Trois mille ans d’histoire, dont plusieurs périodes d’annexion successives, ont marqué Metz d’autant de styles et de legs urbanistiques. Jusqu’à l’ouverture en 2010 du Centre Pompidou-Metz venant renforcer le virage contemporain amorcé dès les années 2000 d’une ville, qui fut aussi l’une des premières en France à développer le concept d’écologie urbaine. Un voyage dans une diversité architecturale fort logiquement mise en avant dans l’offre groupes de l’office de tourisme. Entre autres curiosités.
Le 19 avril dernier, Metz a présenté son dossier de candidature au patrimoine mondial de l’Unesco devant le comité des biens français à Paris. Une étape importante dans le long marathon pour décrocher le précieux label. Déjà, le dossier de la ville (il est intitulé “Metz royale et impériale” et met en avant la romanité et la germanité de la cité) avait été ajouté en 2014 à la liste des sites retenus par la France. “C’est bien parti, l’audition s’est bien passée, a commenté Dominique Gros, maire de Metz. Nous avons insisté sur le caractère exceptionnel et universel de Metz, cette ville française tournée vers l’Allemagne pendant des siècles, puis ville allemande tournée vers la France sous Guillaume II. C’est cette histoire particulière de Metz et de toute l’Europe qu’on retrouve dans notre patrimoine”. Si les Messins ont été suffisamment convaincants, la France pourrait présenter la candidature de la ville en 2017. Et Metz rejoindrait ainsi le club des 38 sites français déjà honorés par l’Unesco… en 2019. C’est long. Mais, la ville est née vers le IIIe siècle avec J.C. Alors, elle peut attendre encore un peu ce titre qui, sans aucun doute, viendra booster le tourisme.
Un secteur qui dès 2007 avec l’arrivée du TGV, puis en 2010 avec l’ouverture du Centre Pompidou-Metz ont donné “un rayonnement médiatique à la ville, une dimension internationale”, estime Sabine Bergerot-Brousse, directrice générale de l’office de tourisme de Metz. Pour accompagner ce “changement de donne”, dès 2008, la structure institutionnelle a souhaité venir en appui aux acteurs touristiques messins en éditant un Guide et liens de l’accueil à Metz. Puis en 2012 est adopté un schéma de développement touristique local “parce que la destination Metz était en plein essor touristique, poursuit Sabine Bergerot-Brousse. Ce schéma a défini quatre axes de développement: renforcer l’offre et renouveler la destination, développer le rayonnement et l’attractivité, observer, analyser et développer l’économie touristique et enfin partager la culture touristique pour développer l’excellence”. Dans la pratique, il s’agit – entre autres – de faciliter les accès numériques vers la destination (via les réseaux sociaux notamment), de doter Metz d’une cité internationale des congrès (ce sera chose faite à l’automne 2018, tandis qu’un bureau des congrès a été créé en 2015), de scénariser la destination autour de l’art contemporain notamment, de cibler les différents marchés, de faciliter les partenariats publics/privés…
Avec en perspective au 1er janvier 2017, le transfert de compétences touristiques, loi NOTRe oblige, à l’agglomération Metz Métropole, couvrant une quarantaine de communes. Pour l’office de tourisme, qui dans ce cadre pourra être amené à changer de nom, “ce sera l’opportunité de disposer d’un contenu touristique plus large, plus diversifié”, souligne Sabine Bergerot-Brousse.
Et la structure institutionnelle (qui a revu son organisation en interne l’an passé) compte bien en faire profiter la clientèle groupes, un marché sur lequel elle s’est positionnée depuis les années 90. Affichant d’ailleurs une réelle dynamique qui a pris ses marques avec dès l’origine l’édition d’une brochure dédiée. “Au début, bien sûr, nous mettions particulièrement l’accent sur les visites guidées avant de passer à des offres d’excursions à la journée et des séjours”, indique Valentine Vernier, responsable Pôles Attractivité & Observation au sein de l’office de tourisme. Une clientèle de proximité, composée de tous les prescripteurs de voyages en groupe, était ciblée: Belgique, Luxembourg, Lorraine, Alsace, Champagne-Ardennes… La brochure était éditée chaque année, et s’est transformée à trois reprises en un Manuel de vente. “Nous sommes revenus à la brochure car, même si nous faisons beaucoup de sur-mesure, il était essentiel de proposer des produits clé-en-main tarifés”, poursuit Valentine Vernier. De plus, ajoute-t-elle, “l’offre de forfaits était l’occasion de donner une meilleure visibilité à la destination à travers différentes suggestions de programmes, d’apporter des idées de découvertes réalisables sur une ou plusieurs journées”.
La version 2016 fait une dizaine de pages, avec la particularité de mettre en avant dès son ouverture une formule city break, un “voyage au cœur de l’Europe” incluant quatre villes: Metz, bien sûr, mais aussi Luxembourg, Saarbrücken et en option Trèves. “Il s’agit de villes transfrontalières qui ont choisi de se rassembler dans le cadre d’un réseau baptisé “QuattroPole” constitué depuis l’année 2000 afin de partager des expériences, des savoir-faire, et de mettre en œuvre des projets communs et innovants”, explique Valentine Vernier. A travers notamment la mise en place d’un groupe de travail tourisme. Dans le même esprit partenarial se sont aussi glissés dans la brochure deux séjours combinés de deux jours, le premier avec Nancy, le second avec Amnéville, une dernière offre particulièrement formalisée en cette année 2016. Nouveauté également: deux suggestions de séjours incentive et team-building sur des thématiques golf, culture, aviron et architecture. Y sont aussi insérées deux pages dédiées à des offres pour les groupes scolaires. Des groupes scolaires qui, en cette année 2016, font aussi l’objet d’un “tiré à part” de huit pages intitulé Jeunes publics.
Dans la mise en page de la brochure Séjours, excursions et visites groupe s, également éditée en anglais et en allemand, “nous avons fait le choix de mettre les séjours en premier pour inciter les groupes à rester plus longtemps chez nous, confie Valentine Vernier. Nous enchaînons avec les visites guidées incontournables, souvent les plus demandées par nos clients avant de proposer quelques sites phares. Et nous nous attachons d’une année sur l’autre à y insérer de nouvelles thématiques”. Les tarifs sont, en général, établis sur une base 20, avec une gratuité systématique pour le conducteur, à laquelle s’ajoute une supplémentaire pour 20 payants. “Pour les professionnels, nous appliquons une réduction de 10 % sur les visites guidées, mais uniquement sur ces prestations”, précise Valentine Vernier, ajoutant “que dix groupes amenés par un professionnel peuvent aussi faire l’objet d’une réduction”.
L’offre groupes est également accessible en ligne (onglet “groupes et scolaires”). Le site a été relooké il y a deux ans. Une dizaine de forfaits en courts séjours y sont listés, dont certains ne sont pas en brochure, avec la possibilité d’apporter parallèlement des commentaires après avoir suivi une visite guidée ou effectué un séjour. On peut aussi y trouver les parkings pour les autocars. “Et dès qu’il y a une nouveauté, nous en informons les professionnels par mail”, ajoute Valentine Vernier. Et puis, pour promouvoir encore plus son offre, l’office de tourisme participe à des salons (Rendez-vous en France, par exemple), s’implique dans des éductours en partenariat avec la région Lorraine (à destination plus particulièrement du marché allemand) et effectue ponctuellement des rencontres sur le terrain auprès des professionnels français.
Si l’année 2015 a fait l’objet d’une “légère” baisse tant en chiffre d’affaires qu’en nombre de pax en groupe, reste que, globalement, l’activité sur ce marché tend à se stabiliser. Et ce dans un contexte marqué par la réduction de la taille des groupes et des réservations de dernière minute, plus particulièrement sur les visites guidées. Ou encore des groupes qui privilégient un déjeuner libre dans un programme pour minimiser les coûts. Mais, malgré ces constats, “l’année 2016 a démarré sous de bons auspices”, indique Valentine Vernier. En témoigne le nombre de réservations fermes enregistrées à mi-avril, en hausse par rapport à la même période de l’année précédente.
→ trois étoiles au Guide Vert Michelin,
→ classée “Ville 4 fleurs”,
→ figure dans le réseau européen des « Jardins sans limites »,
→ a obtenu le “Pavillon bleu” comme le prix national “Lumières des arts de la rue”,
→ est labellisée “Ville d’art et d’histoire”,
→ a obtenu le classement en commune touristique,
→ est labellisée “Ville vélo touristique”,
→ est classée “station de tourisme”,
→ est inscrite sur la liste indicative française de l’Unesco…
En 2012, Thierry Schidler, qui dirige l’entreprise Les Autocars Schidler (il est également depuis une dizaine d’années vice-président de l’office de tourisme de Metz) lançait le concept des Open Tour sur les villes de Metz, Nancy et Verdun. « J’avais acquis deux véhicules cabriolet d’une capacité de 30 places chacun proposant un circuit commenté, raconte-t-il.
Un véhicule tournait en alternance sur des demi-journées, le matin à Metz, l’après-midi à Nancy… L’autre sillonnait les champs de bataille de Verdun ». Trois ans plus tard, Thierry Schidler a mis fin à l’aventure, le premier véhicule a été vendu en juillet 2015 du côté de Bordeaux, le second à Transdev… à Verdun. « Cela m’a coûté beaucoup trop cher, entre les charges et les recettes, il y avait un déséquilibre total, explique-t-il. En dépit de la petite capacité des véhicules, je visais, certes en priorité la clientèle individuelle, mais aussi celle des groupes à qui je proposais, une fois scindé en deux, de combiner, par exemple, une balade en cabriolet et une visite de la cathédrale, puis inversement. Cela n’a pas pris ».
L’autre raison que met aussi en avant Thierry Schilder est la présence d’un petit train touristique à Metz comme à Nancy. « Et ce type de transport plaît énormément aux groupes. J’ai sous-estimé son succès », reconnaît-il. Les deux véhicules transportaient par saison (de Pâques à fin septembre pour Metz et Nancy, et jusqu’au 11 novembre pour Verdun) environ 3 000 personnes.
Metz: cathédrale Saint-Etienne, un des plus grands édifices gothique d’Europe, il offre 6 500 m2 de vitraux; Quartier impérial, urbanisme germanique de la Belle Epoque autour de l’imposante gare centrale (300 m de long) voulue par Guillaume II (maison de corporation, ancienne banque impériale, luxueuses villas…); nombreuses places aux styles architecturaux datant des XIIe au XVIIIe siècles; ancienne citadelle avec son jardin, son abbatiale, sa chapelle…; la Porte des Allemands, l’un des fleurons des remparts médiévaux; petit train touristique circulant d’avril à octobre (45 mn de balade); tour de ville en autocar; rallyes à vélo.
Le Centre Pompidou-Metz (institution sœur du Centre Pompidou à Paris, il dispose de trois galeries d’expositions couvertes pour accueillir au gré de ses expositions temporaires l’art moderne et contemporain). Musée de la Cour d’Or (une collection archéologique parmi les plus importantes de France, galerie des Beaux-Arts). Fonds régional d’Art Contemporain (Frac) installé dans le plus ancien édifice civil de Metz, l’hôtel Saint Livier (collection permanente d’art contemporain, expositions temporaires).
Jardin botanique de style paysager abritant des serres historiques; parc de la Seille offrant une variation d’ambiances naturelles; jardin des tanneurs d’inspiration méditerranéenne.
Deuxième plus grand marché aux Puces de France, après Saint-Ouen (une dizaine de dates par an). Fêtes de la Mirabelle (du 20 au 28 août 2016). Montgolfiades (du 31 août au 4 septembre 2016). Marché de Noël (à partir du 19 novembre et jusqu’à fin décembre).
Rabelais (il séjourna à Metz de 1545 à 1547, “balade rabelaisienne” dans la ville; création de la marque “les tables de Rabelais” rassemblant une trentaine de restaurateurs, professionnels de la gastronomie locale). Paul Verlaine (il est né à Metz le 30 mars 1844, il en partira en 1851. Visite de sa maison natale par groupe de 19 pax maximum). Robert Schuman, l’un des pères fondateurs de l’Europe (visites de sa demeure située à Scy-Chazelles, à 5 km de Metz et de l’église fortifiée du XIIIe siècle qui abrite sa sépulture).
La Mirabelle (visite de distillerie). Les vins de Moselle (visites de caves, route des vins du pays messin). Dégustation de produits locaux (charcuteries, fromages…) dans le cadre d’un marché couvert.
Le pays messin (à une vingtaine de kilomètres autour de Metz): château de Pange et son parc (XVIIIe siècle); château de Courcelles à Montigny-lès-Metz (début XVIIIe siècle); jardins fruitiers de Laquenexy; Mont St Quentin, aqueduc construit au IIe siècle, palais abbatial, églises fortifiées, villages de vignerons…
En 2015, le chiffre d’affaires du service réceptif de l’office de tourisme s’est établi exactement à 310 550, 93 euros (en baisse de 10 % par rapport à 2014), dont 136 722, 50 euros sur les forfaits groupes et 126 972,13 euros en visites guidées (groupes et individuels). “Les attentats qui ont touché la France en janvier et en novembre 2015 ont impacté la fréquentation de l’office de tourisme, mais également la commercialisation des produits de séjours, de visites, relève Valentine Vernier, responsable Pôles Attractivité et Observation. De nombreuses annulations ont été constatées, notamment en décembre 2015 de la part des clientèles étrangères”. Le nombre de groupes accueillis l’an passé a été de 31 120 pax, contre 35 530 en 2014, soit une baisse de 12 %. « Dans le cadre des excursions, week-ends, city breaks groupes et individuels, leur nombre a été de 1 876 pax, contre 2 631 en 2014 », complète Valentine Vernier. Les visites guidées (groupes et individuels regroupés) ont, quant à elles, totalisé 1 579 pax. Par ailleurs, les groupes scolaires ont représenté 6881 jeunes en visites guidées (5 524 en 2014, soit une hausse de +24,57 %), tandis que les clientèles étrangères pour les visites guidées sont dans une “très grande majorité allemandes, et sont suivies des Belges, des Luxembourgeois, des Américains et des Canadiens”, indique Valentine Vernier.
Enfin, en tête des meilleures ventes s’inscrit le forfait « visite de la cathédrale le matin, le déjeuner, puis celle du quartier impérial ». Quant aux Top 3 des sites les plus visités, la cathédrale Saint-Etienne, la balade panoramique en autocar et le quartier impérial figurent sur le podium.