Capitale européenne, Strasbourg est depuis le 1er janvier dernier chef-lieu de la nouvelle région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. Son histoire, riche et tourmentée, a laissé un vaste patrimoine architectural prétexte à nombre de visites guidées vendues auprès des groupes par l’office de tourisme. Une commercialisation qui s’arrête là pour la structure institutionnelle puisqu’elle a fait le choix de laisser la main à des agences réceptives en termes de packages.
Saviez-vous que c’est à Strasbourg que fut composée par Rouget de Lisle en 1792 le chant de l’armée du Rhin qui deviendra La Marseillaise? Cent onze ans plus tôt, la ville était rattachée à La France et 79 ans plus tard au IIe Reich allemand… Avant de devenir capitale de l’Europe. C’est en 1949, que Strasbourg se voit attribuer les premières institutions européennes, et notamment le Conseil de l’Europe. Il sera rejoint un an plus tard par la Cour européenne des droits de l’homme, puis l’Institut des droits de l’homme en 1969. Entre-temps (soit en 1962) naîtra le parlement européen (ex-Assemblée parlementaire européenne) installé dans le bâtiment Louise-Weiss en forme d’aile et à la façade vitrée. Avec le Palais de l’Europe et le Palais des Droits de l’Homme, ils constituent aujourd’hui « le quartier européen », au programme – entre autres – des visites guidées proposées par l’office de tourisme de Strasbourg et sa région. Des visites généralement effectuées en extérieur. Car même si « ces institutions européennes peuvent ouvrir leurs portes au public, ce n’est pas chose courante. Ce n’est pas impossible, mais ce n’est pas forcément simple à organiser, prévient Annie Dumoulin, directrice adjointe de la structure institutionnelle. Il faut de toute manière les contacter en direct ». A noter que pour les réservations, c’est au responsable du groupe d’en faire la demande par écrit, et non à l’autocariste ou à l’agence de voyages. En revanche, rien de plus simple pour visiter le Lieu de l’Europe (ouvert en 2014), situé en lisière du quartier des institutions. Il permet de connaître le contenu et l’histoire de l’idée européenne, pour (re) découvrir les valeurs de paix et de démocratie…
Mais, bien avant d’être capitale de l’Europe, Strasbourg (qui a changé quatre fois de nationalité en soixante quinze ans) a derrière elle une longue histoire dont témoigne aujourd’hui un riche patrimoine architectural. Son centre-ville, situé sur la Grande Ile et caractérisé par des rues étroites aux nombreuses maisons à colombages, a été inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 1988* et comprend notamment la cathédrale Notre-Dame (édifiée entre le XIe et XVe siècles) et le célèbre quartier de la Petite France. D’autres courants architecturaux sont également représentés: renaissance avec le palais Rohan, français à travers les hôtels particuliers, allemand (néo-renaissance, néo-gothique, Art Nouveau) dans le quartier dit de la Neustadt. Ce dernier a d’ailleurs fait l’objet d’une candidature à l’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco: « Strasbourg: de la Grande Ile à la Neustadt ». Elle a été officiellement annoncée par Fleur Pellerin, alors ministre de la Culture et de la Communication, le 25 janvier dernier, et sera examinée en juillet 2017 par l’Unesco. Si le patrimoine est l’un des principaux atouts de Strasbourg (notons ici que la ville compte également 11 musées), il en est un autre qui a fait sa notoriété: son marché de Noël. Une longue histoire, là encore, qui remonte à 1570. Il est dit-on « le plus grand marché de Noël d’Europe », et a été couronné « meilleur marché de Noël d’Europe 2015 » par l’organisation européenne European Best Destinations. « A l’occasion de la manifestation, la ville met en place un dispositif spécial d’accueil pour les autocars de tourisme, matérialisé par un document spécifique, et ce en français, en allemand, en anglais et en italien », indique Annie Dumoulin, soulignant par ailleurs que « c’est un produit très prisé par la clientèle groupes amenée par nombre d’autocaristes ».
Des professionnels, particulièrement ciblés par l’office de tourisme de Strasbourg et de sa région, auxquels sont proposés un Manuel de vente, mais aussi un document regroupant l’offre de visites guidées et une rubrique dédiée sur son site internet.
Si la communauté urbaine de Strasbourg a été créée en décembre 1966, elle est devenue Eurométropole au 1er janvier 2015 (elle rassemble 28 communes). Et parmi ses compétences: la promotion du tourisme. Strasbourg est une destination de tourisme urbain, culturel et patrimonial, et fait d’ailleurs partie du Cluster « tourisme en ville » d’Atout France réunissant une vingtaine d’offices de tourisme. Ce dernier a pour but de valoriser les villes à l’international afin de les hisser au rang de destinations reconnues de courts séjours.
Le secteur du tourisme est donc un enjeu phare pour l’agglomération strasbourgeoise. Un plan d’actions stratégiques a été défini, il court jusqu’en 2020, et comprend quatre axes: développer l’attractivité, soutenir la compétitivité, garantir un tourisme pour tous et mettre en place une nouvelle gouvernance.
En attendant, et depuis plusieurs années maintenant, l’office de tourisme de Strasbourg et de sa région s’attache « à faciliter le travail des professionnels du tourisme, souligne Annie Dumoulin. Chaque année, une remise à jour des documents qui leur sont destinés permet d’en optimiser l’efficacité ». A commencer par la mise à disposition d’un Plan autocaristes afin « d’accéder vite et mieux à la ville », poursuit-elle. Edité en trois langues et à 12 000 exemplaires, il contient toutes les informations pratiques pour faciliter l’accès de la ville aux conducteurs (lieux de dépose et de reprise, parkings réservés, tarifs, plan de la ville, zoom sur le centre-ville, etc.). Autre document à disposition: l’offre de visites guidées spécialement conçues pour les groupes. Classiques, thématiques (« habitat et traditions en Alsace », « Strasbourg au XVIIIe siècle », « découverte du Strasbourg insolite », « sur les pas du jeune Goethe »…) et régionales à l’exemple de « la Route des vins d’Alsace » ou « la Route romane », elles varient d’une à trois heures, de quatre à huit heures en région. Et selon, à pied, à vélo et en autocar. « Nous disposons d’une vingtaine de guides salariés, et trois personnes sont dédiées aux visites guidées groupes et individuels au sein de l’office de tourisme », précise Annie Dumoulin.
Vient s’ajouter un dernier document qui consiste en un Manuel de vente, un guide trilingue (français, anglais et allemand). Une fois passées les informations concernant les moyens d’accès à Strasbourg sont déclinées différentes rubriques présentant la ville et son patrimoine, les activités pour groupes, le tourisme d’affaires, l’hébergement, la restauration, les principales manifestations avant de présenter une sélection de sites alsaciens. Y est joint également le plan de la ville et d’accès des autocars de tourisme. Edité depuis une quinzaine d’années, il paraît fin mars/début avril. « Depuis que l’office de tourisme est en place, il n’a jamais été question de créer une cellule de commercialisation, explique Christine Harter, responsable de la promotion au sein de la structure institutionnelle. Nous n’avons jamais édité de brochure groupes rassemblant des offres clé en main ». Ni conçu des programmes sur demande. Seules sont vendues les visites guidées. « C’est le rôle et le métier des agences réceptives, renchérit Annie Dumoulin. Le nôtre est de promouvoir la destination ». Une mission à laquelle s’en ajoutent deux autres: le conseil et l’information.
« Les prestataires mentionnés dans notre Manuel de vente sont adhérents à l’office de tourisme et établissent eux-mêmes leurs propres tarifs, précise Christine Harter. Si nous avons des demandes sur des packages, nous renvoyons systématiquement aux différentes agences réceptives ». La version 2016/2017 est actuellement en phase finale de préparation, mais sera éditée seulement à 1 000 exemplaires (au lieu de 1 500 jusqu’alors). « Nous proposerons des clés USB, poursuit-elle, avec, bien sûr, la possibilité d’un envoi par courrier sur demande. Cependant, le manuel sera adressé systématiquement auprès de professionnels sélectionnés en fonction de leur activité sur Strasbourg ». Le document est également présenté à l’occasion de salons professionnels à l’exemple de Rendez-vous en France, du City Fair à Londres axé sur le tourisme urbain ou encore l’ITB Berlin. L’office de tourisme a aussi participé au MAP Pro, en 2010 et 2011…
« Nous travaillons beaucoup en collaboration avec les deux départements alsaciens pour promouvoir Strasbourg lors de salons, mais aussi dans la mise en place d’eductours », indique Christine Harter. Une vingtaine peut ainsi être organisée sur une année! Y compris sur demande. « Nous sommes très partisans de ce type de démarche qui apporte de réelles retombées », relève la responsable de la promotion.
L’offre groupes strasbourgeoise est également disponible sur le web, là où il est d’ailleurs possible de télécharger le Manuel de vente. D’y découvrir également les offres des agences réceptives. Un site internet, dont la dernière version date de 2012, et qui est actuellement en cours de refonte. Pour être plus simple d’accès, plus ergonomique avec un onglet « professionnels du tourisme » qui sera lui aussi changé. Il devrait être opérationnel au début de l’année 2017.
En 2015, l’office de tourisme de Strasbourg et sa région a réalisé 3 505 visites guidées à destination des groupes (3 386 en 2014).
Par ailleurs, sur le rapport d’activité 2014 de la structure institutionnelle, est indiqué que « 20 000 autocaristes, soit près d’un million de touristes, se rendent à Strasbourg en autocar chaque année ». Les demandes groupes portent principalement sur des visites guidées de la ville, la croisière sur l’Ill et le musée Alsacien.
Centre-ville (« Grande Ile ») classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Cathédrale Notre-Dame (styles roman tardif et gothique, beffroi, horloge astronomique, buffet d’orgue). Quartier de la Petite France (ancien quartier des tanneurs, des meuniers et des pêcheurs, il offre un panorama de la Renaissance rhénane. Ruelles rythmées par une succession de maisons à pans de bois des XVIe et XVIIe siècles). Ancienne Douane (un des rares témoins du commerce médiéval, transformée aujourd’hui en restaurant). Ponts couverts (construits au XIIIe siècle et dont le rôle était de protéger l’accès fluvial). Barrage Vauban. Nombreuses églises dont celle de Saint Thomas, la plus vaste après la cathédrale ou encore Saint-Guillaume, église luthérienne la plus pittoresque de Strasbourg en raison de son obliquité flagrante et de ses vitraux pré-Renaissance. Palais Rohan (ancien palais épiscopal abritant trois musées).
Musée Alsacien (vie rurale alsacienne entre 1750 et 1860). Musée de l’œuvre Notre-Dame (collection d’Oeuvres anciennes, notamment à caractère religieux). Musées d’Art moderne et contemporain, des Beaux-Arts et Archéologique, regroupés au sein du Palais Rohan. Musée Historiquede la ville (du Moyen-âge à 1949).
Musée Tomi Ungerer, célèbre illustrateur alsacien (Centre international de l’illustration).
Croisière promenade commentée sur l’Ill pour découvrir la ville sous un autre angle (Batorama). « Dans le Top 10 des sites payants les plus prisés d’Alsace, les bateaux-promenades de Strasbourg occupent la première place avec près de 800 000 visiteurs par an », glisse Annie Dumoulin, directrice adjointe de l’office de tourisme de Strasbourg et de sa région.
Parc de l’Orangerie (25 hectares, lac, élevage de cigognes et petit zoo). Jardin botanique (réservé aux groupes le matin).
Musée zoologique (animaux et insectes). Le Vaisseau (espace de découverte scientifique destiné aux plus jeunes).
Musée Vodou (installé dans l’ancien château d’eau de la gare, il rassemble une collection d’objets vodou en provenance d’Afrique de l’Ouest). La cave historique des Hospices de Strasbourg (témoin d’une histoire hospitalière et viticole).
Marché de Noël (quelque 300 chalets répartis sur 12 sites.
En 2016, il se tiendra du 26 novembre au 31 décembre).
Depuis le 1er janvier 2016, l’Alsace, la Lorraine ainsi que la Champagne-Ardenne ne font plus qu’une seule et même région, qui fait deux fois la surface de la Belgique avec ses 57 433 km2! Si Strasbourg est le chef-lieu de la grande région, la ville sera-t-elle pour autant le siège du conseil régional? Ce seront aux conseillers régionaux d’en décider, avant le 1er juillet prochain…, mais la ville serait en bonne place. Restera la question la plus difficile à trancher: « quel nom pour la région? ». Réponse après le 1er octobre 2016.
(*) Il a été le premier centre urbain classé au patrimoine mondial de l’Unesco.