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Marché

Paris brûle-t-il?

Enquête | publié le : 01.02.2016 | Dernière Mise à jour : 01.02.2016

Auteur

  • Catherine Mautalent

Les attentats du 13 novembre 2015 à Paris ont eu de fortes répercussions sur l’activité touristique. Pour la capitale, mais aussi en province. Autocaristes, tour-opérateurs, agents de voyages, hôteliers ou encore compagnies aériennes n’ont pas été épargnés.Décryptage par secteurs d’activité.

Le gouvernement tient à rassurer sur leur sécurité les touristes qui visitent la France. Tout est mis en œuvre pour que leur séjour se déroule dans de bonnes conditions ». Dix jours après les attentats à Paris, Manuel Valls, Premier ministre, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, et Matthias Fekl, secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français à l’étranger, ont réuni les représentants du tourisme parisien et francilien. Etaient aussi conviés des agences de voyages, des tour-opérateurs, des hôteliers-restaurateurs et des transporteurs (Air France, SNCF et ADP). Cette réunion a permis d’échanger quant aux conséquences immédiates des événements sur les principaux marchés internationaux. Il a également été abordé les actions à conduire à court terme, notamment en terme de communication vis-à-vis des touristes étrangers, en lien avec le réseau diplomatique et Atout France. Les ambassadeurs ont, ainsi, été invités à lutter contre les informations erronées sur la base d’un jeu de questions/réponses traduit en six langues et diffusé auprès de toute la profession au niveau national et international.

État d’urgence

A la suite des attentats de Paris du 13 novembre, François Hollande, Président de la République, a décrété dès le soir même la mise en place de l’état d’urgence sur le territoire national et ce, pour une durée de 12 jours. Un état d’urgence qui, dès le 19 novembre, s’est également appliqué sur les territoires d’Outre-mer. Le 16 novembre, le chef de l’État a réuni députés et sénateurs à Versailles. Durant son allocution, il a annoncé sa volonté de prolonger l’état d’urgence de trois mois, une fois la période de 12 jours terminée, soit à compter du 26 novembre 2015. L’état d’urgence prendra donc fin le 26 février 2016. A cette date, il pourra être éventuellement renouvelé (au moment où nous mettons sous presse, la question se pose…). Il peut aussi être interrompu avant son terme. Il a également été décidé de renforcer le « dispositif Sentinelle » déployé suite aux attentats de Charlie Hebdo en janvier 2015. Ainsi, dès le 15 novembre, des renforts militaires sont arrivés de toute la France, en direction de Paris. Trois cents militaires du régiment de parachutistes de Carcassonne ont eu, par exemple, pour mission la sécurisation du métro parisien. En janvier 2015, le « dispositif Sentinelle » était de 7 000 hommes déployés sur le territoire national, dont 4 000 en Ile-de-France. Toujours depuis le mois de novembre, il a été renforcé de 1 000 hommes supplémentaires. En tout, 10 000 militaires patrouillent sur tout le territoire. A Paris, les effectifs de police ont été triplés sur les sept zones touristiques que compte la capitale (Montmartre, Champs-Elysées, Champs-de-Mars, musée du Louvre, Notre-Dame, Châtelet et Opéra). Autre priorité: le contrôle aux frontières. Sur 61 postes routiers, policiers et douaniers ont repris les inspections dans les gares et les voitures.

D’autre part ont été rétablis les contrôles aux frontières intra-communautaires et renforcées les mesures de contrôles dans les aéroports, gares et tous points d’entrée et de sortie du territoire. Des mesures qui induisent l’obligation d’être en possession de documents d’identité en cours de validité, y compris pour les déplacements intra-communautaires, des contrôles de sécurité des personnes et des effets personnels très stricts.

Mesures et projets

Manuel Valls a proposé aux hôteliers des mesures d’accompagnement financier, en lien avec BpiFrance, du remboursement des prêts en cours pour certains établissements franciliens en grande difficulté après les attentats. La cellule de continuité économique (CCE), activée le 16 novembre, a été chargée de porter une attention particulière aux modalités de mise en œuvre par les opérateurs économiques des mesures gouvernementales, avec notamment la mise en place de dispositifs de soutien aux entreprises(1). Elle a par ailleurs désigné un correspondant unique, dont la mission est d’assurer l’accompagnement individualisé des entreprises touchées par les attentats. De les orienter dans leurs démarches afin de les aider à surmonter les difficultés induites, que l’impact économique soit direct ou indirect. Sébastien Moretti est ce correspondant unique(2). Dès le 14 novembre, les commerces et les centres commerciaux les plus exposés ont adapté et renforcé leurs dispositifs de sécurité, en lien avec les préfets et les forces sécurisant l’espace public.

Dans le champ culturel, Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, a annoncé la création d’un fonds spécifique d’aide exceptionnelle aux producteurs de spectacles et de salles. Ce fonds d’aide d’urgence a été fixé à quatre millions d’euros.

Le 8 décembre, un comité parisien pour l’emploi exceptionnel s’est tenu à l’Hôtel de Ville, co-organisé par la mairie de Paris et le Préfet d’Ile-de-France, et où était convié le Snav. « Cette coordination de tous les acteurs institutionnels dans l’accompagnement des entreprises permettra à celles qui souhaitent utiliser les dispositifs d’aides d’avoir une réponse efficace et rapide », avait commenté le syndicat dans un communiqué, à l’issue de la réunion.

Début décembre encore, le gouvernement a lancé une campagne de communication pour mieux se préparer à la menace terroriste, expliquant qu’elle « permet à chacun de connaître, comprendre et assimiler les comportements de base à tenir dans ce type de situation ». Ces derniers étaient résumés par le tryptique « s’échapper, se cacher, alerter ».

Enfin, la mairie de Paris, qui s’est voulue « ni rassurante, ni alarmiste » sur la baisse de fréquentation, a annoncé le lancement à l’échelle internationale d’une campagne de promotion du tourisme, mais pour plus tard. Mais, dès le 15 décembre, le hashtag « #ParisWeLoveYou » envahissait les réseaux sociaux, à l’initiative des groupes Galeries Lafayette et Alliance 46-2 qui rassemble des professionnels du tourisme. Une opération soutenue par l’Hôtel de Ville et une cinquantaine d’entreprises parmi lesquelles AccorHotels, Le Parc Asterix ou encore le théâtre du Chatelet. L’idée? Faire passer le message que Paris reste malgré tout une ville sûre.

Aérien

Le niveau des annulations de réservations aériennes est « revenu à la normale » après des « annulations de masse », indiquait Nicolas Lefèbvre, directeur général de l’office de tourisme et des congrès de Paris. Pour la période des fêtes de fin d’année, le recul affichait 13 % après les attentats contre -2 % avant le 13 novembre. « On pouvait s’attendre à pire », a-t-il ajouté.

Selon une étude de la société spécialisée ForwardKeys, publiée le 24 novembre, les réservations de vols vers Paris avaient chuté de 27 % entre le 14 et le 21 novembre par rapport à la même semaine de l’année précédente (1 000 annulations étaient enregistrées sur le seul mois de décembre).

En novembre, toujours, Roissy et Orly ont perdu 123 000 passagers comparé à la même période de 2014, selon Aéroports de Paris, qui a enregistré une baisse de 6 % lors de la seconde quinzaine du mois. En région, selon la DGAC, si Nice, Lyon, Marseille et Toulouse ont connu une évolution modérée en novembre, Beauvais a été la plateforme la plus impactée (-7,4 % avec des pertes supérieures à 15 % lors de la seconde quinzaine de novembre).

Si Air France n’a pas dévoilé l’ampleur du repli de son trafic passagers, elle a cependant estimé l’impact sur son chiffre d’affaires de novembre à 50 millions d’euros. « Une baisse des réservations a été constatée (…). Il s’agit d’un phénomène normal après ces événements tragiques, surtout que la compagnie donnait la possibilité à ses clients de reporter les vols réservés entre le 13 et le 22 novembre jusqu’au 15 décembre 2015 », précisait-elle. Cette dernière a d’ailleurs renforcé ses mesures de sûreté, comme les contrôles d’explosifs sur les passagers, la vérification de l’identité des voyageurs dans l’espace Schengen, le contrôle de fond en comble des avions sortant de maintenance, les trappes de l’appareil accessibles depuis l’extérieur ont été scellées de manière à ne pas y cacher un objet… « Au moindre doute, on suspend la ligne », confiait Gilles Leclair, directeur de la Sûreté d’Air France depuis 2014, interrogé par Le Parisien dans son édition du 17 décembre 2015. Début janvier, Air France/KLM chiffrait ses pertes concécutives à 70 millions d’euros sur décembre. La compagnie notait toutefois « une nette atténuation de cet effet sur les deux dernières semaines de décembre », lui permettant d’afficher un trafic stable. Avant d’indiquer également une « stabilité » quant au nombre de passagers à 6,7 millions et un coefficient d’occupation de 82,9 %, en baisse de 0,2 %. Singapour Airlines, elle, a fait état d’un « réel impact » qu’elle a évalué à 5 % sur ses réservations en classe économique. Quant à Japan Airlines, elle a suspendu ses vols sur Paris depuis Tokyo-Narita jusqu’au 15 mars prochain, faute de fréquentation (depuis les attentats, le taux d’occupation de ses avions a diminué de l’ordre de 40 %, soit la moitié de son remplissage habituel). Depuis les événements de novembre, l’association japonaise des agences de voyages (Jata) aurait annulé environ 28 000 séjours.

Enfin, Alain Batisti, président de la Fédération nationale de l’aviation marchande (Fnam), a chiffré l’impact des attentats « à plusieurs centaines de millions d’euros ».

Autocaristes

Il y a d’abord eu la crainte, puis la mise en place de l’état d’urgence. Les autocaristes n’ont pas été épargnés. D’abord sur les groupes scolaires. Concernant les voyages et sorties scolaires occasionnelles en Ile-de-France, le ministère de l’Education nationale avait, en effet, édicté des consignes de sécurité applicables du 16 au 22 novembre, avant d’être prolongées jusqu’au 6 décembre pour finalement être levées le 2 décembre. « Nous avons eu quelques annulations de groupes scolaires, mais surtout beaucoup de mise en attente », nous confiait ainsi le 11 décembre dernier Corinne Bonnaffoux, responsable du service groupe chez Perraud Voyages (Tullins). D’autres autocaristes avaient même enregistré des annulations pour des voyages scolaires à l’étranger prévus en décembre, parfois aussi – et plus surprenant – sur l’année 2016. Concernant les groupes adultes, ils n’ont pas tous souhaité maintenir leur voyage à Paris, ou hésitaient encore à se rendre sur les marchés de Noël. « Depuis les attentats du 13 novembre, nous indiquait fin novembre Valérie Pucheu, chargée de la communication pour Verdié Voyages (Rodez), nous avons ressenti un frein dans les réservations, il y a eu beaucoup d’hésitations de la part des clients. Ils s’interrogent, nous questionnent, certains veulent changer leurs destinations prévues… Je crois qu’il y a une peur qui s’est installée vis-à-vis des grandes villes touristiques ». Mais, sur un plan général, les annulations ont, sans surprise, surtout concerné les excursions prévues à Paris, tandis que fusaient nombre de questions sur les marchés de Noël. Certains autocaristes évoquaient une « dégringolade dans le carnet de commandes »… Et des remboursements à effectuer aux clients alors que des frais étaient déjà engagés (comme les parkings à Paris). Christian Van Gestruy, directeur des Voyages Catteau (Lomme) confiait à notre confrère de La Voix du Nord accuser « un préjudice estimé à 70 000 euros », tandis qu’Yves Mariot, président de Mariot Voyages (La Bassée) annonçait – toujours au quotidien nordiste – « que depuis le 13 novembre, une quarantaine de cars étaient restés au garage après des annulations ». Quant à l’entreprise vosgienne des Cars Ferry à Corcieux, en dix jours, le chiffre d’affaires a affiché une baisse de 25 000 euros. En Alsace, les autocaristes parlaient de 20 à 25 % de pertes. Un dernier pourcentage qu’indiquait aussi de son côté Autocars Douaisiens, à La Voix du Nord sur l’activité de son entreprise. Voyages Girardot à Dijon qui avaient programmé les marchés alsaciens affirmait de son côté « n’avoir eu aucune annulation », tandis qu’Arbois Tourisme (39) indiquait « quelques annulations » de groupes. « Chez nous, les marchés de Noël étaient vendus, les groupes sur la capitale aussi, et fort heureusement, nous n’avons pas eu d’annulations, poursuit Corinne Bonnaffoux, mais parallèlement, nous n’avons pas eu d’inscriptions supplémentaires ». Seul point noir pour Perraud Voyages: la Fête des Lumières à Lyon, qui a été annulée par la ville. L’autocariste isérois devait y emmener 200 pax… Lyon a, de son côté, perdu 1,5 million de touristes…

Hôtellerie/restauration

Le taux d’occupation des hôtels à Paris et en Ile-de-France a plongé après les attentats (– 7 % s’agissant de la clientèle française, et de - 3,3 % pour celle étrangère sur novembre). L’office de tourisme et des congrès de Paris relevait « une baisse de 16 points du taux d’occupation les dimanches 22 et 23 novembre, contre une baisse de 28 points le 21 ». Dans la semaine qui a suivi les attentats, les hôtels parisiens ont perdu chaque jour en moyenne 24 points contre une croissance de 2,4 points la semaine avant les attentats. « Evidemment, nous ne sommes pas revenus à la normale », indiquait le directeur général de l’office de tourisme et des congrès de Paris, Nicolas Lefèbvre, « mais les chiffres remontent », tout en restant prudent sur l’analyse d’un bilan effectué dans un délai très court. L’impact des attentats est néanmoins « plus fort que celui de ceux de janvier 2015, plus anxyogène ». Les touristes d’affaires français comme étrangers vont venir, « notre interrogation c’est le tourisme de loisir », a-t-il ajouté. Et ce dernier marché a particulièrement baissé. Depuis le 13 novembre, la fréquentation des palaces est en chute libre. Dans la semaine qui a suivi les attentats, l’une des plus grandes enseignes parisiennes a perdu près de deux millions d’euros. Si les hôtels de luxe ont été touchés, les catégories inférieures ont aussi souffert. « Le revenu par chambre disponible a chuté de 15 points dans les quatre étoiles et de 25 points dans les trois étoiles », a ainsi annoncé Franck Trouet, directeur général du syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs.

Début décembre, selon le cabinet MKG, le secteur de l’hôtellerie française faisait état d’une perte de 9,3 % de son chiffre d’affaires, soit un manque à gagner de 150 millions d’euros, affectant surtout Paris, les grandes villes et le segment du luxe. Le cabinet tablait sur un « manque à gagner de 50 millions d’euros sur les mois de janvier et février 2016, et jusqu’à mi-mars ». La restauration a, elle aussi, été touchée, notamment à Paris où de nombreux responsables d’établissement ont noté que la baisse de leur chiffre d’affaires était principalement liée à la clientèle touristique.

Concernant l’impact des attentats de Paris, le Groupe Pierre & Vacances a enregistré des annulations dans ses résidences de tourisme urbain Adagio à Paris et en Ile-de-France, représentant un parc de quelque 4 000 appartements. « A date, ces annulations se sont traduites par une perte estimée à un million d’euros », a précisé le groupe dans un communiqué. Elles se sont surtout faites ressentir la semaine qui a suivi les attentats et ont concerné « les courts séjours touristiques » principalement à mettre au compte d’une clientèle « coréenne, asiatique et américaine ». En revanche, les « longs séjours professionnels n’ont pas été concernés » par ces annulations. Le groupe estime que ce manque à gagner est « potentiellement récupérable » même s’il juge « l’impact plus important » que celui produit par les attentats de janvier. Lors des vacances de Noël, Pierre & Vacances faisait état « d’une petite baisse sur les réservations, de quelques points », tout en évoquant « un phénomène ponctuel ». Pour les établissements de montagne, Gérard Brémond, Pdg de Pierre & Vacances, signalait plus particulièrement des annulations de la clientèle étrangère, et notamment britannique. Quant aux Center Parcs (21 en tout dont, cinq en France), aucune annulation n’a été enregistrée. De son côté, Hervé Bazin, le patron du Groupe Accor déclarait sur BFM Business « un trou d’air de trois à quatre mois » après les attentats. « Ca va se résorber, à condition que la sécurité soit bien assurée par les pouvoirs publics », a-t-il ajouté.

Production/distribution

Un mois après les attentats de Paris, les tour-opérateurs français accusaient le coup dans un contexte déjà marqué par un reflux touristique vers des destinations sans risque comme l’Espagne ou la Grèce. Dans les jours qui ont suivi les attentats, les esprits n’étaient évidemment pas aux réservations de voyages. Aussi, plus largement, les professionnels proposant forfaits, circuits ou séjours à la carte pour des groupes ou des individuels ont-ils dans l’ensemble constaté des chutes d’activité « de l’ordre de 15 à 30 % », selon René-Marc Chikli, président du Seto, comparé à la même période de 2014. Et pouvant même aller jusqu’à 50 % pour certains. Toutefois, il précisait « qu’il n’y avait pas eu d’annulations » de séjours. « Les gens qui avaient prévu de partir sont partis », a-t-il dit. A l’en croire, le pire serait passé. « Cela redémarre. L’attentisme semble derrière nous. Les réservations repartent », a-t-il indiqué. Une exception toutefois: les séjours thalasso ont été très vite à nouveau prisés par les clients. Au mois de novembre, selon le Seto, la recette unitaire de chaque départ par voyageur a chuté de 5,3 % en moyenne, diminuant de 8,3 % pour la France à 291 euros, et de 1,4 % pour le long-courrier à 2 235 euros, mais augmentant encore de 2,1 % sur le segment moyen-courrier à 688 euros. « En ce début de l’exercice 2015/2016, le marché reste difficile, estime le Seto, compte tenu des conditions socio-économiques et des craintes sécuritaires qui pèsent sur la consommation en France ».

Quant aux agences de voyages, le baromètre Snav/Atout France du mois de novembre a révélé que les prises de commandes globales accusaient une baisse de 6 % en nombre de clients et de 1 % en volume d’affaires. Le recul des réservations sur la France a fortement contribué à cette tendance défavorable. Le long-courrier était également à la baisse (-6,5 % en nombre de passagers et -1 % en volume d’affaires). Seul, Cuba affichait une forte hausse… Quant au moyen-courrier, il s’est maintenu enregistrant même de légères hausses: + 1,2 % en nombre de clients et + 2 % en volume d’affaires.

Sites, prestataires et événements

En matière de sécurité des lieux touristiques, Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, en déplacement le 25 novembre 2015 dans le quartier de La Défense, assurait que « le gouvernement restait très vigilant et mobilisé », et que des mesures étaient prises « en terme de video surveillance, de palpation, de sécurisation » aux abords des sites. Concernant la fréquentation des musées et monuments, elle a chuté d’environ 25 % en moyenne depuis la mi-novembre. Le gouvernement s’est dit prêt à aider les établissements à améliorer leur sécurité, notamment en lançant des patrouilles volantes autour des grands établissements. Au Louvre, par exemple, des fouilles au corps sytématiques ont été organisées, et un tunnel de rayons X pour les sacs a été installé.

« Les musées sont des lieux publics, comme ceux qui ont été attaqués, mais nous ne voulons pas céder à la peur et devons continuer à vivre normalement, a écrit dans un communiqué daté du 27 novembre Guy Cogeval, Président du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie. En lien avec le ministère de la Culture et de la Communication, la Préfecture de Police et l’armée, toutes les mesures ont été prises pour assurer une plus grande sécurité du public et du personnel. Dans cet objectif, nous remercions nos visiteurs de bien vouloir limiter la taille des sacs et de faciliter les contrôles Vigipirate ». Avant de conclure: « la programmation des activités culturelles est maintenue ».

Dans un courrier adressé à ses partenaires fin novembre, le groupe Sodexo (Bateaux Parisiens, Batobus et le Lido) détaillait, pour sa part, une partie du dispositif de sécurité mis en place depuis le 17 du mois pour « rassurer les clients ». Ainsi était-il mentionné « qu’un contrôle systématique des sacs » avait été mis en place, et que « l’ouverture des vestes et des manteaux était requise à l’entrée ».Ou encore que « les bagages volumineux de plus de 16 litres en dehors des petits sacs à dos, sacs à mains et sacoches d’ordinateurs ne seront désormais plus acceptés dans l’enceinte des établissements, y compris au vestiaire ». Tandis que privatisations, conventions et éminaires faisaient « l’objet de mesures spécifiques ». Sur la Seine, très prisée par les touristes pendant la période des fêtes de fin d’année, la fréquentation était en recul. Les professionnels de la navigation fluviale estiment la baisse d’activité de 15 à 30 % par rapport à la même période de 2014.

Le Grand Palais à Paris, par la voix de son président Jean-Paul Cluzel, faisait état d’une baisse de fréquentation de 50 % depuis les attentats. La tour Eiffel, elle, qui affichait une fréquentation en hausse de 1 % avant les attentats, annonçait en janvier dernier le chiffre de 6,91 millions de visiteurs sur l’année 2015, soit 2,5 % de moins qu’en 2014. Autre lieu: le musée du Débarquement à Arromanches (14) déplorait la perte de 2 300 visiteurs en novembre, soit un recul de 40 %, tandis que les Japonais désertaient le Mont-Saint-Michel. Au lendemain des attentats, les tour-opérateurs nippons avaient préféré annuler la venue de leurs clients (ils leur déconseillaient tout simplement de se rendre en France). Chaque année sur le site normand, les Japonais représentent 300 000 visiteurs. Globalement, Yann Galton, le maire du Mont Saint-Michel, évoquait une fréquentation « amputée à 50 % ».

Le climat de peur généré par les attentats de Paris, le doute sur le maintien des marchés de Noël jusqu’à la dernière minute, ont eu logiquement des impacts sur la fréquentation touristique de fin d’année. C’était le cas en Alsace. A l’exemple du marché de Noël à Strasbourg, déjà amputé d’une semaine. Fin décembre, ses organisateurs évaluaient une baisse « entre 5 et 20 % » de sa fréquentation. La déception était aussi de mise du côté des marchés de Noël parisiens. Certains commerçants n’hésitaient pas à évoquer « une catastrophe » en termes de fréquentation.

Le retour des touristes peut prendre plusieurs mois, voire plusieurs années. Cela dépend généralement du retentissement médiatique que l’événement a eu sur le monde et l’histoire du pays. Les attentats de janvier 2015 à Paris ont eu un impact modéré, puisque le tourisme a retrouvé sa fréquentation normale après un semestre. Mais, les attentats du 13 novembre pourraient avoir des conséquences à plus long terme. Comme cela a été le cas pour New-York aux États-Unis, qui a dû attendre quatre ans avant de retrouver une stabilité de sa fréquentation touristique après le 11 septembre 2001. Londres au Royaume-Uni, qui a été frappée en juillet 2005, a retrouvé une situation normale l’année suivante. Quant à Madrid, la ville n’a pas enregistré d’impact négatif sur son tourisme après des attaques terroristes de 2004.

http://www.emploi.gouv.fr/dispositif/activite-partielle

idf.correspondant-suite-attentat@directe.gouv.fr

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