Le patrimoine immatériel de l’Humanité peut être aussi passionnant que la visite d’un monument ou d’un site exceptionnel. Il serait dommage de ne pas s’arrêter sur les traditions culturelles d’une destination à l’occasion d’un voyage touristique.
Le comité ad hoc de l’Unesco (
Côté spectacles, le comité a sélectionné des danses, chants et fêtes sur tous les continents ou presque.
Par exemple, les danses balinaises (Indonésie), avec leurs exigences strictes et leurs costumes hauts en couleurs, mais aussi la danse Wititi de la vallée du Colca au Pérou, qui marque le passage à l’âge adulte des jeunes vêtus de costumes traditionnels.
Les danses des garçons en Roumanie ont aussi été retenues pour leur contribution, au-delà des performances qu’elles représentent, au dialogue intergénérationnel et interculturel qui associe Hongrois, Roms et Roumains.
Les musiques, chants et danses traditionnels de la côte pacifique de part et d’autre de la frontière entre l’Equateur et le Pérou sont à présent reconnus pour les deux pays et les communautés d’« Afro-descendants ».
Danses, tambours et poésie de l’Ardalah, un spectacle traditionnel d’Arabie saoudite présenté par les hommes vêtus de costumes fabriqués par les femmes, sont à présent inscrits au patrimoine immatériel de l’Humanité, tout comme l’Al-Razfa, un art traditionnel du spectacle que l’on peut rencontrer à Oman et dans les Emirats arabes Unis, autrefois pour célébrer une victoire.
En Asie centrale, ce sont les compétitions orales de poésie aitysh qui sélectionnent les meilleures expressions poétiques au Kirghizistan et au Kazakhstan, ainsi que le chant épique Görogly qui narre les exploits d’un héros légendaire au Turkménistan qui ont fait l’objet d’une inscription.
A la frontière entre la musique et l’artisanat, la cornemuse de Slovaquie, peu connue à l’extérieur du pays, joue un rôle important lors de certaines fêtes et cérémonies, exigeant un savoir-faire, tant pour leur fabrication que pour leur utilisation, qui reste particulier au pays.
En matière d’artisanat, le comité sélectionnant le patrimoine immatériel de l’Humanité a reconnu l’habileté et la créativité des artisans de Tinos en Grèce, en matière de travail du marbre. Il a aussi retenu l’artisanat du cuivre de Lahidj en Azerbaïdjan, pour ses spécificités ornementales et les liens intergénérationnels qu’il facilite.
Le savoir-faire des habitants de la municipalité d’Aguasay au Vénézuela, dans la culture et la transformation de la curagua, dont les fibres sont extraites par les hommes pour que les femmes en fassent des objets artisanaux locaux, notamment des hamacs, fait aussi son entrée au patrimoine immatériel. A l’autre bout de l’Amérique du Sud, c’est la technique picturale traditionnelle du filete, en Argentine, qui a été remarquée par le comité de l’Unesco pour la combinaison unique de couleurs et de lettres qu’elle permet.
Au chapitre des traditions, c’est le Fichee-Chambalaalla, le Nouvel An tel que le fêtent les Sidamas d’Ethiopie, qui est consacré. En Extrème-Orient, les jeux et rituels de tir à la corde dans les rizières ont pour vertu de protéger les futures récoltes seloon les croyances paysannes au Cambodge, en Corée, aux Philippines et au Vietnam.
Les fêtes du feu qui se déroulent en France, en Espagne et en Andorre lors du solstice d’été, ont été retenues par le comité pour leur contribution au renforcement des liens sociaux qu’elles permettent. De même, en Bulgarie, le Surova, un festival populaire organisé les 13 et 14 janvier dans les localités de la région de Pernik, est un bon moyen de réunir les gens, qui partent en mascarade et déguisements d’une maison à l’autre, pour répandre leur protection et leurs encouragements.
Au-delà des spectacles assurés par les chevaux lipizzans de la Haute école d’équitation espagnole de Vienne et ses pratiques équestres classiques, le comité a voulu consacrer la culture sociale qui entoure cette institution prisée des touristes qui visitent l’Autriche.
En Arabie saoudite, à Oman et au Qatar, la place centrale qu’occupe dans la vie sociale le Majlis, un lieu aménagé où se rencontrent les membres d’une communauté villageoise pour discuter, se divertir ou trancher certaines affaires, doit être préservée. Ce sont aussi les rapprochements entre les communautés zénètes qui participent au Sbuâ, pélerinage annuel à la zawiya Sidi El Hadj, dans le sud de l’Algérie, qui ont convaincu le comité de l’Unesco d’inscrire ce rite sur sa liste.
Au cours de cette session très tournée vers l’Orient, le comité de l’Unesco a aussi retenu « le symbole de générosité » que représente le café arabe tel qu’il est offert en Arabie saoudite à Oman et au Qatar. Le comité a aussi apprécié le sens du partage qu’implique le festival des fruits du marula qui réunit les huit communautés Aawambo du nord de la Namibie pendant deux ou trois jours à la fin mars ou début avril. Enfin, l’art d’accomoder les légumes qu’entretient la préparation traditionnel du kimchi en République populaire démocratique de Corée est suffisamment complexe et spécifique pour faire son entrée sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l’Humanité, où figure déjà, par exemple, le repas gastronomique des Français.