La flamme olympique à peine éteinte, le 12 août 2012, les professionnels du tourisme sont montés au créneau pour ternir le bilan d’une olympiade somme toute réussie en terme de spectacle et de prouesses sportives. Neuf sur dix ont déclaré avoir perdu des clients durant la période des jeux, à Londres mais aussi ailleurs dans le pays. En plus, les touristes qui sont venus ont moins dépensé que ceux présents hors événement, selon eux.
Les professionnels du tourisme ont déploré une baisse de la fréquentation d’au moins 30 % durant les deux semaines olympiques. Les grandes institutions touristiques faisaient grise mine: le British Museum a perdu un quart de ses visiteurs habituels durant la quinzaine des jeux, la National Gallery a fait état d’une baisse de 40 %… Même les aéroports londoniens, qui s’attendaient à une forte affluence, ont enregistré une baisse de trafic de 4,1 % en juillet 2012.
La Fédération des commerçants britanniques (BRC) a remarqué une hausse des ventes de 0,1 % à peine en juillet 2011, les JO ayant commencé le 27 du mois. D’après les chiffres fournis par le réseau de cartes bancaires Visa, seul accepté sur les sites olympiques, les visiteurs étrangers ont dépensé plus de 450 millions de livres au cours de la première semaine des jeux, soit 8 % de plus que pendant la même semaine de 2011. Dans les restaurants londoniens, les dépenses par carte Visa ont même fait un bond de 20 %.
Le recul de la fréquentation touristique a été officiellement reconnue par le gouvernement britannique. Il a été évalué à 5 % par rapport au même mois de 2011 en enregistrant 3,030 millions de touristes étrangers ayant foulé le sol de la Grande-Bretagne en août 2012. Sur la période de juin à août 2012, la baisse a été encore plus marquée, de 7 % par rapport aux mêmes mois de 2011, avec 8,790 millions de touristes étrangers.
Mais si le nombre de visiteurs étrangers a fléchi, les gains, eux, ont augmenté de 9 % à 2,3 milliards de livres (près de 2,9 milliards d’euros au taux de change de l’époque) en août 2012. Ils sont toutefois demeurés stables, à six milliards de livres (7,5 milliards d’euros) sur les trois mois d’été. Encore faut-il se mettre d’accord sur les statistiques. D’autres sources, comme l’Office national de la statistique considère que les dépenses des touristes étrangers ont également chuté en août 2012…
Mais peu importe, les jeux eux-mêmes ont attiré dans le pays 420 000 visiteurs étrangers et 170 000 autres ont directement assisté aux épreuves olympiques.
La proximité et la bonne connaissance de la destination, où les Français représentent d’ailleurs le premier contingent de touristes, permettaient aux visiteurs venus de ce côté-ci de la Manche de se passer aisément de la médiation d’un voyagiste. En théorie. Car l’achat des billets d’entrée pour assister aux épreuves passait forcément par un revendeur officiel et mieux valait s’adresser à un professionnel pour trouver un hébergement financièrement plus accessible durant la période des jeux.
Mais les mauvaises impressions économiques laissées sur le coup par les Jeux olympiques de 2012 ont été vite balayées par la suite. Un an après l’extinction de la flamme olympique, le tourisme avait retrouvé son niveau antérieur. Et depuis, la fréquentation ne cesse de progresser, amenant même Londres à disputer à Paris le titre envié de ville la plus visitée au monde par les étrangers, ce qui est encore loin d’être le cas quoique certains journaux français en aient dit en comparant le grand Londres à Paris intramuros, oubliant le château de Versailles et Disneyland au passage.
Mais, l’attractivité de la Grande-Bretagne reste forte. Et les Français ne sont pas les derniers à franchir la Manche. En 2014, par exemple, ils ont été 12 % de plus à se rendre au Royaume-Uni, 4,114 millions exactement. Pour 2016, VisitBritain, en charge de la promotion touristique de la Grande-Bretagne parie sur la venue de 36,7 millions de touristes étrangers, en hausse de 3,8 % par rapport à 2015. Ils devraient même être plus dépensiers encore, avec 23 milliards de livres escomptés, contre 22 milliards estimés en 2015.