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Marché

Afrique du Sud: tourisme en pause

Destination | publié le : 01.07.2016 | Dernière Mise à jour : 01.07.2016

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Evolution de la fréquentation touristique international en Afrique du Sud

Crédit photo Jean-François Bélanger

Auteur

  • Jean-François Bélanger

Présentés au dernier salon des professionnels du tourisme Indaba qui s’est tenu en mai, les résultats de la fréquentation touristique internationale en Afrique du Sud témoignent d’un effet de seuil après plusieurs années de forte croissance qui ont suivi la Coupe du Monde de football de 2010. Le marché français résiste plutôt bien et se maintient ainsi dans le haut du panier des pays leaders, alors que le premier trimestre de l’année 2016 amorce un retour de la croissance.

Le salon des professionnels du tourisme, Indaba, qui s’est tenu à Durban en mai dernier, et qui souhaite s’affirmer comme la principale manifestation du secteur de l’ensemble de l’Afrique australe, est l’occasion, chaque année, de dévoiler la tendance des différents marchés, avec la présentation des principaux résultats de l’exercice précédent. Ceux qui y ont été présentés montrent que la fréquentation internationale touristique a marqué le pas en 2015, après plusieurs exercices de forte croissance qui ont suivi l’organisation de la Coupe du Monde de football de 2010. De 9, 549 236 millions d’arrivées aux frontières enregistrées en 2014, une baisse à 8, 903 773 millions en 2015 a été enregistrée, soit - 6,8 %. Concernant le marché français, il tire plutôt bien son épingle du jeu, avec une baisse limitée à 2,3 %, soit 128 438 visiteurs, et se maintient parmi les leaders européens derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Contraintes administratives

Pour expliquer cette diminution globale, les responsables du tourisme sud-africains évoquent l’épidémie Ebola, qui a eu notamment un impact lors des premiers mois de l’année 2015, mais beaucoup moins pour le second semestre. L’autre raison tient des nouvelles mesures administratives prises mi-2015, dans le cadre de la lutte contre le trafic international d’enfants, exigeant notamment, pour les familles décomposées, des formalités à la fois complexes et coûteuses. « Un comité interministériel est en train d’être formé, il est en charge d’évaluer les conséquences de cette mesure et d’envisager de faire évoluer la loi. Nous attendons de nouvelles mesures, prochainement », annonce Monica Luel, directrice générale des marchés internationaux au South African Tourism, sans pour autant préciser de calendrier. Sur ce point, les avis sont partagés quant à l’application de la loi. Si les compagnies aériennes sont intransigeantes (ce sont elles qui prennent le risque financier d’un retour à leur charge, en acheminant des enfants sans certificat valide), a également été évoqué dans les allées de l’Indaba, un certain laxisme aux frontières terrestres…

Facteurs attractifs

En attendant de voir comment va évoluer cette règlementation, les premiers mois de cette année 2016 montrent que la fréquentation internationale amorce déjà un retour de la croissance, en Afrique du Sud, elle a affiché + 16,2 % en cumul de janvier à fin mars, au niveau global, et de + 6,7 % pour la France.

African Eagle est l’un des plus solides réceptifs sud-africain et reste confiant dans la destination. Implanté depuis plus de vingt ans, il a réalisé l’an passé un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros, dont la moitié en provenance du marché français. « En dépit d’une légère baisse de la clientèle française sur 2015, nous avons bouclé l’exercice en progression de 7 %. Et, de janvier à avril 2016, notre croissance est de 10 % », se réjouit Henri Ménard, son directeur et fondateur. L’Afrique du Sud, est une destination qui profite pour l’instant d’une baisse continue du Rand, même si l’inflation est, elle aussi, assez forte. Et l’arrivée de nouvelles compagnies aériennes, celles du Moyen-Orient en particulier, ou de Turkish Airlines par exemple, maintiennent la pression sur les tarifs. Enfin, « ce pays dispose de ressources touristiques quasiment illimitées, si l’on considère que seulement une faible partie de son potentiel est exploitée à ce jour », ajoute Henri Ménard.

Gilles Guiot est lui aussi réceptif et s’est installé dans le pays depuis 1991. Il a développé deux marques, d’une part Go Tourism pour le tourisme de loisirs et d’autre part Diamond Travel pour le tourisme d’affaires. « Sur les 20 000 clients que nous avons reçus l’année dernière, la France en représente encore 70 % », assure-t-il.

Des chiffres et une analyse qui ne peuvent que venir renforcer les ambitions du South African Tourism: « notre feuille de route table sur une hausse de la fréquentation internationale de cinq millions d’arrivées supplémentaires, d’ici à cinq ans », annonce Monica Luel.

Restructuration institutionnelle

Ces ambitions ont trouvé un écho auprès de la dizaine d’agents de voyages invitée à Indaba par l’office national du tourisme sud-africain de Paris, ou d’autres venus de leur propre initiative. Ces perspectives plutôt séduisantes pour la plupart des agents de voyages ont suscité des initiatives.

A l’exemple de Fabrice Bouilot qui veut faire valoir son expérience de la destination. Après avoir travaillé successivement pour Aventuria, puis pour TUI, il est devenu un expert de l’Afrique du Sud et vient de rejoindre la société et marque Tropicalement Votre, disposant de deux agences de voyages basées à Paris et à Lyon. « Je prépare une nouvelle production sur l’Afrique du Sud pour la prochaine rentrée de septembre », assure-t-il.

Mais d’ici là, une réorganisation des représentations européennes de l’office national du tourisme d’Afrique du Sud aura eu lieu. « Nous avons fermé notre bureau de Milan fin mai, et nous avons recentré à Paris l’ensemble des marchés français, italien et espagnol », indique Monica Luel. Avec, à la clé, la nomination d’un directeur général qui succèdera à Linda Sangaret, la dernière directrice en poste qui a préféré retourner en Afrique du Sud, et à Gabriel Taher, directeur général actuel qui assure l’intérim depuis son départ.

Focus

Depuis plus de dix ans, Travel Team est une entreprise spécialisée sur la production de services touristiques à destination des GIR et de groupes constitués, en btob. Depuis sa création, des destinations comme la Thaïlande et les États-Unis ont assuré l’essor de la société, qui totalise environ 300 groupes par an. Lancée depuis deux ans seulement, l’Afrique du Sud pourrait bien s’afficher dans le haut du panier. « Déjà, sur la vingtaine de destinations que nous proposons, avec un total de 2 500 clients, l’Afrique du Sud représente 10 % de notre activité, révèle James Uzan. La baisse du Rand, la qualité des prestations et du service, la variété des produits… ainsi que l’arrivée progressive des compagnies aériennes du Moyen-Orient, qui maintiennent des prix intéressants grâce à la concurrence intense dans le transport aérien expliquent cette compétitivité ». Plusieurs pistes de développement sont actuellement explorées comme par exemple celle « de combiner l’Afrique du Sud au Mozambique ».

Avec une vingtaine de salariés, le chiffre d’affaires de Travel Team devrait passer de 19,9 millions d’euros au 30 juin 2015, à 21,3 millions d’euros à fin juin de cette année.

Autre développement attendu: le lancement d’une activité btoc, sous l’enseigne « Abfab Travel » (comme Absolutely Fabulous), où l’Afrique du Sud figurera en bonne place. « Avec huit établissements labellisés « Relais et Châteaux » et de nombreux hébergements de grande qualité, l’Afrique du Sud est incontestablement attractive dans le domaine du tourisme haut de gamme », estime James Uzan.

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