Basée à Roncq, dans les Hauts de France, Not’car fête en 2016 ses 60 ans! Soixante années durant lesquelles la société nordiste s’est construit une notoriété certaine, que pérennise aujourd’hui la troisième génération. En affichant d’ailleurs certaines caractéristiques dans le secteur du tourisme, comme celles, par exemple, de miser sur internet, de choisir de se positionner uniquement sur du produit autocar ou encore de privilégier des véhicules de bonne facture.
En chantant… Ce titre d’une chanson datant de 1978 et que l’on doit à Michel Sardou, pourrait tout à fait être repris pour évoquer les débuts de l’histoire de l’autocariste Not’car, entreprise basée dans le Nord, à Roncq exactement. Pourquoi? Parce que lorsque Jules Notte se lance en 1956 dans le transport de voyageurs, il aime « pousser la chansonnette » lors de sorties en autocar qu’il organise alors pour l’association Les Papillons Blancs, regroupant des personnes handicapées. Et La nouvelle star de ces années-là trouve son public: de plus en plus de groupes associatifs font appel à lui. Il décide alors d’acheter ses propres autocars. L’entreprise s’installe à à Tourcoing, et se baptise Radio Not’Car. Puis, Jules Notte acquiert d’autres véhicules, développe sa clientèle d’excursionnistes, se positionne sur le transport de personnel (services d’usine). L’entreprise sera rebaptisée Not’Car Tours. « Mon père, Jacques dit « Jacky » prend le relais en 1973, et sera épaulé par ma mère, raconte Jérôme Notte, aujourd’hui gérant et directeur commercial. Après l’armée, il a passé son permis de transport en commun, a fait ses premières armes chez un autre confrère autocariste, avant de rejoindre l’entreprise ». Jacky s’attachera notamment à développer l’occasionnel, tout en poursuivant les activités de transport de personnel et en obtenant de nombreux services du conseil général. « Mon père est un passionné de belles mécaniques depuis son plus jeune âge, glisse Jérôme Notte. Il achètera d’ailleurs dans les années 80 le premier autocar à étage introduit en France, le premier véhicule avec salon arrière, le premier Bova… Il avait encore cette chance à cette époque d’acheter sans calculer forcément tous les risques, contrairement à aujourd’hui ». Un parc de véhicules qui au fil des ans « a contribué à construire la notoriété de l’entreprise en termes de qualité », tient à souligner Jérôme Notte. Une entreprise qui entretemps a pris le nom de Voyages Not’Car-Fils, quittant Tourcoing pour Roncq.
Vingt ans après l’arrivée de Jacky, soit en 1993, c’est au tour de deux de ses fils de prendre pied dans le monde du transport de voyageurs. Emmanuel et Jérôme. Le premier est aujourd’hui responsable d’exploitation planning et co-gérant avec son frère Jérôme. « Je ne suis pas arrivé à un bon moment dans l’entreprise, confie ce dernier, parce qu’elle connaissait une mauvaise période liée au développement des voyages publicitaires, avec un donneur d’ordre qui n’hésitait pas à mettre la pression… Jusqu’au moment où mon père a dit stop! Mais, sans doute trop tard… Car l’entreprise a été financièrement mise en difficulté. Mais, le bon côté des choses pour moi, cela a été justement le nouveau challenge qui m’attendait ». Redonner un nouvel élan. Il passera par la création de postes, l’informatisation (ABC Informatique), la mise en place d’un service groupes, l’édition de documents, le relookage des autocars qui arboreront désormais la couleur rouge… Et Not’Car-Fils devient Not’Car Tourisme. En 1998, l’entreprise obtient l’Etoile de la PME Française décernée alors par Bus & Car Magazine … La même année, le père de Jérôme lâche définitivement les rênes de la société, tout en restant cependant présent, et ce jusqu’en 2013! En retraite active. Notons également qu’en 2000, le conseil général du Nord met en place une nouvelle desserte du territoire départemental, 17 PME familiales dont Not’Car Tourisme s’associent et remportent le marché.
L’année 2000 marquera également pour l’entreprise un autre tournant, celui d’internet. D’abord simple site institutionnel, pas forcément complet, il fait l’objet cinq ans plus tard d’un relookage, posant alors la marque et l’image de Not’Car Tourisme. Et parce que l’entreprise croit en l’outil informatique, elle décide à nouveau en 2009 d’investir dans ce domaine « pour créer un vrai site », dit Jérôme Notte, qui se rapproche d’un développeur et embauche une personne dédiée. Cinquante mille euros sont investis, sans compter le lourd travail réalisé en amont et le temps passé à la création (un an et demi). « Le choix d’internet était un pari gagnant, notamment en termes de notoriété », explique Jérôme Notte, précisant qu’il s’agit d’un site marchand pour les individuels. « Etre référencé sur le web, ça n’a pas de prix », estime-t-il. Y être présent, c’est aussi un bon moyen de fidéliser les clients, d’informer rapidement ou encore de faire la promotion du voyage en autocar. Sauf que la personne en charge du web a quitté l’entreprise pour des raisons personnelles, « et je regrette de ne pas l’avoir remplacée depuis, nous avons un manque sur le plan de la communication », reconnaît Jérôme Notte, qui compte bien reprendre rapidement les choses en main. Très vite, « parce que c’est nécessaire », estime-t-il.
2006 est une autre date marquante pour l’entreprise puisque cette année-là, elle acquiert un terrain de 7 000 m2 à Roncq pour y faire construire son siège social. « Etre plus visible là où il y a du passage », glisse Jérôme Notte. Bâtiments administratifs, mais aussi atelier technique, préau où s’alignent les autocars, parkings, sans oublier les bureaux de l’agence de voyages. « Nous avons également acheté du terrain à côté pour d’éventuels autres projets », ajoute-t-il, sans en dire plus.
« Entre 2009 et 2012, l’entreprise a continuellement été en progression, poursuit Jérôme Notte, avec un record historique en 2012 (+ 20 % sur le chiffre d’affaires global, ndlr), mais que nous ne savons pas expliquer ». Toutefois, faut-il peut-être trouver une des raisons dans la forte présence sur le web (et l’envoi de newsletter) durant les trois années précédentes. Le parc autocars a aussi été renouvelé.
Enfin, c’est en 2015 que l’entreprise tourne à nouveau une autre page de son histoire en marquant sa volonté de dissocier ses trois activités actuelles: le transport, la location de véhicules sans chauffeur et l’agence de voyages. Trois activités désormais caractérisées par trois marques distinctes, respectivement Not’car, Not’loc et Not’tour. « Et à chaque entité sera très prochainement dédié un site web », annonce Jérôme Notte.
Not’tour représente donc aujourd’hui l’activité tourisme de l’entreprise nordiste. Elle se distingue par deux cibles de clientèles: le groupe constitué et le GIR. Cette dernière est travaillée de deux sortes. « La première d’entre elles se fait par le biais du regroupement Escapade, tour-opérateur régional proposant une offre de voyages au départ d’une trentaine de villes basées en Nord/Pas-de-Calais, explique Mikaël Echevin, chef de produits touristiques et chargé de projets E-tourisme. Nous revendons tout simplement leurs produits, mais nous n’assurerons pas le transport ». Escapade édite une brochure annuelle, financièrement prise en charge par le tour-opérateur régional, sauf pour les frais d’envoi aux clients. Elle est revendue à la fois par ses actionnaires, mais aussi par d’autres revendeurs basés dans les Hauts de France, dès lors qu’ils sont référencés par le TO. « Nous en prenons 200 exemplaires que nous adressons par courrier dans une zone de chalandise limitée à une trentaine de kilomètres de chez nous, ajoute Mikaël Echevin. Par ailleurs, cette offre est également bien visible en ligne avec un bon référencement ».
La seconde se fait avec l’appui d’un confrère autocariste, Voyages Catteau. Rejoints depuis 2008 par les Autocars Finand. « Nous éditons sous la marque commerciale « CardeTour » un document de huit pages proposant des produits à prix attractifs, principalement des journées, quelques week-ends et des circuits jusqu’à sept jours en France et en Europe », indique Jérôme Notte. La production de CardeTour porte exclusivement sur des voyages en autocar. « Les produits Escapade sont proposés sur des tarifs plus hauts de gamme que CardeTour », précise-t-il. La clientèle ciblée n’est donc pas la même. L’offre CardeTour fait l’objet de trois parutions chaque année (février, juin et octobre) à 350 000 exemplaires en tout pour les trois entreprises – 65 000 pour Not’tour – qui les diffusent sur leur zone de chalandise (Roubaix et Tourcoing pour Not’tour, Lille, Lomme et Armentières pour Voyages Catteau, Valenciennes et Cambrai pour les Autocars Finand). Tous les frais sont partagés par les trois partenaires. Not’tour et Voyages Catteau sont à l’initiative de la création de CardeTour en 2004 dont ils sont à parité actionnaires. Not’tour en assure aujourd’hui la gestion dans ses locaux. « Nous avons mis en place cette marque pour créer en commun des produits que nous maîtrisons de A à Z, explique Jérôme Notte, pour assurer aussi nos remplissages ». Une initiative qui a porté ses fruits, « les bons résultats enregistrés en témoignent, c’est très encourageant. De plus, il y a un véritable potentiel de développement », dit Jérôme Notte. Les taux de remplissage se situent entre 86 et 88 %… « En 2015, nous avons réalisé 116 voyages et transporté 5800 pax pour un chiffre d’affaires de 800 000 euros, les séjours que nous avons développés depuis trois à quatre ans ont totalisé 8 à 10 % des ventes, les week-ends 25 % et le reste concerne les journées », ajoute Mikaël Echevin. Vingt villes de départ sont mises en place, et c’est évidemment l’autocariste le plus proche qui assurera le ramassage, « avec un probable changement d’autocar en fonction des voyages », est-il précisé sur le document CardeTour. Un planning des véhicules est en effet préalablement défini, « et réparti équitablement en accord entre les trois partenaires », glisse Mikaël Echevin. « En toute transparence », martèle Jérôme Notte. Mais, il est évident que le principe « plus je revends, plus je roule est appliqué », ajoute ce dernier. Le document estampillé CardeTour est envoyé par mail, mais aussi en toutes boîtes, permettant de toucher des prospects. « Mais force est de constater que nous disposons d’un bon vivier de clients fidèles », indique Mikaël Echevin.
« Nous avons un grand projet de développement pour CardeTour, qui est d’ailleurs déjà bien avancé, il devrait voir le jour d’ici six mois, annonce Jérôme Notte. Un vrai projet avec une stratégie différente de ce qui se fait aujourd’hui, avec évidemment l’objectif de vendre beaucoup plus. Pour ce faire, il s’agira de séduire de nombreux autres revendeurs, qui ne seront pas des autocaristes, car nous voulons conserver notre métier de transporteur ». Jérôme Notte ne développera pas plus, sinon d’ajouter qu’il compte s’appuyer à 100 % sur le digital pour rendre viable ce projet.
L’autre projet, mais cette fois concernant Not’tour, serait d’étendre son activité de distribution. Car à ce jour, à part Escapades et CardeTour, l’entreprise ne revend aucunes autres offres de tour-opérateur. Elle ne diffuse pas non plus en brochure une propre production GIR, « je n’en vois pas l’intérêt, ce n’est pas rentable », dit simplement Jérôme Notte, d’autant, rappelle-t-il, qu’il a choisi de s’inscrire dans des regroupements. Par ailleurs, Not’tour ne fait pas d’aérien, que ce soit en individuels qu’en groupes.
Les groupes justement. Un service dédié a été créé en 1996, « mais l’activité reste à ce jour moins importante que le GIR », indique d’emblée Jérôme Notte. Une brochure annuelle était autrefois éditée (la dernière est parue en 2010), il y a eu aussi la participation à des salons (ceux notamment s’adressant aux comités d’entreprise)… « Mais on a arrêté tout cela, poursuit-il, ce qui n’a pas entraîné pour autant une baisse de cette activité, mais néanmoins une stagnation ». L’offre groupes a basculé sur le web sous la rubrique « voyages groupes ». Et pas moins de 150 propositions suggérées faites maison! Un moyen aussi de pallier l’absence de commerciaux sur le terrain. « Toutefois, si des clients veulent un support papier, nous imprimons ce que nous appelons une « sélection groupes » pour leur donner des idées, nous y insérons aussi des nouveautés », tient à préciser Charles Versaille, forfaitiste groupes, qui a rejoint l’entreprise il y a quelques mois dans le cadre d’un CDD. « De toute manière, les groupes constitués ne veulent que du sur-mesure », relève Jérôme Notte, qui souhaite cependant faire revenir Not’tour sur le devant de la scène groupes à travers des salons notamment. Voire en organisant des opérations qui leur seraient dédiées. Et tout en continuant à miser sur le web, « un support rapide, moderne, évident », martèle-t-il. Les comités d’entreprise (et souvent sur du séjour) constituent aujourd’hui la première clientèle groupes de Not’tour, suivis par les associations et les clubs. « Mais, là encore, nous nous devons d’être plus offensifs, commercialement parlant », relève Jérôme Notte. Une première étape a cependant été franchie il y a deux ans lorsque Not’tour a organisé un premier éductour. Puis un second l’an passé. Tous deux sur une journée et rassemblant 50 personnes invitées, à la fois clients et prospects. « Des opérations qu’il faudrait faire plus souvent car les retombées sont là », estime Jérôme Notte. « Des actions qui leur donneront envie de travailler demain avec nous », renchérit Mikaël Echevin. Même si ces groupes ont tendance « à trop regarder un prix au détriment des prestations proposées, relève Jérôme Notte. Notre challenge aujourd’hui est justement de ne pas céder au prix, et si on n’arrive pas à argumenter sur un tarif, c’est qu’on est pas bon ou que l’on se ment ».
Not’car fêtera ses 60 ans à la rentrée prochaine, et à cette occasion projette de concevoir un autocar spécial. En attendant, fin avril, un nouveau Setra S417 est entré dans l’entreprise.
• CA 2015: 2, 442 millions d’euros dont 70 % en occasionnel (tourisme, navettes, congrès, excursions…), 14 % de lignes régulières interurbaines, 11 % de ramassages scolaires et 5 % de rotations scolaires.
• Une ligne régulière (deux autocars) et présence sur 6 lignes en renfort (trois autocars) sur le département 59 (réseau Arc-en-Ciel2)
• Un parc de 24 véhicules dont 7 véhicules Grand Tourisme (Setra et Van Hool), 5 minibus (Wolswagen), 4 autocars scolaires (Irisbus), 3 véhicules régionaux (Irisbus), 3 véhicules VIP (Mercedes et Van Hool) ainsi que 2 véhicules de lignes (Setra).
• CA 2015: 979 000 euros, dont 54 % de voyages organisés groupes autocars (soit environ 5 000 cliants), 28 % sur la revente du tour-opérateur CardeTour, 15 % sur la billetterie sèche (parcs d’attractions) et 3 % sur la revente du tour-opérateur Escapade.
• En GIR, les destinations privilégiées en 2015 ont été la Costa Brava, le carnaval de Venise et le Puy du Fou. La tendance cette année est aux courts séjours dans les capitales européennes, et notamment Berlin et Prague. Côté groupes constitués, les demandes ont particulièrement porté pour cette année sur les parcs floraux (Belgique), Londres (parc Harry Potter) ainsi que des journées sur Paris.
• Siège social: Roncq.
Depuis 2010, Not’tour travaille en partenariat avec le lycée Gaston Berger de Lille préparant au BTS Tourisme.
Objectif: mettre des étudiants en situation réelle en tant qu’accompagnateurs de voyages en autocar.
Avant chaque départ, Not’tour les « forme » sur une demie-journée.