Pays de Galles Bastion des crises minières, la patrie de Bonnie Tyler et de Tom Jones a une personnalité forte qu’elle a su défendre des invasions des voisins anglais. Qui auront raison d’elle, en la dardant de châteaux-forts à la manière de banderilles, un des nombreux fils conducteurs pour cette inconnue des Français.
Pour se rendre au Pays de Galles, le réflexe est d’atterrir à Cardiff. On peut aussi opter pour Bristol, avec en bonus, enjamber sur un pont suspendu le bel estuaire de la Severn. On peut envisager encore de passer par Liverpool, au nord. Patrie des Beatles ou patrie de Barbe-Noire, les deux anglaises justifient deux nuitées. Quoi qu’il en soit, Cardiff sera au centre, et mieux vaut commencer par là, c’est-à-dire, par le sud, afin de lever le voile sur l’âme locale grâce au musée national et à un éco-parc de la vie galloise. De Cardiff, le Tournoi des Six Nations a montré le stade du Millenium, les chants mâles des supporters accompagnés par leurs chœurs (côr meibion). Sinon… Comparée à Paris, Rome, Londres, Dublin et Edimbourg, des six capitales « rugbymanes » Cardiff est celle qui a le moins d’image. Gare victorienne, rues victoriennes, usines victoriennes sont le cadre d’une vie qui prend toute sa vigueur à la sortie des bureaux, dans le sifflement de la bière et le battement des orchestres live. Il y a aussi le port, avec son bâtiment rouge et un manège à l’ancienne, les mouettes grinçant sur les plots qui protègent le Parlement. Dû à Richard Rogers, un délire de pierre brute, de bois léger, d’acier et de verre, matériaux fantômes d’une industrie en berne, entre les mines de Blaenavon et d’Anglesey, les aciéries de Port Talbot et les bois défrichés en pâturages.
L’art de la fortif est lié à la survie de la contrée. Tenant à leurs habitudes, les Celtes de cette Britannie occidentale ont donné du fil à retordre à Rome. La terre est montueuse. Ses forêts épaisses. Son climat rigoureux. Aujourd’hui, l’armée entraîne plus volontiers ses SAS au milieu des 1 400 km2 du parc national de Brecon Beacons que dans les massifs écossais, pourtant plus élevés. Arriver par Bristol est d’ailleurs l’occasion de voir le castrum de la IIe Légion, à Caerleon, baraquements pour 5 000 hommes avec cuisine et latrines. Dans le nord, ce seront les murets de celui de Segontium, en périphérie de Caernarfon: occuper la terre de ces zigotos-là n’a jamais été gagné.
Après son effondrement avec le passage au christianisme, l’empire romain perd le contrôle de l’île. Sans avoir jamais pacifié la région ouest. Les princes celtes reprennent les rênes. Au Ve siècle, les tribus angles et saxonnes migrant depuis le Danemark ont fait fuir vers cet ouest inconfortable les populations autochtones. A l’étroit, les Celtes colonisent par contrecoup l’Armorique, exportant leur langue qui deviendra le breton. Jusqu’à l’ère féodale, nos roitelets imposent à un peuple d’éleveurs de moutons une justice expéditive, tranchant dans le vif la moindre querelle de gazon. Le Pays de Galles, Cymru dans l’idiome indigène, est né.
Celui de Cardiff sera sûrement lepremier château à découvrir. Entouré par des murs qui remontent à l’Antiquité, il recense à lui seule toute l’histoire castrale, de la specula romaine (tour de guet) plantée jadis au centre de la cour, aux salles gothiques du XIXe, du temps où l’on fantasmait sur cimiers et chaperons. Les Gallois finissent par reconnaître pour suzerain le roi d’Angleterre. Avec une réserve: le droit de bâtir donjon où bon leur semble. Cela déplaît aux barons anglais qui, eux, doivent lever le doigt pour la moindre tourelle. Leurs offensives jalouses n’ont qu’un effet: rassembler les autochtones derrière un seul prince, Llywelyn le Grand. Capturé, il meurt à la Tour de Londres où – pénible accident – il tombe lors d’une “évasion manquée”. Les Gallois n’en conservent pas moins le système du prince unique, dont le titre est porté par tout héritier au trône de Westminster: le pays de Galles joue le rôle de bac à sable pour prince attardé – comme les Asturies pour les Espagnols et le Dauphiné pour feue la monarchie française.
Avant de faire route vers l’ouest, il faut faire le crochet vers le nord et le château de Caerphilly, intéressant par ses jeux esthétiques entre fossés, cours d’eau et remparts. C’est Roger de Clare, tenant d’un des fiefs mitoyens des Gallois, qui construit ce “modèle concentrique” au XIIIe siècle. Car redoutant qu’on grignote son fief, Roger a pris les devants, en grignotant celui du voisin!
Sur le trajet, l’omniprésence de radars est stressante, mais un circuit sans Saint-David n’est guère envisageable – même si l’étape sera Pembroke. On reste, d’ailleurs, sur le thème médiéval. La cathédrale-abbaye impose sa pesante croix gothique au milieu des ruisseaux et des saules. Ici repose David, saint patron des Gallois, comme Georges est celui de l’Angleterre, André, celui de l’Ecosse, Patrick, celui de l’Irlande. Anecdote connue: chaque saint a une croix de forme et couleur particulière, et leur superposition forme le drapeau britannique, alias Union Jack.
Pembroke et son nom de parapluie est une de ces villes qui vous dit quelque chose, mais que vous placeriez sans complexe dans le Kent, le Suffolk ou le Yorkshire. La forteresse couronne un coude romantique du fleuve homonyme. Propriété de sires proches du pouvoir, elle était assez moderne, bien qu’il faille beaucoup d’imagination pour se figurer ces murs bruts couverts de tentures, et même de charpentes et de tuiles. Dans une tour subsiste une des rares oubliettes médiévales qui ne soit pas pure légende. Un certain John Whithorne y a été embastillé. Lorsqu’il en sort au bout de sept ans, l’obscurité lui a ôté la vue.
Dans la puissante poterne, maquettes et mannequins racontent avec bonhomie la longue destinée de Pembroke, partant de l’immense grotte préhistorique qui s’étend sous ses pieds, puis le village fortifié, enfin la forteresse et sa route d’accès, qui se garnit de maisons jusqu’à devenir village-rue. La place est conquise par les seigneurs venus avec Guillaume le Conquérant. En 1171, le Normand Strongbow radoube une flotte sous ses remparts et, comme sur la Tapisserie de Bayeux, fait voile pour la conquête… de l’Irlande.
Plus tard, Pembroke loge Guillaume de Maréchal, célèbre tournoyeur, chevalier idéal et croisé, promu par son fils personnage de chansons de geste. La beauté de la côte justifie un arrêt en bord de falaise ou de plage. Mais un autre incontournable reste la visite d’un des innombrables dolmens. Parquer l’autocar aux franges du site étant difficile, le dolmen de Pentrer Ifan permettra de se dégourdir les jambes en effleurant le charme bêlant du monde rural. Tout dolmen n’est que l’immense table de pierre d’une chambre sépulcrale protohistorique. Les remblais, eux, ayant été recyclés dans les étables du coin ou quelque château-fort.
Connaissez-vous le chant Rhyfelgyrch Gwr Harlech – alias Men of Harlech? Oui si vous êtes fan de rugby: c’est le tube indémodable du stade du Millenium, et le second hymne gallois: “Hommes d’Harlech, couchés dans vos rêves, voyez-vous briller leurs lames? Et leurs fières oriflammes claquer sur la grève?”
La chanson évoque le plus long siège des îles britanniques et ce sont les Gallois qui l’ont soutenu au château de Harlech, sept ans durant, de 1461 à 1468. Construit sur un à-pic snobant dunes et grève, la forteresse est un prodige d’adaptation à un relief peu amène, raison pour laquelle on n’a jamais rien construit avant le XIIIe siècle. Tout est pourtant bouclé en six ans, grâce à des échafaudages en plan incliné tournant en hélice autour de ses huit tours (cela évite les lentes manœuvres des grues).
Les maçons sont payés… au pied de mur (à chaque “foot” de mur, une somme est versée). Leur travail le plus réussi reste la poterne qui fait face à l’arrière-pays, les autres côtés étant trop abrupts pour y risquer un assaut.
La poterne était fermée par deux portes et trois herses qui, levées à tour de rôle, servaient de sas contre toute intrusion massive et incontrôlée. Un escalier, tenu en joue par un petit châtelet, renforçait ce système redoutable qui fit traîner le siège en longueur.
Après Harlech, on quitte le Moyen-âge pour notre glorieuse Révolution. C’est cependant une triste pantalonnade qu’elle a jouée à Fishguard. Débarqués en 1797, les Français comptent abattre une monarchie qui entrave depuis 1789 l’instauration d’une république.
Mais les canons des batteries côtière, toujours visibles, et une population peu réceptive aux idéaux sans-culotte contrarie les opérations. Sur la petite place, l’auberge commémore d’un bas-relief la signature du “traité de paix” – nom pudique d’une lamentable capitulation.
Encore plus en marge, il faut prévoir une demi-journée, minimum, à Portmeirion, le fameux “village de Prisonnier”, où fut tournée la série télévisée légendaire. C’est un ensemble surréaliste, construit entre 1925 et 1978 par le milliardaire William-Ellis, en remployant des portions de monuments historiques, et s’inspirant de souvenirs de Portofino.
Les tours polygonales de Caernarfon, elles, ont été copiées sur celles de Constantinople. Elles semblent faire trempette dans les eaux portuaires. Construit par le pacificateur des Galles Edouard Ier, le château veille sur des rues au carré, encaquées dans des remparts. Au XIIIe, les Gallois se soulèvent à deux reprises, d’où Caernarfon, hésitant entre le luxe de la fin du Moyen-âge et la rudesse d’une place imprenable. On y détaille les archères triples, autorisant trois archers à tirer en même temps, et les mâchicoulis pour gratifier de boulets les intrus; aussi le four des anciennes cuisines, et des chambres jadis confortables.
Passant un pont, on atteint l’île d’Anglesey, portion de territoire celtique en diable. Beaumaris est le plus “atmosphérique” des châteaux gallois. Comme Caerphilly, il est de type concentrique, fossés et enceintes se succèdant en un ensemble symétrique, n’était sa porte de Mer et sa canonnière. Le nom du vient du français “beau marais” – encore les barons normands! C’est en effet au cœeur d’une lagune que la forteresse est construite. Pendant trente cinq ans, on emploie jusqu’à 200 tailleurs de pierre, 400 maçons et 2 000 manutentionnaires pour faire surgir l’édifice hors des roseaux, l’entourer d’un fossé inondable, ajouter un embarcadère fortifié. Beaumaris ne sera jamais achevé, d’où cet aspect rustre de ses murs rongés par le sel et dégarnis des habituels créneaux.
A une quarantaine de kilomètres de Caernarfon, Conwy abrite la plus étroite maison du royaume. La bourgade est jolie. Le château qui la surplombe crânement s’est intégré dans la vie moderne avec trois ponts suspendus sur l’estuaire du Conwy: piétonnier (1826), ferroviaire (1848) et routier (1958).
L’intérieur, avec ses déroutantes communications entre étages et entresols, témoigne des multiples ajouts et arrangements avec l’existant. C’est à Conwy qu’on aura le meilleur aperçu de la vie médiévale, les usages des pièces et tours étant clairement indiqués.
Suggérons du temps libre dans chaque château, en limitant la visite en groupe à une présentation dans les parties larges. Suggérons aussi un petit lexique spécifique, car malgré la classification Unesco, seuls les commentaires en gallois et anglais sont disponibles.
Enfin, si les Britanniques sont plus sensibles que les Français à l’accessibilité, les tours et chemins de ronde exigent quand même d’avoir un tant soit peu le pied alerte. Quoi qu’il en soit, la beauté de ces castels plaira à tous, même en se contentant de la cour et du pied des remparts. Du reste, c’était ce qu’en voyaient la plupart de ceux qui y étaient conviés, manants en livraison ou assiégeants honnis.
Rouen
Le Panorama XXL a ouvert ses portes à Rouen en décembre 2014, et il est le seul lieu de ce type en France. Un panorama? C’est une peinture circulaire à grande échelle exposée à l’intérieur d’une construction cylindrique de façon à ce que l’œil du spectateur placé au centre ne rencontre que le tableau qui l’enveloppe.
Ungersheim
C’est le premier parc aérien au monde! Dédié au héros de Saint-Exupéry, il propose une trentaine d’attractions à travers quatre thèmes: « voler », « animaux », « voyager », et « jardin ». Il a vu le jour à Ungersheim en juillet 2014.
Allemagne
Au cœur de l’Allemagne et de son âme, la Thuringe offre aux touristes un incroyable patrimoine culturel et naturel. De Iéna, capitale de l’optique, à la forteresse de la Wartburg, d’Erfurt à Weimar, Luther, Goethe, Schiller, Cranach, des architectes du Bauhaus ont laissé leur empreinte.
Suisse
Ambiance italienne et rigueur suisse se marient admirablement dans le Tessin, où les touristes peuvent profiter des montagnes, des trains à crémaillère, des fleurs, des festivals et des lacs pour des voyages romantiques ou des escapades sportives.
Val-de-Rueil
Biotropica, c’est une serre zoologique de 6 000 m2 où les visiteurs découvrent différents territoires au gré d’une végétation luxuriante et d’animaux étonnants. A laquelle s’ajoute un parcours en extérieur. Basé à Val-de-Reuil, le site a ouvert ses portes en 2012.
Norvège
Les fjords de Norvège offrent aux touristes un panorama fascinant, notamment du côté d’Ålesund injustement méconnue, ou encore de Trondheim et Bergen, perles de la côte norvégienne.
Clayton Hotel****
Cardiff
216 chambres. Proche du stade, juste à l’entrée des rues les plus animées. Chambres à la déco épurée, wifi offert, bouilloire pour le tea time, salle de bains complète. A recommander: l’excellent restaurant de spécialités galloises et indiennes et le bar avec vue. Sept salles de réunion. Parking à proximité.
St Brides Spa Hotel****
Saundersfoot
34 chambres. Vue extraordinaire sur le joli port et la plage de Saundersfoot. Chambres modernes et très confortables avec plein de petites attentions; Spa, très bon restaurant avec bar agréable. Service chaleureux. Parking gratuit. Pas loin de Pembroke, aussi de la charmante ville fortifiée de Tenby.
Brewhouse
Cardiff
Certainement pas la meilleure table en ville (petite restauration et orgie de rôti le dimanche), cette brasserie est l’endroit pour la vie nocturne de Cardiff. Salle VIP pour groupes.
Black Boy Inn
Caernarfon
Une des plus anciennes tables du pays des Dragons.
Spécialités galloises dans une atmosphère animée de taverne. Salle pour groupes.
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Châteaux gallois