américaine est bien plus important encore, compte tenu des arrivées par voie terrestre de nombreux touristes en provenance du sud des États-Unis, tant sur la côte Pacifique qu’Atlantique, et qui n’entrent pas dans ces statistiques.

Une contribution française plus modeste

De son côté, la France affiche une croissance beaucoup plus modeste, mais néanmoins significative. Avec 222 000 touristes, le marché est en hausse de 3,8 % par rapport à 2014, et de 8,8 % par rapport à 2011. Il pointe désormais à la huitième place des marchés internationaux du Mexique.

Une satisfaction et un challenge pour le Conseil de Promotion Touristique du Mexique basé à Paris, qui anime le troisième marché européen derrière le Royaume-Uni et l’Espagne et qui reste talonné par l’Allemagne. Quand à l’année 2016, elle poursuit sur une tendance de forte croissance. Selon Rodolfo Lopez Negrete, directeur général du Conseil de Promotion Touristique du Mexique, « les arrivées aéroportuaires sur le premier trimestre 2016 sont en progression de 25 % par rapport au premier trimestre 2015 ».

Le premier parc d’attractions du Cirque du Soleil sera mexicain

Cela a été l’une des annonces phares de la dernière édition du Tianguis. Daniel Lamarre, chief executive officer du Cirque du Soleil, a annoncé l’ouverture prochaine de son premier parc d’attractions permanent, à Puerto Vallarta, sur la côte Pacifique, dans l’état de Najarit, précisément sur la dernière extension de Nueva Vallarta. Une initiative qui élargit sensiblement l’activité de cette société canadienne jusque-là cantonnée dans son métier de producteur de spectacles. Le Cirque du Soleil se produit de façon traditionnelle et itinérante à travers 400 villes dans le monde ou pour des prestations de longue durée comme à Las Vegas ou dans le Yucatan, par exemple. « Ce nouveau concept en appellera d’autres dans le monde, si l’expérience s’avère concluante », a ajouté Daniel Lamarre.

Dans un premier temps, le Cirque du Soleil va s’installer sur un espace de 20 hectares, et proposera des animations reposant essentiellement sur la culture mexicaine. « Ce nouveau concept est une ouverture artistique », explique Daniel Lamarre. L’inauguration est programmée pour 2018: « nous envisageons cinq millions de visiteurs par an », ajoute-t-il. Une formidable aventure pour le Cirque du Soleil, démarrée en 1984, dans les rues de Québec, par Guy Laliberté et une bande de saltimbanques.

Aujourd’hui, il s’agit d’une entreprise mondiale qui met en valeur les talents d’artistes de plus de 40 nationalités différentes. « Si l’expérience est concluante, nous envisagerons d’autres parcs de ce type », confirme Daniel Lamarre. Si la Chine figure bien dans les priorités, d’autres pays qui ont une culture circassienne sont dans le viseur. Pourquoi pas l’Europe, la France? Là où est déjà représentée environ 10 % de l’activité globale du Cirque du Soleil.

Point de vue

Grupo Meca est la marque internationale de Viages Meca, un réceptif fondé à Mexico City au début des années 80 par des Italiens et des Mexicains. C’est pour cela que sa première implantation internationale s’est aussitôt située en Italie. Avant l’Espagne dans les années 90, puis la France, dans la foulée. Aujourd’hui, depuis l’Amérique Latine jusqu’en Chine, Grupo Meca est présent dans plus d’une dizaine de pays, chargé d’alimenter le tourisme mexicain depuis ses principaux marchés internationaux.

« Sans doute à cause des questions économiques qui perdurent en Espagne, le France est devenue l’année dernière le deuxième marché de Viages Meca, juste derrière l’Italie, même si la Chine et les pays émergents ont les plus fortes croissances », se réjouit Katia Kerkez, directrice des ventes de Grupo Meca, en France. Cela représente un chiffre d’affaires de trois millions de dollars. « Nous avons enfin retrouvé nos chiffres d’avant la fièvre porcine », poursuit-elle. Un chiffre d’affaires qui provient d’une activité essentiellement en btob.

« Depuis la France, les groupes représentent environ 60 % de notre clientèle. Mais, il s’agit surtout des groupes affaires car les critères de la charte qualité de notre société font que nous sommes souvent en dehors des exigences tarifaires des comités d’entreprise, par exemple, qui cherchent le prix avant toute chose », indique Katia Kerkez. Pour expliquer la bonne performance du Mexique, la directrice des ventes met en avant l’évolution récente de l’image de cette destination: « jusqu’il y a peu, le Mexique véhiculait une image sulfureuse avec les histoires de cartels du crime, de cartels de la drogue… Aujourd’hui, ces événements ne sont plus en tête des préoccupations ou comme des freins à la décision de choisir le pays. Ce sont les risques d’attentat et de terrorisme qui sont devenus prioritaires. Et, de ce côté-là, le Mexique se trouve pour l’instant à l’écart », explique Katia Kerkez.

Le Yucatan est l’état du Mexique le plus attractif. Il accapare environ 90 % de la clientèle française de Grupo Meca. « Le Yucatan, en particulier la Riviera Maya, a fait l’objet d’investissements lourds en immobilier et en campagne de promotion de la part du gouvernement fédéral. Et avec une plus grande proximité aérienne, un atout balnéaire attractif… il devient très difficile de programmer d’autres endroits, même si nous sommes très bien positionnés sur des villes coloniales telles que San Cristobal, par exemple », analyse Katia Kerkez. Car Grupo Meca est une société intégrée. Au Mexique, elle possède six implantations en propre avec, dans chacune d’elle, une flotte d’autocars, plus d’autres antennes avec des correspondants partenaires. Elle est aussi propriétaire d’hôtels. Pour l’année qui vient de démarrer, Katia Kerkez préfère rester prudente: « nous sentons bien que notre économie pèse sur les prises de décisions qui sont de plus en plus tardives ».

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