Marché L’année 2015 n’est pas encore terminée que déjà se dessinent des premières tendances quant à l’activité groupes sur la France. Des autocaristes ont bien voulu répondre aux questions de Tourisme de groupe pour faire le point. Et le premier constat est plutôt encourageant puisque, globalement, ce marché continue à se maintenir.
Plébiscité par plus de six millions de Français, le voyage en groupe représente jusqu’à un tiers du chiffre des opérateurs touristiques en France, selon les dernières données communiquées par Atout France/Protourisme. « Le nombre de partants, de journées, et le montant des dépenses liées à ces voyages progressent », relèvent les deux organismes. Le marché groupe représente 23 % du chiffre d’affaires des tour-opérateurs français, 25 % celui des parcs d’attractions et 30 % celui des sites de visites. Autre donnée à connaître: « 80 % du chiffre d’affaires de la filière sont réalisés par une vingtaine de gros opérateurs », toujours selon Atout France/Protourisme.
Avant de poursuivre leur enquête révélant les premières destinations françaises privilégiées par la clientèle groupes que sont Rhône-Alpes, Provence Alpes Côte d’Azur et Midi-Pyrénées. Quant à la durée des voyages sur le territoire hexagonal, courts séjours et week-ends sont les plus fréquents. Concernant le choix du mode de transport, l’autocar se place en deuxième position (il est utilisé dans 32 % des voyages), après l’avion et avant le train. Si le nombre de séjours par personne en France est resté stable ces dernières années (de 6,5 à 5,8 jours entre 2008 et 2013), les journées, elles, progressent (78 millions en 2013 dont un quart en France).
Concernant le panier moyen du touriste voyageant en groupe, il est passé entre 2008 et 2013 de 395 à 453 euros pour la France. Ce qui représente une dépense moyenne par personne et par jour de 78 euros sur le territoire hexagonal.
Si les tour-opérateurs généralistes réalisent le plus gros chiffre d’affaires sur ce marché groupes, les autocaristes constituent cependant le deuxième acteur de poids.
Selon la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV), « la part de la clientèle liée au tourisme est de 20 % en moyenne ». Autre chiffre: plus de deux millions de voyages touristiques ont été réalisés en autocar par les Français dans l’Hexagone en 2013, selon le Memento du Tourisme paru en 2014. Enfin, le tourisme de groupe totalise 10,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 1,6 milliard sur la France, selon Protourisme. Une fois ces données générales posées sur l’activité groupes dans l’Hexagone ces dernières années, venons-en à 2015! Comment le marché groupe en France et en autocar s’est-il comporté? Y a-t-il un profil de clientèle qui privilégie le territoire national? Quelles sont les principales formules choisies? Quels sont les régions ou les départements plébiscités?… Des questions parmi d’autres que Tourisme de groupe a posé à nombre d’autocaristes. Synthèse.
Avec tout d’abord un premier constat: pour la plupart d’entre eux, la part occupée par les produits autocar en France oscille entre 70 et 85 % dans leur production globale. Chez Tourisme Giron (63), par exemple, elle est de 75 %, « cependant, précise Sébastien Giron, directeur, il faut pondérer ce pourcentage car pour l’étranger, nous travaillons quasiment exclusivement sur du voyage sur-mesure ».
Moins bavards (et précis)sur la part des ventes France représentée dans leur activité globale « tourisme » (certains parlent de 28 %, de 38 %…, quand d’autres évoquent 60 %!), ils le sont un peu plus cependant pour donner une tendance générale. Et presque tous sont d’ailleurs unanimes pour qualifier cette activité de « stable » en cette année 2015. Presque tous, car des entreprises font état « d’une légère diminution », comme chez Richou Voyages (49). « Cette tendance est observée depuis plusieurs années », précise même Béatrice Bricheteau du service production autocar; ou « d’une légère augmentation » par rapport à l’année précédente… « Nous avons eu beaucoup d’annulations sur les programmes en région parisienne proposés pour les groupes scolaires suite aux attentats de janvier, du fait des interdictions prononcées par les inspections académiques, relève Jonathan Margouët, directeur général de DMA Autocars (54). Les clients se sont alors tournés vers d’autres destinations comme la Normandie ou le Nord, la Côte d’Opale, quand ils n’ont pas tout simplement annulé leurs séjours ». Mais les attentats de janvier à Paris n’ont pas touché que les scolaires, mais aussi les groupes adultes, indiquaient d’autres autocaristes.
Et, sans surprise, la France reste la destination privilégiée par les seniors (et notamment les 70 ans et +). Mais, en raison de la diversité de l’offre nationale, « tous les profils de clientèle peuvent y trouver leur centre d’intérêt ». Tous ceux que nous avons interrogés sont unanimes sur ce point. Charge ensuite aux professionnels d’adapter leur production en fonction de chacun d’entre eux. « La France regorge d’endroits somptueux pour faire du tourisme. Et nous savons y faire », glisse Jonathan Margouët.
La France reste une « valeur sûre ». Parce qu’elle « reste facilement accessible en autocar, les trajets ne sont pas trop longs, et c’est plus sécurisant », dit Laurent Lhomme, Président de Dunois Voyages (45). Elle « est une destination groupes par excellence, car force est de constater que les individuels passent peu par une agence pour partir en France », ajoute Anne-Sophie Lecarpentier, directrice générale de Périer Voyages (76).
Côté formules privilégiées pour découvrir les richesses touristiques françaises, l’année 2015 n’a pas dérogée à la règle en placant à nouveau en tête les journées (55 % chez Voyages Catteau dans le Nord, 60 % chez Les Voyages Duclos dans le Gers…). « Si les formules journée progressent, c’est parce que les clients ont de plus en plus de mal à remplir sur des déplacements plus longs, en raison notamment de la conjoncture économique, de la pression fiscale supplémentaire par nos seniors », estime Laurent Lhomme. A contrario, « en 2015, nous avons assisté à une diminution des excursions à la journée au profit des voyages de deux ou trois jours, voire plus, et ce dans le cadre d’un séjour avec excursions », relève ainsi Sébastien Giron. Un dernier point que vient confirmer Laurent Lhomme: « Les séjours en étoiles sont appréciés, il y a moins de circuits ». Les formules deux jours montent également sur le podium. « Le choix des sorties à la journée ou de plusieurs jours dépend du profil de la clientèle, relève Béatrice Bricheteau. En plus d’intéresser certains clients aussi adeptes des voyages plus longs, ces excursions s’adressent soit à des « petits budgets » qui ne voyagent pas autrement et qui participent à des voyages en groupe, soit à une clientèle attirée par notre offre de journées festives ou avec spectacle, soit encore à une clientèle qui ne sort plus qu’à la journée ». Et quand il ne s’agit pas de spectacles « purs », « les destinations privilégiées à la journée sont les bords de mer, les parcs à thèmes et Paris », poursuit-elle. Dans la palmarès des destinations plébiscitées cette année, deux régions arrivent ex-aequo: la Bretagne et la Normandie. « Il y a eu une nette hausse en région normande liée notamment aux diverses manifestations du 70e anniversaire », constate ainsi Jonathan Margouët, avant de relever que: « la Côte d’Opale est par ailleurs de plus en plus demandée ». Mais, en raison d’une météo souvent capricieuse sur ces régions, il ne manque pas d’ajouter que « le Sud de la France, l’Ardèche, notamment en arrière-saison (mai, juin et septembre) restent des valeurs sûres pour nos groupes adultes ». Aux côtés de la Bretagne et la Normandie sont également nommés à plusieurs reprises la Vendée (surtout le Puy du Fou!), le Pays Basque ou encore la Corse. « L’île de Beauté part d’ailleurs aussi très fort sur l’année 2016 », indique de son côté Chantal Celle du service groupes de Migratour (43). Reste que les choix des clients « varient d’une année sur l’autre, difficile de savoir pour quelles raisons , difficile aussi d’anticiper sur l’année suivante », ajoute-t-elle.
« Nos clients seniors aiment voyager sur le territoire hexagonal, dit Annie Chevret, responsable production autocar chez Michel Voyages (71). La diversité des régions, mais surtout la richesse gastronomique, y sont pour beaucoup »… « Des atouts indéniables, une chance pour la France », renchérit pour sa part Anne-Sophie Lecarpentier.
Même si « elle reste onéreuse », glisse cependant Sylvie Blanchard, du service groupes à Faure Tourisme (26).
D’autant, ajoute Sébastien Giron que « l’offre touristique hexagonale à destination des groupes s’est améliorée ces dernières années, aussi bien au niveau des prestations proposées (intérêt et organisation des visites) que des prestataires eux-mêmes, notamment les hôteliers et les restaurateurs ». Des raisons parmi d’autres qui expliquent sans doute – et de l’avis quasi-général – que le tourisme en autocar en France se maintient. « Elle est la base de l’activité du voyage en autocar parce que bien évidemment beaucoup plus accessible et proche », souligne Anne-Sophie Lecarpentier.
Et encore plus ces derniers temps où « les clients se sont reportés sur la France au regard des incertitudes sur les destinations classiques du pourtour méditerranéen », ajoute Olivier Roy, responsable du service groupes chez Voyages Catteau (59), qui a contrario regrette que le développement du tourisme en autocar en France soit freiné par « des tarifs élevés des parkings à Paris, et une réglementation contraignante pour les séjours effectués sur le territoire national: six jours consécutifs maximum au lieu de 12 jours pour un séjour à l’étranger ».
Sans compter que la France « souffre beaucoup de la concurrence des destinations proposées avec un acheminement aérien, souvent moins chères, plus exotiques et originales pour les clients ayant parcourus toutes les régions françaises », ajoute Anne-Sophie Lecarpentier. « Il y a une réelle concurrence des pays européens, renchérit Jonathan Margouët. Beaucoup de groupes partent désormais en week-end en Europe pour des tarifs équivalents ». Ce qui fait dire à Laurent Lhomme qu’aujourd’hui « ce n’est pas une destination qui est privilégiée mais plutôt l’offre et le prix ».
Une offre, avec la nécessité d’avoir un contenu, « qui se doit d’être encore plus attractif pour intéresser notre clientèle », et faire en sorte que l’activité ne reste pas au stade « du maintien », mais passe à la vitesse supérieure.
Issy-les-Moulineaux
C’est un lieu hors du commun. A l’abandon pendant près d’un demi-siècle, le site des Crayères des Montquartiers abrite aujourd’hui sur plus d’un hectare des caves à vins et deux restaurants. Des visites guidées et des dégustations y sont proposées. Un espace de réception est également à disposition.
On le sait (on le répète d’ailleurs – trop – souvent), la France dispose de ressources touristiques vastes et variées. Or, trois quarts des journées réalisées en groupe par des Français ont lieu à l’étranger! Le potentiel de développement de l’offre groupe sur le territoire hexagonal, à destination des Français, est donc important. A ce titre, de nouveaux partenariats public/privé se nouent pour mutualiser les compétences et mieux vendre la France aux Français (…et aux étrangers).
Russie
Chargée d’histoire, la place Rouge est aussi magique par son étendue et les monuments qui l’entourent: les coupoles colorées de Basile-le-Bienheureux, les murs du Kremlin, le tombeau de Lénine, les façades rouges du musée historique d’État… Eblouissant!
Belgique
Le musée de la Bataille des Ardennes à Bastogne, en Wallonie, reconstitue avec réalisme les terribles combats de l’hiver 44-45. A Ypres, en Flandres, le musée In Flanders Fields est tout aussi passionnant pour la Guerre de 14-18.
Paris
Le 12 avril 2014, l’ex-Zoo de Vincennes est devenu le parc Zoologique de Paris. Faute d’aides financières, le site a fermé ses portes en 2008. Six ans et vingt-sept mois de travaux plus tard, c’est un tout nouveau lieu qui accueille désormais les visiteurs. Sur un concept différent entraînant dans un parcours rythmé par cinq régions reconstituées.
– Diminution de la taille des groupes
– Raccourcissement des durées de séjours
– Hausse des excursions à la journée
– Apparition de la notion de « valeur-coût »: le rapport qualité/prix tend à s’estomper au profit d’un rapport « valeur-coût ». Ce n’est pas tant la prestation qui est considérée que le ressenti, mais la nécessité pour les professionnels de jouer la transparence en détaillant davantage les offres..
– Des budgets de plus en plus serrés
– De plus en plus de négociations
– Des groupes plus exigeants, plus avertis
– Emergence de « tribus » de familles ou d’amis et de groupes affinitaires
– Régression des groupes scolaires
– Des demandes plus axées sur de « l’authentique » et sur de nouvelles thématiques liées au terroir, au tourisme solidaire, à l’aventure…
– De plus en plus de produits « à la carte »