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APST/Les Entreprises du Voyage: 2016, année des changements

À la une | publié le : 01.06.2016 | Dernière Mise à jour : 01.06.2016

Auteur

  • Catherine Mautalent

Le 27 avril dernier, le Snav est devenu Les Entreprises du Voyage, et a apporté quelques évolutions dans ses statuts. Le même jour, l’APST a changé de présidence. Parallèlement, les deux institutions ont fait le point sur leurs activités en 2015, comme sur les dossiers en cours. Compte-rendu.

L’heure était à la mutualisation le 27 avril dernier. Une même date, donc, mais aussi un même lieu: les salons Hoche à Paris.

Une journée pour la tenue de deux assemblées générales. Une matinée pour l’Association professionnelle de solidarité du tourisme (APST), une après-midi pour le Snav…, qu’il faut désormais appeler Les Entreprises du Voyage et qui pour l’occasion a réformé ses statuts.

Et une 51e assemblée générale pour l’APST marquée par le départ de Raoul Nabet de sa présidence et l’élection d’Alix Philipon pour lui succéder.

Mais aussi des faits et des chiffres sur l’année 2015, rapports moraux et financiers obligent. Et puis des objectifs, des projets et des questions en cours. Retour sur Une journée particulière, et surtout particulièrement chargée.

Alix Philipon succède à Raoul Nabet

Le 8 avril 2009, Raoul Nabet est élu à la présidence de l’APS (sans « T » à l’époque). Emmanuel Toromanoff en est le secrétaire général, Alix Philipon sa trésorière et Georges Cid son vice-président. Le 27 avril 2016, soit sept années et deux mandats plus tard, Raoul Nabet quitte un poste qu’il avait démarré au moment de la faillite de Marsans et qu’il clôt sur une année 2015 « qui n’aura pas été de tout repos », a-t-il confié, faisant référence aux nouvelles conditions de fixation de la garantie financière. « Aujourd’hui, je me félicite que celle-ci ne soit plus considérée comme une contrainte, mais comme une véritable valeur ajoutée pour notre profession, et donc de nos entreprises », a ajouté Raoul Nabet. Une année 2015 qui aura aussi vu la fin du marathon sur la réactualisation de la Directive européenne sur « les voyages à forfait » et – nouveau concept – aux prestations de « voyages liées », commencée depuis une dizaine d’années (elle entrera en vigueur au 1er juillet 2018). « En maintenant la responsabilité du « vendeur et détaillant », alors que la proposition initiale de la Commission faisait peser la responsabilité de bonne exécution du contrat sur le seul organisateur, nous avons atteint notre objectif prioritaire, a-t-il commenté. Ceci était vital pour les Fonds de garantie en général et celui de l’APST en particulier. Limiter la responsabilité, et donc l’obligation de garantie financière au seul organisateur, aurait entraîné la perte de deux tiers des adhérents et réduit le fonds de garantie à un « fonds peau de chagrin » et sans avenir ». Mais au moment de tourner la page, en ce 27 avril, l’émotion était palpable. Nourrie par une longue standing ovation … « Je laisse une APST en état de marche, a déclaré Raoul Nabet dans son discours de clôture. L’héritage est un gâteau que l’on reçoit quand on n’a plus de dents pour le manger. Mais, moi, je laisse l’APST avec toutes ses dents: un patrimoine immobilier important, un fonds de garantie aussi fourni qu’à mon arrivée, ainsi qu’une trésorerie solide ».

Une association « en pleine forme », a même renchéri Alix Philipon, élue nouvelle présidente de l’APST par 19 voix sur 30, face à deux candidats qui s’étaient déclarés à la dernière-minute: Laure Tré-Hardy (trois voix) et Didier Calas (huit voix). Nouvelle présidente, mais aussi première femme à être élue à ce poste depuis la création de celle qui était alors appelée Association professionnelle de garantie des agences de voyages (APGAV) en 1961. Sa première allocution fut brève, avouant d’emblée « être pragmatique », avant de poursuivre: « je présenterai ma feuille de route, « en route pour 2020 », dans le courant de ce mois de juin. Je mettrai toute mon énergie à consolider le fonds de garantie, à assurer la représentativité des jeunes générations, et à communiquer vers les adhérents et vers le grand public ». Alix Philipon est au conseil d’administration de l’APST depuis 2000. Un an plus tard, elle en devient la trésorière, après un passage en 2006 en tant que vice-présidente.

Par ailleurs, une partie du conseil d’administration a été renouvelée, avec notamment l’élection de cinq administrateurs dans le Collège A (celui des agences de voyages). Sur les 12 candidats en lice, cinq ont été élus: Raoul Nabet, Adriana Minchella, Antoinette Raymond, Didier Callas et Pierre Doucet.

« L’APST représente les deux tiers de la profession »

A fin décembre 2015, l’APST comptait 3221 adhérents (contre 3201 à fin 2014), pour un nombre total de 5277 établissements garantis. « Il convient de souligner que depuis fin 2015, plus de 200 nouvelles demandes d’adhésions, notamment d’entreprises garanties par des banques, ont été enregistrées suite aux deux bureaux de décembre. Ceci nous permet donc de viser raisonnablement les 3500 adhérents à la fin de 2016, a estimé Raoul Nabet. A ce rythme, l’APST qui constitue aujourd’hui les deux tiers de la profession, devrait représenter à la fin de cette année 2016 les 4/5e du marché ». Sans surprise, 87,02 % des adhérents sont des agences de voyages, suivies des organismes de tourisme (9,90 %), des gestionnaires d’hébergement et gestionnaires d’activités de loisirs (1,15 %) ainsi que des associations de tourisme (1,92 %). « Il faut noter une hausse du côté des organismes locaux du tourisme, a-t-il poursuivi. Cette progression résulte de la nouvelle loi d’immatriculation et du renforcement des liens entre les acteurs publics et privés ». Autres constats: le développement des associations de tourisme, et la légère baisse des gestionnaires d’hébergements et de gestionnaires d’activités de loisirs. L’an passé, les membres du Conseil d’administration et bureau ont examiné plus de 2000 dossiers. « Ces décisions avaient déjà considérablement augmenté en 2010, dû essentiellement aux réajustements des montants de garantie suite à la mise en place de la Loi Novelli », a relevé Emmanuel Toromanoff, secrétaire général de l’APST. Une tendance confirmée en 2011, avant de revenir à une certaine normalité depuis 2013.

Parmi les autres chiffres à mentionner: la très forte augmentation du nombre des accords d’adhésion en 2015, soit 411 au total (contre 283 l’année précédente) avec 230 issues d’autres garants et 181 nouvelles demandes. « Il est clair que la généralisation de la garantie des fonds déposés à l’ensemble des garants et le retrait d’un certain nombre de banques du marché de la garantie ont contribué à ce résultat », a expliqué Emmanuel Toromanoff. Enfin, sept refus d’adhésion ont été émis, contre 27 en 2014. Concernant le nombre de démissions, soit 245 en 2015, il est supérieur aux années précédentes, tandis que celui des radiations (119 l’an passé contre 78 en 2014) est le plus important depuis 2010, « ce qui démontre les difficultés auxquelles est en proie notre secteur, mais aussi une politique de l’APST plus ferme au niveau de la prévention », a commenté Emmanuel Toromanoff.

Pour cette année 2016, l’association table sur un montant de 14,3 millions d’euros de cotisations fixes et variables, contre près de 12 millions d’euros en 2015.

Sinistres: un coût record en 2015

L’an passé, 148 défaillances ont été totalisées de la part de l’ensemble des garants, soit six de plus qu’en 2014. « Celles-ci restent toujours largement supérieures à la moyenne enregistrée ces dernières années et démontrent que les effets de la crise sont toujours présents », a estimé Emmanuel Toromanoff. Avant de relever qu’en 2015, l’association, a cependant fait face à un ensemble de sinistres quantativement moins important que les autres garants, soit 51 (54 en 2014) contre 97 (88 en 2014). Le secrétaire général de l’APST a également souligné que l’an passé, sur les 13 192 clients pris en service pour 838 dossiers traités, 10 106 clients et 325 dossiers étaient imputables au seul sinistre du groupe Consult Voyages (marques Travel Developpement, Antipodes Voyages et Destinations Privilèges).

Et triste record: en 2015, le montant brut des sinistres s’est élevé à 7,437 millions d’euros,dont les plus gros ont concerné Consult Voyages (4,5 millions – 325 dossiers pour 10 607 pax), Prima Travel Consulting/Pink Sky Travel (368 000 euros – un dossier pour 255 pax), Voyages Lieutaud/Vaisons Voyages (241 000 euros – 63 dossiers pour 236 pax), Vital Voyages (210 000 euros – 153 dossiers pour 579 pax), Euro Services Voyages/Donatello (100 000 euros – 72 dossiers pour 740 pax), Hourtoule Tourisme (105 000 euros – 27 dossiers pour 82 pax) et Royan Voyages (104 000 euros – 26 dossiers pour 63 pax). « Et des défaillances qui se sont réparties en 2015 tout au long de l’année », a glissé Emmanuel Toromanoff. Depuis la clôture de l’exercice, l’APST avait déjà enregistré au jour de la rédaction de son rapport moral (soit à la mi-mars 2016) sept sinistres qui impacteront le fonds de garantie, mais qui n’ont pas été pris en charge dans les comptes au 31 décembre 2015. Le montant brut prévisionnel de ceux-ci est de l’ordre de 1,033 million d’euros. Les défaillances ont concerné à 62 % le secteur de la distribution, à 28 % les producteurs directs (et pour l’essentiel groupistes) et à 10 % les tour-opérateurs. « Depuis plus d’une dizaine d’années, l’APST enregistre environ 50 % de sinistres de moins que les autres garants », peut-on lire dans le rapport moral.

Pérennité et développement

Le résultat net de l’exercice de l’an passé est positif pour l’APST, soit 1, 467 693 million d’euros, « cet excédent vient abonder le fonds de garantie qui désormais dépasse les six millions d’euros, a indiqué Alix Philipon, alors trésorière de l’association au moment de la rédaction du rapport financier. Ce fonds de garantie, additionné à un ensemble immobilier évalué à 30 millions d’euros (dégageant une plus value latente de dix millions d’euros) permet d’envisager l’avenir avec plus de sérénité ». Un montant qui ne prend pas en compte l’achat de nouveaux locaux cette année situés au quatrième étage de l’avenue Carnot, siège de l’association. Soit 300 m2 supplémentaires qui pourront éventuellement accueillir d’autres institutionnels de l’industrie du tourisme. A ce jour, et au côté de l’APST, y sont rassemblées la Médiation Tourisme et Voyage et Les Entreprises du Voyage, elles seront rejointes à l’automne prochain par le Rn2D, réseau des destinations départementales. Tous rassemblés dans « notre Maison du Tourisme », a glissé Raoul Nabet.

« Si la pérennité de l’association n’est pas totalement assurée, elle est du moins sur le bon chemin », peut-on lire dans le rapport moral. Dans ce contexte, l’APST continue son travail de réflexion et de faisabilité sur le projet visant à la création d’un nouveau service: la mise en place d’un fonds de protection des consommateurs contre les calamités (catastrophe naturelle, acte de guerre…) et les compagnies aériennes. « Avec l’espoir de trouver des solutions d’ici quelques mois », a glissé Emmanuel Toromanoff. En tout cas, une initiative que l’APST estime « importante » pour justement assurer sa pérennité, tout en développant la protection des consommateurs. Au cours de cette année 2016, ce projet sera de nouveau présenté au ministère en charge du Tourisme. En prévision également: une refonte des statuts de l’APST au regard des nouvelles normes prudentielles, a indiqué Emmanuel Toromanoff.

Pot commun

En 2015, l’APST et le Snav ont poursuivi, voire renforcé leurs liens, à travers, par exemple, une présence sur un même stand dans les salons et des formations communes via Travel Pro Formations (ce dernier a formé depuis sa création en janvier 2011 plus de 1000 personnes), « et a affiché l’an passé un bilan bénéficiaire », a souligné Emmanuel Toromanoff. APST et Snav ont aussi tous deux fait front commun pour défendre le régime de la responsabilité, version française, dans le cadre de la directive européenne des voyages à forfait ou encore pour s’accorder sur la généralisation de la garantie de fonds déposés à tous les garants par les pouvoirs publics.

D’autre part, le service litiges et consommateurs, commun aux deux institutions, a traité l’an passé 105 dossiers (171 en 2014). Une tendance à la baisse, déjà enregistrée entre 2014 et 2013, et qui s’explique notamment par l’expansion de la Médiation Tourisme et Voyage. Parmi les dossiers en cours des deux instances professionnelles: les prochains critères Iata qui entreront en vigueur en juillet. Dans le détail, les principaux critères à respecter afin d’être dispensé de caution bancaire sont, d’une part, un ratio de liquidité fixé à 1 au lieu de 1,10 en 2015, et d’autre part un résultat d’exploitation positif. « Iata a un rêve: l’association internationale ne veut aucun impayé, mais le risque commercial existe toujours », a déclaré Raoul Nabet, estimant que les exigences de l’organisme ne sont pas suffisamment souples. « Si une entreprise agréé Iata affiche un résultat d’exploitation négatif une année, elle doit obtenir une garantie financière à première demande pendant deux ans, ce qui oblige à bloquer la somme correspondante à la banque », a-t-il poursuivi. Idem pour la cession d’une agence non-Iata, ou de changements d’actionnaires détenant plus de 50 %. Pour le Président des Entreprises du Voyage, Jean-Pierre Mas: « nous avons rouvert la discussion avec Iata pour faire préciser les circonstances exceptionnelles qui expliquent un Ebitda négatif, comme un impayé de client par exemple. Nous menons une action de fond ». « Une exigence financière qui diminue le prix de l’entreprise vendue », a renchéri Raoul Nabet. Dans ce cadre, Les Entreprises du Voyage préparent une action juridique sur l’entrave à la liberté de transmission d’entreprise.

Exit le Snav, vive Les Entreprises du Voyage!

Ne l’appelez plus Snav-Les Professionnels du Voyage! Depuis le 27 avril dernier, le syndicat s’est donc rebaptisé “Les Entreprises du Voyage”. Un changement de nom soumis au vote des adhérents et validé à l’unanimité lors de l’assemblée générale du syndicat qui s’est tenue à Paris, ce même jour. « Le nom ne collait plus à l’évolution de nos métiers, a expliqué Jean-Pierre Mas, président désormais des Entreprises du Voyage. Le nom syndicat faisait trop lutte des classes et ce n’est pas notre fonds de commerce, celui de national trop franchouillard, et pas vraiment ouvert sur le monde. Quant aux agences de voyages, cela nous ramenait à la vieille économie. La réalité de nos métiers fait montre d’une réelle mutation. Il fallait sortir de cette appellation vieillotte pour représenter les nouveaux acteurs de la profession, et nous sommes avant tout des entrepreneurs, des entrepreneurs en prospection ». Rappelons ici que le Snav a été créé en 1945, et « sans rien renier du passé, ce changement de nom est l’occasion de lui offrir une seconde jeunesse », a résumé Jean-Pierre Mas. Plus jeune, mais aussi plus moderne, plus rassembleur.

Six conseils au lieu de deux

Le changement de nom s’est aussi accompagné de quelques modifications quant aux statuts de l’institution. “Pour être meilleur, il faut créer de la richesse et changer le syndicat”, a lancé Jean-Pierre Mas. D’autant « qu’entre 2011 et 2015, les recettes liées aux cotisations ont baissé de 7 % », et que sur cette même période « la masse salariale a diminué de 17 % ». Et devrait encore baisser de 3 % cette année. Exit donc ce qui étaient encore jusqu’au 26 avril dernier les deux conseils des métiers, producteurs et distributeurs. Désormais, “ce seront six conseils qui représenteront distinctement et totalement les activités des immatriculés”, a-t-il annoncé. Ces six conseils sont précisément: “voyage en France” (deux représentants), “tour-opérateurs” (trois représentants), “distributeurs et assembleurs de voyages” (trois représentants), “voyages d’affaires” (un représentant), “organisateur de voyages en groupe” (un représentant) et “organisateurs de congrès, séminaires, incentives, foires et salon” (un représentant). Une spécificité donnée à chacun, et qui, pour celui des “organisateurs de voyages en groupe”, “a été impulsé par Sylvain Lament, fondateur du Cercle Economique des Agences Groupistes/CEAG, a souhaité souligner Jean-Pierre Mas. Ce nouveau conseil sera l’occasion de mettre véritablement en avant les problématiques propres à cette activité, jusqu’alors diluées dans l’ex-Snav”.

Deux autres changements sont à relever. D’une part: l’ouverture au poste de président des Entreprises du Voyage à tout adhérent, et pas forcément un administrateur. Il n’est par conséquent pas utile d’intégrer le Conseil d’administration pour briguer la tête du syndicat.

D’autre part: la possibilité de déléguer les attributions d’un conseil à un organisme tiers. Ce sera notamment le cas avec le Cercle économique des agences groupistes qui devrait piloter le conseil « organisateur de voyages en groupe ». Et à ceux qui craignent un double-emploi entre l’activité du conseil « tour-opérateurs » et celle du Seto, le président des Entreprises du Voyage a été clair: « pas question de rentrer dans une guerre contre d’autres acteurs de la profession. Je n’ai pas du tout l’ambition d’absorber le Seto. Il s’agit simplement de donner plus d’efficacité à un organisme, Les Entreprises du Voyage ».

Enfin, il a été créé une « Commission Jeunes Entrepreneurs » chargée de repérer les nouvelles tendances et réfléchir aux évolutions du secteur. Elle est composée de six membres.

Ces nouveaux statuts (comme le changement de nom) ont été adoptés à une très large majorité: sur 256 suffrages exprimés (…sur 1313 inscrits), 221 ont voté pour (cinq contre, sept nuls et 23 abstentions).

2015 dans les grandes lignes

En 2015, la commission Air s’est réunie six fois et sur différents sujets, comme sur le dossier Lufthansa, la défaillance des compagnies aériennes ou encore le suivi de la réglementation européenne en liaison avec l’Ectaa. Des groupes de travail se sont tenus, et de nouveaux critères Iata entreront en vigueur au 1er juillet prochain (voir le paragraphe « pot commun »). Autre nouveauté: le règlement du BSP qui deviendra bimensuel au mois d’avril 2017.

Du côté de la commission Rail, les négociations entre le Snav et la SNCF ont conduit à la signature d’une nouvelle convention pour une durée de trois ans. Elle est entrée en vigueur le 1er janvier dernier.

Dans le cadre de la commission paritaire des Affaires Sociales, une négociation a été ouverte sur le recours au contrat à durée déterminée d’usage (CDDU). Un accord sur des grands principes avait fait l’objet de signature d’une déclaration d’intention, et un projet d’accord a été proposé à la négociation pour entériner cette avancée. Cet accord majoritaire a été, depuis, signé entre Les Entreprises du Voyage et trois organisations syndicales représentatives des salariés (la CFDT, la CFTC et la CGT-FO). C’était le 29 avril dernier. Cet accord concerne les salariés recrutés ponctuellement pour des missions de guidage et d’accompagnement, et fera l’objet d’une demande d’extension. Il entrera en application dès qu’il aura été étendu.

En revanche, la négociation portant sur les salaires minima de la branche avec les partenaires sociaux n’a pas abouti. Le syndicat proposait une augmentation du salaire minimum conventionnel (SMC) du groupe A de 0,6 %, un maintien des écarts entre les salaires minimum conventionnels de groupe (SMCG) et une augmentation des salaires forfaitaires des accompagnateurs de première et deuxième catégorie d’environ 3 %. Les organisations syndicales souhaitaient de leur côté une augmentation des SMCG d’au minimum 2,1 %. Le Snav n’a pas souhaité faire une proposition d’augmentation du SMC du groupe A au-delà du Smic en raison de la situation économique du secteur, comme celle des petites entreprises (et notamment les charges supplémentaires liées à la mise en place des garanties frais de santé et prévoyance) et d’un taux d’inflation quasi nul. En conséquence la grille des salaires minima, telle qu’appliquée pour l’année 2015, reste inchangée. Tous les groupes de A à G conservent les mêmes montants, sachant que le Smic horaire est à 9,67 euros bruts. Les salariés ne pouvant pas être rémunérés en dessous de ce taux horaire bien évidemment.

Concernant le commerce illégal, la délégation mise en place a examiné plus de 80 dossiers, émanant pour la plupart d’agences adhérentes et des Snav régionaux, et le taux de réglement de ces dossiers a été de 50 %. Par ailleurs a également été mené un certain nombre de réflexions, notamment sur les conditions d’exercice des agences et tour-opérateurs étrangers non immatriculés exposant au Salon mondial du tourisme. Dans la pratique, cela a conduit à une modification de leurs conditions d’inscription avec l’interdiction de vendre pour ces agences.

155 nouvelles adhésions

Au 31 décembre 2015, les membres du Snav étaient au nombre de 1323 (1287 en 2014), représentant 3500 points de vente. Le syndicat a enregistré 155 nouvelles adhésions (91 en 2014), mais dans le même temps a perdu 119 adhérents (110 en 2014), dont – entre autres – 28 démissions, 28 radiations par les réseaux volontaires, 16 cessations d’activité et 14 liquidations judiciaires.

L’an passé, le Snav a réalisé un chiffre d’affaires de 1,939 860 million d’euros en 2015, avec un excédent positif de 21 335 euros (5845 euros en 2014).

En 2015, toujours, le service juridique du Snav a été sollicité par près de 3000 demandes, soit par mail, par téléphone ou sur rendez-vous. Les sollicitations se sont réparties pour 50 % sur le social, 30 % sur le juridique et 20 % sur le fiscal, 105 dossiers ont été traités (171 en 2014).

Les montants des cotisations ne devraient pas changer en 2016. Ce qui permettra aux Entreprises du Voyage d’engranger 1,128 million d’euros (1,106 671 million en 2015).

A noter également que 2213 “cartes agents de voyages” ont été délivrées l’an passé. Valables un an, elles sont offertes à tous les adhérents ainsi qu’à l’ensemble de leurs collaborateurs, et atteste de leur qualité d’agents de voyages auprès des différents transporteurs, prestataires et fournisseurs.

Mesurer ses performances

Dans le cadre de la démarche de renforcement de la compétitivité des agences de voyages et de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), la Direccte Ile-de-France, le Snav-les Professionnels du Voyage et l’OPCA Transports et Services avaient présenté en septembre 2015 un outil d’autodiagnostic pour aider les agences de voyages à se repositionner et répondre aux profondes mutations que connaît le secteur, tout en préservant l’emploi.

Ce kit d’autodiagnostic est opérationnel depuis avril dernier, et disponible via l’espace adhérents du site www.snav.travel, et le portail entreprises de l’OPCA Transports et Services. Il s’adresse à l’ensemble des adhérents du Snav et/ou de l’OPCA Transports et Services, et permet aux entreprises d’évaluer leur niveau de performance, de préciser les solutions de repositionnement possible, d’identifier les actions à mettre en œuvre (à l’horizon de cinq années) pour renforcer leur compétitivité et optimiser la gestion de leurs ressources humaines. Le kit se présente sous un format rapide d’une heure environ sur une plateforme web, avec la possibilité de s’interrompre et de reprendre ultérieurement, dispose d’une fiche d’identité concise à renseigner pour définir le business model actuel de la société, et décline 160 questions pour évaluer la performance de l’entreprise sur les différents maillons de la chaîne de valeur. Un guide d’utilisation du kit d’autodiagnostic est à la disposition des entreprises pour les aider à prendre l’outil en main. A l’issue du diagnostic, ces dernières pourront télécharger un bilan avec des préconisations. Puis, pour les accompagner dans leurs changements organisationnels, les agences de voyages peuvent, via Les Entreprises du Voyage, bénéficier d’un debriefing sur les résultats de l’autodiagnostic et de conseils économiques en prenant un rendez-vous téléphonique avec le cabinet Eurogroup Consulting. Ou via l’OPCA Transports et Services solliciter une aide pour les phases d’accompagnement aval, envisager les formations qui pourraient intéresser les salariés de l’entreprise.

Cet accompagnement est gratuit pour les entreprises de moins de dix salariés et à un prix « extrêmement compétitif » pour les entreprises de plus de dix salariés adhérentes des Entreprises du Voyage et/ou de l’OPCA Transports et Services, et ce pour l’année 2016.

D’autre part, un nouveau site web pour Les Entreprises du Voyage est actuellement en cours de préparation, et devrait voir le jour d’ici la fin de cette année.

D’ici là se tiendra le congrès des Entrepreneurs du Voyage, et ce du 30 octobre au 5 novembre 2016. Après Marseille en 2015, direction cette fois le Sri Lanka.

Réaction

Martine Pinville, secrétaire d’État chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire.

Je souhaiterai particulièrement souligner deux actions marquantes relatives à votre activité. D’une part, la capacité à engager une réflexion en profondeur du secteur des agences de voyages concrétisée par la mise en place du « kit autodiagnostic », et d’autre part, la mobilisation sur la question de la médiation entre professionnels et clients via la création de la Médiation Tourisme et Voyage.

Le tourisme est un moteur de notre économie et dispose d’un fort potentiel de développement. Mais, il faut renforcer la qualité de la destination France, renforcer également l’attractivité des offres et développer les vacances pour tous.

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