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IBTM 2015

Léger optimisme pour le tourisme d’affaires

Destination | publié le : 01.02.2016 | Dernière Mise à jour : 01.02.2016

Auteur

  • Jean-François Bélanger

Inauguré par Yves Saint-Geours, Ambassadeur de France à Madrid, et débuté par une minute de silence observée à la mémoire des victimes des attentats à Paris du 13 novembre dernier, la dernière édition de l’IBTM (Incentives, Business Travel and Meetings) de Barcelone affichait un optimisme mesuré.

Peu de temps après les attentats à Paris, soit le 17 novembre pour être précis, la conférence de presse que devait tenir Atout France l’après-midi, sur le thème « l’attractivité de la France pour l’accueil des grands groupes et des grands événements », avec pour focus la Cop 21 et l’Euro 2016, était à l’évidence bien trop décalée par rapport à la situation du moment. « La décision de son annulation a été prise par notre directeur général, Christian Mantei, en concertation directe avec Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international », expliquait Clémence Baret, responsable du département tourisme d’affaires d’Atout France, présente à Barcelone, à l’occasion de l’IBTM. Effectivement, une situation intenable, confirmée les semaines suivantes par les vagues d’annulation de séjours. Des annulations qui ont mobilisé les responsables hôteliers: « plusieurs directeurs d’hôtels ont préféré rester en France pour gérer la situation et ont annulé leur venue à Barcelone », déplorait Lucie De Miranda, chargée des groupes affaires à l’office du tourisme de Roissy Ile-de-France. Dommage évidemment car les indicateurs du secteur du tourisme d’affaires sont plutôt orientés de façon positive. Selon American Express Meetings & Events, l’un des leaders mondiaux du secteur, « pour 2016, en terme de budget, les organisateurs son passés de faire plus avec moins, dans les périodes précédentes, à faire plus avec un petit peu plus », indiquait Issa Youaneh, directeur général d’American Express Meetings & Events. Des avancées qui s’appuient sur des prévisions de croissance économique sur l’ensemble des régions du monde. En particulier, pour l’Europe, le secteur s’attend à une hausse du marché de 1,8 % par rapport à une baisse de 0,7 %, concernant l’année 2015. « En relation avec une certaine reprise économique en Europe, les perspectives de réunions montrent quelques signes d’optimisme. Leur nombre devrait augmenter parallèlement aux dépenses engagées, ce qui correspond à une inversion des dernières tendances observées en 2015 », a-t-il poursuivi.

Un secteur marqué par un recentrage des destinations

Les événements géopolitiques qui se succèdent risquent pourtant de bouleverser ces tendances ou tout au moins de les déplacer, en impactant ici ou là. Et violemment pour certains, par exemple pour les prestataires qui fournissent des services connexes aux groupes affaires. C’est le cas de Pierre Lemenant, responsable commercial de Sharingbox, une société qui fournit, par l’intermédiaire de bornes digitales, les photos de participants à des salons professionnels, conventions… « Nous travaillons sur l’ensemble des secteurs de l’économie: culturel, sportif, politique… Nous avions plusieurs événements avec la SNCF prévus au début de l’année 2016. Ils viennent tous d’être annulés ou reportés », expliquait-il. Certaines destinations, cependant, pensent pouvoir tirer les marrons du feu.

Ainsi Monaco, qui capitalise sur une image reconnue de qualité et de sécurité: « il faut comprendre que sécuriser notre territoire de trois kilomètres carrés est bien plus facile à réaliser qu’ailleurs. Monaco dispose d’un policier pour 75 habitants, contre un policier pour 500 habitants, en France, relevait Alice Gentils, directrice des ventes à la Société des Bains de Mer. Pour l’instant, notre destination a tendance à profiter de son image qualitative et sécuritaire. Mais si la situation venait à s’aggraver, la France et Monaco seraient confondus dans la même inquiétude ».

Le jackpot pour Miami

Le risque est identique pour des destinations qui semblent avoir séduit récemment les Français. En dépit d’une parité euro/dollar par forcément favorable aux acheteurs européens. C’est le cas de la Floride et de Miami en particulier.

De septembre 2014 à août 2015, les nuitées ont fait un bond de 5,4 %. La France a contribué à cette performance, « c’est notre troisième marché européen derrière l’Allemagne et le Royaume uni », soulignait Gisele Marti, vice-président de Greater Miami Convention & Visitors Bureau. Une évolution qui arrive à pic, au moment ou Miami s’apprête à injecter 615 millions de dollars, principalement dans la rénovation et l’agrandissement du centre de congrès, qui seront livrés en 2018, et aussi pour de nouveaux projets hôteliers et attractions. Les investisseurs s’appuyant sur des augmentations sensibles des taux d’occupation de l’hôtellerie (3 % de plus pour l’année qui vient de s’écouler).

Les perspectives sont alléchantes: « ces investissements devraient générer un retour d’activité à hauteur de 100 millions de dollars par année », estimait Gisele Marti. Il en va de même pour la Thaïlande qui affiche ses ambitions sur le marché des groupes affaires.

Mais qu’en sera-t-il demain, si la sécurité est remise en question par des actes terroristes? Car aussi bien les États-Unis que l’Asie du sud-est ne sont pas épargnés.

Dans ces conditions, et après les désengagements depuis plusieurs années maintenant des prescripteurs pour les zones du Maghreb, de la Turquie, ou encore de l’Egypte, l’activité devrait dans l’avenir davantage se concentrer encore sur des zones paisibles, sécurisées et qualitatives. « Nous constatons que l’échantillonnage des destinations sur notre planète se rétrécit progressivement. Espérons que nous restions parmi celles qui subsistent dans le futur », résumait Alice Gentils.

La France, premier marché européen en Thaïlande

La Thaïlande a séduit les organisateurs de groupes affaires français en 2015. Selon le Thailand Convention and Exhibition Bureau (TCEB), à la fin du troisième trimestre de l’année 2015, avec plus de 16 000 passagers en opérations Mice, la France figure à la première place des marchés européens, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni. Ce secteur figure parmi les axes prioritaires de croissance du pays. Toujours à la fin septembre 2015 et depuis octobre 2014, c’est-à-dire sur une année pleine, la Thaïlande a accueilli plus d’un million de voyageurs d’affaires, ce chiffre représentant une hausse de plus de 18 % par rapport à la période équivalente de l’année précédente. Pour amplifier ce mouvement, le TCEB a présenté une promotion originale sur le salon IBTM de Barcelone. Elle s’adresse à des groupes d’un minimum d’une centaine de participants, pour des séjours d’un minimum de trois nuits. Les organisateurs doivent voyager sur l’une des deux compagnies partenaires de l’opération, Thai ou Bangkok Airways, et la demande doit se situer au minimum deux mois avant la date d’arrivée. « Les packages fournis sont proposés à des tarifs discount avec des offres privilèges en extra », expliquait Napparat Maythaveekutcha, président du TCEB.

Hausse modérée des tarifs en 2016

L’étude de Global Business Travel Forecast, menée par American Express, conclut que, sur la base d’une croissance de 1,7 %, en 2016, associée à une valeur faible de l’euro par rapport au dollar, l’économie française devrait stimuler les exportations et ainsi provoquer une augmentation des voyages d’affaires, cette année. Cependant, toujours en France, la hausse du trafic aérien de passagers (+ 6 %), à fin juillet 2015, est surtout tributaire du regain du trafic européen et mondial. Et il laisse dans l’ombre le tassement du trafic domestique (1 %). L’étude menée montre que la politique d’Air France a réussi à faire stagner la pénétration des compagnies low cost. Pour les court-courriers, comme pour les long-courriers, qui voient le développement continu des compagnies du golfe, l’étude conclut à des tarifs inchangés pour 2016.

Pour les transports terrestres, si le prix moyen a fortement augmenté en 2015, cela ne devrait pas se prolonger cette année. L’importance croissante des marques proposant un bon rapport qualité/prix, l’utilisation de véhicules plus petits et plus économes et le recours à l’autopartage, via des partenariats de la SNCF, par exemple, joueront en faveur d’une diminution des tarifs moyens, cette année.

Quant à l’augmentation des prix de l’hôtellerie dans le pays, les organisateurs de l’étude pensent qu’elle devrait se situer entre 1,5 % et 3 %. Paris conserve l’un des taux d’occupation les plus importants d’Europe et affiche par conséquent certains des prix des plus élevés. Mais alors que les conséquences des attentats de novembre n’ont pas été intégrées, l’étude prévoyait une poursuite de l’augmentation du taux d’occupation de 3 %, en moyenne, même légèrement supérieure pour les complexes hôteliers haut de gamme. Enfin, en ce qui concerne l’évolution de l’offre hôtelière en Europe, pour 2016, ce sont les villes de Londres, Francfort et Hambourg qui devraient accueillir le plus d’ouvertures d’hôtels. Au niveau mondial, la ville de New York ouvrira 26 établissements, Dubaï 25 et Miami 20.

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